^9'^' ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. PARIS, IMPRIMÉ PAR FEUGUERAY, HUÉ Dt ClOÎTRE SAmT-BENOÎT , N** 4* ANNALES DES SCIENCES NATURELLES, PÀB MM. AUDOUIN, AD. BRONGNIART et DUMAS, COMPRENAHT JL\ PHYSIOLOGIE ANIMALE ET VÉGÉTALE , l'aNATOMIE COMPARÉE DES DEUX RÈGNES , LA ZOOLOGIE , LA BOTANIQUE, LA MINÉRALOGIE ET LA GÉOLOGIE. TOME HUITIEME, ACCOMPAGNÉ DE PLANCHES IN-4'' PARIS. CROCHARD , LIBRAIRE - ÉDITEUR , CLOITRE SAINT-BENOIT, N» 16, XT BD> DE lOaBOHMB , K" 3. 1836. • l ANNALES DES SCIENCES NATURELLES Recherches aîiatomiques sur les Carabîques et sur plusieurs autres Insectes coléoptères; Par M. Léon Dufour. / i^uite.) CHAPITRE TROISIÈME. Organes des sécrétions excrémentitielles. La nature a accordé à divers quadrupèdes, tels que Li Civette^ le Putois , la Fouine, les Mouffettes , des glandes particulières placées dans le voisinage de l'anus et desti- nées à sécréter des humeurs spéciales d'une odeur fétide plus ou moins exallée. Nous retrouvons ce même plan d'organisation dans les insectes. Plusieurs d'enir'eux ont vers la partie postérieure de la cavité abdominale , des glandes dont les conduits excréteurs s'ouvrent de chaque côté de l'anus et émettent une liqueur plus ou moins irri- tante qui devient pour eux un moyen de défense ou d'éva- sion. Ainsi XAptinus et le Brachinus lancent avec (6) explosion iiiie vapeur blaiicliâirc d'une odeur d'acide nitrique, le Carabe éjacule une liqueur acre et péné- trante , le Djiisque une humeur d'une fétidité particu- lière où l'on démêle celle de la vulve et du gaz hydrogène sulfuré , les Méloés et les My labres distillent par les ar- ticulations des pattes un liquide onctueux jaune , le Blaps émet une sorte d'huile empyreumatique, le Staphjlin fait jaillir par deux vésicules anales une rosée d'une odeur singulière d'éther sulfurique, le C/mex exhale une huile des plus subtiles et irritante , le FteloYi et 1'^- beille inoculent un véritable venin ^etc. L'existence d'un appareil des sécrétions e^rémenti- lielles , forme un des traits les plus caractéristiques les pluscouslans dans l'organisation des Coléoptères carnas- siers, notamment des Carabiques. Je l'ai rencontré dans toutes les espèces de cette dernière tribu qui ont été l'ob- jet de mes recherches anatomiques. Il est commun aux deux sexes et binaire^ c'est-à-dire qu'il y en a un semblable de chaque côté du corps. On y dislingue Y organe pré- parateur, la i^essie ou réservoir , et le conduit excréteur, § f*"^. Organe préparateur. Il se compose dans les Carabiques i*^. à'utrîcules sécré^ toires; 2**. de canaux éjj'érens, . I**. Utricules sécrétoires .Ce sont elles qui constituent essentiellement la glande ou Torganc desiiné à la sécré- tion de l'humeur excrémentitielle. Elles font ici l'office des reins des animaux des ordres supérieurs. Excepté dans VOmophron et peut-être VElaphrus , elles sont réunips en \uic ou plusieurs grappes qui s'enfoncent dans (7) la pulpe adipeuse delà partie postérieure de Tabdomen. Ces utricules dont la figure , le nombre et la disposition varient dans quelques genres, sont d'une petitesse le plus souvent microscopique, diaphanes ou à peine jaunâtres. Spliériques dans le plus grand nombre des carabi- ques , elles sont ovalaires ou oblongues dans VAptinuSy les Chlœnius yes^tiius et tibialis , \ Ahax , les Nebria ; allongées et plus ou moins bpursouiUées sur leurs bords dans le Brachinus , le Chlœnius welutinus. Dans tous , à Texception de VAptinus et du Brachinus , elles sont munies de pédicelles propres bien distincts. Il n'existe dans VOmophron qu'une ^eule utricule sécrétojre. C'est une espèce de rein ovalairc , assez grand comparativement aux autres , et son enveloppe est épaisse , charnue , opaque. Elle est pareillement unique et de même structure dans YElaphrus, On en compte douze à quinze seulement dans V Anchomenus , le Ca- lathus, VArgutor, YAbax, le Pterostichus , leZabrus. Elles sont infiniment plus nombreuses et plus petites dans les autres genres. Les Carabus les ont agglomérées en grappe oblougue comme un raisin. Dans VAptinus, elles paraissent ran- gées comme les corollules d'une fleur composée et for- ment trois tiges distinctes dont chacune porte quatre fleurs pédicellées. Celles du Brachinus sont allongées , les unes simples , les autres avec une ou deux courtes digitations , et disposées en un faisceau étoile. Une forte lentille du microscope fait reconnaître que ces utricules sont marquées de stries transversales et d'une raie médiane que je crois être un filet trachéen. Le Cjmlndis les a agglomérées en quatre grappes pédonculées. Celles du (8) Chlœnius \felutinus imitent un élégant arbuscule très rameux , chargé de chatons allongés. Elles sont ovalaiies et pareillement disposées en ramifications dans les deux autres espèces de Chlœnius. Les figures qui expriment ces diverses dispositions rendent superflus d'autres détails sur ce point. 7.^, Canaux efferens. Ils représentent les uretères des quadrupèdes. Il y en a trois bien distincts de chaque côté dans VAptinus et un seul dans tous les autres carabiques. Ce conduit forme la tige tubuleuse des divers pédicelles, rameaux et branches des grappes glandulaires. Il est flexueux , fin comme un cheveu et d*une longueur plus ou moins considérable suivant les genres. Ainsi 11 est trois ou quatre fois plus long que le corps dans les Sphodrus. Il est moindre dans les autres genres. Celui àeVOmophron est le plus court de ceux que j'ai dissé- qués. Son point d'insertion au réservoir a lieu vers la partie postérieure ou moyenne de celui-ci. J'exposerai ces différences dans le paragraphe suivant. La texture organique du canal efférent ne varie point. A travers ses parois diaphanes on reconnaît , au micro- scope , un tube inclus très-délié , d'une nuance plus obs- cure et finement strié en travers. La tunique extérieure ou la gaine de ce tube inclus , ofïre des rides transver- sales qui m'en imposèrent d'abord pour une structure analogue à celle des trachées , et cette illusion était d'au- tant plus facile que ce canal observé à la loupe simple paraît nacré comme les vaisseaux aériens. Je me suis as- suré depuis que ces rides ne sont en eirct que des rugo- sités d'un'tissu contractile. Je n'ai pas acquis la mémo certitude relativement aux fines stries du tube interne ^ • (9) lesquelles ne sont peut-être qu'une trachée sphéroïde qui entoure celui-ci. § II. Vessie ou réservoir. C'est une bourse tantôt ovoïde ou pyriforme , tantôt oLlongue , quelquefois triangulaire , rarement obronde , blanchâtre , d'une consistance comme élastique , d'une texture musculo-membraneuse. Sa grosse extrémité , qui est antérieure , est libre et arrondie , excepté dans VAr- gutor et le Pterosdchus où ce réservoir légèrement dé- primé a une échancrure en devant. L'organe conserva- teur de l'humeur excrémentilielle se comporte en arrière de différentes manières suivant les genres. Ainsi dans les Carabus , les Chlœnius , le Pterosdchus , VAr gutor , le ZabruSy V Elaphrus , les Nehria, VOmophron^ il dé- génère insensiblement en un col qui est le conduit excré- teur, et alors le canal efférent s'insère à l'origine de ce dernier. Cette extrémité postérieure est en forme de cul- 4e-sac assez court dans le Cymindis , le Platinus, \An- chorrwnus y VAgonum, les Sphodrus , le Calathus , les Harpalus , VOphonus , le Stenolophus , et dans ce cas, le canal efférent et le conduit excréieur s'implantent à rôté l'un de l'autre à la naissance de ce cul-de-sac. Le Brachinus et VAptinuSy ou les carabiques bom- ])ardi('rs , présentent cette bourse sous deux aspects très- ci ifféren s , suivant qu'on l'observe contractée ou dilatée. Dans le premier cas, c'est un corps irrégulièrement ar- rondi , à parois molles, épaisses, plus ou moins ru- f^ueuses. Dans le second, il est tellement gonflé par de Tair qu'il ressemble à un ballonoblong , réniicnt, ooc?i- ( 10 ) panl presque toute l'étendue de la cavité abdominale. Dans une légère échancrure qui est vers son milieu , il reçoit les canaux eflercns. En ouvrant ou en déchirant le réservoir des carabi- ques on peut se convaixicre qu'il est composé d'une tuni- que externe, épaisse, charnue , contractile , et d'une bourse interne, membraneuse, pellucide, semblable pour son organisation au tube inclus du canal efférent. Cette bourse interne se dessine souvent à travers les pa- rois extérieures , et l'on reconnaît ainsi que celle du Pte- rostichus et du Zabrus est échancrée comme son enve- loppe. § III. Conduit excréteur. On peut le comparer à l'urètre des quadrupèdes. Dans tous les carabiques soumis à mes recherches , à l'excep- tion du Brachinus et de YAptinus , c'est tout simple- ment un conduit filiforme qui sert de col ou de pédicule au réservoir. Dans les uns il est , comme je l'ai déjà dit, un prolongement tubuleux du réservoir-, dans les autres , il s'implante vers le milieu de ce dernier. Il a la texture organique de celui-ci. Il s'engage au-dessous du rectum et va s'ouvrir aux côtés de l'anus sur la membrane sou- ple et rétractile où celui-ci est pratiqué. La forme et la structure du conduit excréteur sont bien ditlérentes dans les carabiques bombardiers. Le ré- servoir ne dégénère pas postérieurement en un col. Après l'insertion des canaux efférens, il s'abouche im- médiatement dans une capsule sphérique brune ou rou- geàtre , d'une texture comme papyracée, d'une forme constante et invariable. Cette curieuse petite bombe est ~ ( èce d' oscilla lion que leur impriment les divers tubes dont la confluence forme les canaux elîerens, ces élémens , dis-jc , sont de plus en plus élabores. Ces derniers canaux ne sont point passifs eu transmettant au réservoir le fluide sécrété. Leurs parois dont les rides microscopiques annoncent la faculté contractile exer- cent sur celui-ci une action qui en bâtant sa progression dans ses replis ttexueux perfectionne aussi ses qualiiés. La bourse destinée à tenir en réserve le produit immé- diat de la sécrétion oflVe une organisation qui me parait propre à remplir deux fonctions principales. Sa tunique externe épaisse et musculeuse , très-expansible dans les bombardiers , doit, eu se contractant, imprimer au liqui- de contenu , ce mouvement de projection que l'animal dirige à son gré bors du corps. La pocbe incluse dans le panicule extérieur a sans doute les caractères d'une membrane muqueuse. Elle ne se prèle pas seulement au séjour delà liqueur sécrétée 5 elle doit encore augmenter ses qualités irritantes par le mélange de quelque bumeur fournie ou par des cryptes , ou par une simple exbala- tion. D'après la simplicité de la structure du conduit ex- créteur des carabiques , à l'exception des bombardiers , il est permis de croire que le liquide excrémenliliel ne subit aucune modification dans son trajet depuis le ré- servoir jusqu'aux pores qui le filtrent au debors. Je pré- sume que , dans le Brachinus et Vy^ptinus , c'est dans la petite bombe qui précède l'anus que se forme la va- peur expulsée. Avant de passer à l'examen de l'appareil des sécrétions excrémenlitielles dans les coléoptères étrangers à la tri- ( '5) hu des cat'abiques , je ferai une remanpie qui n*aura pas sans cloute échappé au lecteur et que j'ai déjà fait pres- sentir. C'est que l'on ne saurait s'empêcher de recon- naître une grande analogie entre cet appareil et l'organe urinai re des quadrupèdes. Ne retrouve-t-on pas eneflet dans les carabiques, ainsi que dans ces derniers , les mômes parties essentielles pour concourir au but de cette sécrétion ? N'y voyons-nous pas des reins granuleux , des uretères, des vessies^ des urètres? Ces organes n'occupent -ils pas la même région du corps dans ces deux classes d'animaux? Le liquide sécrété n'est-il pas doué de qualités acres et ne s'évacue-t-il pas aussi par des ouvertures placées au voisinage de l'anus ? Les carabiques ne sont pas les seuls coléoptères dans lesquels existe un appareil des sécrétions excrémenti- lielles. Je l'ai rencontré aussi dans un petit nombre d'au- tres , et je vais donner un aperçu rapide de mes recher- ches à ce sujet. Parmi les Pentamères nous retrouvons cet appareil dans la tribu des IIydrocanthâres qui , comme on sait, fait partie avec les carabiques de 1a famille des carnas- siers. Il est également situé de chaque côté de la région postérieure de l'abdomen et fournit une humeur d'une fétidité remarquable. Dans les Djtisques , il se compose, I®. d'un vaisseau sécréteur filiforme, blanchâtre, flot- tant , très-reployé et comme aggloméré , absolument dé- pourvu des grappes utriculaires qui s'observent dans les carabiques , long de près de deux pouces dans le T)jt. Roescliij et s'insérant à l'origine du conduit excréteur ; a**, d'une vessie ovoïde ou obloiigue, ayantdes parois char- nues assez épaisses ; 3°. d'un conduit excréteur qui n'est ( remarquables par leur grandeur, vu la petitesse de ce coléoptcre , et renferment im liquide d'un brun verdàlre. , Je n'ai su reconnaître aucune trace du vaisseau sécréteur. Les réservoirs du Diapeiis sont ovales-oblongs, lisses ^ taiais striés en travers quand on les étudie an microscope, A l'aide de ce dernier instrument, on découvre à la base des vessies des filamens vasculaires courts dont je n'ai pu déterminer ni le nombre ni la disposition. Les ves- sies de VEledona sont oblongues et l'odeur de Blaps que répand cet insecte est bien plus prononcée que dans les dt'ux autres Taxicor:nes. Mes dissections ne m'ont absolument rien appris conr cernant l'organe qui secrète cette liqueur onctueuse et jaune que les Méloés et les Mjlabres répandent en abondance par les articulations des pattes. On sent que la dissection de celles-ci doit cire d'une difficulté insur- montable. CHAPlTiRE QUATRIÈME* Organes de la respiration. La fonction respiratoire s'exécute chez les Cara biques, comme dans tous les autres insectes, au moyen de Stig- mates et d«î Trachées. C'est dans le Carabus auratus piincipalement que je vais examiner ces organes. ( 20 } ^ I". Des Stigmates, Ces orifices extérieurs de Tappareil de la respiraliort sout au nombre de neuf paires disposées le long des côtés du corps. Il y a une seule de celles-ci au thorax et huit à l'abdomen,. Nous allons les examiner séparément dans ces deux régions. 1®. Stigmates thoraciques. Ils sont situés en arrière de Tarticulation de la première paire de pattes sur la peau fibreuse et tenace qui joint le corselet à cette partie delà poitrine désignée par M. Audouin sous le nom de me.yo- ihorax. Ils ne peuvent être mis en évidence qu'en tirant en s0ns contraire ces deux dernières parties. Placés obliquement à Taxe du corps , ils ont une conformation extérieure diflerente de celle des stigmates abdominaux. Bien plus allongés, plus minces et moins saillans que ceux-ci , leurs valves sont légèrement échancrées sur les côtés. 1^, Stigmates abdominaux. Ils sont placés de chaque côté de la région dorsale de l'abdomen sur cette rnem- brane assez épaisse, mais souple et plus ou moins ridée, qui unit les segmens du dos aux plaques du ventre. Ils correspondent aux huit premiers anneaux. Ce sont de petits boutons ellipsoïdes, saillans, bruns, lisses, lui- sans , durs , cornés , formés de deux valves ou panneaux dont l'entr'ouverturc est .creuse ou béante. Ils sont blan- châtres , mais d'une configuration semblable , dans les Chlœnius , plus ronds, plus ouverts dans les Sphodrus, Ces ostîoles pneumatiques, soit du thorax soit de l'ab- domen , offrent entre les deux valves qui les constituent «ne scissure des plus étroites , une fente presqu'imper- (=' ) ocptlble potir riiilialation de rair. Lorsqu'on parvient à fixer convenablement cet organe sous une forte lentille du microscope on découvre que le pourtour de la scis- sure est garni d'un duvet excessivement fin , bien plus marqué dans le stigmate thoracique que dans les autref. Toutes ces bouches respiratoires sont abritées des in- fluences extérieures par les élytres et par la contiguïté du thorax avec la poitrine. Je vais signaler les différences que j'ai reconnues dans les stigmates de quelques autres fiimilles de coléoptères. Dans le Dytiscus marginalis ^ le Melolontha vulgaris , le Liicanus cervus , Y Hamaticherus héros ^ et sans doute dans la plupart des genres qui appartiennent aux fa- milles dont ces insectes sont les types, les stigmates, au jieu de se présenter sous la forme de boutons bivalves et protubérans , offrent ordinairement un disque oval ou oblong entièrement découvert , quoiqu'entouré d'un mince rebord corné nommé péritrème par M. Audouin. Ce disque , observé attentivement avec une loupe ordi- naire , parait marqué de petites lignes transversales , à- peu-près parallèles , d'une couleur pins foncée. Le mi- croscope fait reconnaître que ces lignes , disposées sur deux rangées opposées , prennent naissance des deux bords contraires du rebord corné, et que leurs extrémités libres se regardent en laissant entr' elles un intervalle linéaire qui paxcourtle grand diamètre du stigmate. Cha- cune de CCS lignes est un tronc simple ou bifurqué dont les côtés et les bouts émettent des fascicules , des houppes de ramifications comme les noeuds de certaines conferves. (.es petits pinceaux sont inégaux en longueur dans le Dytiscus et l'intervalle qui sépare les deux rangées ne ( 23 ) partage point le disque en deux parties ëgales. Dans \e Lucanus ei V Hamatichenis cet intervalle est parfaite- ment dans la ligne médiane. Les figures que je donne des siigniates de ces coléoptères mettent en évidence ces traits. Sprengel , dans un mémoire sur l'organe respiratoire des insectes , mémoire fort remarquable et accompagné d'excellentes figures , a observé une structure analogue à celles que je viens de décrire dans le stigmate de VHy- drophilus caraboïdes. La figure que ce même auteur donne de cet orifice trachéal dans le Djtiscus circum- flexusy espèce extrêmement voisine du J). marginalis, cadre fort bien avec celle que j'offre ici(i). § II. Des Trachées. Les Carabiques n'ont que des trachées tuhulaires ou élastiques , c'est-à-dire en forme de tubes divisés et sub- divisés à la manière des vaisseaux sanguins. Leurs rami-r fications nacrées vont s'étaler en élégantes broderies sur tous les viscères , sur toutes leè surfaces. Elles débutent à chaque stigmate par un tronc gros et court divisé dès son origine et s'abouchant à une trachée latérale d'où partent d'innombrables branches, Les vaisseaux aériens des coléoptères étrangers aux Carabiques ne m'ont présenté des différences de configu- ration et de structure que dans un petit nombre de fa- milles de la section des Pentamères seulement. (i) CuaTii Sprehgel, Comnmntarius de pattibus qiùbus Insecta spiritus ducunt, cuna tal>. Lipsim^ i8i5j tab. ii , fig. 22; tab. m, (iS- 29. (23) Dans la tribu des Carnassiers terrestres , composée des Cicindélèles et des Carabiques , ils sont tout-à-fait ana- logues à ceux de ces derniers, c'est-à-dire tubulairec, Mais dans les Carnassiers aquatiques , qui comprennent les Z)/a'5CM5, j'observe une ou deux utricules pneuma- tiques dans la poitriuc , tandis que les trachées de toutes les autres parties du corps ressemblent i% celles du Ca- rabus. Les irachéesdes BnACHÉLYTiiEs sont toutes tubulaircs. Parmi les SEnRicoRNEs les Buprestides ont des utri- cules aériennes fort nombreuses , soit dans la poitrine, *oit dans l'abdomen , tandis que les Elatérides^ les Lanv- pjrides , les Meljrides et les Ptiniores qui sont rangés ■^laus cette même famille ne m'ont offert que des trachées tubulaircs. Tous les CLAvicoRNEsque j ai disséqués n'offrent non plus que cette dernière espèce de vaisseaux respiratoires. Les Palpiçounes et la riche famille des Lamelli- cornes ont une quantité prodi-gieuse de bourses tra- chéennes ellipsoïdales, d'un blanc mat, communiquant 'Cntr' elles par des branches tubulaires. Les trachées dans les espèces aesez nombreuses d'HÉ- TÉROMÈRES, de Tétramères Cl de Trimères soumises à mon scalpel sont toutes tubulaires ou élastiques. T Dans les Priones , et probablement dans les autres -genres de la famille dos Longicornes , je découvre dans la poitrine un organe tr/ichéen particulier ou du moins uae disposition toute spéciale de ces vaisseaux aériens. L'intérieur de cette cavité est tapissé par une couche assez épaisse d'un tissu blanc , d'un aspect moelleux , mois d'une texture coliérente. On peut, en le saisissant (H) ftvec une pince et le tirant à soi avec précaution , Ten* lever tout d'une pièce , car il ne paraît avoir de con- nexions essentielles qu'avec les deux stigmates qui for- ment son origine et sa terminaison. Examiné de plus près, cet organe pulmonaire se trouve composé i^. de deux troncs trachéens considérables connivant enlr'eux , d'une part au#ligmate tlioracique , de l'autre au premier stigmate abdominal ou pcctoro-abdominal ^ !x®. d'un lacis inextricable de ramuscules aérifères nés des deux troncs précités et de lobules adipeux qui leur sontadhérens, en un mot d'une sorte de parenchyme. Ce rudiment d'or- gane ^^w/mo/irt/re pectoral que j'ai aussi découvert dans les Punaises d^ eau dont j'ai publié la description et les dessins dans le septième volume des Annales générales des sciences phjsiques de Bruxelles, en février 1821, me parait avoir échappé aux recherches des naturalistes qui s'occupent d'anatomie comparative. Sprengel a observé dans les iS/^/ii/zj: des agglomérations d'utricules aériennes qu'il compare à des poumons et qu'il désigne sous la àê- nomination de Organa ^^esiculoso-cellularia ,• mais le siège de ceux-ci n'est pas restreint dans la poitrine , comme cela a lieu dans les Priones ainsi que dans les Punaises d'eau, et leur texture intime n'est pas spéciale. Avant de passer à l'examen de la fonction respiratoire, je dirai deux mots sur la structure organique des tra- chées. Celles qui sont mbulaires ou élastiques se compo- sent de trois tuniques dont l'intermédiaire , d^un blanc argentin , est formée d'un fil élastique roulé en spirale. Sprengel nen admet que deux , mais d'après sa descrip- tion même il est évident qu'il en signale trois. La luni^ quç extérieure bien reconnue par cet auteur et app«i- (25) rente seulement dans les gros troncs est une membrane d'une ténuité fugace. L'interne soupçonnée par Réaumur vl admise par Swammerdani ainsi que par M. Marcel do Serres, est si fine et si iulimemcnt adhéreule à Tinter^ médiaire, qu'il est impossible de l'en isoler. Il m'est trcs- fiouvent arrivé , ainsi qu'aux scrutateurs de l'anatomie en- tomologique , de dévider d'un bout à l'autre le fil élas- tique de la trachée, de manière que celle-ci se défait en- tièrement, et alors ce fil entraîne avec lui des lambeaux des deux tuniques qui lui sont collées. Dans quelque? circonstances rares , après l'évulsion du fil élastique , il restait une portion lubuleuse de la tunique interne, presque pcllucide et sans brillant nacré. J'ai exprimé ce fait dans la figure qui représente un tronc trachéen du Carahiis aaratus. Dans la hrye àa Djtiscus marginalis j'ai pareillement mis en évidence cette membrane interne qui est d'un brun noirâtre. Quant aux trachées ulriculaires ou wésiculaircs , elles olTrent une organisation essentiellement différente de celle des conduits tubuleux dont il yient d'être question. Ces réservoirs pulmonaires sont d'un blanc laiteux mat, sans reflet argenté ni nacré , et on n'y découvre aucune trace du support élastique ou dos espèces de côtes que AI. Marcel de Serrqs a signalées dans les bourses pneu- matiques de plusieurs orthoptères. Ainsi ils sont pure- ment membraneux. D'après l'auteur que je viens de ci 1er ces trachées utriculaires se composent de deux membranes celluleusies très-extensibles. Dans son mémoire sur les usages du i^aisseau dorsal, présenté à l'Institut en i8i3, M. Marcel de Serres a fjonné , soit sur la structure soit sur les fonctions d^* ( 2G ) î'appareîl rcspiraloire des insectes , des oLservatîons nombreuses et du plus îiautinrérôt. Je suis surpris qu'au milieu des détails fort circonstanciés qu'il renferme et qui supposent des dissections scrupuleuses , il ne soit fait mention ni du parenchyme pulmonaire de la poitrine des Longicorncs et des Ncpes , ni de la texture spéciale des stigmates des Dy risques et des Lamellicornes. L'acte de la respiration ne s'exécute point dans lesin- sectes , comme dans les animaux à sang rouge, par une digestion de l'air dans un organe circonscrit et isolé. Il consiste en une véritable circulation du fluide atmosphé- rique au moyen de conduits destinés par leurs prodi- gieuses ramifications à le disséminer dans tous les points -du corps pour le mettre en contact avec les élémens nu- tritifs. Ainsi dans les animaux à poumons , c'est le fluide de la nutrition qui vient chercher l'air dans l'organe destiné à le soumettre à son influencé locale , tandis que dans les animaux à trachées , c'est l'air, qui va chercher les élémens nutritifs pour compléter leur élaboration. Au reste , dans les uns comme dans les autres , les résul- tats de cette importante fonction sont les mêmes, soit sous le rapport de l'influence organique sur la nutrition , soit sous celui du changement chimique qu'a éprouvé l'air dans ses principes constitutifs , comme l'ont démontré les -expériences de Vauquelin , soit enfin quant à l'acte pure- ment mécanique de la respiration , qui consiste en une alternative d'inspiration et d'expiration de l'air par les mêmes orifices , les mêmes conduits. La première fois que j'observai les houppes élégantes qui garnissent les stigmates dé quelques Coléoptères , c'était sur le Djiiscus; et comme cet insecte vit principa- ( =7 ) lement dans Teau , je crus trouver dans ces houppes un© modification des branchies des Crustacés. Mais U décoii- verle dune organisation semblable dans les orifices pneu- matiques du Melolontha , du Lucanus , des Ceramhyx , coléoptères dont le genre de vie, exclusivement aérien , est sous ce rapport opposé à celui du /^^/^cm5 , vint dé- truire ma conjecture. Les fonctions de ce duvet, de ces liouppes se bornent donc à filtrer l'air, à s'opposer ainsi à l'abord des atomes hétérogènes qui nagent dans l'atmo- sphère et dont la présence irriterait les parois trachéennes* Ces poils sont aux stigmates ce que les cils sont à l'or- gane de la vue. CHAPITRE CINQUIÈME. . Du sjstème nerveux. L'organe sensitif du Carabus aurntus , le seul que je décrirai, se présente, comme celui de tous les Coléo- ptères , sous la forme d'un double cordon nerveux ren- de d'espace en espace en ganglions d'où partent des nerfs i\\\\ vont se distribuer dans toutes les parties. Placé dans la ligne médiane du corps au-dessous dos viscères et im- médiatement sur la paroi ventrale, il débute dans la têle par un organe auquel on ne saurait refuser le nom àé cerveau^ et offre ensuite une série de huit ganglions dis- tincts. i". Le cers^eau occupe le centre de la tête. Il a une forme arrondie et une organisation différente dé celle des ganglions. Dépourvu d'enveloppe immédiate appré- ciable^ il m'a paru logé au-dessous des muscles nom- î)reux qui servent aux mouvemcns des diverses parties ( 28 ) 4e !a lètc. Sa pulpe cérébrale, pour ainei dire à décou- vert, ne: m'a oflert aucun lobe, aucune division appa- rente, ipes deux nerfs optiques en naissent immédiale- jnent. Ils sont remarquables par leur grosseur , un peu comprimés, et se terminent par un bulbe ovalaire dont la rétine est eolorée en pourpre et paraît villeuse au mi- croscope. 2®. Le cordon nerveux^ qui est Taxe de tout l'appa- reil , peut être comparé au prolongement rachîdien des animaux à sang rouge. Il prend son origine à la partie postérieure du cerveau et est formé de deux filets con- tigus enveloppés chacun d'un névrilème qui a une cer- taine ténacité. 3®. Les ganglions , que l'on a comparés à de petits cerveaux, ont un névrilème qui n'est qu'une continua- tion de celui du cordon médian. Ils varient entr'cux par leur grosseur, leur distance respective, et les régions du corps qu'ils occupent. Il y en a un au corselet, un autre à la poitrine et six dans la cavité de l|Rbdomen. Le ganglion tlioracique se trouve placé tout près du bord antérieur du corselet et pour ainsi dire entre celui- ci et la tête. Il émet de chaque côté quatre ou cinq nerfs qui paraissent principalement destinés aux muscles des pattes antérieures. Le ganglion pectoral est étroitement et profondément engagé dans un tissu fibreux qui est au passage de la poi- trine au corselet cl dont il est extrêmement difficile de le débarrasser. Il ne fournit que deux nerfs de chaque, côté pour les quatre pattes correspondantes. Les ganglions abdominaux ^ dont le premier est fort distant du second et dont les trois derniers sont plus ar- ( 29) rondis , pitisque conligus, donnent chacun naissance à deux paires de nerfs. Le dernier , sensiblement plus grand que les précédens , se termine en arrière par deux troncs nerveux considérables qui se distribuent particu- lièrement aux organes de la génération. Il fournit outre cela trois nerfs de chaque côté. CHAPITRE SIXIÈME. Du tissu adipeux splanchnique. Dans quelques mémoires ayant pour objet des recher- ches analomiques sur les insectes et quej'ai publiés , soit dans le Jx>urnal de physique de Paiis , soit dans les An- nales générales des sciences physiques de Bruxelles , j'avais clasàé parmi les dépendances de l'appareil digestif et désigné sous le nom àHépiploon ce tissu adipeux qui est flottant dans les cavités splanchniques et qui forme une atmosphère plus ou moins, dense autour de tous les viscères. J'ai cru plus prudent aujourd'hui de décrire isolément ce tissu saus lui assigner une place parmi les appareils organiques qui président aux principales fonc- tions. Examinons-le d'abord dans les Carabiques. Il consiste dans les divers genres de celte tribu en lambeaux grais- seux déchiquetés , blanchâtres , comme pulpeux , dont l'abondance varie suivant les espèces et suivant quelques circonstances individuelles. Soutenus par une trame de ramifications trachéennes d'une extrême ténuité , ces lambeaux flottent au milieu des viscères et sont d'autant plus multipliés qu'ils s'approchent davantage de la partie postérieure de la cavité abdominale. Dans les véritable* (3o) Carabes , iiiseclcs aplères donl la locomolion s'cxcciilc avec moius d'activité que dans les genres ailés de la même tribu , le tissu adipeux splanclinique est bien plus abon- dant, plus pourvu de graisoe que dans ces derniers , où il ne consiste souvent qu'en lambeaux mombrani formes que leur translucidité rend difficiles à reconnaître. Il n'est pas rare qu'il s'accumule plus spécialement autour' du gésiel^ , et il est quelquefois suspendu à cet organe sous forme de guenilles flottantes. On en trouve bien moins dans V Ornophron que dans les autres Carabiques. Quoi qu'il en soit de l'abondance de ces lambeaux adipeux , Tobservalion microscopique nous les montre sous la forme de véritables sachets polymorphes essen-* tiellemenl constitués par une membrane diaphane et plus ou moins remplis par une graisse fine et homogène dont les élémens sont comme des points arrondis. Au milieu de la pulpe adipeuse splanchnique du Ca- rahus auratus ,]W rencontré^ dans l'un et l'autre sexe , des corps sphéroïdes blancs , bien isolés , semblables eu apparence à des œufs de cette conliguration , ou plutôt à ces petites dragées connues sous le nom d'anis de Verdun* Ces globules acquièrent jusqu'à une demi - ligne de dia- mètre *, ainsi ils sont loin d'être des corps microscopiques. Leur nombre est variable suivant quelques circonstances de la vie de l'insecte , et il est des individus dans lesquels on n'en découvre aucun. Au printemps j'en ai rarement trouvé plus de six ou sept de chaque côté de l'abdomen ^ et ils occupent assez constamment une ligne corrcspondanie aux stigmates. Au cc«nmenceraent de l'automne dernièic en ouvrant un mâle et une femelle de ce Carabe , je ne fus pas peu surpris du nombre prodigieux de ces glo- ( 3i ) Lules. J'en complai plus de cent. Us obstruaient non- seulement la cavité abdominale , mais encore celle du métaihorax. Us s'échappaient par l'incision pratiquée au dos de l'insecte et gagnaient bien vite le fond de l'eau. Examinés de plus près , ces corps sont des bourses* sphéroïdes , enduites en dehors d'une couche muqueuse, grisâtre , quelquefois nulle, et remplies d'une pulpe ho- mogène, très-blanche. J'ai long-temps cru qu'ils n'a- vaient aucune connexion organique avec le tissa ambiant ; mais à force de persévérance , je parvins , à l'aide du mi- croscope , à découvrira plusieurs d'entr' eux un col tubu- leux plus ou moins prononcé , plus ou moins Ijoursoufflé, dont rextrémiié elBlée se perd ou prend naissance dans le tissu graisseux où ils sont plongés. Mais il paraît que ce col finit par s'oblitérer, s'effacer, et alors la bourse est, ou tout-à-fail sphérique ou terminée par une petite pointe concïde. Les figures jointes à mon travail expri- ment ces divers états. Dans les Carabes ouverts en automne , j'ai remarqué que ces globules étaient généralement dépourvus de col^ et libres. J'observai aussi que quelques-uns d'entr'eux étaient en partie transparens , comme si la matière qui les remplissait n'avait pas acquis l'élaboration convenable ou sa parfaite maturité. Je fi* encore une autre remarque sur ces mûmes individus d'automne , c'est qu'ils étaient bien moins agiles qu'au printemps ou en été , qu'ils n'avaient presque pas de tissu adipeux splanchnique et que leurs viscères étaient sans énergie, comme flétris. Quelles peuvent être la nature et les fonctions wZe5 cornées, tantôt simplement tranchantes, tantôt dentelées, mobiles trans- versalement j de deux mâchoires ; d'une lèi^re 5 rarement d'une langue 5 enfin de quatre ou de six palpes qui sont on quelque sorte des organes de dégustation. Les glandes salivaires qui dans plusieurs autres ordres d'insectes , tels ( 37 ) que les Orthoptères, les Hémiptères, etc., revêlent tous les caractères qui constituent un organe, ne semblent que rudimentaires dans le petit nombre de coléoptères qui en sont pourvus. Elles consistent en vaisseaux paires, fili- formes, plus ou moins repliés, floitans par un bout , insérés par l'autre dans Tarrière-bouche , et essentiel- lement formes d'un canal inclus enveloppé d'une tuni- que contractile. Ils renferment une salive incolore. Je ne les ai rencontrés jusqu'à ce jour que dans quelques genres des familles des Mélasomes , des Taxicornes , des Sténélytres , des Tracliélides , des Rhincophores , de» Apliidiphages. Le tube digestif a une étendue qui varie singulièrement suivant le genre de vie et conséquemment suivant les familles de ces insectes. Dans les uns il n'ex- cède presque pas la longueur du corps : c'est le plus petit nombre j dans les autres il la surpasse de plusieurs fois. On y dislingue un œsophage ordinairement court ; un jabot plus ou moins prononcé, dans quelques familles un gésier garni intérieurement de pièces de trituration 5 un ventricule chjlifique d'une grandeur variable, ou gla- bre ou hérissé de papilles; un intestin ^reZe plus ou moins long; un gros intestin consistant le plus souvent eu un cœcum dilatable que suit un rectum qui dans certaines femelles s'allonge beaucoup. La texture du tube digestif est musculo - membraneuse et se compose de trois tuni- ques contigucs dont l'épaisseur varie. Les vaisseaux bi- liaires ouhépatiques s'insèrent constammentà l'extrémité postérieure du ventricule chylifique. Ils sont fort longs, très-déliés , singulièrement reployés , et d'une texture celluloso-membraneuse. Leur nombre et leur mode de connexion varient suivant les familles et les genres. Ils (38) sont toujours paires. Il n'y en a jamais moins d'une paîre et jamais plus de trois. Tantôt leur insertion se borne au ventricule cliylifique,et dans ce cas, ou bien ils sont libres et flotlans par un bout, ou bien ils forment un arc diver- sement replié dont les deux extrémités s'implantent au- tour d'un même cercle. Tantôt cette insertion est double; elle a lieu d'une part au ventricule chylifique et de l'au- tre au cœcum , soit que ces vaisseaux s'implantent iso- lément, soit qu'ils confluent en un ou plusieurs troncs. La bile qu'ils contiennent varie pour sa couleur depuis le violet foncéetlebrun jusqu'au jaune, au blanc ou au diaphane. Les Coléoptères ont , ainsi que les autres insectes , deux sexes séparés , et l'acte de la reproduction est un véritable accouplement , c'est-à-dire qu'il y a introduc- tion de la verge dans le vagin et émission d'une liqueur spermatique. L'organe générateur mâle se compose i^. de deux testicules formés, soit par les replis agglomérés d'un seul vaisseau spermatique , soit par un ou plusieurs sachets , soit enfin par des utrîcules dont le nombre , la configuration et la grandeur varient suivant les familles; de 2^. deux canaux déjérens variables pour leur lon- gueur , quelquefois reployés en épididyme ; 3*^. de 've- sicules séminales plus ou moins nombreuses, et de for- mes diverses suivant les genres de Coléoptères ; 4^- ^'"^ conduit éjaculateur tantôt fort long , tantôt très -court ; 5°. d'une i^erge rétractile renfermée dans une armure copulatrice dont la conformation se modifie à l'infini. On distingue dans l'organe générateur femelle de tous les Coléoptères 6°. deux ovaires dont chacun se compose d'un calice plus ou moins marqué et d'un nombre , va- ^ (39) riable PPranl les genres , de gaines ovigères unîloculai- ros ou multiloculaires , terminées le plus souvent par une pièce charnue où se fixe un ligament suspenseur-^ "j^. une glande sébacée d'une structure diversement compliquée, insérée à rorigine de Foviducte et destinée à fournir une humeur propre à lubréfier ou à enduire les œufs à l'époque de la ponte \ 8^. un oviducte plus ou^ moins long qui se continue en un i^àgin ; cf. une v^uli^e souvent accompagnée de pièces copulatrices ; io°. des œufs globuleux ovales ou oblongs j 6°. enfin dans quel- ques cas rares un appareil sécréteur particulier propre à former une enveloppe commune ou une co^we aux œufs. Indépendamment des organes sécréteurs dont il vient d'être question, on rencontre encore dans un petit nombre de coléoptères un appareil des sécrétions excrémerititiel- les placé au voisinage de l'anus. Il se compose ou de vais- seaux ou d'utriculessécrétoires et d'une vessie ou réser- voir. Il est binaire, commun aux deux sexes, et a pour fonction de former une humeur acre liquide ou vaporeuse que l'insecte expulse à son gré lorsqu'il est menacé de quelque danger. L'organe respiratoire des Coléoptères consiste en stig- mates placés sur les parties latérales du corps , et dont l'organisation varie suivant les genres , et de trachées tantôt tubulaires tantôt utriculaires qui disséminent l'air dans toutes les parties du corps. Leur système nerveux se compose d'un cerveau , de ganglions placés dans la ligne médiane , variables pour leur nombre , communiquant entr'eux et avec le cerveau au moyen d'un cordon à deux tiges contiguës , enfin de nerfs proprement dits qui émanent des glanglions. ( 4o) La capacité abdominale de ces insectes renferflie cons- tamment un tissu adipeux splanchnique , dont l'abon- dance et la couleur varient suivant les genres et qui ne parait pas étranger au but de la nutrition. § II. Caractères anatomiques propres aux Carabiques. Les Carabiques sont cliasseurs et carnassiers. La lon- gueur de leur tube digestif uc surpasse pas plus de deux fois celle de leur corps, lu'' œsophage est court 5 il est suivi à^un jabot musculo -membraneux bien développé , très- dilatable. Puis vient un gésier ovale ou arrondi , à parois calleuses et élastiques , armé intérieurement de pièces cornées mobiles propres à la trituration et muni d'une valvule à ses deux orifices. Le y^entricule chjliji^ que, qui lui succède , est d'une texture molle et expan- sible , constamment hérissé de papilles plus ou moins prononcées et rétréci en arrière. \J intestin grêle est assez court-, le cœcum a la forme et la texture du jabot. Le rectum est court dans les deux sexes. Les {f aisseaux hé- patiques ne sont qu'au nombre de deux , en arc diver- sement reployé , et s'implantent , par quatre insertions isolées , autour de la terminaison du ventricule chyli- fique. Leurs testicules sont formés chacun par les circon- volutions agglomérées d'un seul vaisseau spermatique , tantôt presqu'à nu, tantôt revêtues d'une couche adi- peuse , d'une sorte de tunique vaginale. Les canaux déférens sont souvent repliés en épididjme. Les vési- cules séminales , au nombre de deux seulement , sont filiforrries. Le conduit éjaculateur est court , la verge C 40 grèle , allongée j V armure copulatrice plus ou moins compliquée. Les o\f aires n'ont que sept à douze gaines op-i^è/ei chacun, multiloculaires , réunies en un faisceau conoïde j Yoviducte est court ; la glande sébacée com- posée d'un vaisseau sécréteur, tantôt filiforme , tantôt renflé à son extrémité, et d*un réservoir ; la vulve s'ac- compagne de deux crochets rélractiles 5 les œufs sont ovales-oblongs. L'existence d'un appareil des sécrétions excrémenti- tielles est un des traits anatomiques les plus saillans de tous les Carabiques. Il consiste en une ou plusieurs grappes à'utricules secrétaires dont la forme varie sui- vant les genres", en un long canal efferent ; en une vessie ou réservoir contractile j en un conduit excréteur dont le mode d'insertion varie , et en un liquide excrété qui a des qualités ammoniacales. L'organe respiratoire a des stigmates en boutons bi- valves et des trachées toutes tabulaires. Le système nerveux ne diffère pas de celui des Coléop- tères en géuéral. APPENDICE. Obs. i'^*' . L'étude anatomique du Tomicus tjpographus m'a fourni deux faits assez curieux que je ne saurais passer sous silence. Malgré sa petitesse et sa vie retirée, cet insecte a des animaux parasites soit en dehors soit eu dedans du corps. Entre ses pattes et surtout dans l'ex- cavation bordée de pointes qui caractérise la partie posté- rieure de ses élytres , j'ai rencontré un grand nombre d'individus d'une Mitte qui se distingue fort bien sans le secours de la loupe. Son corps est brunâtre , ovale, ( 42 ) Jintcrienrement rétréci eu pointe^ aplad ou à peine con- vexe en dessus , formé d'une peau coriace , lisse et sans aucune trace d'anneaux. Elle n'a que trois paires de pattes assez courtes , égales entr' elles , dépourvues de poils j mais on voit aux côtés de la pointe qui représente la tête , deux palpes ou antennules plus gros et un peu plus longs que les pattes , insérés au-dessous du bord de celte espèce de petite carapace et composés de cinq arti- cles évidemment hérissés de poils. Durant la vie de Ta- nimnl , je ne pus reconnaître sa bouche ; mais plusieurs mois après la mort des Tomicus , ayant recherché sur . eux les Mines , je m'aperçus que celles-ci , en quelque sorle collées sur le coléoptère , s'en détachaient sans peine , mais restaient suspendues par un lien impercepti- ble. Je les arrachai avec précaution , et les ayant soumises au microscope , je crus m'apercevoir que ce lien n'était antre chose que le suçoir de l'animal qui était resté en- gagé après sa mort dans les pores du Tomique. Ce suçoir a à peu près la longueur du corps de la Mitte. Dans cet état de dessiccation , les pattes de cet aptère avaient dis- paru vraisemblablement par leur rétraction sous l'es- pèce de test qui constitue son corps , et ce test n'avait changé ni de forme ni de grandeur. Je n'ai pas la vaine prétention de donner comme un fait nouveau l'existence des Mittes sur le corps des insectes , puisque Geoffroi , Linnîeus , Dégeer en ont signalé plusieurs, et que M. Lalreille a décrit sous le nom de Gamasus coleop- tratorum (Gen. Cr. et Ins. i, p. 147) celle qui se trouve plus spécialement sur les Coléoptères, ^otre Mitte, non-seulement n'appartient pas à cette dernière espèce, mais elle m'a paru d'un genre incertain à cause de ses six pattes seulement. (43) Obs. ii4 En examinant A une assez faible lentille du microscope les entrailles de ce même Tomicus , une heure après avoir été séparées du corps , et lorsque tout principe de vie devait y être éteint *, quelle fut ma sur- prise de voir les vaisseaux hépatiques agités d'un mou- vement particulier dont je ne pouvais deviner la cause, attendu que le liquide dans lequel immergeaient ces en- trailles , était dans un repos parfait, et que je prenais, en portant mon œil sur l'instrument , toutes les précautions nécessaires. Je pensai d'abord que ces vaisseaux hépa- tiques pouvaient bien être Vultimum moriens de l'orga- nisme. Mais en me servant d'une lentille plus forte, je reconnus à l'évidence que des ^ers intestinaux d'une grande ténuité , circulaient dans le tube alimentaire et lui imprimaient leurs mouvemens ver mi cri. a ires. Quel- ques-uns de ces vers étaient engagés dans les canaux bi- liaires et leur communiquaient cette agitation dont j'a- vais d'abord été frappé. Ces espèces à' Ascarides assez semblables aux F^ibrions ou Anguilles du vinaigre étaient fort nombreuses. Elles sont pointues par un bout et obtuses à l'autre , qui est la tête. Deux jours après avoir observé ce fait, ces vers vivaient encore. Doit-on les rapporter aux Ascaris , aux Oxjuris , ou plutôt aux Filaria? Obs. III. Dans le tube alimentaire de divers coléop- tères , notamment du Lucanus parallelipipedus, de plu- sieurs Melasomes et de \^Wimarcha tenebricosa , j'ai trouvé abondamment une espèce de vers intestinaux dont je joins ici le dessin. Remarquons avant dépasser à leur description , que ces coléoptères ont tous une démarche lente , des habitudes paresseuses , en un mot, une énei^- ( 44 ) gie vitale peu prononcée, condition favorable au déve- loppement de leurs parasites internes. Il y a déjà plus de quinze ans que j'observai pour la première fois ces vers intestinaux en disséquant le Blaps gigas en Espagne. Ils habitent dans la pulpe alimen- - taire ou excrémentilielle du canal digestif de ces coléop- tères , car j'en ai rencontré dans l'estomac et dans les intestins. Je les ai quelquefois trouvés adhérens aux pa- rois de ces organes. Ils varient pour leur grandeur, ce qui tient sans doute à leur âge. Ils acquièrent depuis un tiers de ligne jusqu'à une ligne. Ils gagnent de suite le fond de l'eau , et leurs mouvemens sont si obscurs qu'il faut l'observation microscopique la plus soutenue pour les reconnaître. Ils sont conoïdes , d'un blanc mat et d'une texture- homogène^ dans l'âge adulte, leur corps olfre vers son quart antérieur une articulation qui est à peine sensible dans les jeunes individus. Le segment antérieur est arrondi comme une grosse tête , et la bou- che , qui est en devant , consiste en un suçoir rétractile dont l'orifice est évasé et festoniié dans son contour. L'au- tre segment n'offre aucune trace ni d'anneaux ni de con- tractures. Il est lisse , conoïde , et son bout postérieur n'a présenté à mes recherches attentives aucune ouverture. Je n'ai point osé donner une dénomination générique à ce ver singulier. Son organisation homogène, l'absence d'un canal intestinal et d'un anus l'éloignent de l'ordre des intestinaux cas^itaires 4$i M. Cuvier ou Nematoidea de Rudolphi, et le rangent dans les intestinaux paren- chjmateux àenolTe illustre naturaliste. Leur corps ter- miné en avant par un suçoir en forme de ventouse auto- rise à le placer dans la famille des Trématodes de ce ( 4-5 ) dernier aiileur. Mais la forme conoïdedece ver qui pré* seule un segment antérieur arrondi et rexistence d'un seul suçoir festonné ne permellent pas de lui assigner une place parmi les genres décrits dans l'ouvrage de M. Cuvier et dans liEncyclopédie. J'éprouve le même embarras dans la volumineuse monographie deRudolphî. Le seul genre avec lequel il ait quelque analogie est le Caryopliylleus ^ ver intestinal de quelques poissons^ mais celui de nos coléoptères n'offre aucune trace d'une Louche à deux lèvres , placée au-dessous du bord anté- rieur qui est évasé en corolle lobulée. Les seuls vers intestinaux des insectes mentionnés par Rudolphi ap- partiennent tous au genre Filaria, Il est très vraisembla- ble que Ramdohr a représenté sous le nom de petit sac de Vépiploon dans le Dermestes lardarius , un de nos vers. La figure 8 de la planche XI de cet auteur cadre assez bien avec les nôtres. Obs. IV. Dans la cavité abdominale de la Cassida viri- dis vivante j'ai rencontré , à plusieurs reprises , dans le printemps , une grande larve qui occupait non-seule- ment l'abdomen , mais qui s'enfonçait même jusques dans le corselet. Ces larves avaient jusqu'à deux lignes et demi de longueur, de manière que quand elles étaient hors du corps des Cassides , on eût difficilement cru qu'elles pouvaient s'y loger. Je n'ai jamais trouvé qu'une seule larve à la fois dans cet insecte. Elle adhérait sou- vent par sa bouche au tissu adipeux dont elle parait faire sa nourriture. Les viscères n'étaient jamais attaqués , ( t voilà sans doute pourquoi les Cassides vivent long-temps malgré la présence de ces hôtes voraces. Cette larve est apode , blanchâtre , composée de onze anneaux. Sa téie ( 46 ) est écalllcuse^ noire, et une petite pointe de cette dernière couleur s'observe à Tanus. Je présumais qu'elle appar- tenait à un diptère. Pour m'en assurer, je renfermai dans un bocal de verre un assez grand nombre de Cassidcs que je nourrissais avec des feuilles d'articliaud. Dans les preniiers jours de mai j'eus la satisfaction de trouver sur ces feuilles deux cbrysalides ovales , brunes , glabres , d'environ deux lignes de longueur. Bientôt j'en vis sortir un diptère qui se rapporte au genre Ocjptera. J'ai soi- gneusement consulté les ouvrages de Geoffroy, de Fabri- cius et de M. Latreille pour déterminer cette espèce-, mais je n'ai pu y parvenir et je la crois nouvelle. Je la caractérisai ainsi qu'il suit : Ocyptera Cassidœ , N. , Ocyplèredela Casside. Aterrima, unicolor, nitida, hirta, facie vix argen^ iea; halterum squamis duplicaiis albidis-^ tarsormn puhillis oblongis albidis ; ahdoinine oblongoj alisfu- moso'diaphanis , costa ciliato-senata. Habitat larva in cassidœ viridis abdomine , imago injloribus. Cette Ocyptère a environ deux lignes et demie de lon- gueur. Tout le corps est hérissé de poiis noirs ^ roides. La tête est roûde , poilue, et les yeux d'un brun obscur. La face a un reflet argenté. Les antennes sont noires ; leur palette est ovale-oblongue et la soie est dorsale simple , distinctement uni -articulée à sa base. Le corselet et l'abdomen n'ont ni raies , ni mouchetures , ni reflets. Ils sont d'un noir luisant uniforme. L'abdomen est ( 47 ) oblong, cylindroïde , composé de quatre anneaux. Les pattes sont noires , et les pelottes des tarses oblongues , d'un blanc roussâtre. Les ailes ont une couleur enfumée et la loupe reconnaît que leur côte externe est bordée de cils spinuleux fort courts , et qui lui donnent l'aspect dentelé. Les cueillerons sont assez grands , d'un blanc jaunâtre, doubles et bordés d'un duvet fin très-court. Obs. V. Dans Tabdomen du Blaps mortisaga, du mâle seulement , on trouve , lout-à-fait au-dessous des viscères , à l'endroit correspondant au tubercule exté- rieur fauve et duveté qui s'observe entre le premier et le second anneau ventral, un groupe serré de fort peti les vésicules ovales , blanches , sessiles. J'ignore les fonc- tions de cet organe glanduleux qui Je le répèle, n'existe que dans le mâle. Il ne m'a oiTerl aucune connexion ni avec l'appareil sécréteur du sperme ni avec celui des sé- crétions excrémentilielles. Je n'y ai découvert aucun vaisseau , aucun conduit , mais les vésicules sont bien apparentes, bien distinctes. Malgré des recherches diri- gées avec soin vers ce même but anatomique dans la dis- section du Blaps gigas , je n'ai jamais pu découvrir la moindre trace de l'existence d'un semblable organe dans cette dernière espèce qui a cependant un taille bien su- périeure à celle du Blaps mortisaga. Dans la cavité abdominale du Mjlabris melanura , du mâle seulement , il y a au-dessous du tissu adipeux granuleux ventral sur lequel reposent les organes diges- tifs , deux arbuscules blanchâtres qui s'enfoncent prin- cipalement dans la poitrine et qui aboutissent à deux troncs distincts , quoique contigus. Ils renferment une humeur blanche et paraissent s'insérer à la base du vcn- (48) tre. Je ne vois en dehors de celui-ci aucune saillie, aucune ouverture correspondant à celte insertion. Ils ne se rat- tachent point aux organes reproducteurs , quoiqu'ils soient exclusivement propres au sexe masculin. Ainsi que je Tai déjà dit pour le Blaps ^ je ne saurais assigner les fonctions de cet organe. L'excrétion de l'humeur onctueuse jaune qui se fait par les genoux du Mjlabrc ayant lieu également dans les deux sexes , ne saurait pro- venir de ces arbuscules. Obs. VI. Les élytresdu Dytiscus marginalis , et vrai- semblablement des grandes espèces de ce genre , offrent à leur insertion même à la poitrine une pièce remarqua- ble qui ne me paraît pas avoir été signalée par les ento- mologistes (i). Cette pièce^, fidèlement représentée dans la figure qui accompagne mon texte , est un cueilleron ana- logue à celui qui s'observe à la base de l'aile de la plu- part des Diptères, mais dépourvu de balancier. Ce cueil- leron d'une forme orbiculaire est constitué par une mem- brane mince , blanchâtre , finement pointillée à la loupe et dont le contour légèrement intumescent est garni de cils. Il est adhérent à la portion ligamenteuse qui unit l'élytre à la poitrine. Sa texture paraît être la mênae que celle de la partie membraneuse de l'aile. Il sert sans doute à produire le bourdonnement que le Dytisque fait entendre en volant. Ces cueillerons existent dans les deux sexes. Ce sont les seuls coléoptères à ma connaissance dont les élytres présentent ce trait singulier. ' (i) Je lis dans le Diciioniiairc classique (VHistoire naturelle (toiu. i , article Aileron) que MM, Latrcilie «t Audourn ont découvert de leuv cùté le fuit que je signale. (49) 01ivi(»r et M. Latreille ont parlé , dans la description àeV Hydropliilus piceus ^ de Texistence d*un cueilleron, à-peu-près semblable, non pas à Torigine des élylres, ainsi que dans les Dytisques , mais à celle des ailes, comme je m'en suis aussi convaincu. EXPLICATION DES PLANGQES. Planche xut. y4ppareils des sécrétions excrémenlitielles cons idérablemen t gros s is . Fig. I. Carabus auratus. a, grappe des utricules sécrétoires; i, canal eflérent ou uretère; c, vessie ou réseruoir; d, canal excréteur ou urètre, Fig. a. Carabus CAMCELLATCS. a , grappe des utricules sécrétoires ou rein ; b , canal efférent ou ure- tère ; c , réservoir ou vessie ; d, conduit excréteur ou urètre, Fig. 3. Brvchikus crkpitaks. rt, grappe des utricules sécrétoires ; 6, canal efférent; c, réservoir ; d , conduit excréteur ou bombe. i Fig. 4- Portion beaucoup plus grossie du canal ejfférent. Fig. 5. Aptincs displosor. aaa , grappes des utricules sécrétoires ; bbb , canaux efférens; c , ré- servoir; dans le même village, on Tavait atteint à 7.0 met. de profondeur. Je me rendis aussitôt sur l'emplacement de ce puits , et je vis encore sur place le monceau de sable blanc et les grès qui en avaient été extraits. Suivant les détails qui me furent donnés^ on avait traversé : I • . Terre • • • • • a™èt. eô c a*. CHicaire blanc marneux, ou tuf. i 33 3°. Calcaire blanchâtre solide. 3 33 4° Calcaire blanc marneux , ou tuf. t4 o® 5». Grès. Le banc était rompu et disjoiut o 33 60. Sable blanc très-pur. • 8 00 Total. a9"èt65c. A cette profondeur, l'eau affluant avec abondance , on ne creusa pas davantage , et on ne sait sur quelle roche repose le sable. J'ai encore retrouvé les grès près du hameau de Mai- son-Rouge (pi. 22), entre Aufferville et Bougligny, dan» un vallon à peine sensible qui est l'origine de la vallée du Fay, dont j'ai déjà fait mention. Ce ne sont pas des masses isolées, mais un banc en place sur un large espace, et dont on suit la continuation en remontant depuis le Fay ; il disparaît sous le sol d'eau douce de la plaine qui prend delà hauteur vers Bougligny. Près des hameaux de Foljuif et de Quenouville , la nappe de grès disparaît encore sous le terrain d'eau douce. A l'est de Bougligny , et au point le plus élevé de la ( 59 ) plaine , il a élé établi un télégraphe qui répond, au nord, à celui de Puiselet, et au midi à celui de Château-Landon, dont je n'étais alors éloigné que d'un demi - myriamèlre environ. Malgré celle dislance , j'en découvrais si bien Téglise , le télégraphe cl les maisons, que tout concourait à m'afl'ermir dans l'idée que la plaine de Clîâteau-Landon était une plaine élevée. Tout le sol de la plaine de Bou- gligny est de terrain d'eau douce; et persuadé que jus- qu'à Cliâtcau-Landon je ne devais plus retrouver appa- rente la formation des sables el des grès, je m'informai si les puits de Bougligny ne l'auraient pas fait connaître- , Leur profondeur est de 5o mètres environ, et entre 17 et 18 mètres à partir de leur ouveriure , ils atteignent les sables et les grès. De Bougligny à Chenouteau, tout le sol de la plaine est encore de terrain d'eau douce , et l'abaissement du terrain réel , quoique peu sensible. Le puils de ce ha- meau n'a que 32 mètres de profondeur, et, comme ceux de Bougligny, il perce les sables et les grès : il n'est point muraille jusqu'au fond. Au-dessous du banc de grès il a une vaste excavation dahs le sable. Son fond, d'après les détails qui me furent donnés par un ouvrier qui y est descendu plusieurs fois , est creusé dans de la mauvaise pierre ou Cliquait. Tandis que mes observations ne me faisaient plus con- naître que du terrain d'eau douce , mes informations me démontraient toujours au-dessous la formation des sables et des grès, et le même ouvrier qui m'avait donné des détails $ur le puits de Chenouteau m'affirma qu'en me rendant à Chàteau-Landon je trouverais en plaine des ex- ploitations de sable. Ce renseignement me faisait cou- (6o) dure que la form.ilion des sables et des grès , que j'avais vue disparaître à Maison-Rouge , àFoljuif cl à Quenou- ville, sous le terrain d'eau douce de la pLiine , el que j'avais suivie sans la voir à travers les puits d'ithy , de Bougligny et de Chenouteau, devait reparaître du côté de Châleau-Landon. Rempli de l'espoir de convertir ce ren- seignement en fait irrévocable, je me dirigeai sur Bu- teau. Dans la partie de plaine que je traversai pour m'y rendre, en laissant Clienou à ma gauche^ le sol en cul- ture était souvent semé d'éclats de calcaire d'eau douce, et en si grande abondance, qu'ils annonçaient que la coucbe de terre végétale était bien mince. Enfin j'arrivai au bameau de Buteau (pi. aS , coupe CD), où près de la première maison , et depuis un temps immémorial , on exploite le sable. Le lieu où cette exploitation est ouverte m'offrit la coupe suivante. 1 ° . Terre végétale o ■**• 5o «• 3°. Calcaire blanc sans consistance o 66 3°. Calcaire Mauchâtre solide , en bancs irrcguliers. o 33 4°> Calcaire blanchâtre solide écailleux y eu bancs réguliers ^ o 5o 5°. Sable blanc pur o 33 6". Sable et grès coquillier i 33 7°. Sable blanc pur , 4 55 8° . Grès non coquillier o 33 Total. 8 «et- 53 «• Une formation d'eau douce à la surface du terrain , et en place , est ici hors de toute contestation -, elle se lie sans aucune interruption quelconque à celle que j'ai re- connue au-dessus des sables et des grès aux rocbers du (T..) , mauvais pnssagc , dans la forêt de Fontainebleau , sur la roule de Malesherbes. Au-dessous on retrouve la for- mation des sables et des grès dont le puits de Chc- nouteau , à trois kilomètres seulement de distance^ a constaté la présence. La partie supérieure du sable offre ici une particularité : elle est coquillière ou con- tient des grès coquillière. Les coquilles que j'y ai obser- vées autorisent à établir que les sables et les grès marins supérieurs existent en cet endroit. Je n'ai pu voir ce qu'il y a sous le sable , mais d'après les renstignemens que j'ai obtenus des ouvriers , on trouve au-dessous une rocbe dure qui n'a pas été percée. A 200 mètres environ , plus vers le midi , une se- conde excavation présente une coupe à-peu-près pareille, seulement la formation d'eau douce de la surface est plus épaisse. De Maison-Rouge , de Foljuif , et de Quenouville à Buteau , la distance est-elle trop grande pour croire que les sables et les grès qui se trouvent dans cette dernière localité n'appartiennent pas à la même formation que les sables et les grès des trois premières , lorsqu'on voit la continuation des uns et des autres dans la partie intermé- diaire, par la perforation des puits de Bougligny et de Cbenouteau* De Buteau au Ménil , le sol de la plaine ne varie point ; le calcaire d'eau douce est en éclats dans la terre. A peu de dislance du Ménil, et au sud-est, en tète du vallon qui descend par Brusel à Cliàleau-Landon , en cernant cette ville par le nord , je trouvai , comme à Buleau , le sable sous la formation d'eau douce : il est mis à jour et extrait dans plusieurs places peu éloignées les unes des (GO autres , maïs je n'y ai point trouvé , comme à Butcau , la grès coqui Hier. Je n'ëtais alors qu'à trois kilomèires au plus de Cliâteau-Landon, et j'avais acquis la conviction de rexislcnce des sables et des ijiès sous uue grande étendue de plaine d'un terrain d'eau douce non inieirompu de- puis la foiél de Fontainebleau. Du Ménil à Chàieau-Landon , le sol de In plaine , au nord du vallon de Brusel , et de celle qui est au midi , où est le télégraphe qui correspond à celui de Bougligny , est toujours de la même formation d'eau douce. L'épaisseur que cetle formation acquiert est bien visible dans le val- lon de Brusel à Châteaii-Landon (pi. ^3 , coupe CD) sur la pente gauche , dans les champs en culture. Ce sont d'abord des roches qui percent çà et là la terre , et ensuite des bancs réguliers d(mt on a tenté l'exploitation à di- verses époques. Je ne m'arrêie point aux caractères mi- néralogiques de ces roches , parce qu'ils sont ceux des roches calcaires de Chàieau-Landon. Encore quelques pas de plus, et j'atteignis une vaste ex- ploitation en grande activité. La nature des bancs calcai- res et des blocs qu'on en tirait ne pouvait plus me laisser de doute , et j'étais fondé à croire que j'étais dans la car- rière de Château-Landon, qui, depuis plus de vingt ans , a fourni tant de pierres pour Paris j je n'étais cependant encore que dans une exploitation toute récente, celle de Brusel ou du télégraphe, mais en quelque sorte sous les murs de Château-Landon. Deux bancs y sont présente- ment exploités : le plus bas contient quelquefois dans sa partie inférieure des silex roulés : c'est celui par lequel on a commencé l'exploitation-, le supérieur s'est montré peu à peu en décombmnt davantage vers la plaine , et on (63) / a l'e$poir de voir s'éiablir un troisième banc siipërieurk aux deux précédons. Des niouvemens considérables de terre et de déblais^ que j'aperçus à un kilomètre environ au nord-est de Châ- teau-Landou,.8ur la gauche du vallon que je venais de suivre , mais plus bas relativement à son cours , fixèrent alors toute mon attention , et marchant constamment siu* le sol d'eau douce , j'entrai enfin dans les carrières de Châieau-Landon, celles d'où on tire toute la pierre qui vient à Paris sous celle désignation , ou celles qui ont élé ouvertes pour le compte du gouvernement , sous le mi- nistère de M. Cretet. C'étaient moins les carrières de Cbâteau-Landon et la formation d'eau douce supérieure qui devaient alors m'arréter et attirer mes recherches, que toute la plaine où ces carrières ont élé ouvertes, et la base de cette plaine ; c'est-à-dire que je devais alors avoir pour but de décou- vrir les formations inférieures à la formation d'eau douce. Mes observations ont élé très-multipliées , et m'ont con- vaincu que l'emplacement où ces carrières ont été ou- vertes n'est qu'un point de la grande et haute plaine de Châleau-Landon , qui n'est qu'une fin des vastes plaines du Gatinais et de la Beauce. Sous cette dénomination de grande et haute plaine de Chàteau-Landon , je comprends (pi. 22) l'espace qui est borné au midi par la vallée du Susain , à l'est par la vallée du Loing , et qui se rattache air nord , malgré la dépres- sion de quelques légers vallons à la plaine de Besigny et de la Madelaine , et à l'est à celle de Chenou. En présentant la plaine de Château -Landon comme une plaine haute et élevée, je dois prévenir que je maii- (M) que (les données suflisanles pour fixer sa véritable hauteur au-dessus du zéro du pont de la Tournelle, à Paris; aussi ne l'ai -je indiquée que d'une manière approxima- tive et sujette à rectification. J'y suis parvenu d'après la pente connue de la Seine , qui est de i4ino ^^o du zéro du pont de la Tournelle , à Paris Jusqu'à Saint-Mamert, à l'embouchure du canal du Loing (pi. id ), et de celle du canal du Loing , qui est de 42™*, 83o du lieu de son embouchure , que je viens d'indiquer, jusqu'à son ori- gine à la fin du canal d'Orléans, au - dessous de Moii- targis. D'après le nombre des écluses et leur chute de Saint-Mamert à Soupes et au port Cretet , au-dessus de Grand -Moulin, il n'était pas difficile d'avoir, relative- ment à Saint-Mamert, la hauteur de ces deux endroits, situés sur le canal à une distance moyenne , entre son origine et son embouchure. Je l'ai fixée , pour le pre- mier , à 24 mètres , et pour le second , à 26 met. ; par conséquent, la véritable hauteur de Soupes, au-dessus du zéro du pont de la Tournelle, sera de 38m-,62 (pi. 23 , coupe ^4 B), et celle du port Cretet sera de 40,62 (pi. 23, coupe C D). Quant à la hauteur de la plaine de Château-Landon , au-dessus de Soupes et du port Cretet, je n'ai connais- sance d'aucune donnée quelconque pour l'établir j je l'ai évaluée à 5o mètres au-dessus du canal du Loing à Sou- pes -, conséquemmenl , sa hauteur au-dessus du zéro du pont de la Tournelle sera de 88°i-,(32 (pi. 23 , coupe ^B^ et coupe CD), Il suit de là que celte hauteur pourra être contestée \ mais en attendant qu'elle soit assignée par des nivellemens et des observations barométriques, je me crois fondé à la maintenir. Un fait qui aller mit (65) tîncore clans Vidée que la plaine de Châleau-Landon, d'un niveau presqu uniforme , est d'une grande hauteur, c'est qu'elle a été choisie pour y placer un télégraphe, et que la bâtisse qui le porte a fort peu d'élévation (pi. ^% et 23 , coupe CD), Les carrières de Château-Landon sont au bord de la plaine (pi. 23, coupe >^J9) et exploitées à ciel découvert. Les bancs calcaires se montrent à jour par place, à gauche, au haut du vallon de Saint-Severin, qui vient de Brusel , et sur le bord gauche de la vallée du Susain. Ils ne sont d'abord recouverts que par une terre brune argileuse j mais à mesure que l'exploitation avance vers la plaine , des bancs de calcaire blanc marneux , sans consistance , et de calcaire blanc solide , qui n'est d'aucun emploi , s'interposent entre la terre argileuse brune et les bancâ calcaires exploités. li en résulte que les déblais deviennent de plus en plus considérables en avançant vers la plaine. La carrière ouverte pour le compte du gouvernement est la plus vaste , celle qui a le plus attaqué la formation d'eau douce , et celle qui fait bien connaître sur quelles roches cette formation repose. J'y ai remarqué , de haut en bas , les couches sui* vantes : t». Terre végétale et terre argileuse brune, d*une épaisseur variable , mais qu'on peut évaluer à» o*»*^ 5o «' a". Calcaire blanc marneux. . . . . • _ 3". Calcaire solide écailleux fendillé. Ç' ' ' * ' ' ' 4*. Premier banc exploité i oo 5o. Deuxième banc exploité a oo 6". Troisième banc exploité ; il est colore i 5o ^^. Banc d'argile jaunâtre qui manque souvent. . . o i6 8 ' . Poudingue i 34 Total. 9 «eu oo «« vm. 5 (66) Toutes les diverses couches de la formation d^cau douce vont en s'a mincissant et se perdant de la plaine vers le bord de la vallée. En entrant en exploitation , les bancs calcaires sont fort minces et très -souvent réduits à un seul. Après lo, 20 à 3o mètres environ d'exploitation vers la plaine , ils se régularisent. Jusque-là leur surface est très - inégale , et ils sont constamment rompus 5 les bords des masses disjointes sont arrondis , usés , et les intervalles qui les séparent sont remplis de la terre ar- gileuse brune inférieure à la terre végétale. Dans le banc calcaire marneux n® 2 , et dans le banc calcaire solide écailleux fendillé , n** 3, je n'ai remarqué aucun silex et aucun corps organisé fossile. La nature des trois bancs exploités , n® 4 > 5> et 6 , est tellement connue ( Descript. géolog, des environs de Paris, p. 290) que je ne m'y arrêterai point : il en sera de même pour les coquilles qu'ils contiennent (même ou- vrage, p. 291). Ces bancs présentent des fissures et des ruptures qui déterminent , lors de l'exploitation , le volume des blocs ; il n'est pas rare d'en voir de 8 à 9 met. cubes. Le plus volumineux qui ait été extrait était de 62 met. 5 il a été débité sur place , faute de moyens de transport. Les fissures dans les bancs sont si multipliées que des espaces assez étendus ne donnent point de blocs. Il suit de là que tout ce qui est mis au rebut l'emporte de beau- coup pour la masse sur celle qui représente les blocs qui seront employés. Ce fait n'est pas à dédaigner, il se lie à celui dont j'ai fait mention précédemment, la rupture et la disjonction des bancs calcaires à leur apparition sur le bord de la vallée. (67) Âu-dcssonsdu troisième banc, le banc inférieur ou le banc coloré , on trouve par place une couche d'argile jaunâtre de o™, i6 c. qui repose sur un poudingue de i™, 34c. d'épaisseur (pi. 28, coupe AB)^ ou une couche de silex i-oulés liés par une pâte sableuse et siliceuse. La description du poudingue siliceux du Fay , pag. aga delà description tninéralogique des environs de Paris, est applicable à cette couche de silex qui fait le fond de Ja cari ièrc , et qui est constante. Elle paraît à jour sur le flanc de la vallée du Susain , ei du vallon de Saint-Severîn qui est la prolongation de celui de Brusel , ou par Tim- mensilé de cailloux roulés qu'on obserVe à une certaine hauteur, ou par des masses qui sont restées aggrégées, ou par d'autres masses sans consistance qu'on découvre pour peu qu'on fouille la terre. Plus bas enfin paraît la craie. Elle règne sur une assez grande longueurdans le vallou de Saint- Se vérin qui cerne la ville par le nord (pi. 22). Elle contient un grand ^ nombre de silex. Le passage immédiat de la couche de caillouxou du poudingue à la craiey est difficile àjuger. Il est plus facile à saisir à la coupe de terrain faite ré- cemment sur la grande roule en sortant de la ville , et montant dans la plaine pour aller à Soupes. . Le cap aigu et élevé qui porte Château-Landon (pi. 2a) , et qui résulte de la réunion du vallou de Saint-Severin avec la vallée du Su sain , offre de ses deux côtés la craie avec silex. Supérieurement elle est un peu jaunâtre* Les ouvriers lui donnent le nom de castine. Inférieurement elle est blanche, ei ils l'appellent blanc. Je ne saurais trop fixer l'attention des géologues qui ont fait une élude spéciale du bassin dç Paris , sur cett« (68) craîe jaunâtre désic;née à Chàteaii-Landon sous le nom de castine. N'esl-elle que de la craie, ou est -elle un passage de la craie à une des formations qui lui sont su- périeures , et notamment au calcaire grossier marin , ou au calcaire siliceux? c'est une considération que je ne dois pas omettre : mais toujoursest-il certain qu'il ne sem- ble plus devoir rester de doutes sur les roches sur les- quelles repose la formation d'eau-douce de Château-Lan- don. S'il en était ainsi , les faits nouveaux que je vais ex- poser les dissiperaient complètement. Toutle pourtour de la plaine, dont l'emplacement des carrières de Château -La ndon n'est qu'un point, présente des carrières pareilles à celles de Château-Landon. De celles-ci à ces diverses exploitations , soit anciennes soit nouvelles , la continuation de la même formation d'eaa douce est sans aucune interruption. Ce sont celles du haut de la côte du port Cretet au nord-est de Mocque- pois (pi. 22, et pi. 23 , coupe CD)^ de la plaine de la Mj- Yoye entre Château-Landon et Soupes , et du cap qui est circonscrit par le vallon de Chausepois et celui de la My-voye (pi. 22 , et pi. 23 , coupe AB), Dans ce dernier endroit la plaine baisse vers la vallée du Loing , les bancs calcaires éprouvent le même mouvement , et ils finissent n'étantplus recouverts que d'une terre argileuse brune semblable à celle qui recouvre le commencement des bancs calcaires danslcs carrières de Château-Landon. Outre cela, leur surface est très-irrégulière, et ils présen- tent des perforations de diverses grandeurs dont quel- ques-unes sont susceptibles de recevoir le bras. Ils of- frent en un mot tous les effets d'une grande action des- tructive. Les fossiles sontles mêmes qu'à Cliàfeau-Landou ( 69 ) La couche de poudingue ou de cailloux roulés , in- férieure à la formation d'eau-douce dans les vastes car- rières de Châieau-Landon, paraît s'étendre sur toute cette plaine de formation d'eau-douce jusqu'à la vallée du Loing. Je l'ai reconnue, 1°. Sur tout le coteau gauclie de la vallée du Susain , depuis Château-Landon jusqu'à son embouchure dans la grande vallée du Loing, en passant par le hameau de Ponl-freau ( pi . 22 j. *i.^. Sur la pointe de la plaine du hameau de Mocque- pois ( pi. 22, et pi. 23 , coupe CD) où, les cailloux roulés semblent former uniquement le sol de cette plaine. Après bien des recherches, un d'eux m'a présenté une empreinte d^'oursin. 3**. Sur divers points le long de la côte du port Cretet eide Grand-Moulin (pi. 22 et pi. 23, coupe CD). 4°. Dans le vnllon qui descend de la plaine de la My- voye à la vallée du Loing (pi. 22 ). 5^. Enfin à la coupe récemment faite sur la droite de la grande route , en descendant de la plaine de Château- Landon au pont de Soupes, et dans le vallon de Chause- pois(pl. 22, et pL 23, coupe -^J?). Avoir constaté, que la formation d'eau -douce de la haute et vaste plaine de Château - Landon , liée sans interruption quelconque avec les terrains d'eau douce supérieurs de la foret de Fontainebleau , repose sur une I ouche de poudingue ou de cailloux roulés dans une })àte siliceuse , est-ce simplifier ou compliquer la ques- tion de savoir à quelle formation d'eau douce il faut rapporter le calcaire de Château-Landon , et à quoi peut (70) répondre ce poudingue dans les diverses formations du bassin de Paris ? La difficulté pourrait devenir excessive si de nou- veaux faits ne venaient se grouper encore aux précé- dens. En effet, après avoir constaté i^. que ce n'est qu'à trois kilomètres environ à Touest , et au nord -ouest de Château-Landon , que la formation des sables et des grès cesse d'être visible , et 2®. que la formation d'eau douce de Cbâteau - Landon repose sur une couche de poudingue *, en multipliant encore mes observations, j ai reconnu que le poudingue est superposé aux sables ou aux grès. Je dis d'abord qu'il repose sur les sables : c'est de toute évidence 1^. à la coupe récente que j'ai déjà indiquée en descendant par la grande route de Château - Landon au pont de Soupes , et 2^. dans un lieu opposé dans le vallon qui descend de la plaine de Mocquepois à Pont- freau , dans la vallée du Susain (pi. 22). Je dis ensuite qu'il repose aussi sur les grès ^ c'est ce qui n'est pas moins évident dans le vallon qui descend de lafermedelaMy-voyedanslavalléeduLoing (pi. 22, et pi. 23 , coupe ^B). Des masses de grès, encore en place, y sont surmontées par des masses de poudingue d'une grande ténacité. Ce fait , qui s'offrit à moi pour la première fois dans ce vallon , me le fit rechercher ailleurs, et je le retrouvai à peu de distance dans le vallon qui re- monte de Soupesa Chausepois (pi. 22). Dans le bas je vis d'abord des masses de grès , de poudingue, et de cal- caired'eaudouceisolées et confondues; mais à une certaine hauteur le grès en place sort du flanc du vallon , et il est couronné parle poudingue. Plus Uaut je vis des ro- (71 ) elles de calcaire d'eau douce foroiant un banc continu^ cl j'entrai dans la plaine de Chausepois qui se lie im- médiatement à celle de Châleau-Landon. Les grès d'une part , qui sont encore en place et cou- ronnés par les poudingues , et de l'autre ces sables qui sont aussi surmontés de ces mômes poudingues sont-ils contemporains, et de la même forma lion ? c'est probable : et n'appartiennent- ils pas à la formation des sables et des grès qui disparaît à Maison-Rouge, à Foljuif, à Que- nouville (pi. 22), mais reparaît par les puits d'Icby, d^ Bougligny , de Chenouteau (pi. 22), et les fouilles de Butcau et du Ménil (pi. 22, et pi. 25 , coupe CD)? c'est encore probable. A la vérité je n'ai pas vu les grès et les sables sous le poudingue des carrières de Château-Landon; mais peut-on refuser d'admettre qu'ils se prolongent i**. du Ménil à Pontfreau et à la montagne qui descend au pont de Soupes, deux localités où se voient les sables ; et 2®. du Ménil aux deux vallons, de la My-voye et de Chau- sepois, deux autres localités ou se voient les grès? J'ai encore observé quelques grès sur la droite de la vallée du Susaindansun léger vallon près des Gantiers, enface de Clmteau-Landon. Je doute qu'ils soient en place, mais je dois les indiquer pour les naturalistes qui pour- raient étendre leurs observations plus loin que les mien- nes. Toute la plaine au-dessus de ce léger vallon est de terrain d'eau douce , que je ne puis hésiter un seul instant de rapporter à la même formation que celui do Château-Landon. L'immensité de cailloux roulés que je vis encore en ra'élevant de la vallée dans la plaine cons- tate que la couche de poudingue s'étend de ce côté. Au bas du coteau la craie esta jour et exploitée. Je n'ai pas (7^) étendu mes observations au-delà de ce canton qui fait la limite de ma coupe A B, La craie règne encore constamment , 1°. Sur la gauche de la vallée du Susain , depuis Cliâ- teau-Landon jusqu'à son embouchure dans là vallée du Loing (pi. 22 )', 2**. En descendant sur toute la gauche de la vallée du Loing (pi. 22). A Grand-Moulin près du port Cretet, elle est très-relevée. Dans le bas elle y est exploitée pour convertir en hlanc d^Espngne, Dans le haut elle est jaunâtre, d'ime cassure Irès-écailleusc , et semblable à celle qui est désignée à Château-Landon par les ouvriers sous le nom de castine. Ici , comme à Château-Landon , faut- il voir dans cette couche de castine un passage de la craie à une des formations qui lui sont supérieures? c'est un point à discuter. 3°. Dans le bas de la montagne qui descend de la plaine de Château-Landon, et de la ferme de la My-voye au pont de Soupes (pi. 22 , et pi. 23 , coupe A B), La coupe toute récente de la montagne de Soupes pour adoucir la pente de la grande roule qui va à Château- Landon, et qui s'élève sur le côté droit du vallon qui vient deChausepois, ne semble au premier abord présenter que de la confusion et du désordre j mais après m'y être arrêté plusieurs fois , et avoir rapproché , comparé tout ce qu'elle présente avec ce que j'avais observé sur les autres points du pourtour de la plaine de Château-Landon , j'ai vu que l'ordre le plus parfait y règne , et que la stratification , en allant de bas en haut , de la craie , du sable, du poudingue et du terrain d'eau douce , y est bien régulière , malgré la très-grande ondulation de ces di~ (73) \ erses formations qui sont coupées autant de fois que leurs ondulations sont apparentes. De toutes mes observations et de tous les faits pré- cédens je me crois autorisé à conclure que la stratiû- cation de la haute et vaste plaine de Cbâteau-Landon ne peut plus être contestée, et premièrement qu'elle se compose de bas en haut des formations suivantes (pi, 28 , coupes A B , al C D), 1^, De la craie. 2°. Du sable et du grès. 3®. Du poudingue. 4**. Du terrain d*eau douce supérieur. Secondement , que le terrain d'eau douce superficiel doit incontestablement être admis pour appartenir à la formation d'eau douce supérieure, pour la raison qu'il se lie sans aucune interruption quelconque avec les ter- rains d'eau douce de formation supérieure de Fontaine- bleau , de Malesberbes et d'Etampes , par les terrains d'eau douce des plaines intermédiaires , aussi de forma- lion d'eau douce supérieure, et sur lesquels on ne peut éleverle plus légerdoule , puisqu'on voitla grandeforma- lîon des sables et des grès supérieurs se transmettre sous toutes ces plaines jusqu'auprès de Cliâteau-Landon , et qu'on la retrouve au-delà, aux Gantiers , à Ponlfreau, et dans le vallon de la My-voye et de Cbausepois. Troisièmement , que le poudingue ou la couche de cailloux roulés dans une pâle sableuse et siliceuse , sur lequel repose la formation d'eau douce de Château-Lan- don , n'est que le couronnement ou la partie la plus élevée de la grande formation des sables et des grès supérieurs ; (74) cl que les cailloux roulés de ce poudingue diminuent de volume à mesure qu'on approche de Fontainebleau. Quatrièmement, enfin, que malgré toutes mes recher- ches je n'ai pu découvrir sur la gauche de la vallée du Susain jusqu'à son embouchure dans la vallée du Loing , sur la gauche aussi de celle-ci jusqu'au pont de Soupes , et à la coupe de la droite du vallon de Chause- pois , pour adoucir la grande route qui monte de Soupes à Chàteau-Landon , aucun indice de terrain d'eau douce moyen , à moins qu'on ne veuille admettre qu'il soit représenté par cette portion élevée de la craie à Château- Landon et à Grand - Moulin que les ouvriers appellent castine , et que j'ai proposée un moment de regarder comme un passage de la craie à une des formations qui lui sont supérieures. Si cette idée pouvait un jour pré- valoir , cette zone de craie ou de castine ne pourrait en aucune manière établir la liaison du terrain d'eau douce de Château-Landon avec les terrains moyens de Fontaine- bleau et de ses environs , par la raison qu'elle est infé- rieure aux sables et aux grès , et au poudingue qui en- trent dans la stratification de la plaine de Château- Landon. Le calcaire d'eau douce moyen des deux vallées du Fay et des Châtaigniers {Descript. géolog. des enu, de Paris, pag, 292), au sud de Nemours, peut-il autoriser à rapporter celui de Château-Landon à la même formation? De nouvelles observations me semblent indispensables pour prononcer affirmativement , tant le désordre de ces deux vallées me paraît grand et la liaison de leur terrain d'eau douce moyen avec celui de Château-Landon encore peji établie. (75) L^aiialyse cliimique enfin sera-t-elîe plus puissante? Démonti era-t-elle assez de silice dans le calcaired'eau douce de Châleau-Landon pour le maintenir dans le calcaire si- liceux ? Non : par la raison que M. Berthier , ingénieur au corps royal des mines , n'y a pas trouvé un centième de silice. Mille parties de ce calcaire d*eau douce con- tiennent, d'après son analyse, 970 de carbonate de chaux, 20 de carb. de magnésie, et 10 de silice , alutniue et oxide de fer (t). Si je ne suis point assez heureux pour faire tomber l'incertitude qui subsistait sur le terrain d'eau douce de Châleau-Landon , et si je me suis de plus en plus enfoncé dans Terreur , en voulant faire prévaloir sur l'opinion de ses maîtres celle de leur élève , que le terrain d'eau doucede Château-Landon appartient auxterrains d'eau douce déformation supérieure, au moins sera-t-il recon-» nu et me sera-t-il accordé que dans la question qui serait encore indécise , j'y aurais apporté de nouveaux faits qui viendraient la compliquer , et par conséquent ré- clamer pour la résoudre tous les efforts des géologues qui font une étude spéciale du bassin de Paris. ■ I I I I 1 1 . rir (1) annales des Mines, tom. vu , pag. 484. (76) îlÉPONSE à la Noie sur les Graminées de M, /♦ /. C de La Harpe ^ insérée dans le numéro de septembre i825 ; Par M. Raspail. Lorsqu'on cherche dans la science à découvrir des vérités et non à usurper une réputation , on ne peut que s'applaudir des objections qu'on rencontre dans sa mar- che, et c'est avec un vif sentiment de reconnaissance, qu'on s'applique à en résoudre les difficultés. C'est dans cet esprit que nous allons répondre aux faits que M. de La Harpe oppose à notre système , tant en son nom. qu'au nom d' autrui 5 et si nous n'avons pas répondu plus tôt , c'est que nous avions des travaux à pu- blier dont nous ne pouvions pas interrompre le cours. « M. de La Harpe a trouvé sur le Phalaris canarien- » sis et sur toutes les Graminées à tige rameuse des M feuilles parinerviées éloignées souvcJit d'un pouce delà » base du chaume, qui d'après nous appartient à la même » articulation qu'elles , et ne formait , dans le principe » de sa végétation , qu'un même système avec elles. » La manière dont M. de La Harpe a généralisé le fait nous portait à croire que l'auteur avait pris une toute autre feuille pour la feuille parinerviée (nob.). Car ce fait est bien loin de se présenter sur toutes les grami- nées à tige rameuse, ainsi que l'a avancé l'auteur , soit qu'on entende par tiges rameuses les tiges aériennes dont les bourgeons se développent en rameaux , soit qu'on en- tende les tiges gazonnantes. D'un autre côté, nous avions expliqué un fait analogue , quatre mois avant la (7?:) publication de la note de M. de La Harpe, dans tme" note lue à la Société d'Histoire naturelle, et nous avions disiribué des individus o(rrant ce pliénoraène. M. de La Harpe était présent ; et pourtant il ne nous a pas opposé cet exemple qui aurait fixé l'état de la ques- tion , dans le cas où il aurait entendu parler d'un phé- nomène analogue. Cpmme nous croyons cependant que c'est de ce fait que M. de La Harpe a voulu parler, et que le doute qu'il a fait naître dans notre esprit ne vient que de la généralité de l'application ; nous nous ferons un plaisir de consigner dans celle réponse l'explication que nous avions donnée à la Société d'Histoire naturelle j nous y joindrons en outre la figure, pi. 24 , fig. i. Lorsqu'on fait germer dans l'eau des graines de Zea mays, expérience que nous avons été obligés de répéter bien des fois depuis que nous nous occupons de la fa- mille des Graminées , on voit dans le principe les deux nervures de la feuille ^«nViemee s'insérer exactement sur le point où s'insère la nervure médiane du cotylédon. (Ces deux nervures donnent souvent naissance à leur base à deux radicelles qui se glissent de bas en haut entre cette feuille et notre cx)tylédon. ) Mais quelque temps après ces deux nervures herba- cées commencent à séparer leur base de celle du coty- lédon , et cette séparation s'accroissant de jour en jour forme une espèce d'entre-nœud (lig. i, su) entre la feuille parinerviéeet la base de cotylédon. Cet entre-nœud donnr même naissance à une foule de radicelles (000, fig. i) qv parlent de chacune des nervures intérieures qu'il recèle. Ce fait-là, au premier coup d'œil , semble contrarier U (78) principe que nous avons appuyé, au jugement de M. dd La Harpe, sur des faits nombreux, clairs et irrécusables j Cependant ce n'est ici qu'une apparence bien capable, il est vrai, d'en imposer, si l'on s'arrête là , mais bien facile a expliquer si l'on applique aux recherches végétales la méthode sans laquelle la zoologie n'aurait pas fait un pas; je veux dire les dissections anatomiques qui pour- suivent un vaisseau jusqu'au point le plus caché d« son origine. On admettra avec moi i®. qu'une feuille de Grami- nées, quelle qu'elle soit, s'insère toujours sur une articu- lation. 2° Que le tissu cellulaire de deux organes concen- triques peut s'agglutiner en un seul tissu , et que pour la distinction des organes , on ne doit tenir compte que de la distinction des vaisseaux. Or, en coupant par ron- delles successives et de haut en bas rentre-nœud dont nous parlons (fîg. i, s^t^ u)^ et en commençant au point où les deux nervures herbacées disparaissent aux yeux (5) on pourra s'assurer que ces deux nervures , bien loin de s'insérer sur rarticulation qui semble les supporter, descendent au-dessous de l'articulation elle-même (t). Ou peut les suivre distinctement jusqu'à une distance plus ou moins voisine du cotylédon. Il est vrai qu'elles dimi- nuent en diamètre 5 mais qui ne sait pas que plus un vaisseau , une nervure, un chaume même, s'éloigne du contact immédiat de l'atmosphère pour s'enfoncer dans les tissus ou dans les enveloppes , plus son diamètre décroît? L'important en ceci est qu'on puisse distinguer les ner- vures des autres vaisseaux de la tige bien au-dessous de Farticulation qui paraît immédiatement au-dessus dit co- tylédon , pour qu'on soit en droit de conclure qu'elles (79) s'iusèrent sur l'arliculation du cotylédon lui-même, cl dès-lors Tobjcction est réfutée. II faut se rappeler que les nervures ne se distinguent bien à l'œil nu que par les deux lignes vertes qui les bor- dent; quand ces deux lignes ne se forment pas, ce n'est qu'au microscope qu'on peut reconnaître une nervure (vaisseau) j c'est pourquoi les deux nervures de la feuille parinerviée ^ dans le fait que nous décrivons , se distin- guent bien au-dessus de l'articulation où la matière verie s'est formée (/?'), et cessent d'être apparentes sur la partie inférieure qui est resiée presque étiolée {tu). Nous désignons le Zea majs , parce qu'il est plus propre , à cause de son volume , a ces sortes d'investig;»- tions. Ces faits se présentent aussi assez souvent sur les plantes qui germent dans la terre. On n'en rencontre presque jamais d'exemple sur les tiges rameuses^ c'est-à- dire, sur les û^cs aériennes dont les bourgeons se sont développés en rameaux 5 mais au contraire et presque exclusivement sur les liges souterraines , ou bien encore, quoique plus rarement, sur les tiges gazonnantes, c'est- à-dire , sur celles qui produisent des rameaux parleurs bourgeons basilaires. Nous croyons que c'est de ces der- nières que M. de La Harpe a voulu parler. Quoi qu'il en soit , voilà l'explication que des dissections rigoureuses nous permettent d'en donner. L'auteur nous objecte ensuite que notre principe sur les rapports de la feuille parinerviée avec le chanuie ne sauraient s'appliquer aux dicotylédones. Il est éton- nant qu'on fasse à notre système un reproche qu'on u'h jamais osé faire à aucun système antérieur; et qu'oir veuille nous réfuter par les dicotylédones, tout en avouant (8o) que la dîstance entre celles-ci et les monocotylédoiiCé est immense. Cependant, afin de ne rien laisser à désirer à nos adversaires , nous essaierons d'applitjuer ici en deux mots nos principes aux dicotylédones , en nous ré- servant de fournir de plus amples renseignemens dans un mémoire spécial. On observe à la base du pétiole du Melianthus minor deux stipules séparées. Nous soutenons que ces deux sti- pules correspondent aux deux nervures de la feuille pa- rinerviéedes Graminées, et ne sont, comme elles, qu'une altenance de la feuille à la base de laquelle ces stipules s'insèrent. Veut -on une preuve convaincante de celte analogie? elle nous sera fournie par le MeliantJius ma- jor (fig. 3 et 4 » P )• ^€5 ne sont plus ici deux stipules séparées, c'est une feuille rigoureusement parinerviée, semblable en tout à une feuille parinerviée des Grami- nées 5 ici ce n'est pas de sa base que s'élève la tige ou le pétiole de la feuille (f) -, mais ce pétiole ne se détache d'elle que vers la moitié de sa longueur, et c'est de ce point qu'elle devient parinerviée. Quant à l'ordre d'al- ternation, et à la disposition des organes caulinaires , le Melianthus major ( qu'on me passe l'expression ) est une véritable Graminée , avec la seule diflerence qu'eu général dans les Graminées les nervures médianes ne se détachent que dans le sein d'une feuille qui garde elle-même son intégrité , et que dans le Melianthus au contraire les nervures médianes de toutes les feuilles se détachent les unes, pour devenir les pétioles de feuilles ailées avec impaires (/), et les autres pour devenir une lige (u). Nous ajouterons que dans toutes les espèces dicoly- (81 ) lédones à une seule stipule (Polygonum, Onihelti* fères ^ etc.), celle stipule est toujours marquée d'une large lacune à la partie qui fait face au pétiole. Quand celle lacune membr§neuse s'oblitère , la base du pétiole paraît munie de deux stipules. Ce n'est pas ici le lieu de donner plus de développe- ment à ces idées , qui sont aujourd'hui pour nous de la plus grande évidence , mais qu'il serait nécessaire de faire précéder par une démonstration d'un ordre diffé* rent. ' Nous avons lieu d'être étonnés seulement que l'on trouve singulier qu'une nervure médiane, qui n'est pas un organe simple, mais un organe aussi composé, quoique moins riche , que la lige la plus grosse , puisse devenir florifère. Celle prétendue singularité se rencontre dans tout le sysième des végétaux- La nervure de la bractée i& à cette élé^Muin* ^33 plantes composent toute la Flore des sommets du pic i, savoir : 62 Cryptogames et 71 Phanérogames ; encore M. Kamoiid pense -t- il que plusieurs des premières, quelques lichens imperceptibles, des mousses dépour- \ues de fructification , ont ëcliappées à ses técherches. Les lichens composent la majeure partie des Cryp*>ga- mes ^ 5 I espèces y ont été observées , tandis que les hé- patiques , les mousses et les fougères ne présentent que 1 1 espèces. Les 7 1 espèces de Phanérogames appartiennent à 5o genres et à ?3 familles ; de ces familles les principales sont : Les Synanlhérées , qui forment ~ du total des Pha* nérogames ; Les Cypéracées et les Graminées réunies , ^ ; Les Crucifères , ~ -, Les Caryophyllées , ~ ; Les Primulacées , -^ j Les Saxifragées , ~ ^ Les Rosacées , ^ ; Les Légumineuses , -^. Les autres familles sont réduites à i ou a espèces , e( le seul végétal ligneux de celte petite Flore est le Sulix je tus a. Sur ces 7 1 espèces phanérogames , cinq seulement sont annuelles , une parait bisauuuelle , et les 65 autres sont vivaces. ( 100 ) Après avoir ainsi forrrié le lableaii do la végétation du pic, M. Ramond la compare à celle des régions arcti- ques , et il prend pour terme de compara icon Tile Mel- ville, située sous le ^4° de latitude, dans le fond du golfe de Baffin , et dont les derniers voyageurs anglni» nous ont fait connaître la triste végétation. L'aspect général des végétaux de celle île et de ceux du pic du midi , les familles auxquelles ils se rapporteur, les genres même dont ils font partie sont presque en tout semblables j plusieurs espèces sont même idenij- quey ou dilïèrent à peine y et sont pour ainsi dire les re- présentans les unes des autres -, cependant les propor- tions des diverses familles s'ont en général fort dilFéren- tes. Ainsi les Caryophyllées et les Rosacées sont les seules familles dont le nombre proportionnel soit à-peu- près le même 5 les Cypéracées , les Graminées , les Saxifragées , les Crucifères , sont beaucoup plus nom- breuses à l'île Melville*, les Composées , les Primulacées, les Légumineuses, au contraire, sont plus fréquentes sur le sommet du pic du midi. Il en est de même des Cryptogames 5 ce sont les Lichens qui prédominent sur le sommet des Pyrénées j à l'île Melville ce sont les Mousses. Ces différences semblent annoncer que si l'a- nalogie des deux climats a déterminé le développement ie végétaux appartenant aux mêmes familles , des diffé- rences sensibles dans plusieurs des circonstances a.tmo- sphcriques ont produit le plus ou moins grand dévelop- pement de certaines familles. ( ,0, ) ' Notice sur le terrain d'Jlençoji et de ses environs y Par M. Hérault, Ingénieur eu chef au corps royal des IVlincti. Dans plusieurs quartiers d'Alençon , et particulière- nienl dans celui du Cours , il existe, près de la surface du sol , une couche d'argile jaunâtre dont l'épaisseur est d'environ quatre mètres. Comme elle n'est recouverte que par la terre végétale ou le pavé , il n'est pas possible d'assigner d'une manière bien certaine à quelle forma- iion elle appartient : on pourrait présumer cependant qu'elle fait partie du terrain oolilhiquo qu'elle recouvre. Elle contient quelquefois des groupes de cristaux de ba- l'yte sulfatée. On trouve assez souvent do ces masses cristallines en creusant les caves des maisons à Alençon 5 leur diamètre moyen varie de 3 à 26 centimètres,;, elles sont d'un jaune sale à l'extérieur , et légèrement bleuâ- tres dans leur intérieur. La couche d'argile qui les ren- ferme se rencontre également dans quelques portions du territoire de Damigny , et notamment dans la tjerre de M. de Villers. Elle contient aussi , mais beaucoup plus rarement, des fragmens plus ou moins volumineux de spath calcaire. Elle repose , partout où l'on a eu occasion de l'observer, sur les couches d'un calcaire oolithique , ordinairement très-blanc, et quelquefois grisâtre ou bru- nâtre, qui correspond, je crois, à la partie inféneurc de celui auquel on a doimé dans le Calvados le nom de Cal^ laire à polypiers. ( 103 ) Celle oolillie offre fréquemmenl des gëodes tapissées de cvisiktiTT de chaux carbonalée thélaslaliqne , qui sont presque toujours accompagnées de baryte sulfatée crêtéf. On voit au -dessus , dans les carrières voisines de l'an- cienne roule d'Argentàû , trois petites couches de marne j dans celles dil pont du Fresne , elle renfermé beaucoup d'encrinites et repose immédiatement sur le granité. Je dôîs h robligoancë de M. Meurgar , notaire à Alençon , ùH'<^èhrfniîllon de cette dernière roche , sur laquelle on Voit! dés'^doli thés. 'Sur le chemin de la Pooié , un peu avant d'arriveu aux cxpîoîtalions de granité du Hertré , on trouve une cftWêre qui est ouverte dans un calcaire presque entiè- "WHiént fhrmé de lamelîc'ji' spaihiques , et parfaitement •sftïi'fcilable h celui que présente souvent, dans les arron- "(IBscmens de Caen et de B:\yenx , la partie moyenne du caMaii-c à polypiers. Les carrières qui sont proches de 'F^éfômiè route d*Àrgentan offrent aussi plusieurs bancs i^MVbtifïèri'nerit ég.TÎeftnent beaucoup de lamelles delà m'éme îiafttre. " ' ' ^ IDes batics calcaires , analogues à ceux que je viens de '■déé^lre , se présentent aussi très -fréquemment dans le '^tiB^fe à^ oolithes supérieur ( oolithe d'Oxford ) ; mais cottirné , d'après les observations de M. Jules Desnoyers, rooîîthé des environs de Lisieux, qui fait partie de ce ter- rain, est là même que celle de Mortagne, et que cette der- nière est de beaucoup supérieure à Toolithe de Mamers , làijuélle se lie avec le calcaire d'Alençon, il s'ensuit riaiifl-dlement que celui-ci ne peut pas appartenir au calcaire a oolithes supérieur. Dans le quartier du Cours , à Alénçon, les oolithes ( , o3 ) Llanolics pures sont superposées à un grès quarzcux à grains Qns, parsemé de gros grains et même de pctiu galeU de quarz laiteux et de quarz gris ovdiuaiie. Cç ^rès a ua ciment qui est en partie calcaire; il conliei^t des géodes qui sont tapissées , comme celles des couches 4|ui \^ recouvrent, de baryte sulfuitée crèlée et, de cris- laux de chaux c4rboiiatée métastaliiiucs : seulemeat cc^ derniers sont, en général , un peu plus petits que ceu^ que renl'ermenl les géodes du calcairàoni \e$ parties calcaires paraissent avoir été enlevées, presque en totalité, par un dissolvant. Il est infiniment probable que, si on creusait davantage, oa ne tarderait pas à rencontrer le granité. A l'entrée (du côté de la ville) du faubourg de Mon- sort , sur la rive gauche de la Saillie , le grès qUarzeux à grains fins , parsemé de gros grains , n'est recouvert (jue par une couche d'argile mélaugéc de fragmens de calcaire oolithiqiie ; il présente plusieurs bancs fort durs, que l'on exploite auprès de l'ancienne Sénatorerie pour faire des pavés. , On en extrait aussi , pour le même utage , de diverses carrières situées les unes dans le voi- ( 'o4 ) sinage de la route de Bretagne , et les autres dans le dé- parlement de la Sarthe. A la sortie du faubourg précité, du côté de Mamers , toutes les carrières que l'on ren- contre sont ouvertes dans un calcaire ooliihique peu con- sistant. Dans une Histoire d'Alençon , imprimée en i8o5, ou donne au grès quarzeux de cette ville les noms de pou- dingue et de granitin , et on indique qu'il contient des gryphites , des huîtres , des pétoncles , des buccins , des oursins, etc. D'après ce qui précède , il paraît que le sol sur le- quel est bâtie la ville d'Alençon appartient au calcaire à polypiers , ou partie supérieure du système inférieur d'ooliihes. ( Vojez mon Mémoire sur les Terrains du Calvados , édition de 1826.) Ce terrain s'étend à une assez grande distance au nord , à Test et au midi de la même ville ; mais à l'ouest , son étendue est très - bor- née , et Ton trouve , à moins de 2 ou 3 kilomètres , le granité passant souvent au pegmatite , qui renferme le Ivaolin , le cristal de roche , dit diamant d'Alençon , et l'émeraude, qui ont été cités dans plusieurs ouvrages : Carrières du pont du Fresne , commune de Damignjr, 1°. Terre végétale o™«t- 33«- a". Plaques minces et non continues de calcaire à oolithes blanches ou grisâtres , mélangées de sable oolithique contenant beaucoup d'articles de l'encrinite pentacrinite , avec quelques pe- tites couches d^argile a » 3 . Ooolithes blanches ou grisâtres , en bancs peu épais , avec quelques petites couches d'argile. 3 16 \ . Granité » » ( io5 ) Puits creusé dans la rue du Cours , à Alençon. i". Argile jaunâtre , barylifièrc ^ mèu » c. 3. Onze baiics d'oolithcs blanches pures, très-fines. 3 65 3". Grès quarzeux , parsemé de j,'ro8 grains de quarz laiteux ou ordinaire o 64 4". Grès quarzeux à grains fins , noirâtre o 5o 5^. Grès quarzeux , parsemé de gros grains de quarz laiteux ou ordinaire i 3o ô'". Grès quarzeux à grains fins , noirâtre o 5o 7". Grès quarzeux cellulaire, friable et brunâtre, con- tenant beaucoup de gros grains de quarz. . . i » Carrière du faubourg de Monsort, près de f ancienne Sénatorerie, i». Argile mélangée de frjgmeus oolithiques i mèu » c. a". Plusieurs baiics très-durs de grès quarzeux , par- semé de gros grains de quarz » » Note sur la Naturalisation de la Cochenille en Espagne ; ( Estiait d'une lettre adressée à TAcadémic des Sciences. ) Par M. le colonel Bory de SaiSï-Vikcekt. Je reçois de Madrid , par la voie du respectable bota- niste, M. Pavon , la note ci-joiute qui , je crois , ménle tout l'intérêt de VAcadémie. (( D'après réditque le consulat royal de Maiaga publia le 29 mars de la présente année , on a vu dans les envi- rons de celte ville , avec intérêt et admiration , la natu- .salisation complète de l'insecte de la Cochenille. Elle csi mcvintenant assurée à jamais. ( io6 ) « M. le docteur Joseph Présas , déjà connu en Europe pour avoir élé le secrétaire pariiculicr de la reine acluellc de PorUlgal loi'sque sa majesté était au Bi^sil, écrif il une instruction fort détaillée pour faire connaître le mode de <:ultuï:;c du Nopal , ainsi que la manière d'élever la Coclienille. Celte instiMction , recueillie par de zélés <îspagnols , fut publiée à Malaga vers le commencement de 1825. Dès-lors on songea «î s'y approprier Tune des principales richesses du Nouveau- Monde : on fit des plantations de cactes , on se procura la Cochenille , et les personnes qui songèrent à s'adonner à ce genre de cul- ture a^ant suivi scrupuleusement les procédés de Tin- slruclion , ont été payées cette année de leurs soins d'une manière incroyable. Elles ont procuré à FEspagfte «ne source de richesses que nulle autre partie de l'Europe ne possède et ne pourra peut-être posséder. » M. le docteur Présas a non - seulement prouvé de grandes connaissances en histoire naturelle par la pu- blication de son Mémoire , mais encore son patriotisme par le zèle et l'activité qu'il a mis à diriger lui - même l'entreprise dont on a retiré d^à de grands fruits. » Ayant été plusieurs fois à Malaga en diverses saisons» je puis ajouter à la note que je dois à M. Pavon quelques renseignemens qui prouveront à l'Académie combien ce doyen des botanistes espagnols a raison , quand il re- garde comme à jamais assurée dans sa patrie l'acclima- tation d'un insecte si précieux. La température de Malaga ^t l'une des plus égales de l'Espagne : il n'y gela jamais , le thermomètre n'y descendit au-dessous de 8° de Réau- mur dans aucune circonstance , et le sucre s'y cultive en pleine terre , ainsi que le coton , dont on tire depuis ( '^7 ) quinze ans de grands revenus. J'y ai vu le Schinus molle pôttant des fruits, le bananier et Tanone, mûrissant partout en pleine terre. Il est peu déplantes de la Flore ailaniitjue de notre savant confrère M. Desfontaincs , que je n*y aie retrouvées , et les cactes y couvrent natu- rdlemont tous les rochers maritimes. La quantité de :€eux-ci y est si comsidérable , que Ton n'avait même ja- mais pris la peine d'en cultiver, encore que dans la sai- son les fruits de ces plantes , appelc'-es vulgairement figues de Thunas , fussent la nourriture d'une grande pai-iie de la pauvre population. Ce sont des enfans et des femmes qui vont recueillir ces fruits le long des rivages ou sur les cotes rocailleuses , pour en alimenter les mar- chés publics. Comn^e au Nouveau-Monde , il est tel es- pace pierreux où ces cactes sont si pressés qu'on n'y pourrait pénétrer sans s'exposer à de terribles piqûres. En considérant qu'il ne pleut presque jamais à Malaga , et en aucune circonstance vers l'époque où la Cochenille pourrait redouter l'humidiié, on sent que nul lieu ne pouvait être mieux choisi pour rivaliser avec le Mexique. Au reste, pour donner une idée exacte du climat fortuné de cette ville , je me l>ornerai à dire à l'Académie qu'au temps où mon ami feu Zéa en était préfet, nous plantâmes ensemble dans son juidin deux pieds de café , que nous avions fait porter des serres de Madrid , et que nous avions semé une planche d'Indigofera anil qui , ayant merveilleusemenf prospéré et passé deux hivers sans nccidens , étaient en pleine floraison et fniciifieaiioti quand nous évacuâmes le pnys. (io8) Additions au Mémoire de M. GIrou de Buzarein- gues y sur V Influence que le père et la mère exercent dans la production des sexes. Nous avons fait connaître précédemment (^Ânn. des Se. nat. , lom. v , p. 21) les recherches curieuses de M. Girou. Depuis celte époque, les résultats auxquels il est parvenu nous ont fourni de fréquentes occasions d'en discuter les conséquences avec des personnes très- versées dnns Télude de la stalistique, et nous les avons toujours trouvées dans les dispositions les plus favo- rables pour le système que cet habile observateur cherche à établir. Nous pensons , en conséquence , que nos lec- teurs nous sauront gré de les tenir au courant des re- cherches de M. Girou sur celte importante question. Voici les principaux faits que nous trouvons dans un Mémoire qu'il vient de nous adresser. On a fait, dit-il, aux observations que j'ai publiées sur la" reproduction des animaux domestiques le juste reproche de n'être pas assez nombreuses : on eût pu ajouter que les faits qui en étaient l'objet n'étaient pas authentiques. Afin de prévenir ce second reproche, j'ai conçu le des- sein de faire une série d'expériences que seraient appe- lés à constater des commissaires désignés, soit par l'au- torité , soit par les Sociétés d'agriculture. Animé de ce dessein , j'ai donné connaissance aux Comices agricoles de Sévérac , dans leur séance du 1 3 juin 1825, des observations qui ont paru depuis dans quelques journaux , et , après leur avoir annoncé qu'une jiarlie de mon troupeau , qui était dcgà marquée , me ( ïûfj ) donnerait au prochain agnelage un plus grand nombre relatif de femelles que l'autre partie, j'ai prié Tassocia- liôn de charger deux de ses membres de constater le ré- sultat de cette expérience. Ce soin a été confié à MM. Al- bert Molinier et Cournuéjouls. Lorsque l'agnelage a commencé , j'en ai donné avis à ces deux commissaires, qui ont pris la peine de vérifier le» résuhats de l'expérience^ et, comme ils ont bicu voulu me laisser des notes signées de leurs recensemcns, je puis , dès ce moment , en présenler le relevé comme authentique -, mais je dois rapporter l'expérience avant d'en dire les résultats^ Au commencement de juin 1826 , et immédiatement après la tonte , j'ai marqué avec du noir de fumée dé- layé dans de l'huile de noix une centaine de brebis qui n'avaient pas poné l'année précédente , et qu a cause de l'embonpoint qui est une suite de cette circonstance , on appelle turgos dans l'idiome du pays , mot dérivé , sans doute , du latin turgeo ,• je leur ai donné de suite quatre béliers antenais. C'est de cette partie du trou- peau que j'attendais le plus de femelles ; le restant , en nombre à - peu - près double , se composait des portées de i8ji4. Je me proposais de confondre ces deux divisions , après que la monte de la première serait censée termi- née , et de substituer alors aux béliers antenais des bé- liers de quatre ans , très - vigoureux ; mais , obligé de m'absenlcr pendant les derniers jours de juin , et les mois de juillet et d'août , je n'ai pu suivre la monte , et l'agnelage m'a appris que mes brebis turgues n'ont pas été Jécondées par leurs béliers antenais , soit qu'ils ne C 110 ) fassent pas îtssez forl^ , soit parce que , d'ordinaire, eés sortes de brebis ne sont fécondées qu'après avoir été saillies à ditVérentes reprises ; enfin elles n'ont retenu qu'après que tout le troupeau a été confondu et soumis à la monte des béliers de quatre ans. L'inlluence des bé- liers est donc nulle sur les rapports qui ont été l'objet de cette expérience. Mon troupeau se compose de mérinos de pure race et de métis. Ainsi , au moment de l'agnelage , mes brebis ont été divisées en deux parties : i*^. targues de 1824 y 1^. non targues , et chacune de ces parties en deux sec- lions : 1*^. mérinos ; 2^. métis. La première partie a donné : i" section 9 maies , 24 femelles. 2* section 27 maies, 29 femelles. Total ai) mâles, 53 femelles. La seconde partie a donné : i" section 28 mâ'es , 32 femelles. 2* section ^'^ mâles, 54 femelles. Total 90 mâles, 86 femelles. Or, 36 : 53 : : 90 : i32,5. Il faudrait donc ajoi^ter qua- rante-six femelles à la deuxième partie pour qu'il y eut égaillé de rapports. On observera que le nombre relatif de femelles a élé plus graud dans chacune des sections de la première par- tie que dans les sections correspondantes de la seconde. J'ai fait remarquer dans les observations que j'ai déjà publiées que les mérinos me donneraient plus de fe- ( I" ) melîcs que les métisses, et j'ai dit pourquoi. Ici les mé- rinos ont donné cimjuante-six femelles et trente -sept m leur pesanteur extraordinaire réveilla l'idée d'une » substance métallique^ on en porta des fragmens sur la )> forge d'un maréchal et l'on obtint presqu'aussilôl un )) métal blanc que l'on reconnut aussitôt pour de Tétain, )) Quelques jours après on en fit deux chandeliers qui )) ont été vus par M. l'ingénieur Gardien et qui n'exis- » tent plus aujourd'hui. » Plusieurs ingénieurs,, plusieurs capitalistes ont visité le gite de cette prétendue mine , et n'ont pas peu contri- bué à accréditer cette découverte supposée. J'avoue que le récit même quej'ai rapporté ci-dessus m'avait prouvé d'avance (}ue celte prétendue mine n'en était poiut ( "-O une, que rélaiii que Ton avait réellement trouvé dans celte cave était le produit d'une fonte de cloche , d'un inceiidie ou de tout autre accident 5 rexamon des lieux m'a confirmé dans cette opinion. La roche est un Gneiss brun, traversé de loin en loin par des filets de quarz et par des fentes droites plus ou moins larges; l'une de ces fentes passe en travers de la cave en question. Je n'ai rien trouvé dans ces fissures ; et de l'aveu même des personnes qui ont trouvé les masses métalliques dont il est ici question , elles n'étaient point contenues dans les fentes , en sorte qu'il faut écar- ter toute idée de filons. J'avais eu soin de me munir de quelques échantillons d'étain d'Angleterre , de Saxe_, et je les montrai à ceux là-même qui avaient vu le préten- du minerai de Segur, et ils n'y ont pas trouvé la plus légère analogie. Enfin , pour dernier trait , je dirai que le maître de l'auberge m'a dit que l'on avait trouvé un Pic li'flc/er parmi les masses d'étain. Voilà donc, suivant moi, quelles sontles raisons qui doivent prouver que celte prétendue mine d'étain n'est autre chose que du métal fondu par l'art. I®. La facilité avec laquelle le métal s'est réduit sur la forge d'un simple maréchal. 1^. La non-ressemblance avecles vrais minerais d'étain. 3°. L'absenceactuelle et totale des indices de minerai. 4°. Enfin la trouvaille du pic à la place même où Ton a trouvé ces masses stanifères. J'ai cru devoir , dans l'intérêt de la science, publier ces détails minutieux, afin de mettre un ternie aux bruits qui sont accrédités dans le pays et qui n'auraient pas tardé à passer dans les ouvrages de minéralogie. ("3) , De l'A r ko se. — Caractères minéralogiques et Histoire geognostique de cette roche; Par Alexandre Brongniart , De rAcadémie royale des Sciences ; Professeur de minéralogie au Jardin du Roi , etc. Les géognosies de Técole de Freyberg , de celte école qui , sous le professorat de Werner, a établi les vrais fondcmens de la géognosie , n'ont d'abord distingué les roches les unes des autres que parleurs positions respec- tives dans la croûte du globe. L'époque de formation d'une roche , et tout ce qui tenait à celte considération géognostique, suffisait pour caractériser ce qu'ils appe- laient un gehirge, ce que nous avons rendu par le mot de roche , c'est-à-dire un terrain en grandes masses , et ce que nous aurions dû rendre par le mot terrain, ainsi que nous le fesons maintenant. Il en résultait que ces ter- rains (gebirge ), composés de roches différentes (^e- birgsavt ou gebirgstein) , ne pouvaient avoir des carac- tères minéralogiques. Les granités, pour ces géognostes, ne sont pas uniquement des roches composées de quarz , de felspath et de mica, mais bien des terrains composés de différentes roches , dans lesquelles celle que nous dé- finissons ainsi est dominante. J'ai cru qu'il ne fallait pas confondre des considéra- tions aussi différentes que celles de la position géolo- gique et de la composition minéralogique , et qu'on sai- sirait plus clairement, plus complètement de quelles masses minérales simples ou composées était formé un VU. — Juin i8a6. 8 (u4) lerrahi , si ces masses ciaient préalablement bien définica OQ caractérisées , et décrites sous tous les rapports. L'es- sai de clàssitication minéralogiquedes roches composées, que j'ai proposé en i8i3 (i) , avait pour objet d'établir cette distinction , d'en exposer les règles et d'en pré- senter l'application. Ce travail était imparfait^ le litre d'essai devait le faire pressentir. J'ai cherché à le perfec- tionner, en rendant les définitions plus précises , et en établissant dé nouvelles sortes, lorsque les conditions que je m'étais imposées me permettaient de le faire (2). Ces conditions exigent que le mélange par cristallisa- lion confuse ou par aggrégation mécanique, qui constitue les roclifes composées , soit à-peu-près le même , tant en nature qii'eh proportion des parties, sur mie grande étendue de terrain , et dans plusieurs lieux assez éloignés ou séparés les uns des autres , pour qu'on ne puisse pas regarder les roches de ces lieux comme faisant partie d'une même masse. On va voir que la spécification de l' Arkose répond aux deux classes de conditions exigées , les unes par les géo- gnosles qui ne veulent pas faire d'espèce de roches si elles ne constitiiehteh hiêtbe temps uîi terrain ou une forma- tion particulière : leè autres par les oryctognostes qui no demandent que des caractères de composition constan» (i) Journal des Blines , i8i3 , tom. 34 , n» 199, p. 5. (2) Plasieurs de ces ixibdifications , que j'ai dû cousidérer comme dcâ améliorations , ont été publiées dans le Dictiohiiaire des Sciences natu- relles aux articles de ces roches , dans leur ordre alphabétique. On peut en voir des exemples aux mois curite , hyalomlcte , /ap-e , macigno , me- iapTijrre, mimophyre, notite, ophiolitej ophite, peperine, phyllade , psam- nilù f ptephite , etc. (ii5) dans un grand nombre de circonstances. Pour établir cette proposilion , je vais décrire les arkoses sous le point de vue oryctognoslique et sous le point de vue géognos- tiquc (i). Art. i". Description minéralogique des Arkoses. i. L'Arkose est une roche à texture grenue , formée principalement par voie d'aggrégation mécanique. Elle est essentiellement composée de gros grairts de quarz hyalin et de grains de felspalh, ou laminaire, ou compacte , ou argiloïde : ces deux corps y sont souvent mêlés en quantité à-peu-près égale, mais plus souvent le quarz est dominant. Elle renferme, comme partie constituante accessoire , du mica , de Targile lithomarge cl du kaolin : ces parties y sont toujours en quantité in- férieur au quarz hyf^n et au felspalh. hes parties accidentelles qu'on trouve disséminées ou engagées dans TArkose sont : La coUyrite. La sléalite. Le fluoré ( chaux fluatée ) en cristaux implantés dans ses cavités , ou disséminés dans quelques parties de sa masse. Le calcaire spathique de la même manière. (i) Lcbesoiade cette spécifîcatioa avait déjà été senti par plusieurs nuturalistes qui , remarquant que cette roche notait ni nn grès , ni ce que les Allemands appellent une grauwacke ^ uî un granité, ne savaient comment la désigner. M. Lesclievin exprime très-bien cet embarras dans son Mémoire sur le chrome oxidé du département de Saôno-et-Loire. (/ow/vî. des Mines, tom. 57, p. 355; uote.) ( >i6) L'arragoniie, delà môme manière (à Verlaîson). Le calcaire jaunissant. La baryliue ( baryte sulfate'e ) , en cristaux implantés ou en veinules. La pyrite , en petits cristaux ou petits amas disséminés. Le fer oligisle sanguine. Le fer hydroxidé. ,Iie fer carbonate. ^ Le cuivre pyriteux. Le cuivre rouge. Le cuivre azuré, en nodules cristallins et en vei- nules. Le cuivre malachite, de la même manière. La blende. La galène , en grains disséminés. Le plomb blanc. Le plomb phosphaté. # Le mercure natif. Le cinuabre. Le chrome oxidé (les Écouchets , près Châlons-sur- Saône). L'anthracite. Le phtanile ? Celle roche n'offre aucune s tj'ucture àhtincle en petit , rarement même en grand , cl c'est alors une slructurô stratifiée en bancs puissans. Sa texture est essentiellement grenue , à grains an- guleux , au moins milliaires, au plus pisaires. La masse de la roche a été évidemment formée par voie à^ agré- gation Tfiécaniquej la forme irrégulière et angulaire des grains ,^ et surtout leur limitation parfaite , telles qu'ils ne se pënèlrcnt jamais , en est la preuve : néanmoins Tac- tion chimique a eu souvent une grande influence sur la formation de cette roche. La forte adhérence de ses grains entre eux , les reflets lamellaires qu'on aperçoit quelque- fois dans les petits espaces qui les séparent , les minéraux cristallisés répandus dans la masse et qui enveloppent les grains , les fissures ou druscs tapissées de cristaux , les veines de matière métallique ou pierreuse qui la traver- sent , sont des preuves aussi nombreuses qu'évidentes de parties formées par voie chimique ou de cristallisation ^ mais on voit aussi que ces actions n'ont pas été simultanées et que les parties cristallines sont de formation posté- rieure aux parties aggrégées. La cohésion est souvent très-puissante dans les arkoses et leur donne les qualités convenables pour être em- ployées comme pierre de construction et surtout comme pierres à meules de moulin. Ces roches ont souvent assez die ténacité 5 leur cassure est droite , quelquefois grenue, quelquefois raboteuse, et quelquefois même unie» Les Arkoses présentent dkns certains cas la dureté dn grès ^ mais comme le felspath est abondant et altère celle dureté, elle est très-inégale; elles ne sont jamais sus- ceptibles de prendre le poli. La couleur dominante des Arkoses est le gris pale ; quelquefois ces roches sont d'un blanc assez pur ou lé- gèrement bleuâtre , quelquefois elles passent au brun , même a» jaunâtre ou au raugeâtre , mais ces couleurs sout rares , pâles et sales. Lorsque les Arkoses présentejit quelques couleurs tranchées, elles le doivent aux oxides métalliques qui y sont comme parties accidenlellcs. ( ii8) Elles sont généralement infusibles au moins dans leur niasse , et quelquefois même dans toutes leurs parties , lorsque le felspath altéré est complètement à l'état de kaolin^ aussi les emploie-l-on comme quelques psammi- tes dans la construction des chemises des fourneaux de fusion. Elles ne font jamais ejjetvesccnce avec les acides dans toute leur masse. Lorscjue ce phénomène a lieu , il est dû au calcaire spathique interposé comme partie acciden- telle. Les Arkoses se désagrègent quelquefois lorsque leur felspath esta l'état de kaolin , ou qu'il est susceptible d'y passer. Les pyrites y font naître des taches ferrugineuses, mais elles ne sont pas ordinairement assez abondantes pour les désagréger ( Arkose de Hoer en Scanie). Les Arkoses , quelquefois si nettement caractérisées qu'on ne peut les confondre avec aucune autre roche, présentent dans quelques cas des caractères vagues , in- certains ou incomplets. Lorsqu'elles sont très-riches en quarz hyalin et pau- vres en felspath, elles passent au quarzite ou quarz en roche, ou si le quarz est en petits grains, on ne peut plus le distinguer des grès proprement dits. Lorsque le quarz est en grains petits , presqu'arrondis, que le mica devient plus abondant , que le felspath ne se montre plus que comme des petites taches ou des points blancs terreux , elles passent au psammitc commun , et c'est leur passage le plus fréquent dans les terrains de sédiment inférieur. Elles ont quelquefois , par l'agréga- tion puissante de leurs parties , par la couleur de leur felspath , et par la présence du mica , tant de resscm- ( "9) blànce avec le granité , qu'elles semblant y pas«cr (Aïaî- lou , les Ecouclieis). Les Arkoses sont , par la continuité de leur masse , leur solicité , la facilité qii^'on bl de les tailler, employées comme pierres de constructions et comme pierres à meules. Nous citerons comme exemples les carrières d'Aikoscs de Montpeyroux , eu Auvergne. Celle de Blavosy, près du Puy-en-Velay. Celle de Hoer, en Scanie , qui ont avec la précédente l'analogie la plus complète. Celles de Waldsliut , sur les bords du Rhin , etc. Y4LaïÉTÉs. Les variétés que présentent ces roches sont peu nom- breuses et peuvent se réduire aux suivantes. I. AuKOSE COMMUNE ( Psamuiitc quarzeux, Çlassif. min. des Roches , etc.). Composée de graii^s 4^ qu^rz hyajin et de grains de felspalh , avec très-peu de mica ; le qnarz dominant. Couleur grisâtre ou blanchâtre. Exemples. — Rcmilly entre Vitleaux et Dijon. Le quarz y est dominant et le feispath rosaire : il y a un peu de calcaire. Elle renferme , disséminés , du fluoré , de 1^ baryline , de la galène jet dfia pyrites : >l n'y a point de mica (i)» Martes de Vayre, près Clermpnt en Auvergne. — - Elle renferme de Tarragonile et du bitume. IMavosy, près le Puy -en- Vclay. — Les grains de (>} Lescssyis > Journal des 3/ines , tom. 35 , p. 20. ( 120 ) felspatli et de quarz y sont bien distincts-, il y a un ci- ment très-peu abondant et ocracé. Waldsbut sur les bords du Rhin, au-dessous de SchafT- house. — Elle renferme du calcaire spalhique, du fluoré, du fer oligiste sanguine. Carlsbad en Bohème. -— Elle est presque entièrement quarzeuse, mais la séparation nette des grains de quarz hyalin , et la présence du kaolin tout près de cette roche , peuvent décider à la placer parmi les Arkoses. Weinheim , près Bade. — Le quarz y est rosâtrc , et le felspath en petits grains blanchâtres kaoliniques. Hoer en Scanie , en Suède, — Le quarz y est domi- nant 5 il y a des grains de felspath rares , mais surtout des grains et des nodules d'argillite et des pyrites dissé- minées. 2. Arkose GiiANiTOÏDE (Psammite^granitoïdc , Cliiss. min. des roch, mel.). Grains de quarz , de felspath lamellaire et de mica , à-peu-près disposés comme dans le granité -, le felspath dominant. Cette roche ne diffère du granité que parce qu elle est évidemment formée par voie d'agrégation. Exemples. — Les Écouchets , près Chàlons-sur- Saône. — Pénétrée dans sa masse ou enduite sur ses fissu- res , d'oxide vert et siliceux de chrome. Avalon. — Pénétrée de barytine lamellaire. Chateix , près Royat , et Montpeyroux , en Auvergne. • — La première renferme des cristaux de baijline , qui tapissent ses fissures et cavités , la seconde est rou- gcâtre. ( '21 ) 3. ArKOSK Mi;.lAlRE. Grains de quarz et de felspalh, tout au plus gros comme la graine de millet ; argile colorée , disséminée ; le quarz dominant j à peine du mica. Celte Arkose passe par des nuances insensibles au psamraite commun, et ne s'en distingue bien que lors- qu'elle réunit nettement l'ensemble des caractères que l'on vient de présenter; alors c'est réellement une Arkose, qui ne diflere de la commune et de la granitoïde que par la petitesse de ses grains , mais qui est d'ailleurs trop diflférente du psammile commun bien caractérisé pour y être réunie. Exemples. — Chessy, près Lyon. ^ Mercuer, près d'Aubenas. MoscheJlandsberg , dans le Palatinal. Art. 2. Caractères géognostiques des Arkoses y et description de quelques terrains d' Arkose. J'ai dit que cette roche n'était pas moins distincte des autres roches d'agrégation par ses particularités géo- gnostiques ou de gisement que par ses caractères minéra- logiques. Les exemples et les circonstances de gisement que je vais décrire, et les généralités que j'en déduirai ap- porteront les preuves de cette proposition. Les Arkoses , telles que je les ai définies mincralogi- quement, paraissent se présenter dans drux , et peut- être même dans trois sortes de terrain -, d'époques géo- gnostiques différentes , à en juger par les circonstances qui les accompagnent. Les premières , qui sont les plus nombreuses et l'objet ( Ï22 ) principal de celte notice, sont placées sur le granité, immédiatement ou presque sans intermédiaire , et indi- quent par différentes particularités une époque de forma- tion assez ancienne. Les secondes sont plus éloignées de ces roches , et font souvent partie du terrain liouiller -, les troisièmes ont une position plus incertaine; elles ne paraissent pas séparées du granile , du moins par aucun terrain caractérisé, mais elles semblent, par des circonstances de gisement, ap- partenir à une époque géognoslique beaucoup plus ré- cente que les deux autres. Je réunirai, aussi exactement qu'il me sera possible, les terrains d'Arkose , que je vais décrire , en groupes correspondant à ces trois divisions. Les caractères géo- gnostiques que chacun de ces exemples va présenter me fourniront les moyens de déterminer avec plus de sûreté à quelle époque géognostique on peut rapporter chacun des terrains où FArkose est la roche dominante. Je choisirai ces exemples principalement dans les lieux, que j'ai visités, et ensuite dans ceux dont la description peut être rendue plus claire et plus certaine , au moins pour moi, au moyen des séries d'échantillons que j'ai sous les yeux. Je citerai peu d'exemples de lieux qui ne me présenteraient pas l'une ou l'autre de ces garanties. § 1^^. Arkoses de la première division. Les Arkoses suivent ordinairement et presqu'immédia- lement les granités, les syénites , les gneiss, peut-être même les porphyres anciens , et dans ce cas elles passent au mimophyre. Elles semblent être le résidu de la cris-* (133) tallisation de ces roches j elles en présentent en cllet les débris ou les parties , d'abord séparées par une sorte de trituration et de désagrégation Tnécanique, et ensuite réunies , non pas par simple juxta-posiiion , mais plutôt à Taidc , soit de la dissolution elle-mômc, soit d'une autre dissolution qui en a cimente les parties et qui a intro- duit dans leur masse les minéraux cristallisés dont on a donné plus haut rénuraéralion. Ce fait est un des plus généraux , et par conséquent des plus caractéristiques et des plus intéressans de This- toire géognostique des Arkoses de cette première divi- sion. Il faut se représenter ces roches comme formées par agrégation de deux des élémens du granité , le felspath \j et le quarz qui n'ont pu , comme le mica , être facilement ou détruits ou entraînés. C'est bien une sorte do granité reforme ^ moins le mica, mais reformé par agrégation et non pas par cristallisafion ; par conséquent ce n'est pas , comme on l'a dit, ni un granité régénéré , ni un granité secondaire , puisque le granité est essentielle- ment une roche de cristallisation. Néanmoins , la force qui en a réuni les parties n'était f pas uniquement mécanique*, la force chimique ou de . dissolution agissait encore , car ces roches sont presque u toujours accompagnées de minéraux cristallisés , de la I classe des pierres ou des sels dans l'ancienne acception V de ces mots , tels que la baryte sulfatée , la chaux flua- lée , la chaux carbonatée , et de minéraux cristallisés de lu classe des métaux , tels que le fer oxidé , la galène, j le zinc , le cinnabre , le cuivre azuré et pyriteux , le fer I pyriteux , le chrome , etc. ( 124 ) Ces Arkoses ne montrent ordinairement qu'une slra- tiCcation imparfaite en bancs très - puissans j quelque- fois elles n'en présentent aucune. Elles renferment , mais fort rarement, quelques débris du règne végétal , et même quelques-uns du règne animal. Je présume que les exemples suivans peuvent être tous rapportés à cette première division géognoslique. Arkose d'Aubenas. — C'est au N.-O. de eeiie ville, près le village de Mercupr , que se montre le terrain dont r Arkose fait partie essentielle. Ce terrain est d'autant plus instructif pour déterminer la position géognoslique de cette roche, qu'il offre une réunion de circonstances rares en géognosie , car on voit dans le même point la roche reposer immédiatement sur le terrain qu'elle a recou- vert , et recouverte immédiatement de celui qui l'a suivie. Le terrain inférieur, ou recouvert, est un granité; l'Arkose est bien caractérisée et présente les variétés principales de cette roche. Le terrain supérieur , ou recouvrant, est un calcaire qui renferme des métaux et quelques pétrifications. Le profil et la coupe joints à cette note , et l'énumé- ralion des roches qui composent ces terrains , vont dé- velopper ces faits généraux et en donner la preuve. Le terrain et les positions sont des plus favorables à l'observation. Un vallon (fig. 3 , a, C), dont les deux pentes sont composées des deux roches superposées dans le lieu où est le pont de Mcrcuer (a) , fait voir claire- ment, et sur deux points, cette superposition. Une grande route {b) , celle de Mercuer à Aubenas , a produit sur la croupe de la collinp (fig. 2) une coupe étendue qui per- met d'observer sans interruption , et clairement , la su- ( 125) pêrpositîon des couches. Quelques carrières à pierres à chaux , et à pierres à bâiir, creusées dans cette coupe , ont mis encore plus de surfaces à découvert et plus d'é- chantillons à étudier. On voit d\ibord en Z) , Cg. 3, au pied du coteau qui est au S.-E. de Mercuer, des couches d'un calcaire compacta fin , gris de fumée , traversées de veines de calcaire spa- lliique et renfermant quelques parties de galène. Ce cal- caire parait, par son inclinaison au S.-S.-E. qui est la même que celle des lits qu'on voit au sommet du coteau , recouvrir ces lits, qui a^\)Rrliennent probablement au terrain d'arkose^ mais ce n'est qu'une présomption à-peu- près indilî'érenle , puisque nous allons voir bientôt ces rapports de position d'une manière, beaucoup plus évi- dente. Il n'a d'importance que parce qu'il présente quel- ques pétrifications ; ce sont des ammonites indétermina- bles , tant elles sont liées avec la roche et unpecten. Lorsqu'on a traversé le petit vallon dans lequel esl situé Mercuer, on se trouve sur un terrain lout-à-fait diiTérent. Le noyau des deux collines qui enferment ce vallon , et qui se manifeste Irès-clairement à leur pied , comme le fait voir le profil (fig. 3), est un granité rose (^), à gros cristaux defelspath, très-fragmentaire. Sur cette roche (y4) , et en stratification transgressive , se voient (en i5) de nombreux et puissans bancs d'Ar- kose commune et d'Arkose granitoïde, alternant avec dos psammites et quelques autres roches d'agrégation , comme l'indique la coupe de détail (fig. 2) sur laquelle est représentée une de ces alternances ; ainsi on trouve immédiatement sur le granité , près le pont de Mercuer, une Arkosc miliaire à petits grains, plus quarzcusc que ( 12f. ) felspatliifjnc , friable, grisâtre , mouclielée de brun, et ensuite on voit se succéder un lit de marnes (a) argileu- ses , vcrdalres ou rosaires , puis un lit d'arkose commune (b) , Irès-solide , à pâle qnarzeuse , rempli de grains de felspath rosaire ; ensuite (o) plusieurs liis d'un véritable psammile Irès-sablonncux , très-micacé , blanc , rosaire ou verdâlre , et irès-Cssile. Viennent encore des Arkoses graniloïdes à grains moyens de quarz gris , de felspath rose , de felspath blanc altéré , d'argill otite verdâlre et de très-peu de mica , dont la présence constitue la variété graniioïde-, puis une autre Arkose graniloïcle à plus pe- tits grains (r/) ^ puis enfin reparaît le psammile blan- cbâlre fissile (^). Ce terrain , dans lequel je n'ai vu au- cun indice métallique , se présente ainsi jusque vprs la moitié du chemin de Mercuer à Aubenas en bancs assez puissans , également inclinés , mais de composition , de couleur, de dureté inégales , de manière à oflrir une suite de zones ou bandes d'aspect et de couleurs très - va- riées. En le suivant on arrive presque sans interruption au terrain calcaire qui le recouvré en stratification con- cordante et en couches d'une épaisseur peu considérable. Les premières couches ou les plus inférieures (B, fig. 2 et 3) ont une couleur jaunâtre , un aspect terreux , et ce- pendant une structure laminaire qui donne à ce calcaire un éclat chatoyant sous certaines inclinaisons. Examiné à la loupe, il semble composé d'une multitude de petits grains terreux jaunâtres , liés par un ciment calcaire cristallisé. Il se dissout dans l'acide nitrique avec une vive effervescence , en laissant un résidu ocracé très- abondant. Il renferme des débris orçanisés; j'y ai vu et ( 1-^7 ) yTamassé une petite roqnille Li valve, qui a beaucoup de ressemblance avec une corbnle striée. Ce calcaire jau- nâtre , clialoyanl, esl suivi d'un lit assez puissant d'un < alraire sablonneux , et même d'une sorte de brecciole calcaire à petits grains de quarz (C) , qui semble être à FArkose ce que celle-ci est au granité. Viennent ensuite des lits ou rouclies d'un calcaire gris de fumée, à tex- ture grenue et cristalline : il est dur , solide , rude au touclier, comme corrodé à sa surface qui est d'un gris jaunâtre sale, et il renferme encore des grains de quarz et bctiucoup de silice, car il ne se dissout qu'en partie dans l'acide nitrique 5 on voit au-dessus, des couches d'un cal- caire compacte, gris de fumée, à cassure esquilleuse et parfaitement semblable au calcaire décrit en premier. Ce dernier renferme quelques indices de pétrifications, mais elles y sont rares et si engagées , qiie n'ayant pu en re- cueillir aucune , j'y rapporte celles que j'ai trouvées dans un calcaire qui me paraît absolument semblable à ce- lui-ci et qui se présente fréquemment entre Aubenas et la Villcdieu. Ces coquilles , autant qu'il est possible de les reconnaître dans l'étal d'altération où les a mis leur liaison intime avec le calcaire, sont : ï ammonites vulgaris ? de Schîotlieim , qui se trouve dans le calcaire jurassique d'Amberg, et un ammonite lisse que je ne puis nommer. Les lits de ce calcaire , beaucoup moins incli- nés près d' Aubenas , sont traversés par des filons de ba- salte remarquables par leur régularité et le peu de dé- ringement qu'ils ont causé dans la stratification des ( alcaires. Arkoses des environs du Puy-en-Velay. — Ce sont les Arkoses d'Auteyrac , de Blavosy et de Brive , placés C 1^8 ) à-peu-près sur une môme ligne, h Test du Puy, sur les pentes du vallon de la Sumcne. Elles olîrent , dans leur position immédiate sur le granité , dans leur structure massive , c'est-à-dire sans apparence de stratification , dans leur composition, tant essentielle qu'accidentelle, et môme dans leurs usages , tous les caractères particu- liers aux Arkoses. Celles d'Auteyrac et de Blavosy appar- tiennent principalement à VArkose commune 5 la pre- mière est composée de grains de quarz et de fclspath en proportions sensiblement égales , liés par un ciment de kaolin : elle est friable (1). La seconde est composée à- peu-près de même 5 elle renferme des fragmens de gra- nité , des noyaux de quarz , mais elle est beaucoup plus solide et employée comme pierre de construction , et surtout comme pierre à meule. Elle contient , comme celle d'Auteyrac , du fer hydraté en géodes et des pyrites, et, comme l'Arkose plus quarzeuse de Biive , des débris de végétaux monocotyléJons qui pourront aider à déter- miner la position de cette Arkose . d'ailleurs si sem- blable par ces débris organiques et par tous ses carac- tères extérieurs à l'Arkose de Hocr. Arkose d'Avalow et de quelques autres paities de la Bourgogne, — Ce sont celles qui ont été décrites ou mentionnées par M. de Bonnard dans son Mémoire géo- gnostique sur quelques parties de la Bourgogne (2). On (») Les descriptions des Arkoses d'Auteyrac et de Biivc sont prises cutièieoient dans la Géognosie du Puy-en- Kelay^ par M. Bcrtrand- Koux (i vol. in-8», avec cartes et planches , iSaS , p. 35). J'ai tire celle de l'Arkose de Blavosy eu partie du inêuie ouvrage , et en partie des ob- S,ervatious que j'ai faites sur les lieux eu 1820. (a} banales des Mines , 1825, tom. x , p. iq5 et p. ^^T* ( 129 ) va les voir toujours composées des mêmes élémens prin- cipes , le quarz et le felspalli , toujours accompagnées d^e minéraux acidifèrcs (Jlii soin ici le calcaire et la bary- tine , très-souvent de métaux (lagalèiKî dans TArkose de Chitry,en Nivernais , et dans celle au N.-E. d'Avalon), et toujours placées immédiatement sur le granité dans tous les lieux où on a pu Voir le rapport de ces deux roches : ainsi Vjérhose du Morvan est immédiatement superposée au granité (r) ou à l'arène, c'est-à-dire au granité dé- sagrégé qui suit le granité solide." Au sud d'Avalon , tout près de cette ville , sur la rive méridionale du Cousin, l'Arkose commune montre d'une manière claire , non-seulement sa superposition- au gra- nité , mais sa liaison avec celte roche , au moyen de la barytine qui y est mêlée, qui la traverse en filons, et qui pénètre dans le granité. M. de Bonnard a décrit d'urte manière aussi précise que générale celte disposition remarquable que j'avais eu occasion de voir en 1817 , mais seulement près d'A- valon. 11 a recherché en outre la position de cette roche par rapport à celles qui lui sont postérieures , et il a re- connu, soit directement, soit par des inductions géo- gnostiqucs qui ont presque la valeur de l'observation directe , que l'Arkose , dans toutes les parties de la Bour- gogne où il l'a retrouvée , était au moins inférieure au lias ou calcaire à gryphées arquées. Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans ces rap- ports , c'est la liaison de l'Arkose , roche presque aussi ancienne que le granité, avec les coquilles du calcaire à (i) Loc. cit. f p. 206. \lll. Q C i3o ) gryplides qui , dans d'autres pays , en est s(îparé par plu- feieiirs sortes de roches de sédiment , môtne par des for- mations nombreuses, puissantes et très -dilîcren tes les unes des autres. Dans les parties de la Bourgogne étu- diées par M. de Bonnaitl , non-seulement TArkose est pénétrée du calcaire qui la recouvre (après Pont- Au- bert ) , mais elle renferme des empreintes distinctes , et cependant presque indéterminables , des coquilles qui appartiennent en partie au calcaire à grypliées arquées , en partie aux terrains coquilliers qui lui sont inférieurs, par conséquent, soit au calcaire conchylien (Muschel- kalk), soit au grès bigarré, soit même au calcaire pé- néen ? Arkose de Remilly, à 6 lieues à l'ouest de Dijon, dé- crite par M. Leschevin (i). — Elle est uniquement compo- sée de grains de quarz hyalin et de grains de felspath avec un peu d'argile : le quarz est ou sans couleur ou rouge pâle^ son éclat est gras. Cette roche est mêlée de grains cristallisés épars , mais contemporains à l'agrégation, de fluoré, de barytine, de galène et de pyrites. Les cavités qu'elle présente sont tapissées de cristaux de quarz et de cristaux de barytino crèléc. Elle est souvent assez solide (i) Journal des 3/incs ^ i8i3 , n° 193. Il décrit cette roche sous le nom de psantmite que je lui douuais aloi'S , et sous ceux de grès ancien , grès granitique , avec les caractères de composition essentielle et acci- dentelle que j'attribue aux Avkçses. M. Gillct de Lauraont a mis à la fin du Mémoire de M. Leschevin une note sur cette roche , que je n'a- vais encore fait qu'indiquer dans mn Minéralogie } il fait très -judicieu- sement observer qu'elle n'est composée que de quarz et de felspath sans mica, et qu'elle peut être regardée comme due à la trituration du granité dont le mica aura clé enlevé par les eaux a cause de sa légèreté. ( i3, ) pour qu'on en fasse des meules de moulin , assez infu- sible pour q^i'on en revêtisse les creusets des hauts four- neaux. Cet exemple fait connaître encore d'une manière évi- dente la position relative de l'Arkose avec les autres roches, au moyen des puits qu'on a creusés au pied de la colline de Remilly , et qui , après avoir traversé la couche d'arkose , ont pénétré dans le granité; par con- séquent elle est placée immédiatement sur le granité , ce qui a engagé M. Leschcviu à la rapporter au terrain de transition. Elle est recouverte par le calcaire à gry- phées arquées j ce qui établit les limites supérieures de sa formation : on voit qu'elle est antérieure au terrain de sédiment moyen , et qu'elle fait partie du terrain de sédiment inférieur. 11 est probable que si le calcaire pé- néen existait dans ce canton, et qu'on l'y reconnût, on le verrait recouvrir presque immédiatement celte ar- kose (i). (i) M. Pareto, qui s'est occupé avec distinction de recherches géc- logiques, et qui, en retournant à Gènes sa patrie a bien voulu visiter sur mou invitation le gîte dWrkoses de Remilly, vient de m'adresser une description et une coupe détaillée (fig. i) de ce gîte , qui le rendent aussi clair et aussi classique que celui d'Aubenas. Cette Arkose est uni- quement composée de quarz et de felspath : ce dernier minéral est ro- fiâtre. On la voit reposer immédiatement sur le granité à felspath égale- ment rosâtre et formant une masse stratifiée d'environ 30 mètres d'é- paisseur. On remarque quelques lits minces d^argile bleuâtre entre ses assises supérieures; au-dessus est une masse de i5 à ao mètres d'argile et de masses argileuses de diil'érentes couleurs , qui est immédiatement suivie du calcaire compacte , renfermant une prodigieuse quantité de gryphea arcuata, recouvert par d'autres argiles et marnes , entre autres par des bancs durs qui renferment des bélemnitcs , etc. ; enfin un calcaire compacte blanc surmonte le tout , et parait avoir les caractères et la ( i33 ) AiiKOSE DE MoNTjEu , au sud d'Auluii. — C'est une de celles qui passent au mimophyre. Le quarz est en grains grisâtres ; le felspatli est en cristaux altérés , rou- geàtres ou jaunâtres ^ des grains d'argiloliic arrondis sont mêlés avec eux. Sans la barytine qui tapisse en cristaux crêtes les fissures de cette roche, ou qui y est mêlée en petits grains cristallins contemporains ^ sans le quarz qui passe aussi au silex corné , ou qui tapisse les fissu- res de ses cristaux , cette roche semblerait avoir été en- tièrement formée par voie d'agrégation. Elle est immé- diatement superposée au granité qui forme la masse de la montagne de Montjeu , et se présente soit en blocs dans le sable granitique , soit en lils horizontaux de 5 à 6 décimètres d'épaisseur dans ce sable. Celte Arkose est tantôt jaunâtre , tantôt rougeâtre ; elle adhère quel- quefois au granité même, et s'étend sur cette roche en lits peu puissans et interrompus, Arkose de la montagne des Ecouchets (i), près Couches, département de Saône-et-Loire. — Elle res- semble, comme l'a dit M. Leschevin, à un granité, et ap- partient par là à la variété granïtoide (2). Elle est com- posée des mêmes élémens 5 mais le mica y est très-rare et noir ^ le felspath altéré et le quarz y sont très-abondans. position du calcaire jurassique. Les couches marneuses inférieures du calcaire à gryphée qui fait partie , comme on sait , de la formation du lias, renferment tout près de Remilly (à Mémont) des lits de gypse libreux , minéral qui se trouve presque partout dans le terrain de lias. (i) Nommé Escenchet sur la carte de Cassini , et place à tort sur la gauche de la route de Couches au Creusot. (a) Leschbvik, Journal des Mines , vol. 27, n** iGi, p. 345. — Il dit qu'il a beaucoup étonné les naturalistes en désignant cette roche par le uom de grès^ ( »33) Celui-ci passe même au silex corné , grisâtre , rougeà- tre, verdntre, et môme à la calcédoine-, il traverse l'Ar- kose en zones dans tous les sens , et ses cavités sont ta« pissées de cristaux de quarz. Ces mêmes cavités et les fissures de la roche sont recouvertes , dnns un grand nomhre de points , d'oxidc de chrome siliceux qui pé- nètre jusque dans le silex et le colore en verdàtre , cir- constances qui prouvent l'action chimique. Des fragmens et des nodules arrondis de chrome oxidé siliceux , d'un beau vert, prouvent l'action mécanique. Celte roche est placée immédiatement sur le granii« de ce canton. Quoique la superposition ne soit pas aussi évidente que celle des Arkoses des autres exemples, M. Leschevin Ta regardée comme certaine; et lorsque j'ai eu occasion de visiter ces mômes lieux , je n'ai pas hésité à considérer ce prétendu grès comme une Arkose granitoïde (que j'appelais alors psammite granitoïde) pénétrée d'oxidede chrome, et placée sur le granité, dont . les élémens avaient servi à la composer. Cette Arkose n'est point recouverte. Arkose de Chessy, près Lyon. — Les mines de cuivre de Chessy montrent avec une grande clarté les'rapports géognosliquesdes terrains d' Arkose avec les terrains an- cier^s. L'ancienne mine , consistant en lits de cuivre py- ritcux , etc. , est placée dans un de ces terrains qu'on est convenu d'appeler primitifs; celui-ci consiste, non pas en granife , mais en roches dont les élémens minera- logiques sont les mêmes i ce sont des sléachistes , des^ raicachistes et des gneiss ; par conséquent des roches composées de quarz , de felspath et de mica comme le granité , qui d'ailleurs n'est pas éloigné de ce gîte. Sitr ce ( i34 ) terrain primitif est applique un lerraiii composé d^ roches d'agrégation renfermant des parties nombreuses et quelquefois assez volumineuses de minéraux métalli- ques cristallisés. Ges roches ne sont pas uniquement des Arkosçs , mais celles-ci s'y trouvent , sinon en propor- tions dominantes, au moins très -abondamment. Elles sont à grains pisaires et miliaires de quarz hyalin et de felspalli altéré renfermant çà et là un peu de mica. Elle passe quelquefois au psammite commun lorsque les parties ne sont plus distinctes et que le mica y de- vient plus abondant^ mais ce passage est plus rare qu'on ne pourrait le présumer. Ce terrain d'Arkosc présente une masse d'environ 80 mètres d'épaisseur, .dont la con- sistance est faible et souvent même très-friable, et dont la stratification , quoique confuse, permet cependant d^y reconnaître une alternance de bancs métallifères et de bancs stériles. Il renferme tout ce qui accompagne or- dinairement les Arkoses , de l'argile lilhomarge , et de la coUyrite diversement colorée -, des sphéroïdes de cuivre azuré cristallisé, si remarquable par Téclat, le volume et la belle couleur de ses cristaux ^ du cuivre mala- chite , du cuivre rouge , du fer oligiste- sanguine, tous minéraux qui ont rendu ce gîte si célèbre chez les ama- teurs des belles productions du règne minéral. Aucune de ces substances, soit terreuse^ soit métallique , ne s'y présente ni en couche , ni en lit, ni en filon , ni même en amas couchés ^ ce sont des nodules dont le volume varie depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'un melon , isolés ou agrégés , des veines entrelacées, courtes et par conséquent sans aucun continuité. . Le terrain primitif sur lequel cette masse d'Arkose est ( «35 ) placée immédiatement on contient, comme on "vient de le faire remarquer, tous les élémens ei même les élémens métalliques qu'on peut reconnaître dans le lit puissant de cuivre pyrileux qu'on exploite depuis long-temps dans ee gîte. Au-dessus du terrain d'Arkose se trouve placé , mais d'une manière beaucoup moins évidente qu^à Aubenas , le calcaire pcnéen , et au-dessus encore le calcaire à gryphée arquée. . Mais je m'arrête ici , mon objet n'étant ni de décrire ce gîte , ni de décrire les terrains et les formations qui l'ac- compagnent : il l'a été ailleurs et d'une manière tout-à- fait complète (1)5 j'ai eu seulement pour but de faire remarquer que le giie de cuivre azuré de Chessy appar- tenait aux roches d'Arkose des terrains de sédiment infé- rieurs , si difficiles a distinguer des terrains de transition, et qu'il en présentait d'une manière aussi tranchée que complète tous les caractères minéralogiqucs et géognos- tiques. Arkose de Hoer, en Scanie. — Elle n'^est recouverte par aucun terrain en position , et ne laisse pas voir direc- (i) Par M, L. Cordier, Annales des Mines , 1819 , tom. iv, pag. 16 , à la suite de la deseriptioo des cristaux dç cuivre carbonate bleu qu'on trouve dans cette mine. M. Cordier appelle PArkose ion terrain degrés ancien. Il dit qu'il re- pose immédiatement sur le sol primitif , qu'ail désigne sous le nom tic schiste argileux. La présence d'un grand nombre de masses cristallisées au milieu d'un terrain d'agrégalion l'a justement étonné , et ses ré- Uexioris font voir qu'en n'hésitant pas à reconnaître la manifestation de l'action cliiraîque au milieu de ces agrégats mécaniques , il trouve cependant quelques diiHcultés pour.eonciticr ces deux. acti(nisdans une mcmc rocbe. ( «36 ) lement sur quel terrain elle repose ; sa siluaiioii géognos'- tique ne peut donc être établie que par quelques rapports de niveau avec les terrains envîronnans , par des circon- stances négatives , caractères d'une faible valeur en géo- gnosie, par ses caractères minéralogiques , et enfin par des inductions d'une bien plus grande importance , tirées de la présence de quelques débris organiques du règne végétal . Examinons d'abord ses caractères minéralogiques, tant en petit qu'en grand (i). C'est généralement une Arkose commune très-quarzeuse, d'un blanc grisâtre ti- rant légèrement sur le bleuâtre , en bancs puissans sen- siblement horizontaux . Elle est dense , solide -, le quarz y est plus abondant que le felspatli : celui-ci est en petits grains , les uns inco- lores , les autres rosaires , quelquefois altérés. Elle est en outre souvent remplie d'un grand nombre de taches jaunâtres , ocracées , dues à la décomposition des pyrites blanches qu'elle renferme disséminées. Elle est quel- quefois veinée de parties plus quarzeuses , indiquant l'action de la dissolution et de la cristallisation qui exis- tait encore dans le moment du dépôt et de l'agrégation des parties de cette roche de structure élastique. Elle renferme , dans les jxiriies voisines des fissures de stratification , des nodules d'argile endurcie , souvent très-nombreux et accompagnés de pyrites. (r) Ce terrain a été simplement indiqué par M. Hisinger dans son Essai sur la Géographie minéralogique de la Suède ( traduction alle- mande par Blode; i vol. in-ia. Freybcig, 1819 , p. 3i8). Il le désigne comme un conglomérat quarzeux renfermant quelques cavités drusiquts, tapissées de cristaux de quarz et exploitées pour meules de moulin. ( i37 ) C'est dans la masse même de celte roche que nous avons trouvé celte empreinte d'une grande dimension d'un végétal que M. Adolphe Brongniart a décrit sous le nom àefilicites meniscioides (i). C'est la seule que nous ayons vue venant de cette carrière où TArkose est par- faitement caractérisée (a). Outre ces nodules argileux, l'Arkose de Hoer renferme aussi des noyaux de quarz arrondis, très - volumineux ; des parties également arrondies , à texture grossière , et comme formées de s.iblc agrégé et enfin des cailloux de poudingucs. Ce sont bien ici les caractères de l'agréga- tion mécanique et grossière, comme les veines quar- zeuses citées plus haut étaient ceux de la dissolution chimique. Tels sont les caractères de l'Arkose de la première car- rière , de celle qui est la plus voisine du village de Hoer ; elle n'est recouverte que par ces terrains de transport , si communs en Suède, et surtout si remarquables en Scanie et qui sont composés d'une multitude de cailloux cl d'énormes blocs granitiques enveloppés dans un sable de même nature. A environ un quart de* lieue plus loin , après avoir tout-à-fait perdu la trace de l'Arkose de celte première carrière en traversant une plaine composée de granité (3) Ann. des Se. nat. , i8a5 , tom. iv , p. 200 , pi. xi. (2) Nous étions accompagnés de M. Bcrzelius et de M. le profes- .scur Niisou de Luud : ce dernier nous apprit quMl voyait cette empreinte pour la première fois: mais M. Hisinger cite des vestiges et des feuilles de plmtes marines {seegewachsé) inconnues , trouvées dans cette car- ritre et conservées dans la collection minéralogi(juc de M. le professeur Rctzîus y à Luud. ( i38 ) en place , on trouve une autre carrière où la roche res- semble bien plus à un grès qu'à une Arkose*, elle est presque entièrement quarzeuse , plus rougeâire , et fer- rugineuse. Elle renferme un grand nombre de débris vé- gétaux , les uns de Cryptogames , les autres de Phané- rogames (i) , et beaucoup de parties cliarbonneuses en- gagées dans la roche. Si ces deux carrières si voisines, mais dont la liaison ne peut être suivie , appartiennent exactement au même ter- rain , il est assez remarquable qu'à si peu de distance les débris organiques soient si différens , qu'ils soient si rares dans la première , où ils se bornent à une espèce ^ et si abondans dans la seconde en espèces et en indi^ vidus , parmi lesquels le filicites meniscioides ne se retrouve plus. Ou pourrait admettre que la seconde car- rière offre les couches ou parties supérieures du terrain d'Arkose dont la première montrait la partie la plus in- térieure. Mais rien ne prouve cette continuité, et il est possible que le terrain de la seconde soit dilîéreni de celui de la première et plus moderne que lui. L'opinion présentée par M. Ad. Brongniart , que le terrain de grès de Hoer appartient au grès à carreaux {quadersandstein) pa- raîtra pouvoir conserver toute sa force pour la seconde carrière , mais n'être pas applicable avec le même degré de probabilité à la première, qui présente d'une manière si complète tous les caractères minéralogiques des Ar- koses communes, riches en felspalh , appliquées immé- diatement sur le granité, et semblant être (qu'on me (i) Décrits dans le Mémoire cité , et figurés pi. xu. (i39) passe celle expression ) Técume de celte roche , comme paraît l'indiquer la liaison si intime qu'elle conserve avec elle dans tant d'autres lieux. Cette liaison ne donnerait pas néanmoins une très-grande ancienneté à FArkose^ c'est-îi-dire une ancienneté égale , par exemple , à celW des terrains de transition à trilobites, car il est présuma-r Lie au contraire que beaucoup de granités sont d'unç époque de formation postérieure à ces terrains ; mais elle lui attribuerait comme aux autres Arkoses une position de beaucoup inférieure à celle du grès à carreau, peut-êtrç inférieure au grès bigarré et même au calcaire pénéen. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet : nous dirons seulement que la circonstance du voisinage et la super- position presque immédiate, peut-être même immédiate, de ces deux carrières ne doit pas empêcher d'attribuer deux époques difl'érentes de formation aux Arkoses et aux grès qu*on y observe. Lé sol de la Suède présente de nombreux exemples delà réduction à un très-petit nombre de terrains de cette longue série de roches et de fcrmation qu'on observe dans le centre de l'Europe. On voit res^- serrés, et comme accumulés l'un sur l'autre dans la même province (la Scanie),le granite_, lesampelites alumineux et le calcaire de transition (à Andrarum ) , le grès bigarré cl ses charbons fossiles (à Iloganaes) , peut-être le grès à carreau (à Hoer ) , la craie ( à Ignaberga) , et le basalte (près de Hoer), tandis que tous les terrains intermédiai- res , la houille filicifèrc et ses psammiies rougeâlres , le calcaire pénéen , les gypses et les sels marins des grès bigarrés, le calcaire conchylien, le lias et son calcaire à gryphées , le calcaire jurassique et ses ooliihcs, etc., manquent entièrement. ( i4o ) ÂKK05C DB Waldshtjt SUT Ics Lords du Rhin , au- dessous de Schaflbuse. — La ressemblance de cette Arkose avec celles de Blavosy, de Hoor en Scanîe, de Montpey- roux en Auvergne , est si frappante et souvent si complète qu'on pourrait croire que les échantillons pris dans ces divers lieux appartiennent a la même carrière. Cepen- dant , dans TArkose de Waldshul , le felspath est un peu plus décomposé et passe à l'état de kaolin , la roche n'en est pas moins dure et solide au point qu'elle est exploitée pour faire des meules de moulin. Cette Arkose est située immédiatement au-dessus du granite-gneiss qui forme le fond du Rhin , et recouverte par un calcaire pénéen qui se montre à peu de distance; Je n'ai pas vu cette superposition d'une manière directe, mais elle est établie par l'inspection des lieux environ- nans , par le récit des ouvriers qui exploitent la carrière de Waldshut et par l'opinion des géognostes qui ont décrit ou simplement visité ce pays 5 quant à l'époque géognoslique du calcaire , je ne puis la déterminer avec certitude , mais elle parait rapporter ce calcaire à celui que nous désignons , avec M. Omalius d'Halloy , sous le nom de pénéen ( Zechstein ). L' Arkose est donc encore ici dans sa position . ordinaire et parait appartenir à la même époque géognoslique que celle d'Aubenas. Elle est stratifiée en bancs horizontaux puissans séparés par des lits d'argile sableuse dans lesquels ou voit des géodes ou même des cavités allongées , drusiques , tapissées de quarz coloré en rouge ^ ces mêmes cavités se présentent dans la roche elle-même et y sont tapissées des mêmes cristaux , et en outre de quarz laiteux , de calcaire spa- ihique , de fluoré ou chaux fluatce en cristaux cuboïdes^ ( '4t ) rose iiès-pâle , dont les arêtes et les nngles sout mo- diliées par un grand nombre de facettes. Elle contient enfin du fer oligiste métalloïde , du fer oligistc terreux, tantôt comme fondu dans la roche , tantôt réuni en ro- gnons disséminés dans sa masse (i). Ainsi cette Arkôsc, placée immédiatement sur un gneiss mêlé de granité , c'est-à-dire , sur le granile-gneiss de quelques géognostes, renf/crme , comme s^ congénères, des minéraux acidifères (carbonate et fluate) cl deux sub- stances métalliques , le fer oligistc et le cuivre mala- chite , circonstances presque caractéristiques des Ar- koses, § H. Ârkoses de la deuxième dwision. La texture grenue , grossière , entièrement due à Ta- grégatiou" mécanique, est plus sensible et plus constante dans ces Arkoses que dans les premières. Elles sont , par conséquent, plus friables et souvent aussi à grains plus fins. Elles renferment plus rarement des minéraux métalliques ou pierreux cristallisés, étrangers à leur (i) MM. Oeynhausen , de Decheu et de ia Roche ont parle de celle roche sous le nom de grès , en le rapportant au grès rougo et au grès bigarré des Vosges et de la Forêt- Noire, parce qu'ils considèrent ces roches comme appartenant k la même formation ; mais ils font spéciale- ment remarquer que le granité qui lui est inférieur, passe au grès rougo d'une manière insensible par le gravier de granité (c'est bien l'Arkose} j ils ajoutent que celte Aikose renferme , outre les minéraux que j'ai nom- més , des petits amas tie malachite , et qu'elle est recouverte par le cal- caire gris de fumée qui renferme quelquefois au-dessus de la carrière à meules un lit de gypse ( Geogn, Umrisse der Rheinlatiden , elc. Es- 6ca, 1825, zweites thcil , pag. 26.) ( If^' ) composition esserilielle de quarz et de felspalli , mais elles présentent plus souvent et plus abondamment des pailleites de mica. Elles contiennent des débris orga- niques végétaux , à - peu - près et môme absolument semblables à ceux qu'on coiSuaît dans les terrains houil- 1ers ; enfin elles font généralement partie de ces ter- rains et ne diffèrent des psammiies de ces mêmes terrains que par leurs caractères rainéralogiques. Leur position est donc bien déterminée , bien connue , et nous ne les mentionnons ici que pour ne passer sous silence aucune tocbe qui puisse se rapporter minéralogiquement aux Arkoses. Nous nous contenterons de citer quelques exemples de ces Arkoses sans les décrire. Laroched'agrégation qui estinterposéeà Saint-Etienne, département de la Loire , entre la grande masse de houille de 4 mètres, à la carrière dite de Joyaut , et les lits de bouille supérieurs , et qui forme un* banc de plus de 20 mètres d'épaisseur, est une Arkose. Celle qui recouvre les derniers lits de bouille et de fer carbonate li- tlioïde , et qui est traversée à la mine du Treuil par un gî'and nombre de tiges végétales, dans une position ver- ticale , est encore une Arkose très-bien caractérisée. , Celte même roche , mais plus quarzeuse , avec un peu de ciment argiloïde interposé , un peu de mica , du felspalli kaolinique blanc et de la barytine rosaire , se présente dans le terrain houiller de Cbabrignac , dé- partement de la Corrèze , enveloppant de nombreux no- dules et grains de galène. La m,ine de houille de Montrelais en Bretagne , est ac- compagnée d'un banc d' Arkose très-dense , très-dure , d'un gris très-foncé , dont les fissures sont couvertes de ( '43) quarz hyalin crislallisé , de pyrite et do calcaire jaunis- sant en petits cristaux rhomboïdaux. Ou voit une Aikose absolument semblable à celle de la mine du Treuil , dam* les mines de bouille de Perc}', près de Newcaslle sur Tync , eu Angleterre. Je crois pouvoir y rapporter "aussi les Arkoses mî- liaircs qui font partie de la formation charbonneuse, bi- tumineuse et de mercui-e de la Glane, vers Meisenheim , dans le Palaiinat, au pied occidental du Mont-Tonnerre. La qualité du combustible charbonneux , nommée houille sèche , la présence des poissons fossiles absolu- ment semblables à ceux du pays de Mansfeld, celle du mercure sulfuré et du plomb sulfuré, plutôt en veinules et en amas irréguliers qu'en filons , peuvent faire re- garder ce terrain comme tout-à-fait analogue au terrain de schiste bitumineux et cuivreux de la Hesse , et par conséquent comme montrant la limite inférieure des for- mations dans lesquelles je lâcherai de faire voir que les Arkoses se présentent. Le calcaire pénéen qui le sur- monte et les sources salées qu'on connaît dans les envi- rons de Coussel, semblent indiquer le terrain de sé- diment moyen , ou le terrain le plus supérieur de cette formation (i). (i) J'avais vu ce terrain, mais seulement en passant, en 1812. Les |)oissons et le mercure m'avaient fait soupçonner dès- lors qu'il pour- rait être de la même époque gtoguostique que les schistes cuivreux de la Hesse , supérieurs à la liouillc et inférieurs au calcaire pénéen. La des- cription très- caractérisée que M. de Bounard a donnée de ce terraiu ( Ann. des Mines , t. vi , p. 5o5) , et dans laquelle j'ai puisé la plupart des faits que je viens de rapporter, et l'opinion émise par M. de Bon- aard ( p. 5io ) , me sembleut ne laisser aucun doute sur l'exactitude d« ( «44 ) On voit, par ces exemples , que l'aclion chimique a encore eu de l'influence dans la formation de ces Ar- koses , quoique le caractère d'agrégation mécanique soit ici tout-à-fait dominant , et que , malgré leur séparation des granités par des terrains de sédimens, elles présen- tent encore la plupart des caractères minéralogiques et géognostiques des Arkoses de la première division. § III. jirkoses de la troisième di\fision, La place géognostique et par conséquent l'époque do formation de ces Arkoses est, comme on le verra, très-dif- ficile à assigner. Elle est peut-être la même que celle des Arkoses de la première division , peut-être aussi en est^Ue considérablement éloignée. Le quarz y est dominant en grains hyalins plus ou moins gros, tantôt liés les uns avec les autres par une force puissante et qu'on ne peut attribuera la seule juxla-po- silion , tantôt au contraire si peu liés que ces Arkoses sont désagrégées et friables. Elles présentent moins qu'aucune autre des minéraux cristallisés \ le calcaire rhomboïdal , l'aiTagonite et la barytiné sont presque les seuls qui s'y rencontrent. Le calcaire est probablement le moyen de la solide réunion des parties de quelques- unes de ces Arkoses. ce rapprochemeat. Il serait importait d'cxamiuer si les schistes impres- sionnés, cités p. 5o9, font partie des terrains It ichtliyolite et à mer- cure, et dans ce cas si les impressions végétales sont des fougères ou d'autres plantes lacustres , ou si elles appartiennent à des fucoidcs ou à des plantes marines , comme dans les schistes de la Hesse. C'est encore un secours eflicace (jue la géologie réclame de la botanique fos- sile» ( 145 ) JDes kaolins impurs, du bitume, des corps orgaiiiseji végétaux à Tétat de lignite , des coquilles qui appartien- nent à des espèces lacustres ou fluviatiles sont les ma- tières minérales et les débris organiques qu'on trouve daiàs cette Arkose. Je ne puis citer qUe deux exemples d'Arkoses de cette division ; il est probable qu'il y en a un bien plus grand nombre qu'on reconnaîtra quand on aura porté son iat- tention Sur ces roches dont l'étude a été négligée parce qu'on les appelait grès , et qu'on croyait en avoir assez dit quand on les avait désignés par ce nom. Le premier exemple de ces Arkoses se trouve en Auvergne -, les lieux où je les ai observées sont situés sur la rive gauche de l'Allier, entre Issoite et Clermont* Les colliries qui bordent cette rivière à 1 ouest ont leur base ou plutôt leur noyau en granité coloré en l'Ouge et peu solide ; elles sont surmontées d'une roche d'agrégation qui est tantôt Un véritable psammite à cause de la quantité de mica qu'il renferme ; ce psammite est ft'iable , et ses masses sont composées de zones alterna^ tîvemcnt rouges, vertes et blanchâtres. Le sommet de ces collines ,composé d'une roche aussi friable, a été sillonné et divisé par les eaux en une multitude de cônes dont les bases se confondent. Cette disposition se voit d'Issoire à Saint-Yvoine en remontant l'Allier ; mais après Coude se présente la colline de Montpeyroux , qui est presque entièrement formée d'une véritable Arkose , rougeâtre , jaunâtre, grisâtre et même brune, composée uniquement de quarz hyalin grisâtre , et de felspath blanchâtre et constituant une roche très - dure, très-solide dont on fait des meules de moulin fort recherchées. VIII. ÎO ( i4G ) ^ La pDshion relative de celte roche depuis Issoire jus- qu'à Clerraout , et dans les environs de celte ville , est généralement la même 5 elle est souvent immédiatement placée sur le granité, et composée non - seulement des mêmes élémens que le granité inférieur, mais ses cou- leurs le rappellent également, car on a dit toutà-l'heure que ce granité élait plutôt rouge que gris. L'Arkose est dans quelques endroits recouverte par une roche calcaire bien diflerente de celle qui recouvre les Arkoses de la première division : ici c'est un calcaire d'eau douce très-bien caractérisé, pétri d'une multitude de coquilles fluviatiles ou lacustres , et de même qu'aux environs d'Avalon les gryphées s'associent aux parties supérieures des Arkoses, de même ici les l^mnées,, bu- limes, planorbes, elc, se voient dans l'intérieur même de cette roche. La position de ces Arkoses , par rapport au granité qui forme la base des terrains volcaniques et des terrains de sédiment de l'Auvergne , se voit d'une manière très- claire au Puy-de-Chatel , au nord de Royat , près de Clermont. L'Arkose à grains assez gros de quarz et de felspath se présente en bancs inclinés, appuyés immé- diatement contre le granité qui forme la masse princi- pale du pelit monticule qu'on nomme le Puy-dc-Chatel. Le granité est divisé par un grand nombre de fissures remplies d'une brèche de fragmens de granité, cimentés par du fer limoneux : les fentes et cavités de cette brèche granitique qui représente une Arkose à gros grains , sont elles-mêmes remplies et tapissées des cristaux de ba- ryte sulfatée , remarquables par leur volume et leur net- teté. La partie supérieure de la masse d' Arkose est péné- ( '47 ) Irëe (le bilume. Ainsi la barytine, minéral qui accom-* pagne si souvent les Arkoses , se représente encore ici avec cette roche qui semble se lier, par celte circon- stance et par sa position immédiate sur le granité , avec les Arkoses de la première division. La barytine , Ig bitume et l'arragonite accompagnent également TArkose dans un lieu plus éloigné de Cler- mont, au Puy-de-Corent. On voit au pied de cette col- line , sur le bord de l'Allier, en allant de la surface à la profondeur, ou de haut en bas , d'abord le calcaire d'eau douce rempli de lymnées et de planorbes^ ensuite FAr- kose , qui est ici très -dense, très- dure, imprégnée de calcaire dans ses parties supérieures, et pénétrée de bitume dans ses parties inférieures : elle est stratifiée, et ren- ferme entre ses couches de l'arragoniie fibreuse. Cette Arkose n'est pas placée ici immédiatement sur le granité, elle repose sur un calcaire compacte, bitumineux, fissuré dans toutes sortes de directions , et dont les fissures sont remplies de bitume , d'arragonite et Je barytine. Je me borne à ces exemples de position de l'Arkose en Auvergne 5 ils suffisent pour faire voir les caractères ou particularités, tirés de sa position sur le granité et de la présence de minéraux cristallisés. L'arragonite et la barytine se montrent dans celte Arkose comme dans celle de la première division 5 mais je ne sache pas qu'on y ait vu de substance métallique autre que du fer oxidé limoneux. Le second exemple est pris dans un pays bien éloigné de celui qu'on vient de citer ; c'est en Bohême , près de Carlsbad , que je crois avoir reconnu une Arkose sem- blable à celle d'Auvergne. Il y a déjà entre les environs ( i48) de Carlsbad et l'Auvergne une grande analogie de coti* stitution géognoslique : c'est de part et d'autre un pla- teau granitique surmonté de roclies trapéenues , ba- saltiques , même laviques , avec des sources minérales chaudes tenant en dissolution une grande quantité de cal- caire. On y voit aussi des kaolins impurs , comme ceux de Souxillange , près d'Issoirc. L'Arkose, ici très-quarzeuse, pourrait êlre nommée grès à gros grains , si elle ne renfermait quelques parties de felspatli , et si la position géognoslique ne décidait à regarder celle roclie comme une Arkose, Elle recouvre, en effet , des collines basses de granité porphyroïde j elle est grise, très-dure , a gros grains de quarz hyalin, môle de grains de felspalh alléré. Elle est en bancs puissans, pénétrant dans les anfractuosilés des vallons granitiques. Ceux de ces bancs qui sont sur la pente des coteaux ont été brisés ^ une partie de leurs débris volumineux sont restés épars sur la crête des collines , comme on peut le remarquer en allant de Carlsbad à Elbogen par la grande route. Une autre partie est tombée jusque dans le fond des vallées et a pénétré dans les dépôts de kaolin qui se montrent quelquefois au pied de ces collines. Cette Arkosé est la moins bien caractérisée de toutes celles qui ont été mentionnées dans cette JN^otice; sans son analogie avec celle de l'Auvergne , on serait tenté de la regarder comme un vrai grès du terrain de sédiment supérieur j et avec d'autant plus de raison qu'elle est accompagnée dans quelques endroits ( au débouché de la vallée de Carlsbad, dans l'Eger, et sur la rive opposée de cette rivière) de fragmens de lignile et de très-bonne argile plastique, que nous avons déjà mentionnés ailleurs. ( i49 ) Art. 3. Détermination de la position geognos tique des Àrkoses. Les Arkoses , par leur position sans intermédiaire sur le granité , démontrée d'une manière évidente par les exemples que je viens de rapporter , et par leur liaison avec cette roche , semblent avoir été formées immédiatement après elle et par conséquent être d'une même époque géoEjnostique que les terrains de trau- mate de la formation de transition , qu'on considère comme la plus ancienne après les terrains primitifs , et comme formant le passage de ceux-ci aux terrains de sé- diment. Mais en comparant les particularités et carac- tères géologiques des deux terrains , considérés isolément et sans égard à leur place dans la série des formations, on remarquera des diflerences nombreuses et fondamen- tales qui pourront nous conduire à des conséquences assez singulières et peut-être inattendues. Le terrain de traumate (ubergange- grauwake) est composé de phyllades paillettes , de poudîngues anagé- niques, de psammite commun et scbistoïde, de schiste argileux , de phtaniies (hieselschiefer), etc. Il offre , par conséquent, un dépôt puissant de roches argiloïdes ou sabletises qui n'ont aucun rapport de nature ni de struc- ture avec le terrain de granité, de gneiss ou de mica- schiste sur lequel on suppose qu'il est placé et d'où semblent être sorties les substances minérales , pierreu- ses et métalliques qui se rencontrent , cristallisées , dans ce terrain sédimenteux. ' Le terrain de traumate est donc composé de matériaux tout-à-fait dilTércns de ceux du terrain granitique sur ( i5o ) lequel on présume qu'il repose : il lire nécessairement son origine d'une autre source et doit avoir été formé de tout autres matériaux qui peuvent même venir de très- loin* Le «terrain de traumalc est stratifié d'une manière assez distincte. Sa stratification est coupée et traversée par des filons ou des .veines qui renferment des minéraux très-variés. On dirait qu'après avoir été déposé il a été brisé et comme fendu par la force ou par la cause qui a introduit ces minéraux d;ms ses fentes et dans ses cavi- tés. Aussi est-ce le terrain des filons réguliers , des amas couchés et des veinules minérales. Les terrains de houille ancienne ou filicifère qui vien- nent ordinairement au-dessus des terrains, de transition calcaire ou de traumate, ont des caractères si connus et si évidemment différens de ceux des Arkoses , que je n'en ferais aucune mention si on n'avait pas trouvé dans ces derniers terrains des débris végétaux qui semblent au J)remier aspect avoir de la ressemblance avec les fou- gères des terrains houillers ] mais un examen scrupuleux, une comparaison attentive de ces empreintes végétales et de celles de houille, a fait voir qu'elles étaient diflerentes, et a montré en même temps de quelle valeur sont les services que la considération des corps organisés fossiles rend à la géologie. Ainsi les Arkoses de la première division , malgré les débris de végétaux monocotylédons qu'elles renferment quelquefois, malgré les petits amas charbonneux qu'elles présentent , n'appartiennent pas à l'époque de la forma- lion des anciennes houilles ; elles ne sont pas plus an- ciennes qu'elles , mais elles ne paraissent pas non plus ( »5i ) èire beaucoup plus nouvelles : elles semblent dans quel- ques cas les avoir suivies presque immédiaiement. La disposition , la nature et Torigine des Arkoses de la première division présentent donc des circonstances lout- à-fail dilférenles de celles que nous venons de rappeler comme propres aux terrains de Iraumatc et aux terrains houillers. 11 n'en est pas de même des Arkoses de la seconde di- vision 5 car on ne peut se refuser à regarder le gravier blanc, qui recouvre à Saint -Etienne le terrain houiller dans quelques points , et notamment dans le lieu où il s'est présenté traversé par nne forêt de tige verticale , et celui qui alterne avec les conclies de ce terrain , comme appartenant, au moins minéralogiquement , aux Arkoses , puisqu'il a la même composition que cette sorte de roche. La stratification des Arkoses est grossière , et quelque- fois on ne peut la reconnaître nettement. Nous avons déjà dit , et les caractères mincralogiques rétablissent d'une manière positive, qu'elles sont composés des mêmes élémens que le granité. L'élément le plus durable , qui est le quarz , est aussi le plus abondant ; rélémeut le plus séparable, le plus susceptible d'être emporté au loin, le mica , ne s'y trouve plus ou y est très -rare; Félément le plus décoraposable , le felspalli y y est souvent à l'étal d'altération , soit en kaolin , soit même en argilolite. C'est aussi un gîie des minéraux acidifères et des mi 3 néraux métalliques, qui se présentent ordinairement en filons dans tome autre roche-, mais ici la mjrtière de ces minéraux était répandue dans la masse même del'Arkose, €l à mesure que celle-ci se solidifiait par dépôt et par ( I52 ) agrégalîon , les mîneraîs dissous se réunissaient en petilâ amas cristallins ou tapissaient de leurs cristaux les ca- vités de l'Arkose. Il n'y a ici que des nodules , des amas, et quelques druses \ on ne voit plus ou presque plus de filons , ni même de veines ou amas-couchés , de quelque étendue. Le chrome des Ecouchets , la pyrite de Hoer , le fer oligiste et les fluorés de Waldshut , la galène du Bley- berg, dans le Palatinat , le cuivre en différens états de Chessy, etc. , sont des exemples frappans de cette dispo- sition-, et lors môme qu'on ne les rapporterait pas tous à la même époque de formation , ils appartiennent tous au terrain d'Arkose , tel que nous venons de le carac- tériser. Ces minéraux et ces minerais semblent être sortis dos terrains que recouvre l'Arkose et dont elle paraît être* elle-même la continuation, car on les suit jusque dans ces rocbes , et soit qu'ils en sortent , soit qu'ils y entrent, ils prouvent toujours ce que nous voulons établir comme un fait assez général _, c'est la continuité de nature et de phénomène qui a eu lieu entre la formation des Arkoses de la première et de la troisième division et celle des granités. Cette continuité est visible et évidente dans quelques lieux ( Avalon , Montjeux près d'Autun , les Ecouchets , Chessy), quelle que soit l'hypothèse qu'on adopte. Telles sont les circonstances caractéristiques de gise- ment des Arkoses, circonstances remarquables par leur généralité, et qui suffiraient seules pour donner de l'in- térêt à l'histoire géognostique de cette roche , lors môme qu on ne pourrait la rapporter avec certitude à aucune ( >53 ) t»poquc gdognosiîquc déterminée , ou lors même qu'on ne la considérerait que comme un membre subordonné d'une grande formation , ou enfin que ne voulant pas la regarder comme un terrain propre , on ne la considé^ rcrait que comme une roche parliculicre , entrant dans la composition de ce que Ton appelle un terrain. Les faits qu'on vient d'exposer montrent que les Ar- Icoses de la première et de la troisième division sont en liaison intime avec le granité, et qu'elles doivent avoir suivi* immédiatement celte roche. Cependant elles n'ap- partiennent pas aux terrains de transition qui sont regai^ dés comme les roches les plus anciennes après les gra- nités ; elles ne possèdent aucun des caractères de ces terrains ; elles paraissent même plus nouvelles que les terrains houillers , par la nature des végétaux fossiles qu'elles renferment et qui n'ont , comme nous l'avons dit , presque rien de commun avec ceux des terrains houillers. •.;;;;::. C'est déjà une disposition géognoslique fort singu- lière, une sorte d'anomalie géologique que (Je voir une roche , d'une époque de formation évidemment diflérente de celle des terrains de transition et des terrains houillers, et très -probablement postérieure à ces terrains , être eu liaison intime avec une autre roche , le granité, qui fait partie d'un terrain généralement regardé comme beaucoup plus ancien, en sorte que ces deux Arkoses offriraient celte singulière contradiction d'êlre, par leur liaison avec le gianite, de la même époque que cette roche , et par con- séquent plus anciennes que les terrains de transition et que les terrains houillers , et cependant plus nouvelles que ceux-ci par les circonstances de leur superpositioa ( »54 ) Cl de la nature des covps organisés fossiles qu'elles ren- ferment. Mais porfr rendre cette singulière conséquence plus évidente , avant de cliercher à se l'expliquer , il faut examiner à quelle époque géognostique ou à quelle for- mation CCS circonstances et ces débris organiques doivent faire rapporter les Arkoses. Trois ordres de faits ou d'observations peuvent nous y conduire. 1^. La nature bien déterminée des terrains qui re- couvrent les Arkoses. 2®. Les espèces de débris organiques qu'elles ren- ferment. , , ,,.„., J{£ 3°. La nature des roclies , des minéraux et des mé- taux qu'on rencontre dans les terrains d'Arkose. Des Arkoses que j'ai décrites comme exemples de la première division , quatre seulement se sont montrées re- couvertes d'une manière évidente , celles d'Aubenas , d'Avalon, de Chessy et de Rcmilly. Dans celle d'Aubenas , c'est un calcaire qui ressemble au calcaire pénéen par sa texture, ses parties métalli- ques et ses ammonites; dans celle d'Avalon , c'est le cal- caire à gryphées arquées ou lias,, et peut-être entre lui et l'Arkose, un calcaire coquillier nommé lumachelle par M. de Bonnard , et qui pourrait bien se rapporter au cal- caire concliilien {Muschelhalk). A Chessy, je n'ai pa^^ vu directement la superposition , mais j'ai vu et recueilli les calcaires et les pétrifications qui entourent le terrain d'arkoscs , et j'ai su que les ingénieurs qui ont étudié ce gîte de minerai considéraient ces calcaires comme lui ( i55 ) ëtant supérieur. C'est encore le lias avec ses ^ryphées ar-* qiiécs , SCS bélcmnites, ses ammonites^ elC' Enfin,, à Remilly on n'admetlait la superposition que par induction de la disposition des roches environnantes ; mnis M. Parolo vient de reconnaître dislinclement que l'Arkose de ce Ireu était directement recouverte par le calcaire à gryphécs. Or, quels terrains trouvons-nous au-dessous du lias et du calcaire conchilien? C'est le grès bigarre , le calcaire pénéen et le schiste bitumineux. Au-dessous viennent les psephites et les houilles filicifères : mais noiis dévoilé nous arrêter ici , puisque tolit porte à croire (jdd leitét- rain d'Arkose est supédeur à la houille. / '^ » - Voilà donc la placd des Arkoses indiquée parcelle pre- nlièrc série d'observations. ta léconde série, celle qui esi relative aux débrî& organiques , n'offre que deux observations , et encore Vnne d'elles est incomplète; maïs celle qui reste en- tière possède à elle seule une très - grande valeur. C'est Tobservalion qui est relative aux empreintes si bien conservées dans l'Arkose de Hoër, qui , déterminées et discutées par M.'Adolplie Brongniart., mbn fils, se rapportent toutes aux débris végétaux trouvés dans le grès bigarré et dans des terrains qui semblent en être une dépendancërLes tigés et empreintes trouvées dans l'Arkose de Blavosy n'ont pu être déterminée^ \ ce qu'on en connaît n'offre rieh qui soit en opposition avec ce que nous ont appris les FSici^es mcniscioides , les nil- sohia , etc. , des Arkoses de Hoer. Ainsi les débris organiques végétaux concourent à ( .56 ) placer les Arkoses dans la formation des grès bigarrés , ou peu avant cette formation. La troisième série de faits qui est relative à la nature des minéraux renfermés dans les Arkoses, n'a pas la même valeur que les précédentes ; mais elle compense , par le nombre et la généralité de ses caractères, ce qui lui manque en valeur. On y trouve généralement des mine- rais métalliques et des minéraux acidifèrcs , disséminés et en petits amas , mais non en filons. Ces minéraux sont les mêmes que ceux qu'on rencontre dans le grès bigarré et dans les schistes bitumineux , roches qui terminent. Tune vers le haut etTaulre vers le bas , la suite de celles qui peuvent renfermer les Arkoses. Si, comme je le pré- sume , les terrains hydrargyrifères du Mont -Tonnerre se rapportent à la formation des Arkoses , les poissons qui s'y trouvent , en les éloignant des psammites houil- îers , les rapprochent des schistes cuivreux à ichthyo- liles du pays de Mansfeld , et les placent , soit dans ce terrain, soit entre lui et le grès bigarré. La baryline qu'on trouve dans ce grès en Alsace , en Lorraine, en Souabe , el,c. j le plomb carbonate qu'on connaît dans celui du pays de Bade , du duché de Wurizbourg , etc. 5 les empreintes de calamité et de fougères, accompagnées de quelques lits charbonneux qu'on cite dans ce terrain^ dans les Vosges , près de Bàle , de Tubingen , etc., éta- blissent de nombreuses ressemblances géognostiques entre les Ai^oscs et les roclies qui s'étendent du grès bicarré au schiste bitumineux. Cette troisième série de faits concourt donc avec les^ deux autres à assigner la place des Arkosesdans les ter- rains de sédiment inférieur, depuis le grès bigarré jus- qu'au schiste bitumineux. ( »57 ) Mais les observations relatives aux rapports des ter- rains d' Arkose avec les terrains inférieurs , montrent sa liaison intime avec le granité. Nous Tavons vue à la montagne de Monijeu près d'Autun , à Avalon , où M. de Bonnard Ta fait remarquer d*une manière expli- cite (i). M. Vohz, qui appelle celte roche grès ^os~ gîen , la compare à du granité broyé (2). Si donc sa formation avait suivi sans interruption celle du granité , (1) Afém. citét p. 44? et 475. . (a) Car nous regardons le grès vosgien de cet iugéuîeur des mines comme appartenant aux Arkoses ; il en a la position, puisquMl est sur le granité , les caractères minéralogîques, puisqu'il est composé de quarz et de fclspath , et le caractère géognostiquc , puisquMl renferme la bary- tiue, substance miuérale qui accompagne presque toujours les Arko- ses. Il le place , il est vrai , beaucoup au-dessous du grès bigarré, dont il le sépare et le distingue; mais le caractère des Arkoses semble être précisément d^appartenir à différentes époques de formation par ses di- verses parties , au granité qu^elle recouvre parla partie inférieure de ses masses, et au terrain qui la recouvre immédiatement par la partie supérieure , de remplir pour ainsi dire en partie ou en totalité l'espace compris entre le granité et le grès bigarré, et de remplacer, suivtmt les lieux , soit toutes les roches, soit une partie seulement de celles qui se montrent dans cet espace. M. Voltz , dans une lettre à M. de Bonnard du 3 mai 1825, confirme ces rapprochemens d'une manière très-précise. « Le passage insensible ■» du granité aux roches aréuacées, dit-il, est un phénomène qui m'a » frappé et qui fait voir que la formation des Arkoses a eu lieu dans » des circonstances analogues , sous bien des rapports , à celle du grès » vosgien. » Il dit plus loin : « A Hargarten , le grès bigarré passe insensiblement au grès vosgîcn , » et le terrain saUfere manque... Quant au grès vosgien , il se poui'ruit > qu'il fût l'équivalent du calcaire pénécn {zechstein) Ou le système in- » férieur du grès bigarré , système qui difiere sous tous les rapports du » système supérieur du grès bigarre. » ( .58) comme une écume surnage une matière fondue ^ OU comme une eau^mère trouble , môle ses dépôts et ses cristaux impurs avec la surface de la masse crystalline qu'elle a produite , ne pourrait-on |>as , ne devrait-on pas même en tirer la conséquence que la formation du granité , ou au moins de ces granités , n'est pas très- éloignéc de l'époque de la formation des grès bigarrés 5 et l'autre consér[uence encore plus singulière que la formation de ces granités est postérieure aux terrains de transition, et peut-être même au terrain houiller. Voyons si d'autres observations ne conduisent pas au même résultat par une autre route. En examinant quels sont les terrains qui se sonl montrés sur le granité , dans les cas peu nombreux il est vrai , où on a vu celte roclie immédiatement et clai- rement recouverte , on remarque que c'est presque tou- jours des terrains de sédiment inférieurs , même des terrains encore plus nouveaux , et qu'il est rare au con- traire qu'on puisse prouver que le granité ait été claire- ment reconnu immédiatement sous les terrains de tran- sition , et même sous les terrains houillers (i). Ainsi , dans les exemples que j'ai décrits dans ce Mé- moire , et qui ont montré le granité recouvert d'une manière distincte , ce ne sont pas des terrains de transi- lion qu'on trouve appliqués sur cette roche , mais de» terrains beaucoup plus nouveaux. Près d'Alençon où le granité se voit réellement el (1) On ne cite d'ex«coples de superposiliop immédiate de la houill* ««r le giiinite ou sur les roches de cette même formation , que dans W centre de la France , principalement dans la partie racridionale du ba&- «in bouillcr de Saitit-Étieuoe. ( '%) îiiunédialcinent plac<$ sous un terrain de sëdîmenl , c'est ic calcaire jurassique, ou au moins un calcaire oolitique qui le recouvre , et par conséquent un terrain encore plus nouveau que ceux que j'ai cités plus haut (i). En parcourant la description des diflerens pays qui ptésenlent soildes granités, soit des terrains de transition, on ne voit presque jamais les premiers recouverts par les seconds , ni ceux-ci placés clairement sur le granité. Les coupes de TAngleterre où ces deux sortes de terrains se montrent fréquemment , les présenlent toujours séparés Tun de l'autre par des schistes et d'autres roches, et alors la trace des superpositions certaines est perdue , surtout quand il s'agit de terrains non stratifiés ou de stratification très-inclinée et très-dérangée. On pourrait donc présumer que certains granités sont postérieurs , non-seulement aux terrains de transition , mais encore en partie à quelques terrains houillers et d'une époque de formation de très-peu antérieure à celle des calcaires pénéen, du grès bigarré et du lias. Si on n'a observé que rarement et peut-elro jamais claire- ment , c'est-à-dire d'une manière immédiate , celle super- position , cela tient aux causes même de la formation qui ont du apporter dans le point de contact des pertur- bations, des amas de débris qui le cachent, et qu'aucun intérêt n'a porté à percer. Au reste la première opinion est admise pour la Norwcge, la Saxe, etc., par les géo- gnostes les plus distingués ; et M- Marzari l'a rendue cé- lèbre par les observations qu'il a faites dans la vallée de (i) M. Hérault a reconnu et déorit celle curieuse tlisposilion , que \\i eu occasion de voir aus«i sur les lieux. ( i6o ) TA Visio , eu ïyrol, sur ce qu il appelle le granité tef*- tîaive. Les progrès Je la science géologique doivent avoir pour résultat de multiplier les distinctions et les divi- sions en faisant reconnaître des différences outre des phénomènes qui étaient confondus. Il faut maintenant admettre que le mol d'époque géognostique doit avoir une acception bien différente , suivant le mode de formation du terrain auquel oti l'applique ; ainsi , lors- qu'il s'agit d'un terrain précipité par voie chimique ou par voie mécanique du liquide qui le tenait en dis- solution ou en suspension , l'époque de l'apparition de ce terrain à la surface du globe est la même que son époque de formation ; et ce terrain est entièrement su-* périeur et complètement postérieur à ceux qu'il recouvre. Mais s'il s'agit d'un terrain qui soit sorti à l'état liquide ou pâteux de l'intérieur de la terre pour s'épan- cher à sa surface , son époque de formation dans la source d'où il vient , ou plutôt celle de cette source , est très-différente de son époque d'apparition par expan- sion à la surface de la terre. Celte dernière époque est déterminée par les espèces de corps minéraux qui com- posaient la surface du globe au moment de son épan- chement et par l'existence des corps organisés qui l'habitaient. Ces corps spécifient les époques de forma- tion ou cl'apparition de ces roches , comme les différens monumens historiques, enfouis sDus les laves du Vésuve, spécifient l'origine ou Tàge de ces laves , quoiqu'elles partent peut-être toutes d'une môme jsource intérieure. Or, il est présumable que la plupart des roches dures , cristallisées, non stratifiées , sont sorties de 1 i»* ( ,6i ) l^rlcur de la terre pour s'épancher à sa surface à dif- férentes époques , et qu'elles ont recouvert ou des roches de même nature , ou des roches généralement moins du- res, non cristallisées , déposées par sédiment et renfer- mant des débris de corps organisés, vivant soit dans les milieux qui tenaient en suspension les matériaux de ces roches , soit sur les terres qui formaient les parties «èches du globe vers la même époque. C'est donc par l'examen des roches de sédiment , pla- cées sous le granile et des débris organiques qu'elles contiennent, qu'on pourra déterminer , non pas l'époque de formation du granité, mais son époque d'apparition par expansion. Or , comme le granile , en sortant ainsi pour se répandre sur divers terrains , a dû briser et soulever ces terrains , et a pu également se solidifier au-dessous d'eux, il est tout simple qu'on le trouve sous ces terrains aussi bien que sur eux \ et comme il est possible , quoique beaucoup moins présumable , qu'il soit sorti de l'intérieur de la terre _, à dHïérentes épo- ques , pour s'épancher à sa surface , il est également possible qu'on le trouve, suivant les lieux et les temps, tantôt inférieur et tantôt supérieur à la même roche; mais la roche qui lui sera constamment supérieure, fait négatif difficile à établir, ou qui sera intimement liée à sa surface ou à Tune de ses dépendances , observation plus positive et plus facile à faire , sera celle qui in- diquera l'époque la plus récente des phénomènes de l'expansion de ces granités à la surface de la terre. Pour en revenir aux Arkoses , objet principal de cette Notice , il me semble que ces roches peuvent nous Servir de chronomètre géologique pour déterminer une des VIII. 1 1 ( i6a) apparitions du granité à la surface de la terre , si toute- fois il y en a eu plusieurs. Elles sont si intimement liées avec cette roche , qu'on ne peut supposer un long intervalle ni une grande dif- férence de phénomènes entre la crislallisaiion complète du granité et la demi-cristallisation des Arkoses compo- sées des mêmes élémens que lui. D\ine autre part , les Arkoses sont liées avec le grès bigarré \ elles en renferment les débris organiques ; elles renferment également les débris organiques du lias : elles se sont donc formées à la surface du globe à l'é- poque où ces roches et ces êtres couvraient plusieurs parties de cette surface. Or , si les faits exposés dans cette Notice sont aussi exacts et aussi généraux que nous le supposons , si les premières conséquences que nous en avons tirées sont vraies , les Arkoses nous apprendront qu'une apparition du granité , et peut-être la dernière , a eu lieu à la sur- face de la terre à l'époque du grès bigarré 5 et pour conclusion assez remarquable , que certains granités sont , pour parler la langue des géognostes , de la for- mation des grès bigarrés. EXPLICATION DE LA. PLANCHE XXV. fig. I . Coupe du terrain d'Arkose de Remilly, entre Dijon et Vitteatre , par M. Pareto. y^y vallon du ruisseau de la Belle-Fontaine ; ^ , granité ; B , Arkosc; m, marnes argileuses , et c, lits de calcaire compacte ; C, cal- caire à gryphées arquées ; M , marnes } Z>, calcaire blanc juras- sique ; R , village de Remilly ; T, télégraphe. Fig. a. Rapports deg Arkoses , du psammitc et du calcaire, route d« Merciicr à Aubenas. ( i63 ) ^, terrain (l 'A rkose; a y Uu argileux vcrdatres et rosatres; bj Arkose commune et granitoïde ; c, psammite sableux micacé , fissile ; d, Ar- kose granitoïde ; e , Arkose miliaire ; B , calcaire sublamellaire jaunâtre ; C , brèche calcarëo-quarzeuse ; D , calcaires compactes divers. Fig. 3. Colline au S.-O. du village de Mercuer. D y calcaire compacte gris de fumée métallifère ; a , pont sur le vallon de séparation des deux collines ; C , fond du vallon dont les deux rives sont formées de granité vers le bas, et d'Arkose vers le haut ; yi , granité ; B , terrain d'Arkoses et de psammites ; h , route de Mercuer àAubenas. Considérations générales sur le genre Veronica , et sur quelques genres des familles ou sections voisines ; Par M. AuG. Duvau. La liuitiènie classe du Gênera plantamm^ bien liée par plusieurs caractères généraux , se compose de fa- milles qui sont également plus ou moins liées entre elles. Aussi M. Browu , M. Decandolle (dans son ordre in- verse) et M. Kunth ont fait peu de changemens dans la série de M. de Jussieu. Malgré les travaux de ces illustres auteurs, il reste encore beaucoup à faire dans cette classe; c'est comn^e une vaste carrière à l'exploitation de la- quelle peuvent être admis même les ouvriers d'un ordre inférieur. J'ai donc cru pouvoir y prendre part. Les ma- nœuvres de la science recueillent des faits : les m{iitres établissent les principes. Le genre Veronica , dont j'ai depuis quelque temps fait une étude plus spéciale , est déjà assez nombreux en espèces et assez varié dans ses formes pour occuper pen- ( ,64 ) daiit des années un modeste amateur. J'avais donc cru pouvoir me renfermer dans ce petit domaine ; mais les études comparatives ont , depuis un quart de siècle , fi en dessous dans le Melampyrum , il est tou- jours intimement soudé avec le péricarpe. Enfin je pense qu'on pourrait accoler à ce groupe les espèces de C^eZo/ie conservées sous ce nom, et distin- guées du Pentstemon par les poils qui garnissent le haut de l'étamine stérile , par le disque , très-semblable à ce- lui des Euphrasia et Pedicularis , mais surtout par les (i) Je Tai depuis observé dans le Bartsia viscosa ^ les Rhinanthus glabra et hirsuta et quelques Mélarupyres et Pédiculaires que j'ai p\i examiner. C'est probablement un caractère du groupe des Rliinanlhces : je Tai trouvé aussi dans quelques Orobanclies, J ( ï8a ) graines rondes , concaves , embrîquées et ascendantes; D'ailleurs placé ici , ce genre lié aux Rhinanihées d'un côté , et de l'autre aux Digitales , voisines des Scrophu- laires , formerait un passage aux Bignoniées dont il fai- sait partie. J'ai un peu étudié le Halleria (sur le H. lucida) , mais j'éprouve quelque embarras pour lui trouver une place parmi les genres que j'ai examinés. Sa capsule ronde , et dans laquelle les valves sont à peine indiquées, un disque très-peu marqué , un placenta très-épais rem- plissant la plus grande partie des loges , des graines apla- ties , occupant toute la surface de ce placenta , enfin un^ calice monosépale , à trois lobes inégaux , couvrant irré- gulièrement la base de la capsule. — Tous ces caractères rendent sa place très-difficile à assigner parmi les genres nommés ci-dessus. Sa corolle seule le rapproche un peu du Chelone , et la disposition de ses graines de l' Uste- fia» Je ne connais pas sa déhiscence. Dans tous les genres que je viens de passer en revue , excepté le Veronica et le Sibthorpia , les nervures de la corolle sont plus ou moins anastomosées sous le^ échancrures , et , en général , terminées sur le limbe par des ramifications très-compliquées. Il est impossible de ne pas reconnaître leur parfaite analogie dans les groupes naturels , par exemple dans les Rhinanthées , en y com- prenant le Bartsia. Elles occupent Taxe de la division. Toutefois je n'ose présenter celte disposition comme une règle absolue. J'ai observé dans le Dodartia orientalis et V Antirihinum an- gustifolium une modification , qui est peut-être une ano- malie , et ce dernier genre peut , ainsi que plusieurs au- (i63) très , en présenter de très-ttiarquées dans les espèces, qUe je n'ai pas assez examinées. Le rapprochement ingénieux , établi par Linné entre le règne Tégétal et une carte géographique, a donné lieu k plusieurs développemens de là part des naturalistes fran- çais et étrangers. On sent que rexécûlion dans son enseiti- ble est impossible. La valeur absolue des difîérens organes est loin d'être établie d'une manière précise , et preéqUe tous ont plus ou moins d'importance selon les familles. L'idée de M. Adrien de Jussieu de comparer les rap- ports des êtres organisés aux corps répandus partout dans l'espace , est beaucoup plus juste j Mais elle n'e^t pas plus exécutable , et lui-même a cru devoir tracer, pour les Rutacées , une carte d'affinités. Pour faciliter l'intelligence et augmenter l'utilité des tableaux de ce genre, j'ai pensé qu'on pourrait indiquer les différens rapports par des chiffres correspondant aux diVers organes , et placés sur les lignes qui réuniraient les genres. Ainsi , pour les familles que J'ai parcourues y je désignerais les principaux caractères ainsi qu'il suit : 1 calice , 2 corolle , 3 étamines , 4' disque , 5 pistil , G capsule, 7 déhiscence, 8 placenta, 9 graines, 10 fa- ciès général. Je ferai l'application de ce procédé à detix genres seulement. Sur la ligne tirée entre le Pentste- mon et le Digitalis , j'écris les chiffres 2 , 4 ? ^ ? 7> 8> () , I o , et sur celle qui lie le Pentstemon au Ghelone 2,3, 4> 5,6, 7, 10. Le Bartsid. tient aux Pedicutaris et Rhinanthus par les numéros r, 2 , 3 , 4 ? ^ > *9 > ^* au Manulca par les numéros 6, 8, 9. Chaque auteur de monographies de genres ou de familles établirait la série de caractères selon leur importance relative. ( 184 ) Tai passé sous silence un grand nombre de genres^ que je n'ai pas encore eu occasion d'analyser, et qui rentrent dans les différens groupes que j'ai proposés. J'espère pouvoir me livrer plus tard à cet examen , étur dier aussi un plus grand nombre d'espèces de ceux dont j'ai parlé , et donner un travail moins imparfait. Je n'offre celui-ci , et surtout la seconije partie , que comme une esquisse ou comme une suite d'études , et personne ne sentira miçux que mpi ses imperfections. Cet aveu me fera peut-^tre trouver grâce aux yeux de la critiquie : i} est toujours louable , et souvent utile de. çonyenir de, sçs torts ou de son insuffisance. EXPLICATION DES PLANCHES. jpianchç xxY^. ^ Fig. I. Veronica elaticr, H. P. Ovaire , ovules et disque. Fig. a. V.formosaf R. Br, Graine avec embryon, Fig. 3. f^. sihiricas a, graine vue par dessous; b, la môme vue de côté; c, radicule sor- tant au-dessus du hile j d^ graine avec l'embryon j e, embryon isolé. Fig. 4. ^, perfoliata , R. Br. a , capsule avec calice et bractée ; b , capsule oârant la double déhis^ cence et le placenta libre. ( Les graines sont tombées : il ne reste plus que les podospermes) ; c , graine vue par dessus (de forme va- riable , quelquefois échancrée au sommet , portant souvent au mi- lieu plusieurs membranes moins saillantes) ; 86) Fig. 5. Bartsia viscosa. a , capsule vue de face ; b , disque ; c , base du calice ; d ^ capsule vue de côté ; e , reste du pistil ;/, stigmate vu de face ; g , capsule avec coupe verticale d'une loge : h , coupe horizontale ; i , graine vue par dessous ; A , la même , vue de côté j /, anthères vues par devant. Fig. 6. JVemesiaJœtens. a , capsule jeune ; h , disque ; c , capsule plus avancée ; d , disque obli- téré yf, capsule avec deux des sépales : déhiscence septicide ; g, pla- centa garni des podospermes seulement;^, graine bordée d'une membrane très-transparente ; t, embryon; A, même graine consi- dérablement grossie. Quelques Obsers>ations sur les Trilohites et leurs gisemens ; Par le comte G. de Rasoumowsky, Membre de plusieurs Académies et Sociétés savantes. J'avais lu avec le vif intérêt que doit inspirer tout ce qui sort de la plume de ce savant célèbre , le travail sur les Trilobites de M. Brongniart , et cherchant à raflger lé petl qui s'en trouve dans ma collection , d'après son système de classification de ces pétrifications , j'éprouvai une grande surprise en m'apercevant qu'il ne les avait pas tous connus , et que les notions qu'il avait pu se procurer sur leurs gisemens n'étaient pas toujours de la plus parfaite exactitude , comme il paraît le soupçonner lui-même dans plusieurs endroits , où il ne parle dans ses descriptions qu'avec la réserve qui caractérise tou- jours la bonne foi et la modestie ; c'est ce qtiî m'a en- gagé à composer cet écrit , et à décrire quelques - uns ^es Trilobites les plus remarquables qui se trouvent en ma possession. ( t87 ) Trilobite de Tzaksko-Sélo aux environs de Pétera- bourg , qui semble devoir se rapporter au genre Caly- xnène(i), si un des caractères invariables de celui-ci est la bifurcation des arcs-costauy , des lobes latéraux *, mais il semble constituer une espèce très-différente des autres Calymènes décrits , et comme il est fort bien conservé , il est facile d'en reconnaître tous les caractères en jetant les yeux sur le dessin , aussi bien fait qu'il peut l'être par un dessinateur étranger à l'histoire naturelle , que je joins à cette note (pi. 28 , fig. i) 5 il offre l'animal dans toute sa longueur et avec toutes ses dimensions , étendu sur la pierre. On voit d'abord que la partie antérieure du bou- clier ou chaperon est nettement tranchée , et ne fait point voir de rebord ou de lèvre comme dans les autres Trilobites. Ce bouclier est d'ailleurs tout d'une pièce , et ne paraît pas sensiblement trilobé ; il y a une espèce de ride en arc de cercle , dont l'intérieur de la courbure regarde en haut entre les deux tubercules oculaires cylin- driques un peu inclinés comme des oreilles , une autre ride plus longue et plus profonde sous la précédente et sous les deux tubercules , et un tout petit tubercule ou bouton au milieu de la partie inférieure du bouclier. Les trois lobes du corps de l'animal sont assez prononcés , mais moins que dans les autres Trilobites , et ne com- mencent seulement à être sensibles qu'au second anneau du corps , le premier étant entier j le lobe du milieu est le plus étroit , et les deux latéraux ont environ deux (0 La forme da post-abdomen parait cependant ranger cette espèce, ainsi que celle que M. Rasoumowsky décrit sous le nom de Trilobite a rebord , dans le genre Asaphe et non dans le genre Calymène, R. ( «88 ) fois sa largeur. Mais ce qui dislingue surtout cette es- pèce , c'est la forme de son post-abdomen , dont le lobe moyen prend tout-à-coup une épaisseur du double moin- dre que le dos , et va toujours en s amincissant jusqu'à son extrémité , où il finit tout-à-fait en pointe , et dont les anneaux ou articles au nombre de huit à dix ( les derniers sont effacés ) , se terminent à leurs bords en formes d'épines , ce qui lui donne parfaitement l'ap- parence d'une queue écailleuse. Quant aux lobes laté- raux du post-abdomeix , dont l'un est ericore recouvert d^une croûte pierreuse , et dont un seul se présente à nu , on peut les considérer comme unis et non articulés ou doués d'arcs -costaux , car à peine en offrent-ils des vçstiges en les examinant de près , et ils font voir un cer-: tain luisant comme tout l'animal , et une couleur fauve tirant sur le brun , tandis que sa matrice est grise. C'est évidemment le même Trilobite replié sur lui- même , que font voir les fi g. 2 et 3 : la forme du bouclier avec ses rides , le renflement du lobe moyen du corps ^ la plus grande largeur des lobes latéraux , la forme du lobe moyen du post-abdomen dont les anneaux sont épointés sur les bords , et la nudité des lobes latéraux de cette partie qui font à peine apercevoir quelques traces d'articulations , ne laissent aucun doute à cet égard ; la seule différence est , que les tubercules oculaires sont coniques , se terminent en poi^tç , et soûl composés euxr mêmes de deux anneaux très-distincls. La figure 2 le re- présente du côté de la tête ou du bouclier, et la fîg. 3 , du côté du post-abdomen avec le dernier anneau de l'ab- domen , et cette figure offre deux particularités re- marquables , et bien propres , ce me semble , à jelet ( ï89 ) - quelque cloute sur ropinion qui veut que cette singulière pélriCcation soit celle d^ espèces inconnues de crustacés ; on voit en a que la tête et Textrémité du corps rappro- chées mais non jointes, laissent entre elles une ouverture ou un bâillement rempli de la maiière pierreuse , de la matière de ce Trilobite , bâillement qui donne Toccasioa de reconnaître clairement que le test de cet animal était extrêmement mince , et ne formait par conséquent point, à l'époque de sa contraction _, un corps crustacé cylin- drique ou renflé , renfermant les viscères et les parties intérieures de Fanimal , comme cela a lieu pour les crustacés incontestables. On reconnaît la même chose en h, où un morceau d'un des lobes latéraux du post- abdomen a été enlevé accidentellement , et ce qui est re- marquable , c'est que sous cette portion enlevée , la pierre qui remplit l'intérieur de cette pétrification fait voir des empreintes de stries concentriques semblables à celles de certaines coquilles. Cet individu qui , s'il était étendu , serait à-peu-près de moitié plus petit que le précédent , est des environs de Pétersbourg , qui tous jusqu'aux lacs Ladoga et Onega, appartiennent aux mêmes formations dont nous parlerons bientôt plus am- plement. Il est à remarquer au reste que cette espèce , je crois même ce genre, dont le post-abdomen ou la queue ne présente jamais des articulations bien sensibles sur* tout sur les arcs-costaux , ou le plus souvent n'en pré^ sente point du tout , est le plus commun dans le nord de la Russie : la plupart des Trilobites de Tzarsko-Sélo , Pavlovsk, Himalasara, Nikolik, etc., lui appartiennent. Il y en a de diverses grandeurs , depuis celle que j'ai figurée , jusqu'à celle d'une petite noix. (19») Un individu très-intéressant par sa conservation , se rapporte assez évidemment au Calymène de Blumenbach, pi. I , fig. I , C. de Thist. nat. des Trilobites : c'est une variété de celle représentée sur cette planche , qui en diffère, parce que les tubercules oculaires sont peu saillans , et que l'on ne voit point sur son corps les petits tubercules arrondis dont parle M. Brongniart; le cha- peron ou bouclier seul en fait voir, mais si fins , qu'il parait comme chagriné, que je ne les aperçus pas d'a- bord , et qu'on les dislingue à peine avec le secours d'une loupe. Je donne aussi , à cause de ces différences , le dessin fig. 4 de cet animal. Cet individu est de la mon- tagne dePodol près de Prague, que j'ai visitée moi-même, et d'où j'ai rapporté plusieurs morceaux dignes d'atten- tion. Un Trilobite de Tzarsko-Sélo près de Pétersbourg , est assez petit, comme on le voit parla fig. 5 qui le donne de grandeur naturelle , mais tellement endom- magé , qu'il est difficile d'en déterminer l'espèce , seu- lement la bifurcation des arcs costaux doit faire pré- sumer qu'il se rapporte au genre Calymène. Ce qui doit attirer l'attention sur cet individu , c'est qu'il est replié en dedans , mais seulement en partie , et cela dans sa partie supérieure , comme forcément par le poids de couches qui l'enveloppaient , ce qui semblerait prouver qu'il n'était plus en vie lorsqu'il a été saisi par elles , car s'il avait été vivant , il aurait sans doute usé de la faculté que M. Brongniart accorde , ce me semble avec raison, aux Calymènes, de pouvoir entièrement se replier sur eux-mêmes à-peu-près en boule. Mais un accident que j'ai fait représenter fig. 6 est encore bien plus re- ( 191 ) - marquablc » parce qu'il semble venir à Tappui de Tob* servaiion que j'ai faite en décrivant le Trilobite fîg. a des environs de Pétersbourg comme celui-ci. Celui dont je parle ici ayant été détaché de sa matrice par un accident aussi rare qu'heureux , on distingue en a , en dedans du bouclier ou chaperon , un corps plus épais que le test , faiblement échancré à sa partie antérieure, et fortement à sa partie postérieure , dont la fonction semble avoir été celle d'une charnière qui fermait peut- être la coquille, si c'en était une, lorsque l'animal se re- pliait tout-à-fait , et que la tête et la queue , si dès- lors il est permis de se servir de ces expressions , se joi- gnaient entièrement. Ce morceau est de Tzarsko-Sélo près de Pétersbourg. Parmi le grand nombre de pierres à bâtir que l'on apporte à Pétersbourg de Poutilova près du lac Ladoga , j'ai découvert une pétrification singulière que j'ai cru devoir ranger parmi les Trilobites , parce qu'elle pré- sente comme ceux-ci une division en trois lobes par deux sillons longitudinaux , mais peu profonds , de manière qu'en général les trois lobes sont peu saillans et peu prononcés -, les articulations et les arcs costaux sont peu ou point sensibles , et lorsque la pétrification e^t lâen conservée, elle est toujours douée d'un rebord plat , qui règne certainement tout autour du test , et lui donne l'air d'une assiette ou plutôt d'un plat à barbe : c'est ce que fait très-bien voir la fig. 7 de grandeur na- turelle absolument dénuée d'articulations , ainsi que le morceau fig. 8 , faisant voir plusieurs fragmens doués de ce retord 5 mais un autre exemplaire fig. 9 , que je dqis à M. Hauenschild , actuellement eonsul général ( '92 ) d'Autriche à Corfou , qui l'a trouvé à Nikolsk en Russie? , a perdu son rebord plat , et oflre des vestiges encore assez marqués d'articujations sur une partie dé la lon- gueur du lobe du milieu 5 les latéraux en montrent à peine. Cette conformation singulière et si cpnstante dans ce genre, dont malheureusement je n'ai jamais rencontré que des fragmens offrant le post-abdomen , m'a engagé à lui imposer le nom de Trilohites à rebord, Trilo^ hites marginatus. L'on voit par la différence des dimen- sions des individus dont je donne les dessins , qu'il en est de diverses grandeurs, ce qui provient peut-être de ce que les uns étaient adultes ou vieux à l'époque où ils ont été enfouis , et que les espèces en ont été détruites , et les autres encore jeunes. Je ne sais si ce n'est pas cette même pétrification décrite par M. Brongniart sous le nom d'Agnoste (i) , et figurée fig. 5 de sa 4*^ planche, avec laquelle elle a d'ailleurs peu de ressemblance , et que je n'ai jamais vue aussi petite , celle de ma fig. 7 étant la plus petite de cette espèce qui soit parvenue à ma connaissance. M. Brongniart dit que son Paradoxide de Tessin ac- quiert de très-grandes dimensions , et qu'on ne l'a trouvé qu'en Westrogothie , dans un schiste appartenant aux formations de transitions. J'ai le bonheur d'en posséder moi-même un semblable , mais je possède aussi un in- dividu et malheureusement seulement le bouclier fig. 10, qui par le défaut d'yeux , et la forme de ce bouclier , (1) Le genre Agnoste de M. Brongniart est un animal complet, très- différent de celui que décrit ici M. le comte Rasoumowsky, qui ne lemble pas différer du post-abdomen dçs Asaphess K, ( '93 ) semble devoir appaileiiir aussi à ce [iiiciuc: ^^ciiie ; mais j'ai lieu de le croire à une nouvelle c«ipèce beaucoup plus petite que celle de Tessin. Il vient des environs (Iti Moscou , des bords de la Yaousa , et hi*a été donné par M. Hauenscbild, qui a résidé pendant quatorze ans en Russie : la figure en donnera une meilleure idée qu'une description , d'autant plus que ce morceau paraît avoir été un peu endommagé. Enfin j'ai en ma possession un autre morceau singu- lier et très-digne d'attention , c'est un scliisle argileux noir et grossier, semblable à celui dans lequel, dans ma collection , on voit un beau Paradoxide de Tessin , et sans doute du même pays , qui renferme une pétrifica- tion très- extraordinaire , fig. ii , à laquelle il n'est pas aisé d'assigner sa véritable place. Cependant , vu la division assez prononcée de son corps en trois parties longitudinales ou lobes , il semblé qu'on doit la ran- ger parmi les Trilobites. Ce n'est malheureusement qu'un fragment , et encore une portion de la partie in- férieure de l'animal _, ou son post-abflomen , mais qui néanmoins offre des caractères si particuliers , que l'on ne peut s'empècber de le rapporter à une espèce dis- tincte , ou morne à un nouveau genre. Il paraît que l'a- nimal entier était fort grand. Le peu qu'il en reste pré- sente , tomme on lé voit , le lobe du milieu fort étroit j allongé, renflé sur la plus grande partie de sa longueur qui fait voir cinq articulations, mais pas tout-à-fait sur le milieu de cette longueur ^ ce lobe s'aplatit un peu tout à l'cntour de la partie renflée , et davantage et avec plus de largeur autour de ce' premier aplatissement , el se termine par une espèce <îé tubercule : les lobes lai^^ Vin. i3 ( >94 ) TAUX $« composent d'arcs -cosiaiix (si on petit encore leur conserver ce nom) qui s'étendent à-peu-près eu forme de S , et sont presque trois fois plus grands que la portion du lobe moyen que Ton voit ici ; quoiqu'ils soient endommagés , et pas entiers d'un côté , et que de l'autre une partie de leur longueur manque tout-à-fait , on peut facilement reconnaître les circonstances que nous avons décrites ; et ce qui est très-singulier et parti- culier à ce Trilobite , c'est que de l'extrémité du lobe moyen il part un très -long filet aussi parallèle aux arcs -costaux (si, comme je l'ai déjà dit, il est permis de les nommer ainsi en parlant de la singulière pétri- fication que je décris en ce moment) qui en sont le pins près. Je ne répéterai point ici les nombreuses conjectures et hypothèses auxquelles les Trilobites ont donné lieu ; celle de M. Brongniart , et autres savans avant lui qui les rangent parmi les Crustacés proprement dits , serait celle qui me plairait le mieux , si je pouvais l'accorder avec quelques circonstances rapportées ci-dessus , et la considération très-majeure sans doute , qu'ils ne se ren- contrent , à ce que je sache , jamais en compagnie avec d'autres Crustacés , mais presque toujours avec des pé- trifications qui appartiennent aux Testacés marins , comme Orthocératites , Lythuites , Bélemnites , Cornes- d'Ammon , au lieu que les Crustacés . comme on le voit à Pappenheim , à Solenhofen et ailleurs , se trouvent toujours avec des restes de Crustacés et de pdissons qui ont vécu jadis ensemble à la même époque et dans les mêmes eaux. D'un autre côté, je ne puis cependant me dissimuler que plusieurs Trilobites à longs prolonge- ( »9^ ) mens qui ressemblent phiiAt à des pieds ou à des na- geoires qu*à des arcs -costaux , comme la plupart des Paradoxides de M. Brongniarl , semblent se refuser à ridée de la ressemblance avec un Testacé. Les divers gisemens des Trilobites ne me semblent pas non plus pouvoir être déterminés avec quelque précision. M. Brongniart paraît admettre que les Trilobites aveu- gles ne se trouvent que dans de très -anciennes forma- lions , dans des schistes et des calcaires de transition ; mais nous avons donné la description et la figure (fig. lo) d'un Trilobite des bords de la Yaousa près de Moscou , qui n'appartfcnt certainement pas aux formations de transition , ce qui me donne lieu de croire que de nou - velles recherches et de nouvelles observations prouveront qu'il n'est pas strictement vrai qu'en France , en Angle- terre , en Russie , il n existe point de Tr^ilobites entiè- rement prisfés dyeux , comme le dit le savant auteur que je viens de citer. Il dit aussi que le Calymène de Blu- menbach ne s'est point encore trouvé dans les formations de transition , telles que les schistes et les calcaires , et il ne cite dans celles du mont Calvarius que l'Asaphe cor- nigère. Je ne connais point ce mont Calvarius , mais Irès-bicn le mont Podol , à une petite lieue de Prague , qui est bien plus renommé dans le pays pour ses Trilo- bites , que j'ai visité moi-même avec soin , et qui est re- marquable à nombre d'égards , et entre autres par les énormes boules de schiste qu'il renferme. Personne ne contestera jamais , je pense , que le mont Podol tout en- tier n'appartienne aux formations de transition : ce n'est point icji le lieu de donner une description détaillée de celte intéressante montagne et des terrains du territoire ( >9(i.) de Prague avec lesquels il est eu conuexiou intime , et que j'ai étudié durant un an de séjour dans cette ville *, je dirai seulement en peu de mots qu'elle est composée découches ou de bancs de pierre calcaire compacte et de schiste noir; que cette pierre calcaire renferme assez fré- quemment des fragmens de Trilohiles sur lesquels il n'est pas toujours aisé de prononcer, et plus rarement des Trilohiles entiers. Comme je n'ai sous les yeux (à cause des diverses conlrariélés qui m'ont empêché long-temps de jouir de mes collections et de les tirer des caisses qui les renfermaient) que le Trilohile que j'ai décrit plus haut et figuré fig. 4 ? q^i certainement est un Calymène ou une variété du Calymène de Blumenhach , je ne puis pas dire s'il en existe d'autres espèces. Ces Trilohiles du mont Podol , quand on en rencontre > sont très-sou- vent accompagnés de superbes Orthocératites , dont les dimensions sont très-considérables. On en voit d'énor- mes dans les pierres qui ont servi à la construction du grand pont de Prague. Les Trilohiles ou les fragmens très-iutéressans , que Ton a découverts jusqu'à présent, à Revel, à Pouti- îova(ctnon Pontyélova comme l'écrit M. Brongniart) près du lac Ladoga , à Tzarsko-Sélo , à Pavlovok (et non Paulovka), à Himalasara (et non Hymalaya-sara), à Nikolsk , etc., etc., et dont j'ai fait connaître quel- ques-uns dans cet écrit , n'appartiennent point aux for- mations de. transition , et il n'en existe même peint de pareils dans le nord de la Russie. La plus âgée après les formation;^ les. pi us anciennes, d'aprèSiCe que j'ai pu conclure des .renseignement que m'a donnés M, Foulon , hoQune de médite et digne de foi , qui dirige des forges ( '97 ) à Pétraz.ivodsk, est une brcdie irès-cu rieuse et très- singulière, siliceuse, composée de grains de quariz, de calcédoine , de cornaline , réunis par un ciment de jaspe vert, qui le long du lac Onega, recouvre les for- mations primitives (de granité, gneiss, micaschiste, trapp et calcaire grenu) 5 elle est recouverte immédia- tement par un grès rouge (sans doute le Rootke-todt- liegende des Allemands ) (1) , et vert serin clair , qui est recouvert enfin à son tour par les jeunes formations coquillières de ce pays. Une petite carte géologique du lac Onega que je joins ici , pi. 29, fig, i4, servira à mieux faire comprendre ce que je dis. Cette intéressante formation se présente en couches horizontales , quelquefois inclinées , quelquefois sin- gulièrement arquées {voyez pi. 29, fig. 9, 10, li, 12 , i3 ) , quelquefois offrant une configuration eu forme de globules comme celles (mais plus grosses ) que Guettard a déj»! fait connaître dans les Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris, Ces couches s'ë- leudent dans tous les environs de Péteirshourg , dans la Livonie, la Courlande , et à en juger par le mor- ceau que j'ai décrit plus haut des environs de Mos- cou , et par d'autres que j'ai vus, peut-être dans toute la Russie Septentrionale basse , et même, plus loin , et sont composées de calcaire coquillier , que Ton pourrait peut-être, avec plus de raison, nommer foimation (1) Ce beau grès, qui prend un très-beau poli et se laisse fort bientra-< vaillcr, forme un des orncmeus de l'église de Casan à Pétersbourg , où. Ton en a construit les marches du sanctuaire ou saint des saints des. t'gUses grecques. ( '98 ) coquillière; car quoique, dans la rèi^le , le calcaire al- terne avec un grès ou une pierre sablonneuse plus ou moins grossière , ou plus ou moins argileuse et cal- caire, ainsi qu'avec un schiste argileux , bitumineux, brun-clair tirant au gris par une sorte de décomposition , et des argiles rouges et vertes , il arrive très-fréquem- ment et souvent dans les mêmes échantillons , qu'elle passe du calcaire souvent compacte , quelquefois dur comme le marbre et de diverses couleurs , au grès souvent d'un aspect terreux et d'un grain 6n, ordinairement gris, ou mélangé aussi de différentes couleurs , verdâtre ou tout-à-fait vert à Poutilova et à Nikolsk (mais non pas près de Pétersbourg), où ses couches, tant extérieurement surtout qu'intérieurement , sont recouvertes et remplies d'une terre verte qui semble avoir beaucoup de rap- ports avec la chlorite , et qui souvent se présente d'un vert très- foncé , et sous des formes qui semblent orga- niques, comme des pattes et des parties d'insectes. Ce sont ces divers aspects quelquefois trompeurs , qui ont fait regarder le calcaire de cette formation remar- quable , comme se rattachant à celles de transition ; mais ce qui la caracléiise distinctement, c'est la pro- digieuse quantité de Teslacés fossiles ou pétrifiés qu'elle renferme ^ il faudrait une étude longue et très- attentive pour les connaître et les décrire tous -, mais ceux surtout qui se font remarquer par leur nombre prédominant j par celui de leurs espèces et de leurs va- riétés , sont des Anoraies et des Térébratules , dont il en est qui sont très-dignes d'attention , comme celle que j'ai fait dessiner pi. 29, fig. 2 , quej'ai nommée , à cause de sa forme bombée et presque semblable a celle d'une ( »99 ) spVfcère , anomie sphéroïdale, et qui a été trouvée à Pau- Ce sont enfin ces mêmes couches , dont on peut maintenant mieux apprécier la nature , qui renferment ((mais pas très -fréquemment ) les Trilobites décrits par MM. Blumenbach et Brongniart, et par moi dans cet écrit. J'ajouterai , pour mieux faire connaître celte formation , que l'on y rencontre aussi des Orthocératites , compagnes presque inséparables des Trilobites , mais qui semblent différer à bien des égards de celles connues. Elles sont eu général assez petites , et offrent plutôt des noyaux que les coquilles mêmes. ( Voyez pi. 29 , fig. i , un noyau d'alvéoles de ces Orthocératites.) Enfin , on rencontre encore dans les mêmes forma- lions coquillières des Testacés inconnus ou d'autres corps qui semblent se rattacher à des animaux marins de tout autres genres , et que ce petit Mémoire me donnai lieu de faire connaître» Telle est une espèce de Hystérolite inconnue ailleurs.^ que Ton trouve très -fréquemment dans les environs de Pélersbourg , et dont je donne le dessin fig. 3 5 c'est évidemment le noyau d'une singulière espèce d' Anomie, sur lequel on reconnaît parfaitement les joints des val- ves et la forme du sommet de la coquille fort aminci , et qui s'élève beaucoup au-dessus d'elle. Le dessin fait voir un individu de Slavenka , dans le gouvernement de Pé- tersbourg , de la nature d'un grès argileux : les Hysté- rolites des environs de Pétersbourg même sont un pea différentes de celle-là, dont elles ne sont qu'une va- riété^ et sont (du moins toutes celles que j'ai vues ou, que je possède ) spalhiques^ ( 20O ) -» Tel est encore lia tçstacé singulier et inédit, repré- senté fig. 21, que j'ai cru devoir nommer Urne de Nep- tun$y parce qu'il ressemble assez parfaitement à une urne antique portant son couvercle , mais sans base ou pied , que je regardais comme une coquille univalve douée de son opercule, quoique l'on ne rencontre presque jamais les coquilles fossiles operculées avec cette partie , mais que le célèbre Buckland , qui la vit chez moi à Vienne , regardait comme une bivalve. Comme je n'y vois rien qui ressemble à une charnière propre à joindre les deux batlans ensemble, il me paraît difficile d'ad- mettre cette opinion. Je dois celle jolie pétrification , que l'on voit sous deux points de vue diflereus , fig. 4 et 5 , et dont la surface est recouverte par une jolie espèce d'Escarre , à l'obli- geance de M. le général Sabir, qui l'a trouvée aux bords de la Msta , contrée où ses fonctions l'appellent toutes les années : je lui dois aussi plusieurs autres morceaujç intéressaus. Dans le courant du mois de juillet 1817, M. Hauens- cbild , déjà cité plus haut , qui demeurait alors dans les environs de Pétersbourg , envoya à la société minéralo- gique de cette ville une pétrification fort jolie , que j'é- tudiai avec soin et dont je lus la description à cette so- ciété. Elle vient d'un mont situé près de cette capitale , que Ton nomme dans ce pays Montagne de Douderoua- Gara ,• elle est calcaire comme la pierre qui la renfer- mait , blanche , de la grandeur environ d'un de ces gros dés a jouer dont lés' anciens se servaient dans leurs camps, polygmic, et d'une forme approchant de celle d'un gre- |j^l qui n'est pas très-bien prononcé, offrant cnvi^oi^ ( 201 ) ^ \Î!igt-(leux plans ou facettes coinposëes d'espèces de rayons croisés à angles droits par un grand nombre d'au^ très excessivement minces , courts et parallèles , laissant entre eux des vides en forme de cellules , chaque face de ce polygone offrant toujours des plans carrés dont chaque angle présente un petit tubercule ou nœud. Les rayons les plus longs , courent au nombre de cinq , figu- rant ensemble les rayons d'une étoile , dont cinq autres pareils sont également circonscrits dans les limites d'uri plan carré d'une autre face du polygone voisin , ce qui donne vingt rayons inégaux pour l'étoile entière et au- tant de faces inclinées renfermant celte singulière étoile, dont le contour lui-même est un grand carré formant en quelque sorte la base d'une espèce de pyramide à quatre côtés , et faisant en m^'me temps partie de plusieurs au- tres étoiles configurées de même. Sans doute à la pre- mière vue on serait tenté de prendre celle pétrification , en apparence étoilée , pour un Madrépore ou une As- troïle , mais en y regardant de près , on s'aperçoit bien- tôt qu'elle ûe peut se rapporter à ces genres de Polypiers et n'a avec eux que des ressemblances faibles et trom- peuses : on reconnaît qu'elle est douée d'un pédicule ou d'un fragment de tige articulée^ fig. 11 , dont les articles sont courts et serrés , comme les Encriniles ; que les faussée étoiles dont j'ai parlé ne sont que des espèces de bras ou des tentacules arliculW'et recourbés ou coti4 dés au moyen des noeuds que présentent divers aligles , comme il a été dit , et qui sans doute étaient des articu- lations en forme de genou. Toutes ces particularités, propres à (*etto pétrification ^ me portent à la regarder comme une espèce d'Encrinile d'une espèce inconnue €| ( 202 ) exlrèmemenl rare , puisqu'on ne Ta encore rencontrée qu'une seule fois à ma connaissance , et qui oilre encore ■une autre particularité qu'aucun animal de ce genre ne fait voir, c'est qu'à la partie opposée à la portion de tige dont je viens de faire mention plus haut, il y a une ca- vité dans laquelle il paraît assez clairement que s'insé- rait un autre bout de tige pareil et de grandeur et gros- seur égales , de manière que le tout ensemble présen- tait peut-être deux ou plusieurs de ces petits Encrinites polygones dont les bras ou tentacules s'épanouissaient ou se fermaient à volonté autour de celle tige , ainsi que le fait voir une représentation idéale que j'ai essayé d'en donner , fig. ^ , où ces corps se présentent épanouis au- tant , je suppose , que cela était possible. C'est cette pé- trification singulière à laquelle j'imposai le nom d'En-- ■crinite paradoxe noduleux dans un Mémoire que je lus à la Société minéralogique de Pétersbourg. Enfin , dans ces couches pierreuses des formations des environs de Pétersbourg , on rencontre assez fré- quemment aussi des corps calcaires sphériqucs avec de légers pointemens à deux bouts opposés , connus dans le pays sous le nom de houles de pierre^ faisant voir à leur surface un tas de compartimens anguleux et de pores lins comme des piqûres de mouches , qui semblent être une espèce d'Alcyonite globuleux (fig. 8 , de grandeur naturelle) , et l'on a reti'ouvé de semblables boules au bord de la Vytégra , rivière du gouvernement d'Olo- netz , qui sort du lac Onega. Il existe encore sans doute beaucoup d'autres pétriti- calious qui appartiennent à ces .vastes formations coquil- lières de la Russie , qui ne sont point parvenues à ma ( 203 ) connaissance. Celles des formations dites d*alluvion sont aussi extrêmement curieuses et du plus grand intérêt par leur nature , puisque la plupart sont agatisëes ou changées en pyrites et présentent souvent des espèces d'une grandeur considérable ; mais je n'en entretiendrai pas mon. lecteur, puisqu'elles n'entrent point dans le plan de cet écrit. EXPLICATION DES PLANCHES. Planche xxvin. Fig. 1. Trilobite de Tzarsko-Sélo près Pétersbourg, complètement étendu. Fig. 'i. Le même replié , vu antérieurement. Fig. 3. Le même , vu postérieurement. Fig. 4. Variété du Caljrmène de Blumenbach de Podol , près Prague. Fig. 5. Autre Trilobite de Tzarsko-Sélo. Fig. 6. Portion du chaperon d^uu Trilobite détachée , et uionti'aut sa surface inférieure. Fig. ;, 8 , 9. Post-abdomen du Trilobite à rebord. F'ig. 10. Bouclier d'une nouvelle espèce de Paradoxide. Fig. 1 1. Nouveau genre de Trilobite. Planche xxix, Fig. 1. Orthocératile. Fig. 3. Anomie sphéroïdale. Fig. 3. Hystéiolite. î'ig. 4» 5. Urne de Dfeptune vue sur ses deux faces. F'ig. 6 , 7. Corps organisé fossile se rapprochant des Encrînites. Fig. 8. Espèce d'Alcyon fossile ? connu Wus le nom de boules de pierres. Fig. 9. Carrière de pierres de Tzarsko-Sélo , dont les couches horizon- taies sont couvertes d'ébonlemeus dans ime partie de leur profon- deur. a , couches de calcaire plus ou moins marneux , et souvent sabloueux ■ et coloré ; b , couches d'argile schisteuse colorée. Fig. 10. Coupe d'un escarpement des bords de la Koschelevà. a, couches de schistes ai'gileux bitumineux bruu hor frontal ^ b , cou- ( M) cliesde sable jaune plus ou moins sulfureux, qui iuterroaipent les précédentes ; c , lignes ponctuées figurant les couches a masquées par la terre et la végétation, supposées reparaître , comme cela a lieu de l'autre côté des couches , failles ou crin b , dans une posi- tion un peu différente. Fig. 1 1 . Coupe comparative des formations secondaires de la Livouie , diaprés Fischer. Fig. iQ. Coupe des couches arquées de Tun des cscarpemens de la Ros- cheleva , près Paulovok. Cet escarpement est composé d'un cal- caire gris blanchâtre , séparé par des couches argileuses , et inter- rompu par des fentes nombreuses. Fig. i3. Escarpement au-dessus de la Koseheleva , près Paulovok , eu partie recouvert d'éboulemens , et dont les couches , en général assez tendres , sont brisées et morcelées. a , calcaire marneux et sabloneux , d'un gris clair j b , couches beau- coup plus minces d'argile schisteuse rouge; c, pierre sabloneuse coquillière dure et pyriteuse , semblable à celle de Tzarsko-Séio ; rf, sable durci , jaunâtre ou verdâtre ; e , pierre sabloneuse jaune , quelquefois sulfureuse ; f, sable fort dur, jaune iComme le précé- dent j g , schiste argileux bitumineux ; /t , le même , très - ferrugi- neux ; i , sable vert ; k , terre végétale. Fig, 14. Carte des bords du lac Ladoga. Toute cette partie aa de la côte occidentale du lac Onega doit être de grès rouge ou vert très-ancien reposant sur la brèche sili- ceuse. bb , promontoire d'environ 20 verstes (plus de quatre lieues et demi de France ) de longueur , à 7 verstes ( deux lieues ) de Pétrozavo- dok , entièrement composé de brèche siliceuse comme l'archipel c de Kiege , où se trouve l'île de Wolkootrof , dont cependant la grande île d montre un marbre salhi. Sans doute la brèche siliceuse du promontoire bb que l'on voit former le fond du lac , près de Pétrozavodok , constitue aussi la masse des promontoires cet y, et peut-être une partie de la rive prientalc du lac. ( 205 ) Mémoire sur de nouvelles variétés de Chaux carbonaiée et d* Argent sulfuré du Mexique, Par S. M. DE BUSTAMENTE. ^ Les variétés nouvelles de chaux carbonaiée et d'argent sulfuré, dontj'oflre dans ce mémoire les descriptions et Jcs figures , ont été recueillies à Guanajuato , lieu aussi riche en minerais d'or et d'argent, que fécond en modi- fications de formes cristallines. J'ose dire qu'en variétés de chaux. carbonaiée, Guanajuato seul surpasse toutes les mines du Hartz et de la Hongrie. Je les appelle nouvelles , ne les rencontrant pas dans le Traité de minéralogie d'Haûy, imprimé à Paris, en Tan 1801, et qui est le seul que nous possédions ici. Cette disette de livres dans laquelle nous nous trouvons, m'excuse assez , si toutefois on les a publiées dans des ouvrages postérieurs (i). J'ai suivi la méthode descriptive de ce célèbre minéra- logiste , en représentant par des signes les lois de décrois- sement qui concourent à la production de chaque variété déforme j et j'ai donné seulement la valeur des inclinai- sons des faces , qui résultaient d'une loi nouvelle , ou qui se montraient dans un nouveau rapport de position avec des faces déjà connues. Je n'ai pu qu'indiquer lea (i) Quelques-unes de ces yariëtés ont été décrites par M. Haiiy dans la seconde édition de son Traité. Nous nous bornerons à les citer , en supprimant tous les détails qui les concernent, et lorsqu^ii y aura double eoïploi de noms ou de signes représentatifs , nous adopterons ceux du. cristallographe français. f^^ ( ao6 ) mines d* où provenaient ces variétés et les collections où elles se trouvent , parce que j'ignore les noms des per- sonnes qui nous ont rendu l'important service de les recueillir. I. CHAUX CARBONATÉE. VARIÉTÉS DE FORMES DÉTERMINABLËS* Combinaisons deux à deux, I 1 . Cbaux carbonatée équivoque, DA (Fig. i .) Prisme " o hexaèdre régulier , que l'on pourait confondre avec ce- lui de la variété prismatique de M. Haùy , mais qui en diffère essentiellement par sa structure. De la mine de Mellado ; collection de M. Cervantes. a 2. Chaux carbonatée alternée, DE"E (Fig. 2.) La r variété émoussée , moins les faces c du prisme , ou la métastatique dont les arêtes aiguës sont remplacées par des faces généralement raboteuses. Des mines de Va- lenciana , Rayas , etc. , collections de MM. Cervantes et Del Rio. 3. Chaux carbonatée nivelée. D E'^EA, En cris- r f o taux tubulaires. De Valenciana (i). a 3 4. Chaux carbonatée didodécaèdre. DE (Fig. 3.) r t Cette variété a fréquemment ses sommets remplacés par (1) Voyez le Traité de Haiiy, tom. t, p. Z1O , a« cilit. , fig. ^^. ( 307 ) des faces creuses cl inégales. De la mine de Rayas 5 col- lection de M. Lardizabal. s 5. Chaux carbonatée biquaternaire. D B (^Fï^. 4») r 4 » Dodécaèdre à triangles scalènes , plus obtus que celui de la variété précédente. Incidence de &> sur w , i3o° 8' 58", et de w sur w', i63° 5o' 62". Les faces des sommets sont si fortement striées que la direction de ces stries montre clairement la marche des décroissemens sur les bords supérieurs du noyau. De Pachuca ; collection de M. Cer- vantes. Combinaisons trois à trois. 6. Chaux carbonatée épointée. E"EP A (i). Trou- f P o vée à Guanajuato. Collection de MM. Del Rio et Cer- vantes. Souvent les faces o s'agrandissent et les faces pri- mitives disparaissent entièrement ; les cristaux ressem- blent alors à des octaèdres. 7. Chaux carbonatée duodéci-octonale^. DP A (Fig. 5. ) La variété binaire dont les sommets sont interceptés par une facette triangulaire , raboteuse. De la mine de Mellado ; collection de MM. Del Rio et Moran. a 8. Chaux carbonatée sexoctodécimale, DE''E P^ r f p ( Fig. 6.) La variété alternée avec les faces du rhomboïde primitif vers les sommets. Des mines de Yalenciana et Rayas j collection de M. Guerza. (!) Ibidem y X}- 3a3,fig. 54, ( 2(>8 ) g. Chaux carboriatée éi^asée. DE'EB (Fig. 7. ) Ljr r / variété aliernée avec les faces de l'équiaxe vers les som- mets . Incidence de /sur ^ , i43° 7' 4^''. De la mine de Rayas. Je dois un superbe cristal de cette variété à la bienveillance de mon frère, M. Bénigne Bustamente. 3 2 10. Chaux carbonatée descendante, e D B (Fig. 8.) m r X La variété doublante de Haiiy, moins les faces/. De Valenciana , Cata , Tepeya et autres mines 5 collection de MM. Cervantes et Del Rio. a 11. Chaux carbonatée décioctoduodécimale . DBB r 4 1 « S ( Fig. 9. ) Incidence de g sur w , i55^ 4' ^9' • ^^ w sur w, i63^5o'52". De Guanajuato; collection de M. Mo- îan. 3 3" 1 2 . Chaux carbonatée ico5i«efraèÊ?re. />Pe(Fig. 10.) r (fi i La variété métastatique terminée par un pointement à six faces qui répondent aux arêtes des pyramides. De Mel- lado ; collection de M. Moran. Combinaisons quatre à quatre. a i3. Chaux carbonatée demi -encadrée. DE^EPB r f P X (Fig. II.) La variété octodécimale , dont les arêtes du sommet sont remplacées par des facettes. De la mine de Rayas -, collection de M. Lardizabal. ( 209 ) i4. Chaux carbonatée bisunibinaire . eDE"E B (i) » r f 1 De la mine de Valenciana ; collection de M. Del Rio. Combinaisons cinq à cinq. a 3 9 i5. Chaux carbonatée a^one. ee DE" EP (Fi^.i^,) e m r f P Incidence de m sur c, i66°5i'58''. De la mine de Rayas i collection de M. Moran. Combinaisons sept à sept, i6. Chaux carbonatée suspensive. 'eDE"E{E"EB'D')eBB (Fig. i3.) Incidence de r f X "» 4 I • 8 xsur:r, i53*»i3'58"; de x sur r, 155^3/21". Cette forme est une des plus composées de la chaux carbona- tée. Le cristal _, s'il était complet , aurait 6o faces : le développement de ses propriétés géométriques me paraît digne d'un Mémoire particulier. En attendant, je ferai remarquer que les décroissemens qui produisent les fa- ces ff^ et ceux qui donnent les faces :^ j: , en agissant mutuellement contre elles , s'arrêtent et reprennent al- ternativement leur action à des époques déterminées , et c'est cette espèce de suspension qui m'a suggéré le nom que j'ai donné à cette variété. De la mine de Valenciana ; collection de M. Moran. Dans la superbe collection de minéraux du Mexique, que possède le professeur de botanique M. Cervantes, il (i) Ibidem , p. 343 , fig. lao. MU. l4 (.10) existe un groupe de cristaux dodécaèdres , remarquables autant par leur grandeur que par la singulière propriété qu'ils ont de renfermer dans leur intérieur un dodécaèdjpe inscrit comme on le voit fig. i4> et qui se détache par son opacité de l'enveloppe transparente qui le recouvre. Cette disposition symétrique se montre dans les prismes d'un décimètre de longueur, comme dans ceux de trois à quatre millimètres , et elle s'accorde parfaitement avec les lois de la structure , de manière que les joints natu- rels se prolongent également dans le cristal entier. II. ARGENT SULFURÉ. VARIÉTÉS DE FORMES DÉTERMINABLES. I . Argent sulfuré triépointé (fig. i5). Cube époinié sur ses angles solides par trois faces qui sont tournées vers les faces primitives. Incidence de s sur r, i49^> et de s sur s , i4o°. J'ai vérifié ces mesures sur un petit cristal , dont le côté peut avoir un centimètre de longueur. Il vient de la mine de Rayas, où l'on trouve aussi des cristaux trapézoïdaux de la môme substance , qui ont 1 4 à i6 millimètres de diamètre. (2,l) t ■ ,.. .■'.... ;..'•., , , , Sur la Structure de V Ovule antérieurement à VUn- prégnathon dans les plantes phanérogames j et sur la Fleur femelle des Cyeadées et des Coni- fères; Par M. Robert Brown (i). La description que j'ai donnée de Fovule du Kin- GiA (2) , quoiqu'elle difl'ère essentiellement de celles qu'on avait jusqu'à présent publiées de cet organe con- sidéré anlérîeuremenl à la fécondation , ne laisse pas dé (i) Extrait de l'Appendice botanique du Voyage k la Nouvelle -Hol- lande, exécuté pendant les années 1818 à i8aa par le capitaine King. (2) Nous joignons ici la description de ce geure, telle qu'elle est don- née par M. Brown dans l'article qui précède son Mémoire sur la struc- ture de l'ovule. KINGIA. Obd. KA.T. Juneeœ propé ï)asypogon , Calectasiam et Xerotem- Char. csn. Perianthium sexpartitum , regulare , glumaceum , pcrsis- lens. Stamina scx , fere hypogyna : Antheris basi affixis, Ouarium tiiloculare , loculis monospermis j op'u/w adscendentibus. Stylus i. Stigma tridentatum. Pericarpium exsuccum , indehiscens , mono- spermum , perianthio scarioso cinctuin. Planta Jacie Xanthorrhoeae elatioris. Caudcx arborescens cicatricibus basibusue Joliorum. exasperatus ? Folia caudicem temtinantia cort' Jertissima longissima , figura et dispositione Xanlhorrhœae. Pedun- culi numerosi foliis breuiores , bracteis vaginantibus imbricatis iectiyjloriferi terminales erecti , mox , caudice parum elongato Jo- liisque noi^ellis productis , latérales , et dwaricati vel defiexi , ter- minati capitula denso globosojloribus tribractealis. KiHCiA Auslralis. Desc. Caudex arborescens erectus siniplicissimus cylindraceus , 6-18 pedes alius , crassitie femoris. Folla caudicem terminantia uumerosissi* ( ^12 ) S accorder réellement avec sa structure ordinaire dans le» plantes phanérogames. Je lâcherai d'établir ces deux points , «avoir : que cette description est d'accord avec la structure ordinaire de l'ovule, et qu'elle diffère essentiellement de celle ma patula , apicibus arcualo-recurvis, lorea, solitla , ancipitîa apice teretiusculo , iiovella undique tecta pilis adpressis strictis acutis Isevibus, angulîs lateralibus et venlrali retrofsum scabris. Pvdunculi numerosi te- reles 8-12 poUicares crassitie digiti, vaginisrategrisbrevibus imbricatis hinc in foliolutn subulotum productis tecti. Capitulum globosum , flori- dum maguitudiue pruni miuoris , fructiferurà pomum parvum sequans. Flores undique dense imbricati, tribractcati , sessiles. Bractea exterior lanceolata brève acuminata planiuscula erecta , extus villosa inlus gla- bra , post lapsum frùctus persistens : duœ latérales anguslo-naviculares, acutissimae, carina lateribusque yillosis , longiludine fere exterioris, simul cum perianthio fructifère, scparatim tamen , dilabentibus. Pe- rianthium sexpartitum regulare subœquale glumaceum :yo/to /a lanceo- lata acutissima disco nervoso nervis immersis simplicissimis , autica et postica plana , lateralia complicata lateribus iuxqualibus, omnia basi fiubangustata , extus longitudinaliter scd extra médium praecipue villosa, intus glaberrima , sestivatione imbricata. Staniina âex subsequalia , ies- tivatione stricta filamentis sensim elongautibus : Fdamenta fere bypogy- wa ipsis basibus foliolorum periantbii quibus opposita leviter adhatren- tia , filiformia glabra teretia : Anlherœ stantes , ante dehîscentiam li- nearcs obtusae filamento paulo latiores , defloratae subulalae yix crassitie filamenti , loculis parallelo-contîguis connectivo dorsali angusto adna- tis , axi ventrali longitudinaliter dehiscentibus , lobulis baseos brevibus acutis subadnatis : Pollen simplex brève ovale laeve. Pistillum : O^^a- rium sessile disco nullo squamulisve cinctum , lanceolatum trigono-an- ceps villosum, triloculare, loculis mouospermis. Ouula erecta fundo au- gulîinterioris loculi paulo supra basin suam inserta , obovata ieuticulari- cotapressa , aptera : Testa m ipsa basi acutiusculâ foramiue miuulo perforata : Membrana interna respectu testas inversa , hujusce nempe upici lata basi inserta , ovata apice angustato aperto foramcu testse ob- turante : Nucleus cavitatae membranae conformis, ejusdembasi insertus, cxic.rnm liber, pulposus solidus , apice ^utiusculo laevi aperturaramem- ( ^'-^ ) des autres observateurs. Je lé ferai pour le moment aussi brièvemeut que possible , me proposant de traiter une autrefois ce sujet avec plus de développemcns et aussi sous un autre point de vue. J'ai antérieurement appelé plus d*une fois Tatten» tion (i) sur la structure de Tovule , surtout pour les indications qu'il fournit , même avant la fécondation , relativement à la place et à la direction que présentera le futur embryon. Cependant ces remarques , très-brèves il est vrai , semblent avoir tout-à-fait échappé à Talten- lion des botanistes qui depuis ont écrit sur le môme sujet. Dans l'appendice botanique au voyage du capitaine Flinders , publié en i8i4 , je donne la description sui- vante de Fovule du Ccphalotus follicularis : « Ovulum erectum , intrà testant membranaceam continens saccu" lum pendulum magnitudine ca^itatis testœ » ; et par rapport à cette description , j'ai remarqué au même en- droit que d'après la structure de l'ovule , même avant brans internae attingente. Stylus trigonus strictas , iiifra villosus , di- midio superiore glabro , altitudine staminùm , iisdem paulo praecocior, exsertus nempe dum illa adhuc iaclusa. Sligmata tria brevissima acuta denticuliformia. Pericarpium exsuccum , indehisoens , villosum , basi styli aristatum , pcrîanthio scarioso et filamentis emarcidis cinctum , abortione monospermum. Semen turgidum obovatum retusum integu- mento ( testa ) simplici membranaceo aqueo-pallîdo , hiac ( intus) fere a basi acutiuscula, raphe fusca yerticem retusum attiogeote ibique ia chalazam parvam concolorem ampliata. Albumen sçmini conforme dense carnosum album. Embrjro monocotyledoneus, aqueo - pallidus subglobosus , extremitate iuferiore ( radiculari ) acuta , in ipsa basi se- minis situs , semi-immersus , nec albumine omnino inclusus. (i) Fmmdbrs's , f^ojr, , n, pag. 601, et Linn» Societ, Transact. , 12, p. i36. . ( ^'4 ) r imprégnation , je ne fais aucun doute que la radicule de Tembryon ne se dirige vers l'ombilic (i). Mon attention se trouva pour la première fois portée fiur ce sujet en 1809 , en conséquence de l'opinion que j'avais alors émise sur la fonction de la chalaze dans les graines (2). Quelque temps avant la publication de l'ob- servation que je cite , j'avais constaté que dans les plantes phanérogames l'ovule non imprégné se composait très- généralement de deux membranes ou tuniques concen- triques , contenant une amande d'ime texture pulpeuse cellulaire. J'avais observé aussi que de ces tuniques , l'interne n'avait de connexion soit avec l'externe , soit avec l'amande , qu'à son origine j et que relativement à la tunique externe , elle avait généralement une direc- tion inverse , tandis qu'elle avait toujours la même di- rection que l'amande : et enfin que c'était toujours au sommet de celle-ci qu'on devait trouver la radicule de l'embryon futur. C'est sur ces observations qu'était basée mon opinion relative à l'embryon du Cephalotus, En décrivant l'o- vule de ce genre, j'employai il est vrai le terme assez peu propre de Sacculus : terme qui néanmoins expri- mait sufl&samment la forme apparente du corps central des ovules soumis à l'examen , et servait à indiquer l'in- certitude où je me trouvais dans te cas relativement à la présence de la membrane interne. A cette époque , je connaissais aussi dans quelques plantes sur les tuniques de l'ovule , l'exist^ice d'une ou- (a) Linn. Societ. Trans. , 10, p. 35. (i»5) verlure loujoiirs disiincte de rombiiic externe, dans quel- ques cas diamétralement opposés à lui j et que jamais dans aucun cas je n'avais trouvée adhérentcsoit directement aux parois deTovaire, soit à quelque prolongement né de ces parois. Mais comme alors je n'avais pu découvrir cette ouverture dans beaucoup de plantes que j'avais exami- nées, je n'y attachai pas une importance suffisante : et pour juger la direction de l'embryon , je me fondais entière- ment sur la détermination du sommet de l'amande. Or je le déterminais sôit directement au moyen de la dis- section , soit indirectement par l'inspection du cordon vasculaire qui parcourt la tunique externe : car la ter- minaison de ce cordon indique d'une manière certaine Vorigine de la membrane interne , et cpnséquemment la base de l'amande , qui une fois connue donne la posi- tion du sommet. C'est à ce point qu'étaient ai^rivées mes connaissances sur ce sujet, quand il fut entrepris par mon ami feu M. Thomas Smith , qui , éminemment propre à une re-^ cherche à laquelle étaient nécessaires une minutieuse exactitude et une grande habitude de l'observation mi- croscopique , réussit à constater l'existence très-générale de l'ouverture dans l'enveloppe de l'ovule. Or , comme les ouvertures des deux tuniques correspondent l'une avec l'autre , et toutes deux avec le sommet de Tamande , on se trouva posséder en conséquence une indication de la direction de l'embryon futur presqu' aussi universelle et plus facilement perceptible que celle dont je m'étais précédemment servi. Pour déterminer à quel degré cette descripùon de l'ovule végétal diflere de celles qu'on.en avait données ( ^i5 ) jusque-là et faire jusqu'à un certain point juger de son exactitude , je vais commenter les diverses observations dont il a été l'objet et les opinions différentes établies sur ce sujet , aussi brièvement qu'il me sera possible , en suivant l'ordre chronologique. En 1672 , Grew (1) décrit dans la tunique extérieure des graines de plusieurs plantes légumineuses une petite ouverture placée vis-à-vis la radicule de l'embryon , ouverture qui , ajoule-t-il , n'est pas un trou accidentel ou résultant de la rupture du funicule , mais qui se trouve pratiquée à deux fins , savoir ( à ce qu'il établit ensuite) , afin d'aérer l'embryon , et afin de faciliter le passage de sa radicule dans la gernination. Il paraît qu'il ne considéra pas cette ouverture dans le test comme existant constamment , les fonctions qu'il lui attribue étant remplies dans le cas où elle ne se trouve pas , ou , suivant lui , par le hile lui-même , ou dans les fruits à enveloppe dure par une ouverture du noyau ou de la coquille. Dans une autre partie de son ouvrage (2) , il décrit et figure dans l'ovule à son jeune âge deux tuniques : l'une, l'extérieure, est le test ^l'autre, sa aniembrane moyenne,'» est évidemment ce que j*ai appelé amande, dont il a distinctement représenté et décrit l'origine dans l'ovule (Je l'abricot. • Malpighi en 1675 (3) rend le même compte du pre- mier état de l'ovule. Ce qu'il nomme secundinœ exter- (i) j4nat. des P^égét. , p. 3 ; Anat. des Plant. , p. a. (a) Anat. des Plant., p. 210 , t. 80. (3) Anatome plantarum , p. 76 et 80. (='»7) nœ est le test j ce qu'il nomme chorion est l'amande* L'ouverture de Grew , qu*il paraît avoir vue , n'est ce- pendant pas distinguée par lui des fenestra et jenes- trella : et ces parties auxquelles il assigne les mêmes fonctions, sont les termes qu'il emploie proprement pour le hile. En 1694 Camerarius , dans son admirable essai sur le sexe des plantes (i) , propose, comme de simples questions, diflerentes manières dont on peut supposer que les grains entiers de pollen ou bien leurs particules après qu'ils seront crevés , proviennent et agissent sur les ovules non imprégnés , qu'il parait avoir lui-même soigneusement observés. Il reconnaît cependant avec sa candeur ordinaire les obligations qu'il a sur ce sujet à Malpigbi , à la description plus détaillée duquel il renvoie. M. Samuel Morland en 1703 (i) , étendant aux plantes riiypotlièse de la génération de Lcewenhock , admet dans l'ovule l'existence d'une ouverture , par laquelle se fait son imprégnation. Il semble néanmoins qu'il n'a- vait pas réellement observe cette ouverture avant la fé- condation , mais qu'il concluait son existence généra- lement et à cette période de ce qu'il avait , dit-il , « dé- couvert dans les graines des fèves , pois et haricots, pré- cisément sous l'une des extrémités de ce que nous appelons Vœil, une perforation manifeste qui conduit directement à la plante séminale » ; et c'est par là qu'il suppose que l'embryon est entré. Cette perforation est {x)De sexu Planteur. , epist. , p. 8 , ^6et$eq, (a) Philos. Trans, , yoU a3 , n« 287, p. i474« ( ^>3 ) évidemment Touvertuie découverte par Grew dans les graines des plantes légumineuses ; mais Morland ne fait pas mention de ses observations à ce styet , quoiqu'il le cite dans un autre passage. En 1 704 Etienne François Geoffroy (i) , et en 1 7 1 1 son frère Claude Joseph Geoffroy (2), pour soutenir la même hypothèse, établissent l'existence générale d'une ouverture dans l'ovule végétal non imprégné. Il n'est cependant pas probable que ces auteurs eussent réellement vu dans aucun cas cette ouverture de l'ovule à son jeune âge ; mais plutôt qu'ils avaient été conduits à affirmer son existence dans tous les cas, sans preuves, seulement d'après l'observation de Grew? et la conjecture fondée sur cette observation par Morland , dont ils adoptent l'hypothèse , sans le citer. Il est en effet à remarquer qu'ils ne font pas mention de ce qu'on avait antérieure- ment observé ou avancé sur les parties les plus impor- tantes de leur sujet , tandis que plusieurs passages sont évidemment copiés et que toute la description de l'état primitif et du développement de l'ovule est littérale- ment traduit de l'essai de Camerarius. Geoffroy le jeune ne cite pas même la publication antérieure de son frère , dont il est manifeste que son propre Mémoire est tiré en grande partie. En 1718, Vaillant (3) , qui rejette l'hypothèse vermi- culaire de Geoffroy sur la génération , suppose que (i) Qucest. medic, an hominis primordia vermis ? — Tract, de Mat, med. , tom. i, p. ia3. (a) Mem. Acad. Se. Paris , ï^i i, p. aïo, (3) Disct sur la strucimr« <&< fknrs, p. ao. ( 2'9 ) l'influence du pollen réside dans une aura , trausmisQ par les vaisseaux du style aux ovules , où elle pénètre , si je le comprends Lien , par le cordon ombilical. En même temps il parait admettre Texistence d'une ouver- ture dans son enveloppe. En 1745 Needham (1), et Gleichen (2) en 1770, adoptent riiypolhèse de Morlaud , quelque peu modifiée cependant , en ce qu'ils considèrent les particules des grains de pollen , et non ces grains eux-mêmes , comme étant ces embryons, et qu'ils les font pénétrer dans les ovules par le cordon ombilical. Adanson (3), en 1763 , établit que l'embryon existe avant la fécondation , et qu'il reçoit sa première excita- tion d'une vapeur ou au7'a , qui , venant du pollen , lui est transmise par les vaisseaux du style et entre dans l'ovule par le cordon ombilical. Spallauzani (4) > qui parait avoir examiné avec soin l'ovule non imprégné dans une variété considérable de plantes , a trouvé que c'est en général un corps homo- gène , spongieux ou gélatineux ; mais que dans deux cucurbitacées il se compose d'une amande enveloppée de trois tuniques. Il suppose avec raison que la plus extérieure de ces tuniques n'est autre chose que l'épi- derme de la membrane moyenne ou test. Quant à la di-^ rection de ce test relativement à la tunique interne il n'y prend pas garde , et ne mentionne en aucun cas au- cune ouverture dans l'ovule. (1) New microscopical discoveries , p. 60. tP^Obieru.tnicfosc. ,!>. 45 et 61, % cxvni. (3) Fam, des Plant, y yoI. i, p. lai» (4) Finca anim, e vegct» , tooL ili , p. Sog-SS'i, ( 2:).o ) Gœrlner , qui , dans la préface de son célèbre ouvrage , déploie une grande érudition sur chaque branche de son sujet, peut cependant à peine être considéré comme au- teur d'observations originales sur celui de Tovule. Il le décrit comme étant avant l'imprégnation un globule pulpeux homogène , dont Tépiderme , qu'on dislingue alors à peine , se sépare à une époque plus avancée et devient le lest de la graine : la membrane interne de celle-ci serait entièrement le produit de la féconda- tion (i). Il assure encore que l'embryon commence cons- tamment à paraître à ce point de l'ovule où les dernières ramifications des vaisseaux ombilicaux percent la mem- brane interne , et prend ainsi faussement le sommet de l'amande pour sa base. En 1806 M. Turpin (2) publia un Mémoire sur l'or- gane par lequel le fluide fécondant est introduit dans l'ovule végétal. La substance de ce Mémoire est : que dans toutes les plantes phanérogames , la fécondation a lieu au moyen d'un cordon ou faisceau vasculaire qui perce la membrane externe de l'ovule à un point dis- tinct de l'ombilic , mais extrêmement rapproché de lui à l'époque de la fécondation ; et il donne à la cicatrice de ce cordon , qui ne tarde pas lui-même à s'oblitérer , le nom de micropyle : que l'ovule a deux tuniques ayant chacune son ombilic , ou , pour me servir de ses expres- sions , son omphalode particulier 5 que ces tuniques ont en général la même direction ; que plus rarement celle de la membrane interne est en sens opposé de celle de (i) Ggbbtnbb, DeFruct., 1, p. 57, 5g et 61. (a) Ann» du Mus. d'Uisi. nat, , vu , p. 19g. ( 221 ) Texterne 5 et que c'est vers rorigine de la première de ces membranes , que se dirige constamment la radicule de l'embryon. Il est singulier de voir sur un tel sujet un botaniste aussi ingénieux et expérimenté que M. Turpin , au lieu d'avoir recours à l'exameu de l'ovule non imprégué , se contenter de celui delà graine mûre. C'est là cependant ce qui lui a fait concevoir une opinion erronée sur la nature et l'origine, et dans quelques plantes sur la si- tuation du micropyle même ; c'est là aussi pourquoi il a re sont quelques-uns des plus çminens carpolo- gistes : la seconde , comprend, ces auteurs qui, se propo* (i) Abels, CAmfl , p. 377. ( 227 ) sant de faire connaître l'ovule même , onr néanmoins fait leurs observations principalement ou uniquement sur la graine mûre , dont ils doivent en conséquence avoir sup* posé que les tuniques étaient formées antérieurement à l'imprégnation. On pourrait peut-être laisser ici entièrement de c6lé la considération de Tarille, qui se présente rarement, n'est jamais complet et dont le développement a lieu principalement après la fécondation. C'est néanmoins un fait digne de remarque, que, dans le premier âge de l'ovule , celte enveloppe est à peine visible , même quand elle doit atteindre dans la graine muie (de V Hibbertia volubilis par exemple ) sa plus grande taille : et , dans aucun cas que je sache , elle ne couvre Fou vertu re du \09l > si ce n'est après la fécondation. TjC te&t ou enveloppe extérieure die k graine est ea- général formée par la membrane extérieure de l'ovule , et dans beaucoup de cas où l'amande est renversée , ce qui est la disposition la plus ordinaire, sou origine peut être déterminée d'u^wi manière salisfaisaïUe , soit par Je bile qui est plus ou moins latéral , tandis que ^ouver^ lure est terminale j soit , avec plus de facilité et de cer- titude , par le rapbé , toutes les fois qu'il est visi]>le , puisque ce faisceau vasculaire appartient généralement à U tunique externe de l'ovule. La chalaze ( dans l'ac- ception propre de ce mot) , quoiqu'elle soit simplement la lernainaisou du rapbé , fournit pourtant un caractère moins certain j car dans beaucoup de plantes elie est à peine visible sur la surface extérieure du test, majs est intimement unie avec l'aréole d'insertion de la mem- brane iuicme ou bien de l'amande, et alors elle semble ( 228 ) Tvppnrlcnir enlièrcmciil à Tune ou l'autre de ces deux parties. Quant aux cas où le lest a la même direction que l'amande , je ne connais aucun caractère qui le fasse distinguer d'une manière absolue de la membrane in- terne dans la graine mûre. Mais comme on connaît déjà un petit nombre de plantes dans lesquelles la membrane externe est originairement incomplète , son absence to- tale , même avant la fécondation , peut se concevoir 5 et quelques cas possibles d'une telle structure seront mentionnés plus tard. On a plusieurs exemples , parmi lesquels j'en ai fourni plusieurs dans une publication antérieure (i), de l'oblité- ration complète du test dans la graine mûre. D'un autre côté il paraît constituer la plus grande portion de la sub- stance des graines bulbiformes de plusieurs Liliacées, où sans doute il remplit aussi la fonction de l'albumen, dont cependant on le distingue aisément par son tissu vascu- laîre (2). Mais la déviation la plus remarquable que je sache de la structure et de l'économie habituelle de la membrane externe de l'ovule , tant dans le premier âge que dans le fruit mûr, se rencontre dans le Bariksia et dans le Dryandra. Dans ces deux genres j'ai constaté que la membrane interne de l'ovule avant la fécondation est entièrement à nu , la membrane externe étant alors ou- verte dans toute sa longueur, et que les membranes ex- ternes des deux ovules collatéraux qui sont originaire- ment distinctes , s'unissent à une époque plus avancée par leurs surfaces correspondantes , et constituent en- (i) lÀnn. Soc. Trans. , xii , p. 149- (a) Ibid. ( 22<) ) semble la cloison anomale de la capsule. La meuibiaue- interne de l'ovule forme alors en conséquence l'enve- loppe extérieure de la graine. . Cependant la membrane interne de l'ovule parait en général avoir plus d'importance en tant que liée à l'acte de la fécondation , qu'en tant que destinée à protéger l'amande à une période plus avancée. Car dans beau- coup de cas , avant Fimprégnation , son sommet perforé se prolonge au-delà de l'ouverture du test , et dans quel- ques plantes il revêt l'apparence d'un stigmate obtus ou même dilaté , tandis que souvent dans la graine mure , ou bien cette membrane est entièrement oblitérée , ou bien elle existe seulement sous la forme d'une pellii- cule mince qu'on pourrait prendre à tort pour l'épiderme d'une troisième membrane qui alors s'observe fréquen^- ment. Celle troisième tunique est formée par la membrane propre ou pellicule de l'amande , de la substance de la- quelle on n'aurait jamais pu , je crois , la séparer dans l'ovule non imprégné, et il est même très-rare qu'elle soit visible dans celui-ci. Dans la graine mure ou la distingue de la membrane interne seulement par son sommet qui est toujours dépourvu de toute ouverture , généralemenit aigu , plus foncé en couleur ou même sphacelé. La membrane de l'amande constitue ordinairement U tunique la plus intérieure de la graine. Mais dans un petit nombre de plantes il existe de plus une tunique ad- ditionnelle qui parait tirer son origine de la membrane iulerne de Grew^ j c'est la vesicula colliqiiamenti , ou amnios de Malpighi. En général l'amuios , après la fécondation , s'étend ( ^3o ) graduellenieiU jusqu'à ce qu'enfin il déplace ou absorbe toute la substance de l'amande , renfermant dans la graine mûre à la fois l'embryon et l'albumen , quand ce der- nier continue à «xister. Dans ces cas cependant , sa mem- brane propre est communément oblitérée et remplacée soit par celle de l'amande ou par la tunique interne de l'ovule , soit , lorsque toutes deux disparaissent, par le test lui-même. Dans d'autres cas l'albumen est formé par un dépôt de matière granuleuse dans les cellules de l'amande. Dans quelques-uns do ces cas , la membrane de l'amnios semble être persistante , formant même dans la graine mûre une tunique propre pour l'embryon , dont la ra- dicule peut aussi conserver son adhérence primitive avec le sommet de cette tunique. Voilà du moins quelle me paraît être l'explication la plus probable de la struc- ture des vraies Nympbéacées , savoir : des genres Nu* phar, Njmpkea , Eurjale , Hjdropeltis et Cabomba , malgré leur mode très-remarquable de germination tel qu'il a été observé «t figuré dans le Nymphéa et le Nuphar par Titlman (i). A l'appui de cette explication , qui diffère de toutes celles qu'on a données jusqu'ici , je peux citei' ici une ob- servation publiée depuis un assez grand nombre d'an- nées , quoiqu'elle semble avoir échappé à tous les auteurs qui ont écrit depuis sur le m^me sujet : c'est , qu'avant la maturité de la graine dans les Nymphéacées , le sac qui enveloppe l'embryon contient avec lui une substance pulpeuse ou demi-fluide, que j'appelai vilellus ^ nom m • m ■ I » I 11 i 1 (i) Keimung der PJlanzen , p. 19 et 27, tab. 3 et 4' (23, ) que j'appliquais alors à tout corps interposé entre Tal- bumcn et Tembryon (i). Cette opinion se trouve encore confirmée par Texisience d'un filament extrèmemenl fin ( qu'on n'avait pas encore apetçu ) , lequel , né du centre de la face itiférieure du sac et traversatit Taxe creux dé l'albumen , réunit probablement à une époque peu avancée cette enveloppe de l'embryon avec la base de TàtAande. On expliquerait de la même manière la structure des graines des Pipéracécs et du Saururus ; et l'on rencontre d'autres exemples de la persistance, soit de la mem- btatie , soit de la substance de Tamnios dans la graine tùAte, On peut conclure de tous les détails que j'ai donnés sut la structure de l'ovule , que les changemens les plus importans cotisécutifs à la fécondation réelle ou même fausse , doivent avoir lieu dans l'amande ; et que l'albu- men (dans l'acception propre du mol) peut se former par un dépôt ou une sécrétion de matière granuleuse dans les utricules , soit de l'amnios , soit de l'amande même , ou encore que deUK subâlârîces ayant ces origines distinctes et des textures très- différentes peuvent exister simultanément dans la gtaine muré , comme c'est pro- bablement le cas dans lés Scitamioées. Au sujet de l'ovule , éousidété comme contenu dans un ovaire , je ne ferai pour l'instant qu'une seule autre re- marque qui forme une introduction nécessaire aux ob- servations suivantes , sur la structure de la fleur fe- melle dans les Cycadées et les Conifères, savoir: que (i) Prodr. Flot. Noi^.'HqU. , t, p. 3o6. ( ^32 ) le «oramel de ramaiide est le point de l'ovule où l'im- prégnation a lieu , c'est ce qui est au moins extrême- ment probable , et d'après l'apparition constante de l'em- bryon à ce point, et d'après la direction très -généra- lement inverse de l'amande : car cette inversion amène son sommet à-peu-près ou absolument eu contact avec celte partie des parois de l'ovaire , par laquelle on peut supposer qu'est transmise l'influence du pollen. Cepen- dant dans quelques-unes de ces familles de plantes où l'amande n'a pas une direction inverse et où les placentas sont polyspermes( comme les Cistinées (i)), il est difficile de comprendre de quelle manière cette influence peut atteindre son sommet extérieurement 5 et on ne peut l'expliquer que par la supposition , qu'on ne doit pas admettre à la hâte , d'une aura ou émanation imprégnante qui remplirait toute la cavité de l'ovaire , ou par des tubes fécondans entièrement séparés des placentas , mais que dans ces cas je n'ai jamais pu découvrir. Sur la Structure de la fleur femelle dans les Cjcadées et les Conifères. On ferait entièrement disparaître les doutes qui peuvent exister relativement au point d'imprégnation , si l'on trouvait quelques cas dans lesquels l'ovaire manquât tout- à-fait , ou bien fut formé si imparfaitement que l'ovule devînt lui-même directement exposé à l'action du pollen ou de ses particules (2)*, son sommet aussi bien que l'orifice (i) R. Brown , In Uonc. Flor. sentie. ; p. 28.^. (3) M. BroM'Q leur donne, U'^près M«rtyn , le nom de Foyillu^ ( :i33 ) , de sou enveloppe immédiate étant alors modifiés et dé- veloppés de mauière à s'adapter à cette économie. Telle est , à ce que je crois , Texplication véritable de la structure des Cycadées , des Conifères , de VE*-^ phedra et même du Gnetum dont le Thoa d'Aublei est une espèce. On fera disparaître l'objection la plus formidable à cette manière de voir, si l'on admet , conformément aux observations précédentes , que le sommet de l'amande ou le point supposé d'imprégnation n'a pas de connexion organique avec les parois de l'ovaire. On pourrait aussi l'appuyer , en ce qui regarde l'action directe du pollen sur l'ovule , d'exemples nombreux d'une disposition analogue dans le règne animal. La ressemblance de la fleur femelle dans les Cycadées et les Conifères avec l'ovule des autres plantes phanéro- games , tel que je l'ai décrit , est réellement assez ma- nifeste pour que l'opinion avancée ici ne semble pas tout-à-fait improbable. Mais la preuve de sa justesse doit principalement reposer sur la ressemblance , dans tous les points essentiels , établie entre le corps central de la prétendue fleur femelle de ces familles , et l'amande des ovules qui présentent la structure habituelle ,^t cela non-seulement dans le premier âge , mais aussi dans toute la série de changemens. consécutifs à la féconda- tion. Or, je trouve un accord presque complet dans tous ces points , d'après les observations que j'ai pu faire jusqu'à présent : quoique pourtant ces observations sur un sujet naturellement difficile, et qui n'ont été dirigées par mon point de vue actuel qu'à une époque assez ré- cente , ne me satisfassent pas encore complètement. ( =«34 ) Les faits qui se préseateront le plus vraisemblable- ment comme des argumens contre cette manière d'envi- saf!;er les Conifères , sont : la surface du sommet de la prétendue amande qui dans la plupart des cas est inégale et le siège apparent d'une sécrétion , son prolongement occasionel par-delà l'orifice de l'enveloppe externe, son adhérence à cette enveloppe par une portion consi- dérable de sa surface , et la division assez fréquente de l'orifice. Peut-être cependant la plupart de ces particu- larités de structure pourraient-elles venir au contraire à l'appui de l'opinion avancée plus haut , puisqu'elles sem- blent autant de modifications au moyen desquelles ces. parties s'adaptent à l'économie supposée. Il est un fait qu'on ne songera guères à objecter à cette opinion et qui pourtant me paraît présenter une difficulté ; c'est , dans les Cycadées et dans la plupart des Conifères , la structure de l'ovule composé seule- ment d'une amande et d'une tunique , structure com- parativement plus simple qu'elle ne se présente ha- bituellement lorsqu'il est renfermé dans un ovaire. Le défaut d'uniformité à cet égard pourrait même être mis en avant comme une autre difficulté : dans quel- ques genres de Conifères en effet , l'ovule paraît être complet. Il est vrai que dans VEphedra , où l'amande est pour- vue de deux enveloppes , il est possible de supposer l'ex- térieure analogue au calice ou involucre de la fleur mâle, plutôt qu'appartenant à l'ovule. Mais dans le Gnetum^ où il existe trois enveloppes , deux d'entre elles doivent très-probablement être regardées comme des tuniques de l'amande : tandis que dans le Podocarpus et le Da- ( 335 ) crydium, ce que j'ai appela autrefois (i) cupule exté- rieure , peut aussi éirc considéré comme le test de To- vule. A cette dernière opiuion , quant à ce qui regarde le Dacrjdium , on peut objecter la fente longitudinale de Tenveloppe extérieure dans le jeune âge , et son état dans le fruit mûr qu'elle ne recouvre que partielle- ment (2). Mais ces objections se trouvent puissamment écartées par la structure analogue déjà décrite dans le Banhsia et le Dtyandra, La pluralité d'embryons qu'on rencontre quelquefois ) Botan. Uandb. , m , p. 2^6 , lab. 3o8. (3) Linn. Societ. Trans. , viii , p. 3o8. (4) yinn. Mus, Uist. nat. , xv, p. 473. (5) Nouv. Bull, des Se. , m , p. 73 , 85 et m. (6) FLranRRs's , f^oy. , 11 , p. 57a. ( 238 ) nouveau ce sujet , relalivement à ce que j'avais établi au sujet de l'ovule végétal , je ne tardai pas à abandonner tout-à-fait cette opinion , sans me hasarder cependant à mettre explicitement en avant celle qui est exposée ici et que j'avais alors conçue (i). On sait bien que feu M. Richard avait préparé un Mé- moire de grand prix sur ces deux familles -, et , d'après quelques observations récemment publiées par son fils M. Achille Richard (2) , il paraît s'être formé sur leur structure une opinion un peu différente de celle de M. Mirbel, dont la cupule est , selon lui , le périanthe plus ou moins adhérant au pistil qu'il renferme. Il fut probablement conduit à cette manière de voir par un fait, dontje m'étais déjà assuré , savoir : que le caractère communément reçu de VEphedra est incorrect (3), qu'en effet son prétendu style est réellement le sommet pro- longé en tube d'une enveloppe membraneuse , et le corps qu'elle contient évidemment analogue à celui que pré- seiitcnl les autres genres de Conifères. Parmi les opinions les plus récentes de celles que j'ai citées ici , celle qui considère la fleur femelle des Co- nifères et des Cycadées comme un pistil nu , est sus- ceptible de deux objections principales. L'une de ces objections consiste dans la perforation de ce pistil et dans l'exposition de ce point de l'ovule où l'embryon est formé à l'action directe du pollen ^ l'autre dans la trop grande simplicité de structure de l'ovule prétendu , (i) Tccket's, Congo , p. 454 , et Linn, Soc. Trans. , xiu, p. ai 3. (a) Dict. class. d'Hist, nat. , iv, p. SgS , et V,. p. 216. (3) Dict. class. d'Uist, nat, , Yx, p. 208. ( 339) qui , d'après ce que j'ai montré , présente bien plus de ressemblance avec Tamande telle qu'elle existe habi- luellement. De ces objections , la première ne peut s'appliquer aux opinions de MM. Ricbard et Mirbel \ mais la se- conde acquiert un nouveau poids , suffisant , à ce qu'il me semble , pour rendre ces opinions beaucoup moins probables que celle que j'ai tâché de soutenir. En supposant cette opinion admise cprome étant la vérité , il resterait encore une question liée avec elle et de quelque importance , savoir : si dans les Cycadées et les Conifères les ovules sont produits sur un ovaire ré- duit dans ses fonctions et altéré dans sa forme , ou bien s'il» le sont sur un racbis ou réceptacle , ou en d'autres mots,' pour employer le langage d'une hypothèse, qu'avec quelques modifications j'ai autre part (i) lâché d'expliquer et de défendre relativement à la formation des organes sexuels dans les plantes phanérogames , si les avules de ces deux familles naissent sur une feuille mo- difiée ou viennent directement de la tige. Si j'adoptais la première siapposition , celle qui s'ac- corde le mieux avec l'hypothèse émise dans ce Mémoire, je l'appliquerais certainement d'abord au Cycas dans lequel le spadice femelle offre une ressemblance si frap- pante avec une fronde ou feuille partiellement altérée , dont les bords portent des ovules jusqu'à une certaine hauteur , et dont le reste se partage en segmens presque semblables en quelques cas à ceux d'une fronde or- dinaire. (i)£i/in. Soc. Trans. yxuiy p. an. ( '40 ) Or, l'analogie du spadice femelle du Cycas avec celui du Zamia est assez manifeste-, et de ce dernier à l'écailIe fructifère des vraies Conifères (comme celle des genres Agathis ou Dammara , Cunninghamia , Pinus et mttïïve Araucaria ) , la transition n'est pas difficile. Cette manière de voir est applicable aussi, quoique moins clairement , aux Cupressinées , et pourrait même être étendue au Podocarpus et au Dacrydium. Mais la struc- ture de^ces deux genres admet également une autre ex- plication que j'ai déjà fait remarquer. Cependant , si dans les Cycadées et les Conifères les ovules étaient en effet produits sur la surface d'un ovaire , on devrait peut-être , ce qui n'est pourtant pas une conséquence nécessaire , s'attendre à trouver leurs fleurs mâles différentes de celles de toutes les autres plantes phanérogames , et dans cette différence montrant quelqu'analogie avec la structure de la fleur femelle. Mais dans les Cycadées au moins , spécialement dans le Zamia , la ressemblance entre les spadices mâle et fe- melle est si considérable , que si le spadice femelle est analogue à un ovaire , le chaton partiel mâle doit être considéré comme une seule anthère produisant sur sa surface soit des grains nus de pollen, soit du pollen subdivisé en plusieurs masses munies chacune de sa membrane propre. De ces deux points de vue , l'un et l'autre peut à présent paraître également paradoxal : et pourtant Linné s'était placé dans le premier; car il s'exprime sur ce sujet dans les termes suivans : « Pulvis Jloridus in Cj-' eade minime pro Antlieris agnoscendus , sed pro nudo polline, quod unusquisque qui unquàm pollen antlie^ ( M^ ) rarum in plantis examinavitfatebitur, » Si cette opi- nion avancée avec tant de confiance par Linné ne fut jamais adoptée par aucun autre botaniste , cela paraît venir en partie de ce qu'il l'avait étendue aux fougères dorsifères. Bornée aux Cycadées , cependant elle ne parait pas si improbable qu'elle mérite d'être rqjelée sans examen. Deux faits du moins concourent à l'appuyer : c'est dans quelques cas , notamment dans les Zamia d'Amérique , la séparation des grains en deux masses distinctes et quelquefois presque marginales , représen- tant, comme on peut le supposer, les lobes d'une an- tbère : c'est aussi leur rapprochement en nombre dé- fini , celui de quatre en général , analogue à l'union quaternaire des grains de pollen qu'on observe assez fréquemment dans les anthères de quelques autres fa- milles. La taille considérable de ces grains de pollen supposés , ainsi que l'épaisseur et la rupture régulière de leur membrane , peuvent être considérées comme des circonstances liées naturellement à leur production et à leur persistance à la surface d'une anthère distante de la fleur femelle^ et avec celte structure, on pourrait aussi attendre un développement en grandeur correspondant dans les particules polliniques. En examinant celles-ci cependant, non-seulement je les trouve égales en volume aux grains de pollen de plusieurs anthères ; mais ellip- tiques et marquées sur un de leurs côtés d'un sillon lon- gitudinal , elles ont cette forme qui est une des plus com*- munes dans le pollen simple des plantes phanérogames. C'est pourquoi admettre sans autres fondcmens que ceux qu'on a dtyà indiqués , l'analogie de ces particules avec celles renfermées dans les grains de pollen, et celle des or- VIII. i6 ( 242 ) gaues qui les contiennent avec ce grain lui-même tel qu'il existe dans les anthères de la structure la plus ordinaire , ce serait faire une supposition tout-à-fait gratuite. Il est en même temps (Jigne de remarque que cette opinion, établie sur des bases plus solides , montrerait Texistence d'un développement correspondant dans les parties es-f seutiellcs des organes mâle et femelle. Le développement plus considérable de l'ovule consisterait moins encore dans la forme inusitée et dans l'épaisseur de son enve- loppe, partie d'une importance secondaire et sur la nature de laquelle on n'est pas d'accord , que dans l'état de l'a- mande de la graine , relativement à laquelle les opinions rie sont pas partagées, et où la pluralité d'embryons , ou au moins; l'existence et l'arrangement régulier des cel- lules dans lesquelles ils sç forment, est la structure uni- forme de la famille. Le second point de vue indiqué , dans lequel on con- sidère l'anibère des Cycadées coraipe produisant sur sa surface un nombre indéfini de masses polliniques ren- fermées chacune dans une membrane propre , ne trouve- rait d'appui que dans quelques analogies éloignées : par exemple , dans la structure de ces anthères dont les loges sont subdivisées en un nombre défini ou plus ra- rement indéfini de cellules , et notamment de celles de» étamines du gui. Je puis remarquer que l'opinion de M. Richard (i), qui regarde ces grains ou masses comme des anthères uniloculaires , dont chacune constitue une fleur mâle , me paraît offrir des difficultés presqu'égales. L'analogie entre les organes mâle et femelle dans les (î) Dict, class. d'Hist. nat. , v, p. ai6. (243) Conifères , en admettant Topinion qui reconnaît Texis- lence d*un ovaire sans parois , est à la première vue plus apparente que dans les Cycadées. Dans les Conifères ce- pendant , le pollen n'est certainement pas nu , mais ren- fermé dans une membrane semblable au lobe d'une an- thère ordinaire. Et dans ces genres où chaque écaille du ( liaton produit seulement deux lobes marginaux (comme les Pinus, Podocarpus , Dacr)'dium , Salishuria et Phjllocladus) ^ il rappelle presque la forme plus gé- mhale des anthères dans les autres plantes phanéro- games. Mais la difficulté se présente dans ces autres genres où sur chaque écaille on trouve un plus grand nombre de lobes , comme VAgathis et V Araucaria où leur nombre est considérable et en apparence indéfini, et plus particulièrement encore le Cunninghamia ou Belis dans lequel les lobes , au nombre de trois seu- lement , ont avec les ovules non-seulement ce rapport de nombre , mais aussi celui de l'insertion et de la di- rection. La supposition que dans ces cas les lobes de chaque écaille sont les cellules d'une seule et même an- thère , n'est que peu justifiée soit par l'origine et la dis- position des lobes eux-mêmes , soit par la structure des autres plantes phanérogames. Les seules analogies appa- rentes , quoique douteuses , que je puisse à présent me rappeler , se rencontraient dans Y Aphjteia et peut-être dans quelques Cucurbilacées. .^ ^^^^ .,, ,,,,,. Cette partie de mon sujet qui regarde l'analogie entre les fleurs mâle et femelle dans les Cycadées et les Co- nifères , me parait donc la moins satisfaisante , eu égard, tant à la question immédiate de l'existence d'un ovaire anomale dans ces familles , qu'à l'hypothèse à laquelle ( 24i ) j'ai plusieurs fois renvoyé sur l'orîgîne des organes sexueU dans toutes les plantes phanérogames. Observations sur la Larve du Ripîphorus bimaculatus; par M. Farines. (Extrait d^une lettre à M. le comte Dejean. ) .... La larve du Ripîphorus bimaculatus ( que j'ai né^ gligé de décrire ou de dessiner) vit dans la racine de rEryngium campeslre , qu'elle perfore au centre , et presque toujours dans le sens vertical. Elle se transforme vers la fin de juin, fabrique une coque delà grosseur d*une^ petite noisette , représentant une sphère un peu aplatie à sa partie supérieure qui est attachée par une espèce de pédoncule au tronc ou à la base des premières ramifica- tions de rEryngium campestre. Cette coque est constam- ment grisâtre et composée de beaucoup d'argile avec très- peu de sable ; aussi ai-je remarqué qu'on trouvait assez communément cet insecte sur les Eryngium qui croissent sur des terrains argileux , tandis qu'il est fort rare dans d'autres lieux. Du i*^ au 3o juillet il est transformé j il sort de sa coque par une ouverture ronde qu'il s'est prati- quée à la partie supérieure, et vient sucer les fleurs de la même plante quia nourri sa larve. On ne trouve cet insecte que pendant le mois de juillet, très-peu plus tôt, et pres- que point plus tard, toujours sur l'Eryngium campestre. Pendant trois étés que je l'ai cherché avec soin , je n'en ai trouvé que deux individus sur d'autres fleurs , l'un sur celles du Daucus carota , et l'autre sur celles de l'Apium petroselinum. La femelle dépose les œufs au collet de la racine. Ils éclosent aussitôt que la plante est en sève, ce qui a lieu au mois de mars. ( a45 ) Essais anatomiques et physiologiques sur la PhjrsioTwmie ( i ) ; Par Charles Bell. Dans r impossibilité où nous nous trouvions de tra- duire en entier cet ouvrage remarquable , nous avons pensé qu'il serait pourtant utile d'en faire connaître les principaux points d'une manière détaillée. Il est hors de doute que les vues de Tauteur feront époque dans cette partie de la science , et il est superfiu dç faire remarquer que ses observations sont d'un grand intérêt dans les arts d'imitation. C'est à ce double titre que nous avons cru que nos lecteurs nous sauraient gré d^une analyse qui pour le plus grand nombre poi^rra servira suppléer complètement l'ouvrage. En eflet toutes les idées générales s'y trouvent reproduites , les exem-^ pies les plus remarquables sont textuellement traduits , et dans tous les cas où nous étions forcés de faire des suppressions, nous avons cherché à les rendre moins sensibles en exprimant la pensée de Fauteur spi|^ ^ine forme plus concise. Ce que nous avons fait pour le texte , il nous a été plus facile encore de le faire pour les planches. Nous avons reproduit toutes celles qui nous ont paru dignes 4'attention , soit par leur iiui , soit par leur originalité. '•*'''•' '■■ '^ '-•• -^j ' - — — . (i) Essays on the anatomy and pkilosophy of JExpression , by Charles Bell. London : John Mmray , Âlbemarle-street , i8i4, seooûd «tUtion. 1 vol. in-4'', priée, a liv. la sch. 6 d. ViU. — Juillet 1826. 17 (=46) Qucint à celles qui sont copiées et qui n'offrent qu'un exemple propre seulement à montrer que les idées de l'auteur s'appliquent à tous les cas , nous avons cru pou- voir les supprimer sans inconvénient notable. Nous avons supprimé de même toutes les divisions en cha- pitres ou essais , afin de donner à la discussion une forme plus liée et un ensemble plus facile à saisir. Laissons maintenant parler l'auteur lui-même. Les variations de la physionomie humaine qui accom- pagnent les mouvemens de l'âme offrent à l'étude un sujet intéressant et facile. Néanmoins , bien que nous soyons continuellement à;.mêmq. d'observer ces signes extérieurs d'émotion , nous les remarquons à peine , jus- qu'à ce que recherchant les causes qui les font naître, nous essayons de recouvrer nos premières impressions et de les raisonner. Comment concevoir qu'un phé- nomène pliis familier encore pour nous que notre langue mère elle - même , et sans l'existence duquel la vie de la plupart des gens serait indifférente , n'ait pas été mis en rapport avec la philosophie? On doit l'attri- buer probablement à la négligence que l'on met à exa- miner la liaison étroite qui existe entre les opérations de l'esprit et celles du corps , et à l'idée très -inexacte , que tout ce qui peut être de quelqu'intérêt eu anato- mie humaine est déjà découvert. Des hommes du mérite le plus éminent se sont occupés depuis un si long es- pace de temps de la structure des animaux , qu'on a cru pouvoir en conclure qu'il ne restait plus rien à faire dans ce genre de recherches. Ceux qui avancent cette opinion ne peuvent ignorer que chaque découverte dans les sciences ouvre un nouveau champ aux investiga- (^47) lions , règle qui est spécialement applicable à Tanalo- mie. En effet , aucune branche de nos connaissances ne se trouve aussi étroitement liée aux autres sciences , ni aussi généralement dépendante de leurs découvertes que l'analomic , si nous comprenons par ce terme la con- naissance des fonctions aussi bien que celle de la struc- ture des corps animés. Je vois avec peine l'influence que cette opinion exerce sur nos jeunes étudiansj car elle leur enlève d^ zèle et ces jouissances qui appartiennent à leur âge et à leurs études. Je ne crains pas^de le dire, si celles-ci étaient suivies avec l'attention convejnable , elles nous offriraient l'espoir d'une moisson de découvertes non-seulement riche, mais sans cesse renaissante. L'étude de la structure des animaux doit avoir pour but non-seulement ce qui parait utile ; mais elle doit aussi s'é- tendre d'une manière indépendante à toutes les ramifica- tions qui peuvent faire espérer quelque perfectionne- ment dans nos connaissances générales. Nous ne savons jamais à quelle conclusion utile les recherches peuvent conduire , tandis que nous sommes assurés qu'elles nous causeront dans tous les cas une satisfaction intérieure , et que si elles ont du succès elles exciteront l'admiration et une sorte de louange involontaire. Je pensais autre- fois qu'il était nécessaire de préluder par quelques ex- cuses à mes recherches sur l'expression , convaincu que j'aurais pu m'occuper plus utilement qu'en me livrant à un sujet de pur délassement ; et à présent , si j'acquiers quelque réputation pour les rapports nouveaux que j'ai eu l'occasion de découvrir , j'en serai' principalement redevable aux idées que m'a suggéré ce sujet regardé ( MS ) nomnifî peu important. J'ai appris en réludiani de près, à regarder la conformation du corps humain, comme une combinaison matérielle essentiellement différente des choses d'invention humaine. Tandis que ces dernières offrent un assemblage de parties inventées pour parvenir à produire un effet donné , la première est disposée avec une perfection telle que chaque partie se prête à plu- sieurs fonctions. Le visage m'offrit des actions en si grand nombre et si bien définies, que je commençai à chercher par quelle structure particulière chacune d'elles pouvait s'obtenir. Ayant examiné de la même manière les autres organes , je commençai ainsi mes observations sur le système nerveux. Une erreur très-remarquable et long-temps propagée paraît la cause essentielle du retard dans lequel se trou- vent nos connaissances sur le mécanisme de l'expression, elle a borné les données réelles aux seules sensations que notre nature nous faisait éprouver. Ces Sensations , soit qu'elles aient été examinées d'après les méthodes scientifiques ou selon les règles du goût , ne nous ont con- duit à rien de précis , ou tout au plus à quelques théo- ries dépourvues de base positive. L'erreur dont je viens de parler est considérable , puisqu'on s'était trompé sin- les organes dont dépend l'expression. Il existe un système de nerfs qui se répand sur presque toutes les parties du corps , c'est celui du nerf sympathique , et comme on croyait généralement qu'en lui se trouvait la source de la sensibilité de nérorganes , toirt pbéht)mène obscur dans la. physiologie, la patholo- gie trti' là physionomie semblait faire nécessairement partie du domaine de ce système de nerfs. Les nerfs appe- ( =«49 ) lés sympathiques étant répandus sur tout le corps, il n'y avait pas une action ou une sensation , depuis la rou- geur causée par la colère jusqu'à rétcrnuement , qui ne fût aussitôt attribuée à l'influence de quelque branche ou réseau de ce système de nerfs. Quoique cette opinion fût universellement reçue dans tous les pays, elle n'avait aucun fondement véritable. Il est très-probable que le système sympathique, ou, , comme on l'appelle quelquefois , le système nerveux gan- glionnaire , dirige certaines opérations de l'économie animale-, mais il n'a aucune influence sur la constitution musculaire , soit dans l'accomplissement des mouvemens volontaires , soit dans celte influence du moral sur le physique que nous appelons passion. Dans le volume des Transactions philosophiques pour l'année 1821 , j'ai inséré une petite note qui prouve qu'indépendamment des nerfs communs qui sont les conducteurs de la sensibilité et des branches du nerf sympathique , il existe un nerf qui , parlant d'un point, s'étend sur le visage entier et qui possède des pouvoirs totalement différens. Il est aussi prouvé par des obser- vations faites sur les suites des accidens et des maladies de ces nerfs , ainsi que par des expériences tentées sur des animaux ,'que les mouvemens de la respiration sont sous l'influence de ce nerf. Il en est de même de ceux qui sont occasionnés lorsqu'on parle , en tant qu'ils ont rapport à la figure, ainsi que de toute indication d'émotion dans la contenance de l'homme ou de passion dans les animaux. Ces expériences ont aussi montré que le cours singulier que suit ce nerf , et qui diffère de celui des autres ^Ttierfs communs du visage ( circonstance qui a toujours été ( 250 ) connue, mais qui n'avait pas jusqu'ici été expliquée) ^ est ainsi dirigé pour qu'il puisse s'associer à une série de nerfs de la même classe et ayant les mêmes fonctions que lui. Malgré que ce nerf soit la source de toutes ces di- verses émotions qui indiquent la situation de l'esprit, je l'ai appelé le nerf respiratoire du visage, par des raisons dont je prie le lecteur d'attendre l'explication ; et j'y suis d'autant plus fondé que nous verrons l'appareil entier de la respiration servir d'instrument à l'expression , comme il est celui de la voix et du discours. Il est facile d'observer dans le visage l'utilité des nerfs pour les diverses modifications des traits. La tête accomplit en effet différentes fonctions. Nous y trouvons combinés les organes de la mastication , de la respira- tion y de la voix et de l'expression ; quelques mouvemens sont faits par l'influence directe de la volonté , tandis que d'autres sont des signes d'émotion , sur lesquels nous n'avons qu'une influence très-limitée ou très-im- parfaite. Le visage sert aux plus basses jouissances ani- males , et exprime les émotions les plus élevées et les plus délicates. Heureusement pour les recherches que nous faisons actuellement , les nerfs qui dans d'autres parties sont liés ensemble pour l'utilité de la distribu- lion dans des parties éloignées, sont ici distincts et se-» parés les uns des autres jusqu'à ce qu'ils se rencontrent à leurs extrémités. En voyant la planche qui montre les nerfs du visage, et en consultant l'explication , on verra qu'il y a deux séries de nerfs qui le parcourent *, un de ces nerfs sort devant roreille , et se répand sur toutes les parties j ui^'^ ( 35l ) autre nerf n'est pas vu durant sa course à travers la lète , mais on en voit les quatre branches sortant sur le visage ; la première, au-dessus des yeux , allant vers le front 5 la seconde, au-dessous de l'œil, se répand vers le nez et la joue j la troisième branche sort du menton , et la qua--. trième devant Toreille. Le grand nerf qui sort devant l'oreille et se répand sur le visage , n'existe dans aucune des familles infé- rieures des vertébrés , à moins que l'individu ne respire par les narines. Lorsqu'il existe , j'ai eu la preuve qu'il n'accorde pas de sensibilité , comme le font les autres nerfs , et que lorsqu'il est coupé en travers , la sensi- bilité de la peau n'est point diminuée; mais si ce nerf est coupé en travers , les mouvemens des narines qui accompagnent la respiration cessent immédiatement. Au contraire , si on coupe les autres nerfs qui sortent sur le visage , et qui viennent de la cinquième paire , la sen- sibilité est détruite , et si l'on divise le tronc de ce même nerf, le mouvement de la mâchoire n*existeplus ,* mais les mouvemens du visage qui suivent ceux de la poitrine dans la respiration, soit qu'on soit éveillé ou endormi , continuent à avoir lieu. Lorsqu'un cheval a couru et que sa respiration est de- venue difficile, les narines se dilatent et se contractent air ternativement , tandis que la poitrine s'élève ou s'abaisse : de même dans l'homme , excité par l'exercice ou la co- lère , les épaules s'élèvent à chaque respiration , les muscles du cou et du gosier sont violemment contractés, et les lèvres et les narines suivent par tous leurs mouve- mens la morne disposition. Ainsi, des parties éloignées par leur position se trouvent combinées par leurs fonçr- ( =«5. ^ lions , et lorsqu'elles sont aussi unies dans Faction de la respiration , c'est par le moyen de nerfs distincts et appropriés à cet effet. Les nerfs qui agissent dans cette occasion , sortent de l'endroit où la moelle épinière re- joint le cerveau , et de là ils divergent vers des parties éloignées , vers le visage , la trachée , le cou et les épaules , la partie extérieure de la poitrine et le dia- phragme. La séparation d'un de ces nerfs empêche la partie dans laquelle il est distribué de coopérer à l'ac- tion de la respiration , sans pourtant la priver de sensi- bilité ou sans empêcher l'activité de ses muscles ^ lors- qu'elle est excitée par d'autres nerfs ou par l'accom- plissement de quelqu'autre fonction. J'ai désigné ces nerfs d'après leur principale fonction sous le nom de nerfs respiratoires , puisque c'est seu- lement par leur secours que les muscles sont excités à l'action de la respiration ^ mais nous demanderons quels autres offices accomplissent les organes de la respira- tion et particulièrement les nerfs respiratoires ? Ils se combinent dans Taction du discours sans aucun doute , et je prouverai également qu'ils sont aussi les organes de l'expression. L'anatomie comparée prouve qu'ils sont en plus grand nombre et paraissent anastomosés d'autant plus fréquemment , que le pouvoir d'expression est plus fort chez l'animal. Tout le monde a pu observer non-seu- lement la ressemblance qui existe entre le visage du singe et celui de l'homme , mais aussi la vivacité de sa physionomie qui est en harmonie avec cette similitude de traits. Les nerfs de la face et du cou du singe sont en grand nombre et fréquemment réunis j mais en cou- ( 253 ) pant le neff respiratoire du visage du singe , les traits deviennent morts et incapables d'exprimer les passions qui agitent Tanimal. Pourtant après cette expérience , la peau reste sensible et les muscles des mâchoires et de la langue conservent la faculté de broyer et d'avaler ,* seulement on ne peut apercevoir aucune grimace ni aucune expression. Si le nerf respiratoire est coupé d'un côté , l'expression est totalement éteinte de ce côté , tandis que le mouvement des sourcils , des lèvres et de la joue se conservent de l'autre , comme auparavant. Qui ne sait combien il y a d'expression dans la phy- sionomie du chien ; qui ne se rappelle le regard spiri- tuel et tendre avec lequel il contemple le visage de son maître, ou le coup-d' œil plein de fierté qu'il lance à son antagoniste? Tout le feu de l'expression disparaît au moment où le nerf de la respiration est divisé ; l'animal combattra avec autant de courage, mais il n'y aura aucune contraction sur ses lèvres , ses yeux ne brilleront pas , et ses oreilles ne se redresseront pas en arriéré. Le vi- sage est inanimé , quoique les muscles de la face et des mâchoires continuent leurs offices lorsqu'ils sont sous l'influence d'autres nerfs. En coupant le même nerf à un chat , il peut être privé de toute expression. Si l'on coupe le nerf d'un des côtés de la tête, au point où il sort devant l'oreille , l'œil ne brillera plus, les paupières ne conserveront aucun mou- vement non plus que les moustaches -, elles ne re- mueront plus au moment de la colère , tien que l'autre côté ne soit privé d'aucun de ces mouvemens. Quoique les oiseaux manquent d'expression, parce que chez eux le bec remplace la bouche et les narines , il ( 354 ) existe pourtant un signe pour exprimer la eolère dans le mouvement des plumes -, dans les combats de coqs , les plumes de l'animal se hérissent autour de sa tête au moment du combat , ce qui , joint à la position de la tôle, exprime son ardeur. Mais lorsque l'on divise le nerf respiratoire , les plumes ne se relèvent plus , mal- gré que la disposition à combattre soit toujours la même. Un accident ou une maladie qui airecterait le nerf res- piratoire du visage de l'homme , donnerait lieu aux mêmes résultats que les expériences sur les animaux. Si le nerf respiratoire se trouve affecté d'un coté du vi- sage , l'individu ne peut j^us ni rire ni pleurer de ce côié 5 alors le plus léger sourire donne à toute la phy- sionomie une expression désagréable , qui est la suite de Faction inégale des muscles 5 le sourire a lieu du côté où. le nerf est intact , tandis que les muscles de l'autre coté restent immobiles , et ne peuvent que grimacer. Dans la première édition de cet ouvrage , j'ai parlé du nombre et de la multiplicité des muscles qui ser- vent à donner l'expression 5 ces nouvelles découvertes de propriétés distinctes dans les nerfs , nous mettent k même d'apprécier pourquoi il existe une complication, de branches nerveuses qui est proportionnée , non-seu- lement au nombre de muscles qui sont mis en mouve- ment dans l'expression , mais aussi à la diversité d'u- sages auxquels ils sont appelés et aux différentes com-^ binaisons qu'ils forment , lorsqu'ils se trouvent liés avec différens organes. Il paraît à présent qu'avec le secours de nerfs appropriés à cet usage , les muscles du visage , du cou et de la poitrine , coopèrent à l'action de la res- piration. Il est aussi prouvé par ces observations que ( 255 ) c^est au moyen des nerfs de la respiration que les muscles deviennent les agens de l'expression 5 car malgré qu'il» puissent encore agir et sentir après que les nerfs respi- ratoires sont coupés, ils ne conservent alors aucune expression , mais restent immobiles , même lorsque l'a-» nimal est soumis aux plus graiide» souffrances ou qu'il entre dans l'accès de la plus vive colère. Par conséquent, lorsque nous aurons prouvé que les organes de la respi- ration sont aussi les organes de l'expression et du dis- cours , l'incertitude qui environne ce sujet disparaîtra , et tous les mouvemens de la physionomie et la pose même du corps deviendront aussi intelligibles que Tex-^ pression naturelle de la voix. L'auteur , admettant des changemens dans l'expres- sion physiognomonique dont on n'a pu jusqu'à présent saisir la relation avec l'état de l'intelligence qui les ac- compagne , se propose d'énoncer sa pensée à ce sujet avant d'entrer dans quelques détails sur les mouvemens de la physionomie humaine. 11 établit d'abord qu'il existe une sorte de dépendance de notre intelligence à l'égard du corps qui place celle-ci dans le cas de varier ses conceptions par des causes purement physiques , bien entendu toutefois que l'intelligence de l'homme lui révèle souvent de hautes pensées libres de toutes subjec- tiens matérielles et qui se rapportent à une cause toute puissante et infinie comme les précédentes se rapportent anx phénomènes physiques de ce monde. Notre àme se trouve ainsi le centre de deux ordres d'idées. Celles qui ont trait aux objets matériels ne peuvent lui être com- muniquées que par l'intermédiaire des sens. Celles qui j'elèvent à la source de toutes choses lui sont révélées ( a56 ) immédiatement , ou du moins par un sens intérieur lout- à-fail indépendant de ce qui nous environne. Quant aux mouvemens intellectuels qui se manifestent par l'inter- médiaire des corps , l'auteur distingue ceux qui provien- nent directement des sens et ceux qui animent le tableau intérieur produit parJeur office , et lui donnent en quel- que sorte la vie ; ces derniers sont des mouvemens intellec- tuels passionnés placés sous une influence organique gé- nérale dont l'auteur assigne le siège dans l'appareil respi- ratoire. On aura peut-être quelque peine à lui accorder que le chagrin , la joie ou Tétonuement aient leur source dans la constitution physique ; mais il compare ces phé- nomènes à ceux que Ton observe dans les organes des sens. La lumière, le goût, le son, ne sont point des matières transportées par l'organe au sensorium , mais des modifications de cet organe qui lui sont transmises , tellement qu'une cause uniforme peut modifier en sen- sations variées ce même sensorium suivant le lieu ou l'or- gane auquel on l'applique. Une aiguille qui pique la ré- tine ne cause ni douleur ni peine , mais produit l'image d'une vive étincelle 5 et la même aiguille , en blessant les papilles de la langue ou celles qui appartiennent à d'autres organes, développera des sensations tout-à-fait diverses. En admettant ce mode de communication entre les objets extérieurs et le cerveau , l'influence des or- ganes sur les perceptions devient manifeste et facilç à comprendre. Relativement aux mouvemens passionnés , l'auteur cite à l'appui de ses idées les circonstances qui ont obligé les anatomistes à établir une distinction importante entre la sensibilité intérieure et la sensibilité extérieure , et (,57) compare sous ce point de vue la peau qui recouvre U surface du corps et qui est si biçu disposée à recevoir touies les impressions extérieures, et le cœur qu'on sait depuis si long-temps être presque dépourvu d'irrita- bilité. Tout le monde connaît l'histoire de ce gentil- homme qui avait le cœur mis à découvert par un abcèi , et que le célèbre Harvey eut l'occasion d'examiner» C'est donc au cœur et au poumon , et en général à l'important appareil de la respiration, quelque étrange que cela puisse paraître, que nous devons rapporter cette classe de phénomènes qui accompagne les passionsi Il existe un appareil de muscles très- étendu , qui se trouve lié avec le cœur et qui agit d'après son excessive sensibilité. Ces muscles constituent sans aucun doute les organes de la respiration et du discours , et de plus ils sont encore les organes de l'expression et paraisseiit né* cessaires aiT développement des émotions dont ils de- viennent , par leur mouvemeut , les signes extérieurs. Nous savons que certaines positions d'esprit influent sur les sensations du cœur ; par cette influence' «corpo- relle , une nombreuse série d'agens venant directement du cœur , et indirectement de î'esprit , se trouvent mis en mouvement. Nous sommes déjà soumis à cette in* fluence dans un âge si tendre que nous sommes obligés de reconnaître que Faction des organes de l'expression précède les affections mentales avec lesquelles elles se joignent ensuite ; qu'elle les accompagne dès le premier moment , leur donne plus de force , et les dirige. En con-*- séquence , ne pourrait-on pas dire aussi que les organes du corps , qui se mettvent en sympathie arec Tespnt, pro- duisent la même uniformité de èenlimens intérieurs, d'é- ( 258 ) motions et de passions parmi les hommes , qu'il en existe i l'extérieur par les opérations semblables des organes des sens ? Donnons ici quelques exemples , et voyous si les idées reçues sur les diverses passions nous expliqueront ce phénomène , ou s'il nous faudra avoir recours à l'anato- mie* Plusieurs choses coopèrent à donner l'expression des passions. Examinons l'expression de la terreur, nous comprendrons facilement pourquoi l'individu qui est sous son influence tient les yeux fixés sur l'objet de ses craintes ; ses sourcils sont élevés autant que possible , et ses yeux sont excessivement ouverts, ou bien sa démarche est tremblante et peu assurée , et ses yeux errent de côté et d'autre d'une manière rapide et sauvage : nous aper- cevons seulement dans ceci l'application de son esprit sur l'objet de ses appréhensions , et son influence directe sur l'organe extérieur. Mais continuons nos observa- tions , nous verrons sa poitrine oppressée , il ne peut res- pirer librement , sa poitrine est soulevée , les muscles de son cou et de ses épaules sont en mouvement , sa respi- ration est courte et rapide , un mouvement convulsif fait trernbler ses lèvres et sa joue creuse , son gosier se gonfle et se serre. Pourquoi son cœur bat-il , tandis que la circulation de son sang a si peu de force , car ses lè- vres et ses joues sont extrêmement pâles? Les organes intérieurs de la sensibilité agissent , même durant le sommeil , et démontrent la source de l'expression musculaire. Au spectacle, qui porte une foule de gens de divers âges , d'habitudes et d'éducation différentes, à croire que tou* les mouvemens sont vrais ? ( 2% ) Le silence que garde chacun , lorsque les acteurs sont si- lencieux , prouve que tous les hommes se tiennent par un scnlimenl universel , et ce sentiment excite par l'expres- sion est tellement dan» notre nature , qu'il a de l'in- fluence sans être raisonné. Xe cœur et les poumons peuvent être regardés assu- rément comme deux parties ayant les mêmes fonctions. L'action du cœur et le mouvement des poumons sont également nécessaires à la circulation du sang, qui est destiné à l'approvisionnement du corps, l'interruption de leur mouvement met la vie en danger. Ces deux or- ganes sont unis par des nerfs , et par conséquent agissent ensemble ; on les voit correspondre dans toutes les oc- casions où ils sont en mouvement , et l'accélération de l'un est directement suivie par le même symptôme dans l'autre organe. Le mouvement des poumons vient d'une force tout- à-fait extérieure à ces organes : les poumons par eux- mêmes sont passifs. Ils sont mus par un très-grand nom- bre de muscles placés sur la poitrine , le dos et le cou ; ces muscles donnent le mouvement aux os de la poi- trine, et les poumons suivent les mêmes mouvemens. Bien que le cœur et les poumons soient insensibles aux impressions ordinaires, ils sont très-vivement af- fectés par l'action qui leur est propre, et souffrent du plus léger changement tant physique que moral. L'im- pression qu'éprouvent les organes intérieurs n'est point visible sur eux , mais sur les muscles extérieurs qui coopèrent à leur action. Celte loi est commise à tout le genre humain ; nous en voyons les conséquences chez les personnes susceptibles, et nerveuses , qu'un simple ( 200 ) changement de position , relibrt de se lever, ou la plus légère émoUon d'esprit trouble et agile. Mais c'est sur- tout lorsque les gens les plus forts sont abattus par cette union mystérieuse de l'âme et du corps , lorsque les pas- sions déchirent le cœur , que l'on a la peinture la plus affligeante de la fragilité humaine , et la preuve la plus sûre que les passions influent avec tant de force sur les organes respiratoires. Je réclame l'attention de mes lecteurs pour les détails suivans , qui comprennent l'étendue des actions de la respiration et la dislance des parties qui se trouvent agitées en sympathie avec le coeur. L'action de la respi- ration n'est point seulement appropriée au tronc. L'ac- tion de certains muscles sur le larynx , le gosier, les lèvres , les narines , doit nécessairement élargir ces tubes et ces ouvertures _, de manière à ce que l'air puisse y être admis par la respiration avec une facilité qui cor- responde au mouvement de la poitrine , sans cela , les côtés de ces tubes plians se réuniraient, et nous serions suffoqués par le mouvement ou la colère. Examinons combien de muscles se trouvent combinés dans la simple action de la respiration , combien il y en a d'ajoutés dans l'action de tousser, et comment ces derniers sont chan- gés el modifiés dans l'éiernuement. Réfléchissons sur les combinaisons variées des muscles du gosier , du larynx , de la langue , des lèvres, lorsque l'on parle ou que l'on chante, et nous pourrons alors apprécier avec exactitude les modifierions des muscles qui se trouvent associés dans la simpliiittion de dilater ou de comprimer la poitrine-; mais combien les changemens apportés à ces muscles sont encore plus nombreux , si la nature les emploie ( 26. ) non -seulement dans le langage d-es sons, mais aussi dans le langage de l'expression , dans la contcnancç entière , et certainement l'un est autant leur office que l'autre. Examinons comment la machine travaille. Observons un homme menacé de sufFocation. Nous voyons une ex- pression soudaine d'énergie sauvage se répandre sur tous ses traits. ^ous voyons les contractions de son gosier , les mouvemcns pesans de sa poitrine et de ses épaules , et les grimaces spasmodiqucs de son visage. Il étend la main , et semblable à un homme qui se noie , il cherche à saisir quelque chose. Ce sont des efforts faits sous l'op- pression , sensation insupportable à son être ^ et ce sont les moyens que la nature emploie pour conserver la ma- chine animale , en donnant à l'organe vital une sensi- bilité qui porte d'une manière irrésistible au plus grand exercice. Cette pénible sensation marque l'instant qui nous in- troduit dans le monde aérien^ c'est elle qui conserve les fonctions vitales durant toute notre existence. La dou- leur est l'agent qui tient éveillé avec le plus de succès les facultés endormies à la fois de l'esprit et du corps. Lors- que l'enfant est encore dans le sein de sa mère , il ne vit pas encore par la respiration j il possède un organe qui exerce l'office des poumons. Lors de la naissance il y a un court intervalle entre la perte d'un organe et le moment où l'autre lui est substitué ^ la respiration n'aurait point lieu , et les poumons n'kccompliraient pas leurs fondions , sans ce pénible et irrésistible Nisus qui met tous les muscles correspondans en mouvement. On voit des spasmes et des contractions se répandre sur la poitrine de Tenfant. Les traits sont en mouvement, VJii. l8 ( 2()2 ) H les muscles du visage sonl agiles , proLablenient pour la première fois ; eiiGu , l'air est admis dans les poumons, on eîitend un faible cri ; Tair, par de successives inspi- rations , dilate entièrement la poitrine , et Tenfant crie fortement. Alors Tinspiration régulière est jiiablie, ef la macliine animale mise en repos. De nouveaux besoins succèdent aux cliangemcns que la constitution a éprou- vés. Le sein de la mère fournil la nourriture. Durant tout ceci , personne ne sympathise avec le petit être qui souffre , et les contractions avec lesquelles il entre dans le monde excitent seulement le sourire. u La colère , dit lord Bacon , est certainement uno passion basse , ce qui paraît bien prouvé par la faiblesse des sujets sur lesquels elle règne : les enfans , les femmes , les vieillaixls , les malades » -, mais je puis dire que dans aucun mouvement de la vie , la colère ne ré- pand une expression aussi forte sur les traits humains qu'au premier instant où nous voyons la lumière. Dans ce moment il se forme une association dans les muscles qui sont ensuite mis en mouvement. Elle donne un caractère d'expression qui continue durant toute la vie-, elle manifeste durant la première enfance les be- soins du corps , et dans un âge plus avancé les souf- frances de l'esprit. La constitution du corps , com- binée pour le soutien des fonctions vitales , devient l'ins- tniment de l'expression ^ une série étendue dépassions, en influant sur le cœur , et en affectant cette sensibi- lité qui gouverne les muscles de la respiration , les met en co-opération , de sorte qu'ils deviennent un sigt^o certîiin de diverses positions de l'esprit : ce sont les or- ganes de l'expression. Si nous revenons maintenant à l'al>- ( 7M ) si'l vallon dv <|iu;lquos-liiios ) Eu second lieu , il est évident qu'aucune lliéorie de tension ou de relâchement des muscles n'exj)liquera les effets produits sur le visage par aucune de ces deux émo- tions opposées. Il y a action de certains muscles à la fois dans le rire et les pleurs, et nous ne pouvons pas expli- quer des mouvemens si particuliers et si distinctement marqués , en supposant qu'ils résultent de certains mou- vemens volontaires que ces passions suggèrent. Le coin de la bouche baissé donne un air d'abatte- ment et de langueur à la physionomie , lorsque cela est accompagné par un relâchement général des traits , ou pour mieux dire des muscles. Lorsque le corrugateur, qui lie les sourcils , agit aussi , l'expression prend une teinte de chagrin et de tristesse ; si le muscle frontal s'y joint , la partie intérieure du sourcil s'élève avec une expression douloureuse^, très -différente de l'expression donnée par l'action générale du muscle frontal , et qui est sans aucun doute le caractère d'une peine vive ou du mécontentement , suivant l'expression répandue sur le reste de la personne. En observant plus exactement , nous verrons pour- tant que lorsque l'abattement et la langueur sont indi- qués par la dépression de l'angle de la bouche , celte dé- pression est légère et peu marquée , car l'abaisscur de l'angle de la bouche ne peut agir fortement sans le secours d'un muscle , savoir, du superbe , qui produit aussitôt un changement dans l'expression , et donne à la lèvi*e infé- rieure un air de dédain. L'expression du chagrin est un air d'abattement géné- ral répandu sur toute la contenance ; les forces ont gra- duellement été épuisées par la violence du cliagrin , le ( 27. ) manque du repos , les sanglots , enCn lout le trouble térieure , charnue et circulaire qui entoure le bord d«j l'orbite , et la bande plus petite de fibres pâles, qui est sur les paupières : Ces der- nières servent à fermer les paupières. Mais le premier n'agit que com- bjnié avec les autres muscles de la face pour l'expression des passions ou; dans quelque cas d'excitation convulsive de cette partie. Dans le rire , et lorsqu'on crie , le muscle extérieur, qui est le plus puissant , est eu action : «.'i^t liû qui fronce la peau sur les yeux et enfonce le globe de l'ceil. Dans lUvcesse, qui produit une sorte de paralysie momentanée, les paupières sont disposées à se fermer, et i'élévutioii forcée du sour- cil oblige pourtant d'élever la paupière supéiieure : très - souvent ces sourcils sout élevés inégalement, ce qui caractérise davantage cette expression'. Ainsi , dans Tétat d'ejHiiscmijDt causé, par de lougueS' souffrances. ( a84 ) !•• paupières pesantes et couvrant à moitié la pupille , et le sonrcil éleyé , indiquent une grande faiblesse et beaucoup d'abattement. Muscles moteurs des narines. P , muscle gui naît de la mâchoire supérieure et descend pour s^aitacher 2i la lèvre supérieure et à la narine ; d'après cela on le nomme élé' valeur commun de la lèi^re supérieure et de l'aile du nez , comme son nom rindiquc : il sert à élever la lèvre supérieure et les narines. )E, série de libres qui comprime les narines : c'est le tiiangulaire dc| nez. L'abaisseur de l'aile du nez se trouvant placé sous l'orbiculaire dca lèvres , il prend naissance près de l'alvéole de la dent incisive , et se Irouve inséré au cartilage mobile qui forme les narines. Ces trois muscles servent à étendre et à contracter l'ouverture defl narines j ils se meuvent de concert avec les muscles de la respiration , et par conséquent le gonflement des narines indique une excitation générale de l'activité animale. L'expression des narines dilatées donne nn air spirituel à l'ensemble de la physionomie : cela indique une pré-> paration à l'activité dans toute la personne. Muscles 4e s lèvres^ f, élévateur propre de la lèvre supérieure. Il naît de l'os de la mâchoire supérieure , près de l'orbite. Il est exclusivement destiné à la lèvre supérieure , et sert à l'élever. G y muselé canin. Placé sous le précédent , ce muscle est par cela même plus court ; il sert à élever l'angle de la bouche. |I , muscle zygomatique. Il est ainsi nommé parce qu'il provient de l'arcade zygomatique : il s'insère dans l'angle de la bouche. Il existe quelquefois un muscle additionnel de ce nom , qui en est distingué : c'est le petit zygomatique. Ces derniers muscles forment une série; ils élèvent la lèvre supérieure et l'angle de la bouche , de manière à faire voir la dent canine , même chez les hommes. Nous les trouvons très-forts dans les animaux carnivores, tandis qu'il n'existe pas de mouvement semblable dans les herbivores. Si ces muscles agissent ep sens contraire des fibres circulaires des lèvres, l'expression est triste ^amère , mais s'ils sont influencés par Vorbiculaire des lèures et l'or- fficulaire des paupières , et $i le premier de cçs muscles est relâché e» (285) Tautre contracte , la partie supérieure de la face prend une expression ouverte , gaie et souriante. K , muscle orbiculaire des lèvres. C*08t un muscle circolaire qui forma la substance charnue des lèvres ; il ferme la bouche , et lorsquMl peut agir entièrement, il fait froncer les lèvres : c'est l'antagouiste des an- tres muscles qui viennent se fixer en grande partie dans les lèvres. M , le naso-lahial. Ce muscle tire en bas le septum du nez , et appartient à la précédcnle série de muscles, N , muscle triangulaire des lèvres. C'est un fort muscle qui s'clève de la base de la mâchoire inférieure et est inséré dans Tangle de la bouche. O, muscle quarré du menton , ou abaisseur de la lèvre inférieure. P , muscles releueurs du menton.Ce sont des muscles petits , mais forts , qui naissent de la mâchoire inférieure , près des alvéoles des dents in- cisives, descendent et sont fixés dans le tégument du menton, de façon que par leur mouvement ils relèvent le menton et avancent la lèvre inférieure. Q , le buccinateur est un muscle qui forme la partie charnue de la joue. Il sert principalement à mouvoir les alimens pendant la mastication , et est particulièrement développé dans les animaux herbivores et ru- minans. Dans le gros rire il retient les lèvres. Il existe toujours des muscles propres à la mastication , mais c'est lorsqu'ils servent encore à l'expression et à la parole qu'ils offrent leur plus haut degré de perfection. Le muscle orbiculaire est particuliè- rement aff'ecté dans les diverses émotions de l^me : il tremble ek/se relâche dans le chagrin ; il est également relâché dans le sourire. En- fin , dans les pleurs il est comme tiraille par la contraction de son an- tagoniste. La réunion de tant de muscles dans l'angle de la bouche produit la proéminence charnue que l'on remarque particulièrement chez les personnes qui ont le visage maigre et en m<îme temps musculeux. Lorsque les joues sont grasses et pottelées , ce sont ces muscles qui produisent la petite fossette de la joue. L'augle de la bouche n'off're autant d'expression que parce que l'or- biculaire et la série supérieure et inférieure dos muscles qui y sont attachés prédominent dans les mouvemens de la face. L'action simultanée des muscles triangulaire des lèvres et releveur çlu menton donne lieu à une expression particulière k l'homme. L'an- gle de la bouche abaissé , et la lèvre arquée et élevée , donnent l'ex- nression la plus méprisante et la plus orgueilleuse. ' r ( 286 ) Le temporal est un musde fort , fermant U mâchoire inférieure :;Q e«t assisté par le muscle masseter ( R. ) , qui , placé sur le côté ex- terne de la mâchoire inférieure , naît de Tarcade zygomatique , et ■^insère à Tangle de la mâchoire. pL. XXÏII ET XXZIII. Diverses modifications de la physionomie décrites dans le Mémoire. Sur quelques Fossiles du grès bigarré. Par M. Gaïllardot, D.-M. , Membre de plusieurs Sociétés savantes. Une grande partie de la pierre dç taille^ employée pour la conslruciion des maisons et des grands édifices à Lunéville , offrant des empreintes et des débris de vé- gétaux , j'ai été curieux de visiter les carrières d'où on la tirait. On en exploite en deux endroits , à Mervillers près de Baccarat , et à Domptail , département des Vosges , sur la limite du déparlement , à une lieue de Magnières, et cinq de Lunéville. J'ai été visiter celles de Domptail , et cette excursion m'a été d'autant plus agréable , que j'ai, eu l'avantage de la faire avec les doc- teurs Lamoureux de Nancy ^ Mougeot de Bruyères , et avec M. Périn de Lunéville > qui se livrent tous trois àr l'étude de la Géognosie. Il est peu de localités , peut-être , qui soient plus con- venables pour étudier et pour se faire une idée de la formation du grès bigarré. C'est près de Domptail , à un quart de lieue de ce village, que se trouvent ces car- rières. Là , le grès bigarré s'avance dans le calcaire cor ( =«87 ) quiUier dont il est entouré , excepté à F Est , où il s«. lie à la grande forma lion du grès rouge ancien. La col- line sur laquelle est fcâii Domptail est calcaire. Ce grès paraissait s'avancer et reposer sur le calcaire. A Rem- bervillers , et en plusieurs endroits , M. le docteur Mou^ geot a cru voir le grès bigarré reposer sur le calcaire co- quillier -, mais observons que c'est tout-à-fait sur la li- mite des deux terrains (i). Apx carrières de Domptail , le grès bigarré est disposé en grands bancs horizontaux , dont les supérieurs sont les moins puissans. De grandes fissures coupent vertica- lement ces bancs à diverses distances. Les couches en sont; très-variées. Quelques bancs offrent une disposition schisteuse déterminée par Tabondance du mica blanc ar- gentin, qui donne à certains morceaux l'aspect d'un gneiss- Ces grès sont de diverses couleurs, du blanc , du gris , du verdàlre, du rouge -, cette dernière couleur est cependant celle qui domine. Les bancs ou assises de ces. grès sont séparés par des couches plus ou moins épaisses de grès à grains très-fins , et d'argiles schi3teuses diversement colorées , rouges , jaunes V vertes. Ces, argiles se présentent même dans l'inr , térieur du grès en masses de différeijites; grosseurs , ou en, petits, aqaas désignés par les mioéralogistes allemands sous le nom de J^hon-gallen, pans le centre même des plus gros bancs , on trouve " '■ — -rrr^r:^ ;r:r(^cT !^;-V- ^ (ijt ]VI,. £lie de Beaumout, qui a parcouru rëcemment cette môipe coQ(r^e f et qui a examiné la carrière de Domptail et les fossiles qu^elle renferme , s'est assuré que ce grès appartient bien îi la formation de grès bigarré, et qu'il est évidemment recouvert dans un grand nombre de points par le, calcaire. cpquUiier (M uschelkalL). R. ( 288 ) des tiges , des feuilles de grandes espèces de roseaux , aplaties , dont on ne peut reconnaître les caractères. Dans les bancs inférieurs , les ouvriers trouvent des em- preintes qu'ils prennent pour des arêtes de poissons , mais qui , d'après un petit échantillon qu a vu M. le docteur Mougeot , ne sont que des empreintes de fou- gères semblables à celles qu'il a observées aux carrières de Mélendal et de Grandviller. Dans les couches de grès plus tendre qui séparent les grands bancs , on voit souvent de ces végétaux en grande quantité. Le végétal est converti en une espèce de terre d'ombre et de fer hydraté. Quelques-uns présentent des cellules tout-à-fait remplies d'une substance noire , lui- sante , ayant tous les caractères de la houille. Mais ce qui a le plus vivement fixé notre attention , ce sont des couches , ou plutôt des amas de coquilles marines , entièrement formées d'un grès très-friable , se réduisant facilement entre les doigts en une terre légère , de couleur bistre plus ou moins foncée et contenant beaucoup de fer hydraté. On ne voit plus rien du test. Il paraît seulement remplacé par un grès plus fin, ocreux, de couleur moins foncée que celui qui a rempli et formé le moule interne de la coquille. Rien ne fait effervescence avec les acides dans ces amas de coquilles. Il n'y existe plus rien de calcaire. Les formes de ces coquilles s'y présentent dans toute leur intégrité , et généralement elles ne paraissent point avoir été brisées. Ces amas ou agglomérations de coquilles s'observent plutôt entre les, bancs du grès bigarré j cependant ils n'accompagnent pas dans toute leur étendue les couches fissiles de grès plus fin ou d'argiles feuilletées qui se- ( ^89 ) parent les bancs. Ils s'y trouvent aux dépens des massifs de grès. On en voit même dans le corp*s de ces bancs, for- mant des espèces de nids de peu d'étendue. La 6g. 12 , pi. 34 1 représente un de ces amas de couleur brune , au milieu d'un grès micacé blanc assez dur , renfermant des débris de végétaux. Ce bloc offre l'image d'une carie , et Ton pourrait croire que c'en est une , une sorte de décom- position de la pierre , si cette terre brune n'offrait une agglomération de coquilles bien conservées d'univalvcs et de bivalves. Quand ces amas de coquilles accompagnent les cou- ches d'argile feuilletée , ils vont se terminer brusque- ment au milieu d'un banc de grès , et l'argile continue de faire la séparation des grands bancs sans changer de direction. On en voit à différentes élévations. Ils ren- ferment aussi des débris de végétaux dont quelques-uns, par leur apparence ligneuse et par leur volume , peuvent bien avoir appartenu à des arbres de la classe des Di- cotylédones. J'y ai remarqué des cavités contenant encore des par- ticules osseuses dures , approchant même de l'émail, et qui pourraient bien avoir appartenu à des dents. Ces dents ou ossemens auraient eu la longueur et la gros- seur d'un tuyau de plume ordinaire , un peu arqué. Les particules osseuses qui y étaient encore contenues font une effervescence lente dans l'acide nitrique , et s'y dis- solvent presqu'entièrement. Les coquilles que l'on voit dans le grès bigarré de Domptail ne sont point celles du calcaire coquillier qui se trouve dans les environs. Il y a des uni valves et des bivalves. Ces fossiles peuvent déjà donner un aperçu de ( 290 ) Tège relatif, ou de l'époque de la formation du grès bi- garré. C'est à Tépoque même de sa formation que les coquilles qui s'y trouvent ont pu y être enfermées. Celles que Ton y voit en plus grande abondance sont des Natices , des coquilles turbinées de différentes gran- deurs ; une bivalve voisine des Cardiles ou des Cylhérées, et une autre voisine des Donaces ou des Solens. L'absence de la coquille même dont on ne voit plus que le moule interne , se réduisant en poussière à la moindre pression , ne permet pas d'en étudier les carac- tères. On trouve cependant quelques-uns de ces fossiles faisant pariie de la roche qui enveloppe ces amas , qui en ont la dureté et le grain , ce qui prouve que le tout est de formation simultanée. Les Natices ont les tours de spire un peu aplatis , et le dernier lour très - grand. Voy, pi. 34 , fîg. 10 , 1 1. La fîg. Il', c, est celle où l'on peut le mieux observer la bouche. Elles ressemblent assez aux Nérites figurées dans Bourguet, pi. XXXI. Les coquilles avec lesquelles elles auraient le plus de rapport, seraient les Ampul- laires ; mais les Ampullaires sont des coquilles fluviatiléi ou d'eau douce , et toutes celles qui accompagnent leé Natices du grès bigarré de Domplail sont marines. Les univalves sont rares dans les terrains anciens et dans le Muschelkalk que l'on voit dans les environs de n((s grès bigarrés. Je n'ai trouvé que i'arement àtm$ celui des environs de Lunéville le moule interne d'une coquille turriculée longue de 12 à i5 lignes , dé cinq à éîx tours de spire. Les Natices fossiles apparlîentiéYit''^àïit formations postérieures , à la craie , au calcaire grossier. Ce grès ( 291 ) bigarré serait-il d'une formation moins ancienne que celle du Muschelkalk ? J'ai dit plus haut que nous avions cru voir le grès bigarré recouvrir le Muschelkalk. Kars- ten (( désignait sous le nom de Jurakalkstein une an- » cienne formation de calcaire secondaire , qu'il regar- )) dait comme placée dans la série générale au-dessus » du gypse secondaire ancien , mais au-dessous du grès » bigarré (i). m La pluygrande espèce de coquille turriculée que nous avons vue dans le grès de Domptail , est d'environ quatre pouces. PL 34 , fig. 8. Elle offre six tours de spire , et il en manque probablement un à la pointe. La fig. 7 représente deux tours de spire que je crois de la même espèce. On y voit le premier tour qui peut donner une idée de la bouche qui est allongée , et que je ne crois pas avoir été terminée par un canal. Elle ressemblerait assez à celle des Phasîanelles. Les tours de cette coquille sont aplaties , et il parait qu'ils étaient imbriqués. Une autre espèce également turriculée a ses tours de spire plus arrondis , plus écartés 5 sa longueur est de 12 à i5 lignes. PI. 34, fig. 9. La coquille la plus commune est une bivalve de gros- seur variable , mais à-peu-près de celle de la Cjtherœa convexa. Rarement on trouve les deux valves réunies ; les deux côtes qui partent du sommet sont divergentes , mais sont encore assez rapprochées pour figurer une es- pèce de canal dans leur intervalle. Ces valves sont strîées transversalement. M. Voltz croit que c'est une trigo- nelle ( Schlottheim ) semblable à celle que l'on trouve (i) Annalesdes Mines^l^ livraison , i8a5 , p. aôS. ' ] ' " ' * ( 292 ) dans le Muschelkalk. C*était aussi le sentiment du doc- leur Lamoureux. PI. 34 , fîg. 1,2,8,4. On y trouve encore une autre bivalve voisine des Donaces ou des Solens, mais difficile à déterminer. PI. 34, fis- 5., Le grès de Nebra , ou grès bigarré (de Thuringe) , dit M. de Humbold , est assez pauvre en pétrifications. Il y indique les suivantes : Stromhites speciosiis , Pec- tinites fragiîis , Mjtulites recens, Grjphites spira- tus ( Sclilottheim ). M. d'Aubuisson dît que Ton trouve, d'après M. Sclilot- theim , dans le grès bigarré , des Peclinites , des Pin- nîtes , des Pholades , des Turbinites et de grandes Huîtres. Ne serait-ce point du grès bigarre dont parle M. de Charpentier dans sa Desjcriplion géognostique des Pyré- nées , à l'article du grès rouge , en indiquant une espèce de Chamîte engagée dans un calcaire compacte qui forme une couche puissante dans le grès schisteux du vallon de Galza-Gorrico-Arreca ? M. Thirria , ingénieur au corps royal des Mines , qui a donné un article sur les richesses minérales du dépar- tement de la Haute-Saône dans l'Annuaire de 1825 , dit que Ton trouve , mais rarement , des pétrifications de petites coquilles dans ce grès bigarré. En Bourgogne , on aurait trouvé un psammile immé- diatement superposé au granité , renfermant des Ammo- nites , des Bélemnites , des empreintes de feuilles et des parties de végétaux carbonisés. M._de Bonnard y a vu des empreintes de trigonies et de peignes. Cette trigonie parail ressembler au Crassatella plicata de Sowerby. ( Annales des Mines , 3*.. liv. , iSîjS. ) (i). Je t:rois donc pouvoir conclure de ces observations : Qu'il ne reste aucun doute sur l'existence , dans le grès bigarré , des corps organisés fossiles Végétaux et ani- maux, des mollusques principalement. On ne peut point confondre le grès bigarré de Domptail avec le Quader- sandslein , avec lequel M. de Bonnard serait porté a croire que le grès bigarré aurait été souvent confondu. EXPLICATION UE LA PLANCHE XXXIV. Coquilles du grès bigarré de Domptail. Fig. I , a, 3, 4- Coquille voisine des Trigonelles de Schlotheim. Fig. 5, 6. Coquille voisine des Donaces ou des Solcns. ï'ig« 7> 8. Grande coquille turriculée ressemblant aux Phasianelles. Fig. 9. Autre espèce voisine de la précédente. Fig. 10, II. Natices? appartenant peut-être à deux espèces difiérentes, Fig. 13. Coupe du terrain de grès bigarré qui renferme les coquilles pré- cédentes à Domptail , département des Vosges. (1) Le Vsammite indiqué par M de Bonnard ,et que M. Gaillardot «gmparc ici au grès bigarré des Vosges, est une des Aikoses décrites par M. Brongniart dans le numéro précédent de ces Annales, et que av le moyen d'un réactif, le sel injecté dans le fluide qui avait été exprimé de la plaie dans la ventouse par la pres- sion atmosphérique. Ces expérienOes et plusieurs autres analogues, ayani été répétées et variées à difTérenles époques en présence de MM. Xacniicc , Orfila , Adelon , Parisel , Andral lils , Ségalas , IMiriadec-Laennec , Péiroz , et de plu- sieurs autres médecins français et étrangers , n'onViront jamais la moindre anomalie. Pour donner une appîicalion plus utile à ce moyen d'empêcher l'empoisonnement par l'absorption exté- rieure, je fis mordre par des vipères plusieurs chiens et lapins-, sur les uns j'appliquai la ventouse, sur les autres je ne l'appliquai pas -, et , quoique ces derniers ne mou- russent pas , j'obtins , quant aux symptômes _, des ré- sultats analogues à ceux que m'avaient présentées les expériences précédentes, c'est-à-dire : les animaux moirdus par.une , deux , (^t quelquefois trois vipères , et S^ur lesquels j'avais appliqué la ventouse pendant une ilcmi-henre , ne souffraient aucun signe d'empoisonne- ment général , tandis que ceux que j'avais abandonnés à la nature présentèrent des symptômes graves , tels c]uc le vomissement, les convulsions , etc. L'action locale du venin paraît être conreuiréc dans l'enceinte de la ventouse sèclie, et cela arrive plus con- stamment chez les chiens que chez les lapins , à cause de la différente dchsiié de lour peau. Lu ventouse n'attire (321 ) presqu*auciine hiinndité à travers la peau des chîrns , lantlis qu'elle Tatlire en aLoiidance chez les lapins. ExpÉniEwciis. sur V absorption des plaies^ Le 12 août 1825 , à 9 heures du matin , en présence de M. Longley, un des censeurs de Tuniversilé d'Oxfora, de M. le docteur Wilson, M.-D. , de la même université, et de M. Mirîadec - Laennec, D. -M. de Paris , je pris deux lapins adultes de la môme taille. et également sains. Nous fimes une petite plaie dans la cuisse gauche do cliacun d'eux ; ces plaies étaient parfaitement égales \ nous les remplîmes chacune de la même quantité de sLiychnine impure en poudre , et cela dans le même temps , à la difîerence d'une seule minute. Après quarante - cinq minutes d'application de la strychnine , les lopins n'ayant oiliert d'autres sy\npiônîes que quelques mouvemcns convulsifs des muscles des n^âchoires , nous fimes les plaies plus profondes et plus étendues , et nous y appliquâmes une nouvelle porlicii de strychnine. *' « Quinze minutes après celte seconde application , les deux lapins furent saisis en même temps de convulsions très-prononcées qui agitaient fortement tout leur corps. Ces raouvemens convulsifs durèrent quelques secondes, et dans celui sur lequel le poison avait été appliqué une minute avant l'autre , ils se renouvelaient presque im- médiatement , tandis que le second restait tranquille. Nous appliquâmes la ventouse à piston (i) sur la (i) Je m'étuis prorurtî cet instrumenl chez M. Dciciiil, fort h.bîlc fuhric^iit d'iiisliuiucDi de pli . siijikc , rue Daiiplituc , qo 'à\. > ( ?>22 ) plaie de celui qui avait soulïcrl les deux convulsions , cl nous abandonnâmes rautic à son sort. Celui-ci , après plusieurs convulsions tétaniques qui augmentaient tou- jours en fréquence et en intensité , mourut cinquanie- cinq minutes après la deuxième application de la strychnine. L'autre, sur lequel la ventouse était appliquée, et qui pour cela était retenu sur le côté , faisait de temps en temps quelques légers mouvemens : mais la position forcée ne permit pas de décider s'ils étaient volontaires ou convulsifs. La ventouse resta appliquée trois quarts d'heure. Lorsqu'on l'eut enlevée et qu'on eut lavé et pansé la plaie , et que l'on eut mis le lapin en pleine liberté , il eut sur-le-champ une véritable attaque d'opisthoténos qui dura une minute et demie à-pcu-près 5 ou le crut mort ou mourant , mais il revint à lui , se releva , et trois quarts d'heure après il put courir et manger. Au- jourd'hui i5, il est bien portant, sans avoir soufî'ert aucune autre convulsion que nous sachions. Expériences auec Vupas-tieulé. Un grain d'upas-tieuté a été inîroduit dans un tuyau de plume , que l'on a bouché à une extrémité avec un petit morceau d'épongé bien pressé j le poison est placé à l'autre bout. M. Barry , ayant fait une incision sur la cuisse d'un lapin, a passé le tuyau de plume entre la peau et les muscles, et avec un petit refouloira poussé au fond de la plaie le poison et l'éponge qui s'est trouvé (323 ) t alors inlerposé entre lui et le trajet du iMyàu ^ lequel a été retiré. Le vide a été fait aussitôt , non sur la plaîe , mais sur le point correspondant à Téponge. Aucun accident ne s^éiait ipanifesté pendant une demi- heure j on enleva la ventouse , on lava la plaie extérieure , et l'animal parut bien portant. Deux heures après , il fut pris de convul- sions j on réappliqua la ventouse pendant deux minutes. Les convulsions cessèrent sur-le-champ : on enleva la •ventouse , on incisa sur Téponge qu'on ôtc , on lava , on réappliqua la venlousç , et l'animal a survécu. La même expérience fut répétée avec cette différence que la ventouse fut appliquée sur la plaie , l'éponge et le poison étant hors du vide , il n'y eut aucun accident pendant trois quarts d'heure que la ventouse resta ap- pliquée ', mais dès qu'elle fut enlevée , l'animal fut pris de convulsions que l'on fit cesser comme dans l'expé- rience précédente. Un troisième lapin, auquel l'upas-lieuté a été appli- qué de la incine manière , et sans faire le vide , est mort en dix minutes. Expériences avec la strychnine pure. Le 17 août 1825 , en présence de MM. Laenncc, Or- fila , Adelon , Pelletier Billery , professeur de Greno- ble , Pelroz , pharmacien en chef à la Charité , Miria - dcr-Lacnnec, et plusieurs médecins et élèves françnis €L étrangers , aidé par M. Pelroz , qui a bien voulu m'as sisler dans ces expériences avec un talent et un zèle dont je conserve une vive reconnaissance, je pris trois lapins • ' ( M ) ftdulies, cl dans une plaie faite sur la cuisse a chacun 9 nous introduisîmes un grain de strychnine pure , appoi'* tt'eà la séance par M. Pelletier lui-même. Le premier la- pin mourut entre la quatrièmeet la cinquième minute. Sur le second , la ventouse fut appliquée de suite après l'introduction du poison , et sur le troisième lapin à la quatrième minute, c'esl-à-dire, après qu'il avait déjà souffert deux convulsions tétaniques. Après une demi - heure d'application de la ventouse sur les deux derniers , elle fut enlevée définitivement , et les animaux ne pa- raissaient rien souffrir. Au bout de deux heures , le troi- sième lapin fut attaqué par des convulsions , mais il fut promptement rétabli par la réapplication de la ven- touse. Pour les expériences avec Toxide d'arsenic et l'acide hydro-cyanique , faites devant ces messieurs , vojcz le commencement de ce Mémoire. Copie des Notes prises par M. Andral fils., sur les expériences faites à la phajinacie de M, Petroz, en présence de MM. Pariset , Adelon , S égalas , Mi^ riadec - Laennec , Pctroz , etc. N®. I. « Un grain d\ipas-tieuté est introduit profon- 5) dément dans le tissu cellulaire sous-cutané de la cuisse » d'un lapin -, les lèvres de la plaie faite à la peau sont » rapprochées par un point de suture. A la dixième mi- » nute , attaque de tétanos 5 à la deuxième minute , » mort. N°. 2. » Un grain d'upas-tieuté est introduit de la >) juôme manière , et avec les mêmes précautions , dans (3.n » le tissu cellulaire sous-cutaité d'un lapin. La ventouse w est appliquée sur la plaie une minute après Tintro- » duciion du poison , et le vide est produit. Vingt-quatre » minutes après l'application de la ventouse , on Ven- » lève ; aucun accident n'est produit. Au bout de deux » heures , symptômes de tétanos , réapplication de la » ventouse, cessation des symptômes. La plaie est alors » lavée avec soin j l'animal n'éprouve plus rien. N®. 3. » Introduction d'un grain d'upas-tieulé dans » la cuisse d'un lapin, comme dans les expériences pré* » cédentes ; dix minutes seulement après celte introduc- » tion , c'est-à-dire à l'époque où chez l'animal u°. i , » les symptômes d'empoisonnement s'étaient manifestés • » on applique la ventouse. A^ingt-quatre minutes après » rinlroduction du poison , la ventouse est enlevée. » Aucun ciFel ne s'est manifesté. N**. 4- » Introduction d'un grain d'upas-tieuté, etc. Au » bout de trois minutes, application de la ventouse. On » l'enlève au bout de vingt-quatre minutes. Nul signe » d'empoisonnement. N'^. 5. » Introduction d'un grain d'upas-tieuté , etc. )) Au bout de six minutes , application de la ven- » touse. Elle est enlevée au bout de vingt-quatre mi- » nutes , sans qu'aucun signe d'empoisonnement soit ma- » nifeslé. W°. 6. » Injection de six gouttes d'acide prussique » dans le tissu cellulaire suus-cutané de la cuisse d'un » lapin. Au bout d'une minute , convulsions ; au bout » de deux minutes , mort. W. 7. )) Même injection sur un autre lapin. Appa- » riiion des convulsions au bout d'un peu moins d'une vin. 21 ( 32G ) » miniUe ; application de la ventouse , cessation des » convulsions, retour à la santé. K**. 8. » Introduction de quatre grains d'upas-lieulé » dans le tissu cellulaire de la cuisse d'un chien de petite » taille. Une ventouse est appliquée en même temps sur » une plaie faite à l'autre cuisse. Au bout de huit mi- » nutes , les symptômes d'empoisonnement se mani- » festent. Ils acquièrent bientôt un tel degré d'inten- » site , que Fanimal paraît être sur le point d'expirer » dans cet état d'agonie ; une ventouse est appliquée sur » la plaie où a été déposé le poison ^ les symptômes de- » viennent instantanément moins graves j l'animal est » véritablement rappelé à la vie : mais de temps en » temps il éprouve encore de légères a.ltaques de tétanos. » Au bout d'un quart d'heure la ventouse est enlevée , » la plaie lavée , et l'animal parut élre rendu à la santé.^ ^) Dans ce cas , la ventouse semb le avoir modéré les î) symptômes en s'opposant à la continuation de l'ab- î) sorption du poison^ mais celui qui était déjà dans la )) circulation ne semble pas avoir été rappelé à la surface )),de la plaie, puisque les symptômes ont continué, )) quoique moins graves à moins qu'on n'aime mieux » supposer que la continuation de ces symptômes était )) due à l'impression reçue déjà par le système ner- » veux. D'un autre côté , l'expérience suivante prouve » quel'économieanimalenestîdébarrassepastoujoursdes » substances délétères aussi promptement qu'on l'a dit. » Introduction d'un quart de grain de strychninç dans » la trachée-artère d'un chien de petite taille. Pendant les » sixheures suivantes , cetanimal manifesta par la raideur )) habituelle des membres et par des.secoussesconvulsivcs » intermittentes qu'il était sous l'influence du poison. » ( 327 ) Expériences faites a^ec des Vipères sur des Lapins , des Chiens et des Pigeons, Le af) septembre i8?,5 , dans le laboratoire de M. 1« baron Cuvier , M. le docteur Rousseau appliqua labou- che d'une forte vipère à la ruisse d*nn jeune et '£fiib(e lapin , qu'elle moidit doux fois. Le sang paraissait à chaque piqûre faite par la dent. Une minute et demie après , la ventouse à piston fut appliquée , et M. Rous- seau , qui regardait de près le globe de verre , axinonçait que de chaque piqûre il voyaitsortir une gouttelette d'un liquideséreux transparent. Ce liquide augmentait rapide- ment , et se volatilisait dans le vide , de manière qu'au bout de quinze minutes. le verre de la ventouse était tout plein d'écume. La ventouse fut alors enlevée , et la partie mordue légèrement scarifiée. La ventouse fut réappliquée pendant vingt minutes , après lesquelles elle fut enlevée définitivement. Les plaies ne présentaient rien d'extra- ordinaire , et le lapin ne souffrait pas. Une heure après que ce lapin fut mordu , la vipèrt? fut appliquée à la cuisse d'un autre, qu'elle mordit deux fois aussi , tirant du sang à chaque morsure. Ce second lapin était plus fort et plus vivace que le premier. Une tache d'un blanc jaunâtre parut presque immédiatement autour de chaque piqûre faite par les dents de la vipère. Quand le lapin fut mis en liberté, la jambe mordue parut affeclée d'une légère paralysie. Dix minutes après la morsure, toute la peau mordue commença à être li- vide. Une demi-heure après , la lividité était bien mar- quée et s'étendait sur la circonférence d'une pièce de quarante sous. (328 ) Le lendemain uue plaie gangreneuse ouverte occupait toute la partie mordue , d'où coulait un sanie fétide et abondante 5 la jambe était enflée. Quarante - huit heures après la morsure, la jambe encore enflée , la plaie gangreneuse et ouverte , mais moins fétide. Soixante-douze heures après , la plaie plus saine , la jambe moins enflée. Pendant tout ce temps , le premier lapin ne présen- tait aucuns symptômes d'empoisonnement local ni gé- néral . Le i3 octobre , M. le docteur Rousseau appliqua deux grosses vipères rousses à la cuisse déjà rasée d'un jeune chien de moyenne taille ; chaque vipère mordit deux fois avec force. Deux minutes après la première morsure , une ventouse qui couvrait toutes les mor- sures fut appliquée 5 de petites gouttelettes d'un liquide rougeâtre furent observées sur la peau couverte par la ventouse , par M. le docteur Edwards , qui me fai- sait l'honneur d'assister aux expériences ; elles suin- taient de seize à di>i - huit petites piqûres. La ventouse resta appliquée trente minutes : je fis alors quelques lé- gères scarifications qui ne traversaient pas la peau. Le sang qui coulait dans la ventouse ne montait pas à plus de deux gros. Au bout de quarante minutes , la ventouse fut enlevée définitivement , et on apercevait distinctement des taches livides autour des piqûres faites par les crochets. Le chien ne présentait pas la moindre altération dans sa santé ; il mangea et but comme s'il n'avait rien soufî'erl. Vingt-quatre heures après les morsures , point de sym- ptômes , point d'inflammation dans k partie mordue. ( 3=9 ) Le surlendemain , une escare se forma ^ elle occu- pait toute la partie ventousée , avec gonflement de la jambe ; mais le chien était bien portant -, il ne boitait pas, ou irès-légèrcmenl. Enfin il se rétablit parfaitement sans aucun autre symptôme , l'escare laissant les muscles découverts dans le milieu de la plaie. Pour prouver que les vipères étaient venimeuses , M. Rousseau fit mordre un pigeon une fois , sur la poi- trine , par une de celles qui avaient diyà mordu le chien , et quoique cette morsure fût la troisième que le reptile eût faite dans une heure, le pigeon commença à souffrir à la troisième minute , tomba à la cinquième, et mourut à la vingtième minute. Un autre chien de même taille à-peu-près , mordu par deux grosses vipères de la même manière que le pre- mier , commençai souffrir , avant la huitième minute, devint irès-inquiei et poussa des cris. A la quinzième mi- nute , il fit des efforts répétés pour vomir, vomissait à la vingtième, se coucha sur le côté, très -abattu pendant toute la journée , sans vouloir rien manger, dans une es- pèce d'assoupissement. Le lendemain il était encore très- malade , la jambe et la cuisse enflées , marchant avec difficulté j mais après cinq jours de souffrance , il se ré- tablissait , ayant toujours une ulcération gangreneuso et étendue sur la jambe mordue. Le 24 octobre i8î5 , deux lapins adultes furent mor- dus à la cuisse , chacun par trois vipères , et par chaque vipère trois fois. J'appliquai la ventouse au premier la- pin : je la laissai trente minutes. Pendant l'application de la ventouse , j'observai , comme dans l'expérience précédente que j'avais faite sur un lapin , qu'une quau-» ( 33o ) liié considérable de liquide séreux suintait à travers î« peau et remplissait par sa volatilisation le globe de la ventouse. La peau ei une partie des muscles compris sous la ventouse furent enlevés avec le scalpel ; la ventouse fut réappliquée pendant dix minutes , et le lapin mis en liberté : j'abandonnai le second lapin à la nature. Le 25 , à quatre heures du soir, le lapin sur lequel avait été appliquée. Ja; ventouse , paraissait jouir d'une bonne suinté; la plaie qui avait été unie par une suture était saine , et la jambe n'était pas enflée. Le second lapin n'était pas si bien. portant : la partie de la cuisse mordue «tait dans uo\état de gangrène com- mençant; la jambe et la cuisse enflées ;; il s'était formé sur la partie ga^grept^^j une amp,ctule livide remplie de se- .^^jÇ 27,, J^lPf;çp^iei? Japin içn s'avait pas été mordu. Chez le fleuxièmc lapin, l'ulcère' gangreneux était ouvert, et il eu découlait abondamment une sauic fétide. Expérience. Jje5 novembre 18^5 , unjuune pigeon parvenu à-peti- près à la moitié de son développement , fut moixlu une fois très-profondément et avec beaucoup de force à la ré- gion thoracique par une très - grosse vipère qu'on avait fortement irritée , en plaçant dans sa cage un petit oiseau. Les deux blessures faites par Içs dents de l'animal étaient marquées par une petite tache de sang : on appliqua aus- sitôt une ventouse sur ce point ; il sortit des deux pclilcs plaies deux gouttes d'un liquide d'un jaune d'ambre , ( 33, ) dont le volume s'augmenta ; il en sortit ensuite dii 5àfig très-noir, mais eu petite quantité. La ventouse fut main- tenue pendant quinze minutes. La partie livide qui entourait la petite blessure fut en- levée à Taide de Tinstrument tranchant : il s'était d^ formé une phlyclêne gangreneuse .qui renfermait un li-' quide ichorcux cl clair. Tout ce qui paraissait encore livide fut enlevé, et on réappliqua la ventouse ^ quir resta encore en place pendant dix minutes ^ oh Iota après ce temps , et on enleva encore; un jxîu de chair muscu-i laire qui paraissait livide j on lava alors la blessure, on en réunit les bords par un point de sutui^e^fit on mit le pigeon en liberté. :; :' , Il ne se manifesta pas le moindre symptôme d'empoi- sonnement : le pigeon marchait sans difficulté et ne pa- raissait nullement souiTrir. Le G novembre , l'animai parait en très-bon état. Le 9 , il est en parfaite santé. Ce fait a été constiaié par M. Rousseau fils. Fontana a établi par de nombreuses expériences que rien ne pouvait sauver de la mort un pigeon mordu une seule fois dans la cuisse par une vipère, si ce n'est l'ablation du membre mordu , faite au moment même^ il ajoute que si cette opération était. dilTérée au-t delà de vingt secondes après la morsure, elle hâtait la mort au lieu de sauver l'animal. ( Koyez Fontana ; chap. 2. ) D'après toutes ces expériences et leurs résultats con- stans , nous pouvons considérer comme prouvés les faits suivans. ( 332 ) 1®. Que sous le vide il n'y a pas d'absorption. a°. Que l'application du vide par le moyen dune v^rt- touse à pistou , placée sur les points de contact de la sur- face absorbante et du poison qui s'absorbe en ce mo- ment, arrête ou diminue les symptômes produits par l'absorption déjà faite. 3°, Que l'application d'une ventouse pendant une de- mi-heure prive les vaisseaux absorbans de la partie sur laquelle elle a été appliquée de leur faculté d'exercer l'absorption pendant une heure et demie, ou deux heures après que la ventouse est enlevée. 4®. Que la pression atmosphérique exprime dans le vide , même à travers la peau , une portion de la matière introduite dans le tissu cellulaire , ou par imbibition , ou par injection , c'est-à-dire si la peau qui recouvre ce tissu n'est pas trop dense pour laisser passer l'humidité, comme chez les chiens. De ces faits je crois pouvoir déduire les conclusions ci les applications thérapeutiques suivantes. 1*^. Que la première opération de l'absorption , opé- ration par laquelle les substances étrangères pénètrent dans les vaisseaux, soit par l'ouverture qu'on y prati- que , soit par leurs propres pores , est placée exclusive- ment sous l'influence de la pression atmosphérique , ei que le transport de ces substances au cœur est placé sous la même influence et sous celle des autres puissances mi» neures qui aident à la circulation veineuse. Ainsi l'ab- (i) Dans une lettre adressée à M. Adelou , M. Oriila , tout en ad- mettant l'exactitude de mes expénences sur l'acide hydro-ryanique et la strychnine , élève quelque doute à lYgard de Peiïet des. vt;utousc« sur h» partie di^jh absorbée du pciion. ( 333 ) sorplion est soumise toute entière aux lois qtii président à la progression centripète des fluides chez les animaux qui respirent par la dilatation active des cavités ihoraci- ques. 2°. Que dans tous les cas d* empoisonnement par des plaies , soit par le simple dépôt du poison , sôit papi l'injection du venin , comme dans les morsures des vi- pères et d'autres serpens venimeux , l'application de la ventouse pourra sauver l'individu , pourvu qu'elle soit faite avec les précautions nécessaires et avant qu'une dose suffisante pour produire la mort soit absorbée. 3°. Que comme l'action locale du poison el l'imbibi- lion des tissus ont lieu sous le vide , ou doit exciser les parties imbibées après que le venin y est concentré par l'effet de la ventouse , qu'on doit réappliquér de suite pendant quelques minutes pour vider les vaisseaux divi- sés > après quoi on peut les brûler si on veut , mais yrt- mais avant l'application de la ventouse , parce qu'alors celle-ci serait inutile, les bouches des vaisseaux étant hermétiquement fermées. 4^. Que dans le cas de morsure d'un chien enragé , attendu que celte espèce d'empoisonnement est des plus çimples , n'étant compliquée ni avec injection , ni avec action locale de la part du venin , comme dans les mor- sures des vipères , nous pouvons présumer que l'appli- cation de la ventouse en premier lieu , et ensuite l'exci- sion et la cautérisation actuelle de la plaie, empocheraient tout accident. 5°. Les expériences faites avec les poisons végétaux et minéraux ayant prouvé que la répétition des convulsions tétaniques est produite par la continuation de Tabsor- C.334 ) plion du poison déposé dans, la plaie , et tout nous por- tant à croire qu'une nouvelle absorption commence dans les plaies , même cicatrisées , faites par les animaux ra- bides , au moment où se déclarent les symptômes de la rage , on doit donc appliquer la ventouse à piston ou même la ventouse ordinaire , rouvrir la plaie en exci- sant la cicatrice , la brûler de nouveau , cl la tenir lé plus possible à l'abri du contact de l'air. 6^. Que dans les cas de piqûres reçues dans la dissec- tion ordinaire , on doit toujours sucer les petites plaies jusqu'à ce qu'on ne puisse plus en faire sortir d'hu- midité, et ensuite les couvrir jusqu'à parfaite cicatri- sation. ^°. Que si , en disséquant un animal mort d'un char- bon , on a le malheur de se piquer, on doit avoir recours » une ventouse , avec un rebord correspondant à la sur- face du doigt piqué , et observer toutes les précautions ultérieures déjà indiquées. Notices sur V Hétérosite y V Hureaulite (^fer et manganèse phosphatés^ , et sur quelques autreSr minéraux du département de la Haute-Vienne ; Par M. AlluAud aine , Correspondant des Sociétés philomatique et d'Histoire naturelle de Paris. Les carrières de quartz exploitées pour l'entretien de celle partie de la grande roule de Paris à Toulouse, ( 335 ) comprise entre Chanteloubc et Népoiiks* dans Ift chaîuo de granité à gros grains qui traversé la région septen- trionale de la.Haute-VienneyOïit offert, depuis enriron deux ans, plusieurs substances. minérales fort intéres* santés. •■ '■'..< r ■ - -■ ,: my^^ ?-' •.;..■ . Les pjus riches d^ ces carrières |)àr la variole de leur^ productions , spnt celles de Chauleloube etduHureaux; les premières sont depuis long-tempî> connues des miné- ralogistes, les autres sont situées dans la commune.de Saint-Sylvestre, aune Ai^^uÇS Ç^t , deNépoulas ,. «ur Yun des plus hauts sommets de ces montagnies. Tous ces amas de quartz appartiennent à la formation de ces terrains apciens et font partie d'un granit dont le« pil'iucipes constituans, au lieu de se montrer unis sons la figure de gros grains irréguliers entrelacés coiifusément ^ seprosontentparmassescolossalesagglomérées sans aucun ordre, et presque sans nulle transition avec le granit ordinaire. Si par'la pe^^séc on moiçelle ces masses, leur volume parait être en rapport avecsle^ quantités propor- tionnelles de quartz, de feld-spaih et de mica qui com- posent la roche environnante. Ces substances s'y retrou- vent sous les mêmes variétés , en mêmes proportions , Tétat d'agrégation seul a changé : je le désignerai sous la dénomination de granit à grandes parties. Quelle différence cependant entre les gisemens de celte sorte et ceux des granits à petits grains î Les sub- stances! rares que ces derniers peuvent contenir y ont été disséminées sous un si petit volume, par l'effet d'une cristtillisation tumultueuse, qu'on est moins surpris de ce qu'elles échappei)l à l'œil le plus exercé que de les v rencontreraccideutelle'menl. Dans 1 agrégation par masse, ( 336 ) au contraire , *ces mêmes substances s'étant aussi ag-» glomérées en cet état , elles occupent des places dis- tinctes dans ces amas , et rien n'est perdu pour l'obser- va teur. Les gisemens les plus remarquables de tous les pays par la beauté des échantillons et des cristaux , par le ïiombre et les variétés des espèces qu'ils fournissent , se trouvent en effet , à l'exception des filons , dans de sem- blables circonstances , et parmi ceux que nous pour- rions citer , les carrières de Chanleloube et du Hureaux en offrent un bel exemple. Celles de Chanteloube ont successivement fait con- naître trois phosphates ; ceux d'uranc, de manganèse et de chaux ^ le cuivre sulfuré, le fer arsenical, de beaux prismes d'émeraude , du grenat , de belles variétés de quartz hyalin , de superbes masses de feld- spath lami- naire , quelques cristaux de cette substance , remar- quables par leur volume ; le mica globuleux et le mica lépidolite que j'avais d'abord découvert dans les terrains d'alluvion du ruisseau de Barot et que M. Manès et moi nous avons récemment observé en place , au-dessous de la carrière de la Vilate , sur la rive gauche du même ruis- seau. A cette intéressante série de minéraux , il faut main^ tenant ajouter lés espèces curieusessur lesquelles je vais appeler l'attention des minéralogistes : l'albite mangané- sifère ; une nouvelle espèce de schéelin 5 le fer hydro- sous-phosphaté et trois nouveaux phosphates de fer et de manganèse , à deux desquels j'avais donné ,pour en faci- liter la description, les noms provisoires d'hétérosite et d'hureaulite, avant de connaître le résultat des ana- (337) îyses que notre célèbre chimiste M. Vauquelin a bien voulu faire de ces substances. § 1". Albite manganésifcre noire. Cette nouvelle variété se trouve dans Talbite sub- laminaire d'un blanc rougeâtre. Elle est due à de larges taches de manganèse oxidé hydraté noir ou d'un brun noir foncé , interposé profondément entre les lames de cette substance dont cet oxide altère peu l'éclat. Les masses d'aibite inégalement tachées à de petits intervalles prennent ainsi un aspect tigré fort singulier. Au chalumeau , Falbite noire reprend la blancheur qui lui est naturelle. Cette substance forme des amas assez volumineux dans le granit à grandes parties , non loin de la lépido- lite et de quelques affleuremens de manganèse phosphaté ferrifère ^ au dessous de la carrière de la Vilate , située sur le versant septentrional du plateau de Chanteloube. § II. Schcelin fcro-manganésé. La différence qui existe entre la composition de celle substance et celle du schéelin ferruginé ordinaire , quoi- que fort considérable , ne cause d'autre changement aux propriétés physiques de ce dernier , qu'une diminution de sa pesanteur spécifique : celle du schéelin ferruginé est de 7,33, et celle du schéelin ferro - manganèse de L'éclat métallique de ce dernier est moins vif >jue dant le schéelin ferruginé , et la couleur de sa poussière ( 338 ) d'un brun rougeàtrc ou violet moins prononcé*, tous les autres caractères minéralogiques des deux espères sont idenliques. La mesure des angles de quelques pelits cristaux îa- miniformes s'est trouvée d'accord avec celle que M. Haùy a donnée dans son grand ouvrage , pour l'incidence des faces homologues à celles que j'ai vérifiées 5 ces cristaux se présentent sous deux nouvelles variétés de forme qui sont produites par des modifications du schéelin pro-* gjrcssif et unibinaire décrits par le même savant. L'expression de l'une serait M' &' T B^ : dans celle de ^ itf« r 2-1/ l'autre, T'est effacé, la face qu'il représente étant en- vahie par r , de même que dans le schéelin progressif. ( Foy. l'Atlas d'Haiiy. ) Le schéelin ferro-manganésé agit sonsibloment sur l'aiguille aimantée j mais ayant soumis au môme essai des échantillons de schéelin ferruginé {Wolfram) laminaire de différentes contrées , j'ai reconnu qu'ils étaient tous attirables parla méthode du double magnétisme. Je note ici cetteobservation , parce que M. Haûy a dit en parlant des caractères distinctifs du schéelin ferruginé, qu'il n'a aucune action sur le barreau aimanté \ ce qui pourrait faire croire, ainsi que Klaprotli l'a d'ailleurs avancé dans son Dictionnaire de Chimie (art. Scheelium^, qu'il ne possède aucune propriété magnétique. L'analogie du gisement de ce nouveau schéelin avec ceux deBodenmais , de Kimito et d'Ytterby , m'avait fait présumer qu'il contenait peut-être du tantale ; l'analyse ([ue M. Vauquclin a bien voulu en faire , a écarté celte idée et a donné dans trois essais différens ce résultat inal- ( 339 ) tendu qui , du moins , ne me laisse pas le regret de lai avoir inulilement ravi des instans précieux pour llEi science. Peroxide de fer. ,6,» i5,6 iMî Tritoxide de manganèse. i4.8 i6,o i3,» j Acide tungsiique. 69>a .68,4 73,«; dont les termes moyens sont : Peroxide de fer. Peroxide de aiaugauèse. i4,6 > too p. Acide. Déjà MM. d'Elixyarl avaient trouvé une variété de schéelinferruginé ( j^ o///'am ) où Toxide de manganèse existe dans la proportion de -^^ ; mais MM. Vauquelin etHecUt ayant reconnu plus tard que le schéelîn ferrii- ginéduPuy-les-Mines , près de Saint-Léonard, Haute- Vienne, ne le contenait que dans la proportion de 6,^5 sur loo, les minéralogistes présumèrent que cet oxide s'y trouvait accidentellement : aussi ne firent-ils , jusqu'à M. Berzelius , aucune mention de la présence du manganèse dans les diverses dénominations de tung- stène et de scliéelin ferruginé qu'ils substituèrent à celle du Wolfram, Les nouveaux essais de M. Vauquelin prouvent incontestablement que celte substance ren- ferme le manganèse à l'état de combinaison , et oifrent par conséquent un nouvel exemple de deux bases iso- morphes dont l'union avec un même acide , en propor- tions très-variables , ne détermine aucun changement dans la forme et les dimensions des molécules cristal- lines. ( Mo ) Le schéelin ferro-maiiganésé se trouve dans le gratiît à grandes parties de Chanieloube ; il y est engagé dans un feld-spalh grenu altéré qui contient de la chaux phos- phatée compacte, d'un gris verdâlre. Il y est disséminé en petits cristaux laminiformes et plus ordinairement par masses amorphes dont la structure est plus générale- ment grenue que lamelleuse. Je l'ai rencontré aussi avec le quartz hyalin , enfumé , géodique^ contenant quelques lames d'urane phosphaté vert et.de la chaux phosphatée. Dans un échantillon que j'ai ramassé sur la route , le schéelin est engagé dans du grenat brun rougeâtre cris- tallisé confusément. C'est, je crois, la première fois qu'on le trouve uni à cette substance. La moniague d'Otontche- lon en Sibérie , l'a déjà offert dans la pegmalite , accom- pagnée du béril, que l'on retrouve aussi dans tous les granits de Chanteloube. J'ajouterai enfin , qu'il existe probablement en Chine dans un gisement analogue , car on lit à l'art. Scheelium du Dictionnaire de Kla- proth , qu'il a été reconnu dans des échantillons de kaolin qui provenaient de cette partie du monde. Le schéelin ferruginé se trouve aussi en filon non loin de Népoulas , sur le versant méridional de la chaîne de granit à gros grains de Chanteloube ; il y est accom- pagné du quarz , du fer sulfuré et du fer oxidé hydraté terreux et résinite , parfois mélangé de fer oligiste. § III. Fer hjdroTSoùs -phosphaté y fer phosphaté ordinaire des niinéi^alogistes. Cette substance est d'une couleur plus azurée et moins foncée que celle du fer phosphaté de Bavière et de New- ( 34i ) Jersey ^ elle prend aussi les teintes nouvelles du violet pâle et du gris bleuâtre. Un steul échantillon m'en a of- fert quelques groupes de petits cristaux d'un beau bleu , que leur peu de volume rend indéterminables. Quoique ce phosphate ait le plus souvent un aspect pulvérulent, on reconnaît en Texaminant à la loupe qu'il n'a rien de terreux comme celui des terrains secondaires , et qu'il forme de petitis mamelons concrétionnés et cris-»- tallins. D'après une analyse en petit de MlVI. Dufresnoy et Mâ- nes , ingénieur au corps royal des Mines, les principes élémentaires de cette substance y sont unis en même pro- portion que dans le sous - phosphate de fer hydraté bleu , terreux. Le gisement du Hureaux , d'où provient ce phosphate, est évidemment primitif 5 cependant, comme il se trouvé assez ordinairement dans les petites cavités géodiques et sur les joints naturels des masses du sous-phosphate de fer et de manganèse , on peut aussi admettre qu'il a été produit par les altérations que ce dernier paraît avoir éprouvées , et qu'il a été ainsi formé après coup et par succession de temps , suivant l'expression d'Haùy , de même que l'ont été les fers phosphatés de Nantes et de Bodenmais, supposé toutefois que ces derniers n'appar- tiennent qu'accidentellement à des sels primordiaux. Cette substance se trouve disséminée dans la masse même des divers phosphates que je vais décrire , et un échantillon fort curieux me l'a offert dans le manganèse phosphaté ferrifère, mélangé de manganèse oxidé hy- draté. L'article suivant^ fera connaître las autres relations VIH. 35 géologiques qui lui «ont communes avec le &ou&-pUos- plia te de fer raaugaaésifère, § IV. Sous-phosphate de fer manganêsifère. Ce nouveau phosphate a la coniexlure fibreuse , e^ forme, de même qu'un grand nombre de concrétions , des masses radiées irrégulières , et groupées confusé- ment , dont les aiguilles ont rarement plus d'un centi- mètre de longueur , et assez ordinairement géodiques , à surfaces niamelonnées. Cette substance est opaque , ses couleurs varient du, vert obscur plus ou moins foncé au vert jaunâtre et au brun châtain j la couleur des poussières est similaire. L'éclat des fibres , naturellement vif dans la variété verte ,. est souvent terni par une altération qui paraît provenir d'un principe ferrugineux. Avec des fragmcns peu volumineux , ce phosphate n'a aucune action sur l'aiguille aimantée soumise à l'in- fluence du double magnétisme -, avec des morceaux d'un certain volume , cette action est très-faible , mais sen- sible. Fondu au chalumeau sur un support de charbon , il devient fortement attirable , mais il n'acquiert pas cette propriété lorsqu'il a été cliauiTé sans le contact du charbon. M. Manès et moi , en répétant ces expériences, dans la vue de constater d'où provenaient ces différences d'action , nous avons reconnu qu'il n'agit sur l'aiguille qu'autant qu'iuie partie du globule s'est changée en phosphure. Ce sous-phosphate est très-fusible ^ il suffit d'en plon- ger un petit faisceau d'aiguilles dans la flamme d'une • ( 343 ) bougie pour eu faire entrer les exlrémiiés en fusion. Au chalumeau , il fond éh bouîllôtinant , dôiihè un globule noir d'un éclat Vitreux ou sub -métalloïde plus ou moins prononcé , quelquefois irrégulicr, scori forme et ^trié suivant la variété de couleur et d'éclat d'où provient le fragment soumis à Fessai. Il diffère du fer hydro-sous-pliospliaté bleu, par une, plus grande ténacité, surtout dans les masses altérées \ par une plus grande dureté qui lui fait rayer non-seule- ment la chaux sulfatée , mais encore la chaux oairblb- natée; par sa pesanteur spécifique plus considérable, celle-ci étant de 3,227 au lieu de 2,6; par l'énergie, enfin , avec laquelle il manifeste l'électriciié résineuse que lui communique le frottement, lorsqu'il est isolé. Ces différences étaient assez remarquables pour faire soupçonner que les proportions dans lesquelles les prin- cipes élémentaires de ces deux espèces sont unis , ne devaient pas être les mêmes. Ayant tenu en fusion le phosphate vert , je remarquai qu'il dégageait une odeur acide très-prononcée. Cependant , la perte totale ne s'é-i leva que de 17 à 18 pour cent 5 et , comme l'eau qu'il contient s'était nécessairement évaporée , il deveiiaii vraisemblable que ce phosphate en était privé , ou que l'eau y était combinée en proportion beaucoup plus faible que dans le phosphate de Bodenmais et de New- Jersey. Ces inductions méritaient d'autant plus d'clre suivies , que le fer phosphaté du Hureaux est le seul qui appar- tienne incontestablement à un terrain primitif. M. Vaw- qiielin ayant Bien voulu se charger d'en faire l'aiifilj^sè , avec son oi)ligean<5é accoutumée , il a obtenu pôur^iVi- sultai : ( 344 ) • Formule. ■ Peroxide de fer. 56,ao=i7,a3 oxig.^ ... "J Tritoxide de manganèse. 6,i5= 1,82 id, f -^«' f :.: Acide phosphorique. 28,35=15,87 lU ? ... }P'h'^^ù- vriers qui m'en donnèrent quelques échantillons ; privé alors par l'état de ma santé d'aller l'observer en place ,' M. Manès se chargea de ce soin avec empressement ,'et rapporta des carrières du Hureaux le fer sous-phos- phaté-manganésifère. Quelques essais chimiques qu'il n'avait pas enircpris pour eu faire une analyse régu- ( 340 ) U^l'ç , \u\ lévélçreni bientôl que cettç substauce d'un aspect $i i^ouveau était un phosphate de fer. § V. llétérozite {d'Hétéroz) , phosphate de fer et de manganèse. Celle substance ne s'est point encore ofTerle sous des fo^^jiiçs régulières \ sa structure est lamelleuse , et comme la surface des lames est peu éclatante , il est assez dif- ficile d'en déterminer le clivage. A la flamme d'une bou- gie, ^1 est très-sensible dans deux directions à angles droits, qu qui doivept peu s'en éloigner. Ayant observé qu'il se présentait encore sous d'autres angles, j'ai es^ sayé de les mesurer par la réflexion de la lumière , au moyen de lames de mica ajustées avec de la cire dans le &ÇUS du parallélisme des faces miroitantes de deux plans adjw:ens , et sur^ lesquelles j'appliquais ensuite les branches, du goniomètre. J'ai ainsi mesuré sur plusieurs fragmens des angles de joo à ioi° , de 79° et de 140*^ ; l^ forme primitive de celle substance est donc semblable, pu doit se rapprocher beaucoup de celle du fer hydro- sous-phosphaté qui est le prisme oblique rectangulaire , dont la molécule est le prisme ohlique triangulaire \ les diflerences qu'on remarquerait dans leurs dimensions , étapt d'ailleurs, assez légères pour être attribuées à l'im- pi>rjnçtipn du seul procédé que j'eusse à ma disposition pour mesurer ces angles , et que M. Beudant a employé le premier. ,Çe pliosphate se brise aisément ^ la cassure transver- sa It^ au clivage est terne , inégale et raboteuse. \\ ne fait point feu au briquet j se laisse rayer par uu poiuçou ir.Kifi', cl. raie la chau\ Ihuléo. ( 347 ) Ses couleurg varient du violet foncé au brun violet et au brun verdâtre , et du gris bleuâtre îiu blanc grisâtre. Celle dernière variété est translucide sur les bords *, les autres sont opaques \ la couleur des poussières est simi- laire. Celle qui provient de la variété violelle est d'une nuance plus <îlaire , assez semblable à celle de la lie de vin. Les propriétés magnétiques de cette substance sont éi faibles que quelques fragmens de la variété violette m'avaient paru en être entièrement privés. Elles se mani- festent avec une action plus marquée sur les vaHétés d'un brun violet et d'un blanc grisâtre. , Lorsqu'il est isolé , ce phosphate acquiert à un haut degré l'électricité résineuse par le frottement. Sa pesan* leur spécifique est de 3,27. Il fond au chalumeau avec un bouillonnement très- seusible j la variété d'un violet clair se change en glo- bule scoriforme irrégulier, d'un éclat s ub -métalloïde^ et dont quelques parties sont comme enduites d'un éinail noii>. Frotté sur le biscuit de porcelaine , ce globule y laisse des traces d'un gris verdâtre -, les variétés gris bleuâtre et blanc grisâtre sont encore plus fusibles , donnent un globule plus arrondi brun noirâtre, qui laisse des traces d'un brun marron sur le l>iscuit de porce- laine. Ce globule est faiblement attirable par la mé- thode du double magnétisme , tandis que Taulre n'a au- cune action sensible sur l'aiguille. Suivant l'analyse de M. Vauquelin , THéléipzite vkjlet est composé de ' ( 348 ) Formule,^ Peroxide de fer. i6,5= 4>^ O'^ïg-] 'i,; , Tritoxide de manganèse. 3a,o=: 9,81 id. > ^ Acide phosphorique. 5o,o=28,oo id, J Mn"^ D* après ce résultat, et alors môme que de nouvelles observations confirmeraient Tidentité de la^orme pri- mitive de ce phosphate anhydre avec celle du fer hydro- sous-phosphalé , il est évident que les deux espèces ne doivent pas être confondues dans les méthodes miné- ralogiques. L'Hétérozite laminaire violet a quelque ressemblance avec l'Epidote manganésifère ; mais celle-ci a le prisme droit pour forme primitive , et fait feu au briquet. La variété d'un brun foncé a encore plus d'analogie avec le manganèse phosphaté ferrifère. La pesanteur spécifique de ce dernier , plus considérable , est de 3,9 au lieu de 3,2. Le clivage en est moins prononcé \ tous ses fragmens , d'un brun enfumé , sont translucides. Le manganèse phosphaté ferrifère a enfin une action très- sensible sur l'aiguille aimantée 5 propriété fort remar- quable dans cette substance , et qui a pourtant échappé à l'observation des savans qui en ont décrit les ca- ractères. La variété de pyroxène Sahlîte est de toutes les sub- stances minérales celle qu'il est le plus facile de confondre avec l'Hétérozite. La pesanteur spécifique de l'une et de l'autre est la même. Les dimensions de leur forme pri- mitive, toujours difficiles à déterminer sur des substances dont le clivage n'est pas mieux caractérisé , ne diffèrent que d'environ un degré. La moindre dureté de l'Hété- rozite , et sa plus grande fusibilité au rhalumeau , suffi- ( 349 ) ront toutefois pour la distinguer de cette variété du pyroxène. L'Hétcrozite appartient au gisement du fer sous-phos- phalé-maiiganésifère. Il en est quelquefois tellement pénétré , que les nuances de leur couleur se confondent^ et que la structure lamelleuse de l'un est modifiée par la contexture fibreuse de l'autre ^ tantôt il s'y trouve disséminé par petites masses irrégulières , laminaires , sub-laminaires et sub - compactes , et tantôt il adhère ^u quarz gris et au mica blanc, iiîrir, M. le chevalier Guernon de Randville et moi , nous l'avons découvert parmi les déblais de la carrière du Hureaux , où nous n'avons pu en recueillir qu'un très- petit nombre d'échantillons. § VI. Hureaulite ^phosphate de fer et de man- ganèse hydraté. L'Hurcaulite se trouve par petites masses amorphes , géodiques et recouvertes de petits cristaux de la même substance et d'une variété concrétionnée squamiforme , et quelquefois fibro -lamellaire et radiée. Les parties amorphes sont ou terreuses ou compactes dans le premier état, elles se laissent écraser sous les doigts \ dans le deuxième , elles présentent une cassure inégale à grains fins. La couleur de ces masses est le brun rougeâtre , celle de la poussière est similaire et d'une nuance moins foncée j la variété squamiforme et fibro-lamellaire est d'un brun rouge foncé analogupà celui dumicamauga* nésifèrc et se dislingue par un éclat vif et nacré* ( 35o ) Les cristaux d'hureaulitc sont très-petits et tellement groupés qu'il ne m'a pas été possible d'y appliquer le goniomètre ^ ils présentent des prismes quadrangulaires et octogones surmontés par des sommets dièdres , les pans des prismes sont striés parallèlement à l'axe. Ces formes se rapportent évidemment à celle du fer phos- phaté quadrioclonal d'Haùy , d'ailleurs si facile à recon- naiti'e par sou analogie avec celle du pyroxène triuni- taire* L'hureaulite cristallisé est transparent, d'un brun rougeâtre plus prononcé que celui des masses amorphes, mais moins vif et moins foncé que celui de la variété squamiforme. Il réfléchit vivement la lumière •, la cas- sure est grasse et vitreuse , il raie la chaux carbonalée et se laisse rayer par la chaux fluatée. Sa pesanteur spécifique prise sur deux fragmens de la variété compacte et recouverte de petits cristaux , s'est trouvée de 1,9^ mais ces fragmens contenaient quelques molécules de fer hydro- sous -phosphaté bleu et de fer sous-phosphaté-maoganésifère , et il est probable qu'elle serait plus faible sur des morceaux d'une plus grande pureté. L'hureaulite isolé acquiert à un faible degré l'électri- cité résineuse par un frottement vif et prolongé. Plongé brusquement dans la flamme d'une bougie , l'hureaulite cristallisé décrépite. Chauffé lentement il se gonfle et entre en fusion au moment où il semblerait qu'il va sedéliter 5 au chalumeau il se boursouffle , fond et présente à la surface du globule des aspérités mame- lemuées j plus forlemenl chaullé , il répand pendant l'in- candesceoce une scinclillation phosphorescente qui se ( 35i ) ^^qifcçte par des lignes elliptiques qui se croisent du g^HtcQ à la circonférence du globule. Celui qui provient de cet essai a un éclat vitreux , il est noir et recouvert de quelques stries sub-métalloides auxquelles j^attribue la scintillation remarquable que je viens de décrire. Ce globule prend enfin une forme sensiblement polyè> drique , quoique moins prononcée que celle qui carac- térise le plomb phosphaté. M. Vauqueliu a trouvé Thureaulite composé de Peroxide de fer. 1 1 ,05= 3,68 oxig. TritoxiJe de manganèse. 35,2=10,43 id. Acide pko3phorique. 3a,8=:i8,34 id. Eau. ^Q, P*^io^q. L*hureaulite est également disséminé dans le fer sous- phosphaté- manganésifére ; la variété squ ami - forme en »revêt quelquefois, d'une couche très - mince la surface mamelonnée illeqiic les Uoîa genres anciennement connus \ les deux genres de So- Inndor étant encore restés inédits. Tels étaient nos connaissances sur celte famille , lorsque des recherches dont jiî m'occupe sur les diverses plantes qui font partie de la famille des Rliamnées , telle qne M. de Jussieu l'avait établie , m'engagèrent à l'étudier avec plus de soin , et les grandes diiFérenccs qui existent entre les Bruniacées et les autres familles que comprennent les Rhamnécs , m'ont déterminé à isoler cette partie de mon travail. Cette famille, quoique peu nombreuse , présente des modifications fort remarquables de son type primitif; et cependant , tous les genres qui la composent sont liés entr'cux de manière à ne laisser aucun doute sur leur affinité. Quatre genres peuvent être regardés comme présentant le type le plus général de cette famille-, les traits principaux de leur organisation sont, un calice dont le tube adhère en partie à l'ovaire , et dont le limbe est divisé en cinq parties j des pétales oblongs ou on- guiculés à limbe étalé, alternant avec le calice ; des éla- mines en nombre égal à celui des pélales qui alternent avec eux , el dont les filets adhèrent presque toujours par un côté à leurs onglets , mais qui ne sont pas placés devant comme la plupart des auteurs Font avancé -, enfin, un ovaire à deux loges renfermant chacune un ovule ou deux ovules collatéraux suspendus vers le haut de la cloison. Cet ovaire est surmonté de deux styles ordi- nairement libres , quelquefois réunis ; tantôt il devient un fruit à deux coques divergentes qui s'ouvrent inlc- rieuremcnf, tantôt par l'avortement d'une des loges et (36r) d'une partie des graines , il se change en une nucuTe nionospermc, indéhiscente, entourée par le calice auquel elle adhère dans sa moitié inférieure. Les graines ovoïdes, lisses , renferment un très-petit embryon dicotylçdon placé à la partie supérieure d'un grand périsperme charnu. Telle est l'organisation qu'on rencontredans les genres Brunia y Staai^ia , Berardia et IJncqnla^ les cinq autres genres nous offrent des déviations plus ou moins remarquables de cette structure : ainsi, le genre ^u- ' clouinia difTèrc des pr^cédens par son ovaire Iriloculairc à loges renfermant chacune deux graines collatérales , et par son style parfaitement simple ; le Thamnect ^ dont je dois la communication à l'amitié de M. R. Brown , présente une modiCcation plus singulière et qui n'a, je crois, encore été indiquée dans aucun autre végétal : c'est une colonne centrale , grêle et pour ainsi dire filiforme, qui traverse le centre d'un ovaire uniloculaire et qui s'élargit au sommet en un placenta en forme de disque . autour duquel sont suspendus des ovules nombreux dis- posés en un seul rang : organisation bien différente de celle des placentas centraux de la plupart des familles où ce genre de structure a été reconnu , et dans lesquelles le sommet du placenta est étroit et se détruit lorsque la fécondation a eu lieu, tandis que la partie inférieure , spongieuse et charnue , est couverte de graines plus ou moins nombreuses. La seule fîimille qui, au premier as- pect, offre un mode de structure analogue à celui-ci , est celle des Santalacées, dans laquelle on indique un «ixe central au sommet duquel sont suspendus un petit nom- bre d'ovules ; mais nous montrerons plus tard que dans ( 36. ) la ])lnpart de ces plantes cet axe est réellemeiil libre au sommet , et ne fait que soutenir 1rs ovules et les rappro- cher du sommet de la cavité de la loge sans les meure en communication directe avec la base du style. Dans le genre Tliamnea , on peut se représenter l'o- vaire comme étant devenu nniloculaire , par suiie de la destruction des cloisons des loges , dont Taxe central nous représente encore Tangle interne ; la symétrie parfaite de toutes les parties est un caractère essentiel de cette structure : le nombre des ovules qui nous a paru de dix semblerait indiquer un ovaire à cinq loges , renfermant chacune deux graines , dont les cloisons se sont détruites. Le, genre Tittmannia nous fournil pour ainsi dire ua passage de ces ovaires mulliloculaires aux ovaires unilo* culaires à axe central libre , car sa ileur , différant à peine sous d'autres rapports de celle du Thamnea, nous pré- sente un ovaire à deux loges , renfermant chacune deux ovules suspendus, comme dans la plupart des Bruniacées, mais dont la cloison , quoique divisant complèlcmenl l'ovaire en deux loges , n'adhère pas par ses bords aux parois de l'ovaire et représente par conséquent Taxe central libre du Thamnea , transformé par son apla- tissement en une cloison. Dans le genre Berzelia^ nous observons, comme dans le Thamnea^ un ovaire unilocula ire, mais il estle résultat d'une modification toute différente dans la structure or- , dinaire des plantes de cette famille*, la cavité simple de l'o- vaire n'est pas due à la suppression des cloisons qui sé- paraient les loges de ce fruit , mais à la réduction de ces loges à une seule : c'est l'ovaire d'un Brunia ou d'un 6taavia dont une seule loge subsiste. En effet, dans cet ( 363 ) s^ Ovaire on ne trouve plus des ovules nombreux suspendus autour d'un axe central libre comme dans le Thamnea , mais un ovule unique fixé au sommet d'un placenta ou plutôt d^une nervure qui occupe une des parois de l'o- vaire et qui correspond à la cloison de Toyair* bilo- culaire des Brunia\ cet ovaire, non-symëtn(jiie , en- traîne un défaut général de symétrie dans la fleur ; ainsi, le tube du calice est plan du côté du placenta , il est ar- rondi et gibbciix du côté opposé j ses divisions et les pé- tales sont également déjelés et un peu inégaux , ce qui donne à toute la fleur un aspect difl<)rme qui devient encore plus marqué d»ns le fruit. Dans tous les genres que nous venons d'examiner , l'ovaire était adhérent , au moins en partie , au lube du calice. Le genre Raspalia nous otfre un calice parfaite- ment libre , semblable du reste en tous points à celui des autres plantes de eelte famille, et surtout à celui àes Stnavia ; cette modiOcaiion dans l'organisation n'aurait rien de singulier, si , comme dans tant d'autres familles dans lesquelles l'ovaire est tantôt libre et tantôt adhé- rent , les élamines et les pétales étaient insérés au som- met du tube du calice ou du moins à quelque partie de ses parois ^ mais dans cette plante c'est vers la partie supé- rieure de l'ovaire que les pétales et les élamines sont fixes. Je crois qu'il n'y a aucun exemple , connu jusqu'îi pré- ' sent, d'insertion épigynede ce genre; en efTet , dans tous , les ras d'épîgynie observés , l'ovaire est toujours adhérent au calice, et le plus souvent les élamines et les pétales peuveni être regardés comme naissant de cet orciane aussi bien (jue^del ovairei aussi (Quelques auteur^ avait j.i clé portés à n'admettre comme insertion réelleincni épi- ( ^€4 ) gyiié que ceîle^oùMos ctamines sont fixées an slyîc îuî- iiièmc , comme dans les Arisioloclics, les Orclii- dées , etci Dans la plante qui nous occupe , les étamincs cl les |)étaîes n'ont aucune connexion avec le calice^ ces or- ganes naissent évidemment de la partie supérieure de To- vaire : on pourra , il est vrai , attribuer ce mode d'in- sertion à la présence d'un disque très-mince , adhérent à la partie inférieure de Tovaire : cependant celte sup- position ne peut être regardée que comme l'expression d'une hypothèse plus ou moins vraisemblable , car on ne voit aucune couche distincte des parois de l'ovaire : au contraire , ces parois sont beaucoup plus minces au- dessous de l'insertion des pétales et des étamines qu'au- dessus. Je serais pourtant assez porté à admettre cette manière de voir, au moins en tliéorîe , à cause de l'aspect irès-diiïérent que présente la surface externe de Tovairc au- dessus et au-dessous du point d'insertion dt's pétales et des étamines ; au-dessous , cet organe est très -mince , mem- braneux , mais parfaitement lisse ; au-dessus il est plus épais, assez dur, mais tout hérissé de poils biancs. Il est donc assez natui^l de supposer que la partie infé- rieure est enveloppée par une sorte de tube staminifère très-mince qui adhère aux parois également très-minces de Tovaire , parois qui dans la partie libre acquièrent au contraire plus d'épaisseur et de solidité. Ce mode d'insertion n'en sera pas mojns une inser- tion épigyne dans toute la rigueur de l'expression ad- mise jusqu'à présent , car cette manière de l'expliquer est commune à l'insertion périgyne dans laquelle on peut presque toujours admettre une couche charnue ( 3G5 ) mince , de nalurc analogue à cellq^ des filets des étamfnes et des pétales, qui s'étend depuis le fond du calice jusqu'à l'origine de ces organes. Ainsi , si l'on admet l'insertion périgyne qui ne parait titre dans la plupart des cas? que le résultat de l'adhérence au calice d'un disque plus on moins distinct , on doit regai-der comme insertion épigyne une semblable adhérence avec une . grande partie de l'ovaire. Cette structure du genre Raspaîia me porte à regar- der l'insertion dans toutes les Bruniacées comme épigyne plutôt que comme périgyne , ce que confirme encore la facilité avec laquelle on peut dans presque toutes les plantes de cette famille arracher des portions du lubc du calice sans entraîner en même temps les pétales et les étamines qui restent fixés au, pourtour de l'ovaire •, ou peut encore remarquer à l'appui de cette opinion , que ■^dans plusieurs des plantes qui appartiennent à celle fa- mille , le tube du calice reste indivis dans une étendue assez considérable au-dessus du point où il cesse d'ad- hérer, à Tovaire , sans que jamais on observe la moindre connexion entre cet ori;ane et les étamincs ou les pé- tales qui sont fixés au point môme où Tovaire cl le calice se réunissent. Ces remarques que Fou peut appliquer à quelques autres familles , nous paraissent prouver qu'on ne doit pas confondre l'insertion épigyne avec rinsertion péri- gyne , comme quelques botanistes l'ont, fait, mais les distinguer , ainsi que M. de Jussieu l'avait établi dans ses Gcneraplantarum : c«nr non-seulement celte distinction p^iraît exister dans la nature -, mais encore elle semble propre à nous diriger dans la recherche des rapports ua- ( 366 ) turels , comme ce. r<5lèbre naturaliste l'avait parfaiiemcnt senti. Après avoir fait connaître les points les pins remar- quables de l'organisation des Bruniacées , il nous reste à examiner ses affinités avec les antres végélanx : la structure mieux connue de ces plantes les éloigne évidemment non-seulement des Rhamnées, mais aussi des Célastrinées etdes Ilicinécs, familles avec lesquelles elles ont si peu de rapport qu'il nous paraît inutile de nous arrêter à les comparer; c'est avec les familles à ovaire constamment infère el dans lesquelles on peut regarder l'insertion plutôt comme épigyne que comme périgyne , que les Bruniacées me paraissent avoir le plus d'analo- gie : telles sont particulièrement les Cornouillers , les Haloragées , les Hamamelidées et même les Ombellifères et les Araliacées. Dans toutes ces familles l'ovaire est infère ou semi- infère , et le plus souvent à deux loges renfermant une seule graine ou deux graines suspendues à la cloison j les étamines sont presque toujours en nombre égal aux pétales et alternent avec eux : tous ces caractères se re- trouvent dans les Bruniacées. Les Ombellifères et les Araliacées s'en distinguent par la sti'uciure delà graine , par les loges du fruit cons- tamment monospermes et indéhiscentes , enfin par leur port j les Hamamelidées dont le calice et les pétales pré- sentent la préiloraison valvaire et dont les anthères s'ouvrent par des valvules libres ne peuvent se confondre avec elles. Malgré leurs nombreuses variations les Halo- lagées s'en éloignent parla structure de leurs graines , dépourvues de périspcrme , et pvir leurs feuilles le plus ( 35; ) souvent opposées -, le genre cornouiller est un de ceux qui a le plus de rapports réels avec les Bruniacées , il en diiîère peut-être plus par son port que par des carac- tères bien tranchés. Pantin nous devons indiquer les rapports , quoîqu'éloî- gnés, que celle famille paraît avoir avec celle des Myrtes par l'intermédiaire du genre Imbricaria de Smith ou Mollia de Willdcnow : dans ce genre, qui s'éloigne beau- coup par sa structure des vraies Myrlînées , on observe eu effet presque la raemc organisation , quant au calice et aux pétales , que dans les Bruniacées *, Tovaire est uniloculaire et renferme quatre ovules suspendus au iommct d'un placenta latéral, structure qui rappelle en même temps celle des genres Berzelia et Thamnea, Mais celte plante s'éloigne des Bruniacées par ses éta- mines opposées aux pétales , position fréquente dans les Myrlinées , par ses anthères glanduleuses au sommet, enfin par ses feuilles ponctuées , caractères qui tous lui donnent plus d'analogie avec les Myrtes qu^avec les plantes qui nous occupent. La famille des Bruniacées forme doue un petit groupe que ses caractères et un port très-particulier disiinguent également bien dos familles auprès desquelles elle doit venir se ranger ; car son aspect la fait ressembler au premier coup-d'œil aux Bruyères , aux Diosma , aux Phylïca et à quelques autres genres qui n'ont cependant de commun avec elles que le port et rhabitalion. Les Bruniacées sont en efliet une de ces familles qui ne sortent pas des limites d'mie certaine région •, elles ji'ont jusqu'à présent été trouvées qu'au cap de- Ronnc- Esperance, dans celte région remarquable par la quantité {36S) d'arbrisseaux, analogues par leur porl à nos Bruyères , qui rhabitent. Une seule espèce a été observée hors dn continent africain , c'est le Berzelia lanuginosa cjue Commerson a recueilli à Madagascar : celte exception n'a rien de remarquable, car on sait que celte île possède plusieurs des végétaux du continent voisin. En décrivant une partie des espèces de cette famille , je n'ai pas eu l'intention de donner une monograpliie spécifique des plantes qu'elle renferme , car il m'a élé impossible d'observer plusieurs d'entr' elles dans les lier- bicrs de Paris j mon but n'^a élé que de fixer avec cer- titude les espèces sur lesquelles j'ai fait mes observations et de faire ressortir quelques diflérences de structure propres à éclaircir les caractères génériques. BRUNIACE^, R. Brown , in ylhel. iler. Chincnsis ^ Decakdolle , Prod. , ii , p. 43. CarAct. diff. Caljx adhaerens, rariùs liber, in pre- fioralione imbricalus. Petala ovario inscrta , imbricaïa. Stamina petalis alterna, epigyna^ autlieris introrsis, bi- locularibus , rima longitudinali debiscentibus. Ovariain _ semi-inferum ^ i-3-loculare, loculis 1-2-spermis , ovulis colla teralibus suspensis. Fructus bicoccus vel indehis- cens , inferus vel semi-inferus. Semina embryone parvo inapice endospermii carnosi. Caïiact. nàtur. Caljx monophyllus , lubo ovario adnato rariùs libero (in/^a5;7rtZia), limbo 5-fido, laciniis ssepe apice callosis , in prefloralione ereclis vel im- bricatis. Corolla polypetala. Petala laciniis calycis allerna , parti superiori ovarii inscrla^ unguiculata : unguc lai» ( 369 ) ^nferiùs subslaollâ carnosâ incrnslato vel crislîs duobiis c^'irnosis parallclis ornalo; prefloratîo imbricata. Stamir^a peUilîs alterna ) filamenta unguibuj peta- loriim phis minusve adhaerenlîa ; antheraî ihlrorsae bi- locii lares , loculis supcriùs connexis, inferiùs liberis , sœpe (livcrgerilibus , rima longitudinali antice dehis- ceiuibus j cum petalis et in eadem série ovario vel dibco Icnui ovariiim legenti inserta. Discus iiullus distinclus vel ( in Thamnca ) orbicu- laris, partem superiorem ovarii obtcgeus et exlcriùspela- lis et slaminibiis insertionem praebens. Ofû/mm scmi-inferum(infcriim u\ Thamneâ ^ libe- riim in Ra^palia ) , biloculare , rarius nniloculare vel iriloculare \ ovulo unico vel ovulis duobus collalerali- busiii quolibet loculosuspensis (in Thamned ùv\j\\ nu- mcrosi ex apice columnae ceniralis dependentes). Stjrlus. siraplex vel biGdus ; Stigma unicum vel Stigmata 2-3 mi ni ma papilliforinia. Fructus semi-inferus , Calyce et saepiûs petalis àtque staminibus persislentibus co*ronatus j velbicôccus , coceis coriaccis divergenlibus, externe calyce involutîs, interne rima longitudinali deliiscentibus, mono vel rarissime dis^ permis , seminibus oblongo-cylindricis (in Staawia , Beravdia , et Linconia ) \ vtel indehiscens , subligno- sus, rariùs membranaceus, unilocularis (saepe abortu), monospermus , semine ovatb-compresso ( in Brunia et Berzelia ) (i). (0 lahis geueribus fructus saepius cminioù abortum patituret peii- ( arpiura , fertili exlcrnc similc , placenta âpougiosa , semina membra- uacca porva sustiuente , lepletur. ( 370) Semen sn.^pcîisurn , oblongo-cylinJrkum vel ovato- compressum , sessile vel podospeiniio cupulsefuriui af- fixum ( in Slaavia et Linconia ) \ Testa laevis vel sub- reticulala, Eiidospermiuni caruosum, albidum ; Embry o parvus ovatus ad apicem seiniais , radiculâ couicà supei à , coiyledonibus brevibus carnosis. Frulices ex Africd aiistrali , ramosissimi , ericœ- foiTues ,* foliis parvis, glabris vel vix pilosis, ad api' cem sœpiiis calloso-ustulatis , rigidis , integerriniis , quinquefariam insertis ; floribus parvis, capitatis , vel rariiis paniculati^ , spicatis , vel termiiialibus sollla- riis y capilulis nudis vel foliis majorihus involucratis ,* flores ad basim tribracleati , bractea inferiori majori , lateralibus oppositis minoribus vel nullis ; in Linconia, Thamneà , Audouinià, Tittmannià bracteis quatuor vel pluribus inuolucrati. I. BERZELIA. -— Bruniœ spec. auct. Caràct. DiFF. Calyx ovario adhaerens ; laciniis înae- qualibus gibbosis. Ovarium inferum , uniloculare, mo- nospermum, Stylus simplex. Fructus indehiscens. Caract. wat. Caljx, tube ovario adnato , lalere superiore piano , placentae respondente , altero con- vexo *, laciniis 5 rariùs 4 acutis , apice ssepiùs cal-* losis , insequalibus , duobus superioribus paiilo bre- vioribus , tribus inferioribus longioribus. — Petala oblonga vel spalhulata , ungue vix carnoso non bica- rinato. — Stamina pelalis longiora, loculis antherarum parallelis , superiùs connexis , inferiùs liberis. — Ova- rium senai -inferum , uniloculare, obliquum , monos- pcumum; ovulo versus apicem loculi ad parieiem su- ( 371 ) periorem suspeuso. Styîiis simplex sulcatus. Stigma parvum subconicum. '^obo^ Fructus ferè oiniies abortivi, coriaCei, indéhiscentes, calyci» laciniis auctis gibbosîs , petalis etstaminibus per- sisteiilibus coronati , obliqui , gibbosi , placenta iinilate* rali , spongiosà , semen membranaceum parvum susli- nenie , repleti j fertiles , nucul» coriaceae, obliquae , mo- nospcrmae -, semine ovato-compresso , laevi j testa crus- taccâ. Endospcrmiumcarnosum, album. Embryo parvus, ad apicem seminis , bilobus , radiculâ superâ. Frutices; (oliïs pàivis, brewihus, subtrigonis^ glabris ^el vix pilosis , ad apicem sœpiiis ustulatis, imbricatis veî patulis;/Ioribus capitatisy capitulis nudis ad apices ramulorum scepe congeslisj bracteae très ad basim cujus- quejloris^ inferior versus apicem clavatacallosa. . Dixi in honorem Cel. Berzelii cujus ingenium , quan* quam chemiae prœcipue deditum, scientias omnes illus- iravil et promovit. I. BeFvZELIA ISROTÀNOIDES. Folils ovatis, apice ustulatis, brève peiiolalis, glabris, palenlibus *, capitulis, avellanae subaequalibus, terminali- bus , congestid subcorymbosis -, receptaculo piioso , bracteis clavalis , viridibus , glabris^ apice ustulatis 5 pe» talis patentibus spathulatis. Var. a. Floribus 4-ûdis, telrandris , petalis majori> bus patentibus , staminibus longissimis. f^ar, p. Floribus 5 - fidis , pentandris , petalis et sta- minibus brevioribus. Brunia abrotanoides BuaM. j4Jr. p, ^i66 ^ t. 100, fig. i j Lian , Spec. Plant, éd. m, p. a88 j Wulb. »5)>«c. 1, p. ii43j D»- CAMO. Prod. II, p. 44- ( 372 ) Uuh. acî promonlûrlura Bonae-Spci. {v, iu hcib. Burmannî, Husei Parisicnsis, etc.) 3. BkKZELïA. JLANtIGINOaA. •Kamis erectis, fasiigiatis , junioribus villosis ; foliis ti-itjuetris, pnlentibus, apice callosis, pilosiuseulis; capi- inlis pisi magnitudiiie, ad apiccs ramulorum lateralium in paniculâ fastigialà disposids *, bradais spathulatis glabi'is, apice callosis ; pelalis suLcrectis , obîongo-lau^ ccolalis , oblusîs. Brunia lanuginosa , LiK». Uorl. ciiff. p. 71; Spec. Plant, i, 288; WiLLD, Spec. if ii^a; Decand. Prod. 11 , p. 44- Taniariscus MonomoUapensis , Vlvckzv. t. 3i8 , fig. 4. llab. adpromonforium Bonct-Spei {Èurmann, Thuriberg, etc.), acîliltora oricntaliaAfrirœaustrulis Monouiottapadicta(/*/ac/iertet) et in Madagascavia ( Commerson ). ( "j. in herb. Burmauni , Mus, Parisiensis , de Jussieu , etc.) II. BRUNI A. — Bruniœ spec. auct. Caract. ïïiff. Calyx adbserens. Ovarium semi-infe- rnm , biloculare-, loculis i-î>.-spermis j Slyli duo. FVuc- ins iiidehiscens, abortu monospermus. ' Caract. is AT. Ca/^'o?, liibo inferiùs ovario adiialo, supcrius libero , lariniis subspaibulatis apice , non cal*- losis, ïcqnalibus. — Petala o\a.[ii vcl spathiilata, limbb palenle , luigue glanduloso , in pluribus bicrislato. — Slamina inclusa vel exscrta , aniheris ovatis, , loculis parallelis. — Oyàrium semWinÇQvXim ^ biloculare, lo- culis mono-vcl dispermis, allerovc rariùs vacuo 5 Styli duo , superiùs divergentes. Fructus ferlilis coriaceus vcl mcmbranaceus, indeliiscens, abortu vinilocalaris, monos- permus, vel saîpiusDmninoaborlivusbiloculans,placcnlà Tspbngiosâ serai naj^àr va versus apiccm sustinenie subre- ( 373 ) pl.el«s. — Semen ovalo-comprcssmn , laeve. Endosper- initim magnum , carnosum , album. Embryo parvus ad apiccm endospcrmii , radiciilà supcrà , cotjledonibus bievibus. Suffruciices , habitu et caracteribus floris maxime dwersi, plus minusve ramosi y ramis subverticîllatls erectis vel patulis, vel foliis paivis arcte imbricatis et floribus capitatis ( in Brunià vJrgatâ , alopecuroidc ei nodiflorâ ) vel foliis majoribus abietinis vel mjrtoideis patulis et floribus paniculatis ! ( in Bruniâ racemosâ et piuifoliâ ) ; flores tribracteati vel defectu bracteamm lateralium unibracteati. Sect. I . Calyx pilosus , laciniis spathulatis ,• petala subspathulata ,• stamina exserta inœqualia ; owarium biloculare , loculis dispermis ; fructus caljce petalis staminibusque persiste ntibus coronatus, I. BrVNIA NODIFLORA. Foliis lanceolato-subulatis, Irigonis , acutis, glabris, incurvis, arcte imbricatis, apice non ustulatis; capitulis globosis , niagnitudine cerasi, in ramis terminalibus. Brunia, LiNif. , Gen. plant. , éd. i, 1737. Brunia nodiflorâ ^ Likn. , Uort. cliff'.y 70. Omn. que auct. recentio^ rum. Cupresso-pinulus capitis Bonœ-Spei y Bretn, ceat. 22, t. 10. Uab. ad promoQtorium Bonse-Spei. ( v. ia hetb. Burmanai, Musei Parisiensis , etc.) Suffrutex ramosissimus , ramis subverticillatis , patentibus et in- curvo erectis ]folia parva, lanceolato-subulata , sessilia, trigona, quin» qucfariam imbricatu, glabra. Capitula sphaerica , cerasi maguitudiue, ad apices ramulorura solitarla , non involucrata, villosa. Bracteœ très ad basim cujusque floris, jsubdeqtiales ; spathulataB , tomeotosae, fiomin Vin. 25 < 374 ) «quantes. Calyx «xtcrrie irillosissinaus , tubo ovario adhaerente , laciuits 5, spalhulalis, externe villosis, tiibo longioiibus. Pefa/a oblongo-subspa- thulata, crecta, limbo patente, calycc paulo longiora, infcriùs angusta- la, biciistala. Staniina inaequalia, exserla ; (ilamenta compressa, ungui- bus petalorum subadliaereiitia; «Air/iter*^ introrsae, bilorulares, loculis oblongis supcriùs et iuferiùs discrelis. O^'arium semi-iiiferum , villo- sum , biloculare, loculis dispcrrais, ovulis collatcralibus ex apice scpti depcndetitibus. Styli duo divergentes. Stigmata duo miuiina. Fructus fertilis abortu unilocularis , monospcrmus ; stcrilis bilocula- ris , placenta septo affixâ magna spongiosâ repletus. Sect. a. Calyx , laciniis glabris scariosis -, pctala ovata ; stamina inclusa ; ovariuni biloculare , loculis moiio-vel dispermis (alterove vacuo) ; fructus calyce coronatus j petalis et staminibus caducis, 2. BrUNIA. RACEMOSiL. Foliis patentibiis, sessilibus , ovalo-acuminatis , sub- cordalis , trinerviis , pilosiusculis , floribus paniculatis, paniculâ e racemis densis distantibus subfoliosis com- posîlâ. ^ JSeckea corâata , BvRM. Prod. 12. Phylica racemosa^ LiKif. Mant. 209; Thuhb. Prod. FI. Cap. 45» WiLLD. Spec. I, 1112} Decakd. Prod. 11, 37. Hab. ad promontorium Bonae-Spei. (v. s. in Iierb. Burmanui.) Snffruiex, ramis erectis, fastigiatis, subverticillatis, junioribus villo- sis f/oliis approximatis, patentibus vel subreflexis, sessilibus, ovato-acu* minatis , subcordatis, trinerviis, pilosiusculis ; floribus paniculatis, pa- niculis c racemis densis distantibus subfoliosis compositis ; flos quisque tribracteatusj bracted inferiori ovatâ majori , foliis subsimili; laletali- bus oppositis minoribus. Calyx tubo obconico , inferiùs ovario adna- to, superiiis libero, 5-fidus, laciniis ovatis, obtusls , subtruncalis, sca- riosis , glabris. Petala 5 , ovato-oblonga , interiùs ab basim crassiora subcarnosa. Stamina petalis breviora, antheris ovatis, bilocularibus, lo- culis paralltlis. Qyojium iuferum , obconicum , supcriùs planum vel vix (3,5) couvcxum , hiloculaie , locuUs mouospermis , ovulo aogulo interiori et superiori oujusque locuU suspenso, oblongo. Styli duo approximaU , paralleli, superne divergentes. Stigmatu tinxo parva papillota, ad api- cuin cujusquc styli. 3. Brunia pinifolia. Foliis subpalenlibus, scssilibus , linearibus , obtusis, uiiinerviis, glaberriwiis, coriaccis, planis ; paniculà densâ e racemis subsimplicibus composilà , floribus scariosis approximalis. Deckea af ricana y "Rvhu. Prod, la. Phflica pinifolia f Thchb. Prod. 44» Lu»". Siippl. ifiS^ Vahl , Symb, 3 , p. 4m Willd. Spec. i, iiioj Decaid. Prod. ii , yS. Uah. ad promonlorium Bonae-Spei. ( v. s. ia herb. Burmaani, Musei Paiisiensis , de Jussieu , etc.) Suffrutex, ratniserectis^fastigiatis et fa^cîculatis, glabernmis^yb/tïs spiralitt-r iiisortis, subpateutibus, sessiUbus, linearibus, obtusis uniner- viis, coriaccis, glabeirimis, plauis ; floribus paniculatis ^ paniculà e ra- cemis subsimplicibus formata, pyramidali, deusâ ; floribus scariosis ap< proxirnatis, basi tribracteatis, inferiori lineari flore longiori vel sub- xquali, lateralibus oppositis flores brevioribus. Flores a précédente nullo modo diflenmt iiisi ovario superiùs convexo, scmi-infero, loculis dis- ]>ermis nec monospermis. Fructus semi-inferus , calyce persistente coronatus (petalis stamiai- busqué caducis) , abortu unilocularis, monospermus, loculo altero mi- iiori placenta spongiosâ , ovulum membranaceura parvnm sustiueute , repleto. Senen ovato-lanceolatum , compressum, testa laevi coriaceâ , endospermio camoso albo. Embryo parvus cordiformis ad apicem ea- dospermii. 4. Brunia alopecuroides. ^ Foliis subiilalis , trigoiûe , acutis j glabrîs , imbricatis , I iiicurvis, apice ustulalisj capilulis terininalibiiSj ovato- ( 370 ) gîobosis, densîs, piso duplô miuoribus, midis j bracte» floribus breviores. Brunia alopecuroides ? Thukb. FL Cap.iij p. 9^5 Decavd. ProJ. . ">p. 44- Hetb. ad promontorium Booae-Spei. (v. in herb. Burmanni.) SujffruteXf ramis gracilibus erectis glabris; yb/iw subuiatis , trigonis , acutis, glaberrimis , imbricatis , incurvis, apice ustulatis; capitulis ter- minalibus, ovato-globosis, densis, piso duplô niinoribus, nudis. Bractea unica ad basim cujusque floris , obtusa , subclayata , glabra , apice us- tulata , florem subxquaute. Calyx vix pilosus , tubo ovario adnato , laciniis scariosis ovatis acu- minatis. — Petala ovato-oblonga sessilia , apice pateutia , ungue car- noso , lato , bicarinato. — Stamina petalis breviora vel subaequalia , filamentis erectis inaequalibus ; antherse ovatse , biloculares , loculis basi disjunctis. — Of^a/mm superiùs pilosum , senii-adhaereus, biloculare , lo- culis mono-vel dispermis j ovulo ovato-oblongo , ex apice septi depen- dente ; 'rariùs in uno loculorum vel in ambobus ovuli duo collatéra- les. — Siyli duo e basi divergentes. Stigmata duo miuima, subtruucata. 5. Brunia virgAta. Ramis gracilibus subverlicillalis \ foliis arcte adpres- sis, sessilibus, lanceolato-subulatis, acutis, apice ustu- latis, canaliculalis, glaberrimis 5 capitulis terminalibus, minimis, paucifloris (ciceris magnitudine ). An Brunia verticUlata ? Thukb. FL Cap. 2 , p. 92. Hab. ad promontorium Bonœ-Spei. (v. in berb. DelessertJ Suffrutex , ramis tenuissimis , virgatis, subvertioillatis , fastigiatis j foliis lanceolato-subulatis, acutissiniis , apice ustulatis, externe coa^ vexis , interiùs concavis , glaberrimis , sessilibus , ramulis arcte adpres- sis ; capitulis terminalibus , viic ciceris magnitudine , fuliis quibusdaai brevioribus patulis involucratis , paucifloris; floiibus unibracteatis. — Calfx , tubo brevi , ovario adnuto , glabro , limbo 5-partito , laciniis oblongis , obtusia , scariosii , glaberrimis , tubo duplô lougioribus. — . Peiala § , laciniis calycis aequalia , oyato-oblonga , obtusa , ad basita ( 377 ) •rassiora , ocllulosa. — Stamina petalis breviora , anlheris ovatia , bi- locularibus , lociills papHllelis ailnatis. Ovarium semi-iuferuai vel subinferum , superGcie snperiori convexâ pilosâ, blloculare , lociilis inaequalibus ; majori, tribus laciniia calycîs respondente, monospermo, ovulo ad parlera superiorem septi suspcDso ; Diinori duobus alteris laciniis calycls opposito , vacuo ( sine vestigio tillo ovuli vt'l podospcrmii ). Styli iluo ad basim conjuncti , superiùs arcuati divergentes. Stigmata duo minima. m. RASPALIA. Caract. diff. Calyx liber ! Petala et stamina ovarîo liberoinserla. Ovariuin biloculare,loculis monospermis. Styli duo. Caract. tïat. (^A^j: liber, monopliyllus, 5-fîdus, laciniis aculis, apice callosis. — Petala et stamina 5 altemantia nec basi adhaercnlia , parti superiori ovarii in eadem série inserla. — Petala obovato-oblongaf.obtusa, basi vix carnosa, erecta. — Stamina pcialis breviora, in- clusa , antheris ovatis , loculis parallelis. — O^arium a calyceomninô liberum, biluculare, loculis monospermis 5 parte inferiori obconica, membranaceâ, penlagonâ, angu- lis vasculis staminum percursis, supernè petala et stami- na suslincnle-, parte superiori hemisphaericâ coriaceâ pi- losâ. — Stjli duo basi approximati, superiùs divergentes. Fructus, . . Suflrutex, ramis wrgatis , fastigiatis , ramulis al^ ternis , oppositis "vel subverticillatis , brevibus ,* foliis parvis , rhomboideis , carinatis , ramulis arcte ad" pressis, spiraliter insertis, glaberrimis, Floribus capi- latis , capitulis solitariis, geminatis vel ternis ad apicem ramulorum, non involucratis, tomentosis (pilis calycium et braclearum). Flores parviy albi, limbo semi-patente , antheris inclusis. ( 373 ) Hoc gcnus dicavi clar. RaspAil qui de structura gra- mînuin atque de feculse formalione tani suhtilitcr dis- seruit. I. Raspalia. microphylla. Brunia microptiylla ? TavvB. FI. Cap. a, p. 94; Decakd. Prod. it , p. 44. Hab. ab promonlorium Bonae-Spei. ( v. in herb. Delessert.) IV. STAAVIA Thunb. Caract. diff. Calyx adhaîrens. Petala libéra. Ova- rîum semi-inferum , biloculare , l^iilis monospermis. Stylus simplex. Fructus bicoccus. Caract. nat, Calyx , tubo inferiùs ovario aduato , superiùs libero, laciniis setaceis, apicecallosis. — Petala lanceolata, basi carnosa, incrassata, necbicrislaîa. — Sta- /ni«a pelalis breviora, antheris ovalis, loculisparallelis. — Ovarium semi-inferum, biloculare, loculis monos- permis-, ovulis podospermio cupulaeformi semi-involutis. — Styli connexi in columnâ simplici bisulcalâ. Stigma bilobum. Fructus semi-inferus, superiùs conicus, bicornis, bi- coccus; cocca superiùs bivalvia, interiùs rima longilu- dinali usquc ad basim fissa , monosperma. — Semina oblongo-cylindrica, supernè cupulâ parvâ (podospermio indurato) involuta. Endospermium carnosum , album. Embryo parvus, cordiformis, ad apicem seminis. SufTrulices, foliis linearibus, patentibus , apice cal-- losis ; floribus aggregatis ,• capitulis terminalibus , dis- coideis, bracteis foliis longioribus , nitenlibus , albidis vel brevibus foliis conformibus , involucratis , C -579 ) 1. StAAVIA. TVADIATA. Ramis jiinioribiis foliisque pilosis ; foliîs lînearibus , acutis, vix carinalis, paleiitibus veldeflexis, mucronalis; capitulis corymbosis ; bracleis involucri membranaceis mucronalis , floribus paulô longioribus , arcuatis , de- ilexis, albidis. 9taafia radiata^ Thumb. Dissert.; FL Cap. a, p. 96} WiLtD. Spec. I , p. » i44 > Decawd. Prod, 11 , p. 45. Phylica rndiata, LiKif. , Spec. , éJit. lï , p. 283. Brunia radiatOf Likk. , Mant., aog. Hab. ad promontorium BoDi5CM5epigyn«3 nulliis vel teniiissimiis. — Ovarium semi-inferum , ob- conicum, superficie superiori convexâ, subtrilobâ, glabiâ et subcarnosâ , Iriloculare , loculis dispermis ; ovulis collateralibus , suspensis. — Stjlus simplex, trigonus ; Stigmata tria minima papilliformia. Fructus,,» Suffrutex ramis erectis ', foliis spiraliter insertis, îm- hricatis, subcarinatis ^ floribus in capitulum oblojigum, spicœforme, terminale , congés tis , purpureis. Amici conjunctissimi V. Audouin , qui anatomiam inseclorumobservationibus acutissimis illustravit, nomea buic generi imponere volui. I. AuDOUINlA CAPITATA. Diosma capitatUy Tutjkb. Prod. FI. Cap. 43; Link. Mant. , 310 j WiLLD. Spec. I , ii36j Per5. Syn, i, i^'j j Dbcano. Prod. i, 7^ ( 385 ) Ueth. ad promontorium Bonse-Spci ( v. iu herb. Delessert et Mus, ,Parisiensis.) VIII. TITTMANNIA. Car. diff. Calyx , tiibo adnato , spliœrîco , laciniis ereclis, scariosis. Pelala unguiculaïa. Ovariuni infenitn, sphaericum , biloculare -, sepio ineml>ranaceo , ad margi- iïcmlibero,loculis dispermis. Ovula septoaffixa, pendula. Car. nat. Calyx , lubo sphaerîco , ventricoso , flore laiiori, superiùs coarclalo, externe rngoso , glandiiloso, ovario adnato^ laciniis 5 , oblongis lanceolaiis, glabris, subscariosis, erectis, àd apicem subcallosis. — Petala 5, coriacea , unguiculata ; ungue interne bicarinato , laci- niis calycinis breviori \ laminis palenlibus ovato-subro- tundis. — Slamîna peialis alterna nec adhœrentia , iii- clusa; filameniis subulatis, brevibiis. Anlherae ovalaî , inlrorsœ , biloculares , basi connectivi ad apicem fila- mcnti affixae, loculis oblongis, parallelis , adnatis, rima longitudinali dehiscenlibus. — Discus nullus nisibasim styii expansam , conico-depressam , pro eo sumas. — Ovarium sphaericum, maximum, calyci omnino adoa- tum, biloculare 5 loculis dispermis. Seplum infeiiùs et superiùs ovario continuum , ad marginem membrana- ceum, liberum nec parielibus ovarii adbœrens. Ovula coUateralia versus apicem sepli suspensa , par va , mem- branacea. Stylus simplex , conicus \ àtigma bidentalum. Fructus .... SuflVutex ramosus , ramulisfastigiatis, subumbella- tis\ foliis linearibuSj subcylindricis, rugoso^asperisj in- curvis , erectis , imbricatis , ad apicem callosis. Flores ax illares i versus apicem ramulorum approximatif ex ( 380 ) eodem lateve injlexi , ad bas lin squamis bvevibus scariosis caliculati. Dixi in honorem Cl.-J.-A. Tittmann qui de struc- tura cmbryonis ejusque evoluliooe optime disseruît. I. TrTTMANNlA. LA.TERIFLOBA. fia&. ad promontorium Bonœ-Spei. (r. in herb. Cel. Desfontaines. ) IX.THAMNEA Solakder , ifeTj^. Car. diff. Calyx adhaerens , laciniis lanceolalis.Ova- rium inferum, disco carnoso tectum, uniloculare, poly- epermum ; ovulis ex apice columnie ceniralis dependen- tibus. Stylus simplex. Ca'r. nat. Calyx, lubo brevi, inferiùs ovaiio adnaio, superiùs libero, laciniis lanceôlalis, glabi is, scariosis, im- bricatis, tubo duplo longioribus. — Pelala unguiculala, limbo ovato patente, ungue lalo bicarinalo. — Stamina inclusa, antheris oblongo-lineaiibus , loculis parallelis, adnalis, rima longiiudinali dehiscentibus. — Discusi^Xa- nus, carnosus, margine elevato, ovarium tegens. — 0\^a- rium inferum , superne planum , uniloculare , columna centrali filiformî percursum, sub decaspermura; ovulis circiler decem ex apice dilatalo columnae dependentibus , simplici série annulalim insertis. — Stylus simplex cy- lindricus. Stigma integrum. Fructus. . . Suffrutex, ramisjiliformibus, creclis,fastigiatis ^ foliis minimis^ subrhomboidalibus , bres^ibus, obtusis , cari- natis, adpressis, spiraliler insertis, superioribus paulô longioribus Jloreni involucrantibus -, flores solitarii , terminales, albi. ( 387 ) I. Thamneà uni FLORA Soland. Mss. Iliib. ad promontoriutn Rons-Spei. Alasson. ( f . inlicrb, Banks , ubi pcr amiciliam Cel. K. Brovu hanc stfrpein observare mihi licuit.) EXPLICATION DES PLANCHES. Planche xxxy, Fig. I. Berzelia lanuginosa Nos. a , rameau tle gramleiir naturelle ; A , une des écaillça du réceptacle ; ^, la même vue de profil} B , fleur entière ; Z>, pétale ; /;, coupe longitudinale d'une fleur ; F^ étamine ; F' , auilière vue par- der- rière ; G, pollen; /d , coupe longitudinale d'un fruit avorté; / , coupe longitudinale d'un ovaire fertile; K , coupe transversale du même, indiquant les rapports de position des diverses parties delà fleur; L, fruit entier; A/, coupe loogitudîuulc d'un fruit fertile et de la graine qu'il renferme. Fig. 2. Bruniapinifolia'Noh. tf /rameau de grandeur naturelle; B, fleur entière ; D, pétale; £", coupe longitudinale de la fleur ; F , étamine ; G, fruit coupé lou- gitudinalement; h], graine; /, la même coupée longitudiiialeraent ; A", coupe transversale de la fleur montrant les rapports de position des divers organes. Planche xxxvi. Fig. 1 . Brunia nodiflora L. a, capitule de fleurs de grandeur naturelle ; B ^ fleur entière ; C* , di- vision du calice ; D , pétale ; E , coupe longitudinale d'une fleur ; Fj étamine; F\ anthère vue de face; F" y la même vue par derrière ; G, fruit entier ; /f , coupe longitudinale d'un fruit dont les graines sout avortées ; / , le même coupé transversalement ; K , coupe transversale de l'ovaire ; L , coupe lontiitudinale du mcnic ; M^ graine avortée ; iV, fruit fertile coupé longitudinale- meut ; O , coupe de la graine ; e , embryon. Fig. a. Slaawia radiata TuuirB. a , rameau de grandeur naturçile ; A , une des écailles du réceptacle ; ( 588 ) B , une flcnr entier*^ C , division du calice ; D , pétale ^ E , coupe longitudinale de la fleur; F y étamiue vue par devant; F\ la «nêine vue par derrière ; G, style et stigmate; /T, fruit entier; /, une des coques ouvertes; A', les deux coques coupées longitu- dinalemeut avec les graines ; L , coupe transversale de l'ovaire ; M y ovule ; IV ^ graine; O , la même coupée longitudinalemcnt ; P , embryon. Ploiiclie xxxvn. Fig. I. RaspaîiamicrophrllaNoB, «, rameau de grandeur naturelle ; J5 , fleur entière; C, calice en- tier et développé ; Z>, pétale ; E , étamine ; F, coupe longitudi- nale de la fleur ; G , fleur dout on a enlevé le calice ; H, la même dont on a détadié trois des pétales pour montrer leur insertion et celle des étamines. Fig. a. Berardia paleacea No». a , rameau de grandeur naturelle ; B , fleur entière avec les trois bractées qui l'accompagneut ; C , nne des divisions 'du calyce ; D , pétales unis vers la base ; E , étamine adhérente aux 'pétales ; F, pistil coupé longitudinalement. Fig. 3. Linconia alopecuroidea SwJiVitz. Af fleur entourée de ses bractées ; i? , la même dont on a enlevé les bractées ; C, pétale ; D , étamiue vue de face ; Z>' , la même vue par derrière; £, coupe longitudinale de la fleur; F^ coupe Ion» gitudinale de Povaire , parallèlement à la cloison ; G , coupe lon- gitudinale perpendiculaire à la cloison; jET, fruit imparfaitement, mûx ; / , ovule. P/ancAexxxvxii. Fig.i. Audouinia capitula Nob. A , fleur entière ; B , coupe longitudinale de la fleur ; C, pétale ; D , étamiue vue de face ; ZX , la même vue par derrière ; E , coupe t^an s verbale de Tovaire ; F , coupe longitudinale de Tovaire j G , ovule. Fig. a. 7'ittmannia laterifiora^oh. A y fleur entière; 5, coupe longitudinale de la fleur; C, pétale; Df étamio«< (389) V\g. 3. Thnmnca iiniflora Solamo. a , rameau de grandeur naturelle ; B , fleur entière ; C, ODupe ionf;t- tudinale de la fleur j D , pétale ; E , étamine vue de face ; /i", la nactue vue par derrière ; ^' , la même vue de profil ; F ^ coupe lou- gitudinulu de Tovuire ; G , coupe de la colonne centrale avec les ' ovulca qui y sont attachés \ U , coupe transversale de Tovaire. Description du squelette du Daim fossile d'Ir- lande ( Cetvus megaceros ) , du Muséum de la Société royale dé Dublin; Par John Part , Membre du Collège des Chirurgiens d'Irlande. Il y a peu de sciences qui aient pris dans un laps de temps aussi cot^rt urt accroissement aussi rapide que l'A- natomîe cbmparée •,etsi on considère en eflel qu'elle offre, à ceux qui se dévouent à l'art de guérir, les moyens d'cic- quérir une connaissance plus exacte des lois de la nature en étendant leurs idées sur Técononiie animale, oii recon- liaîlra qu'il y en a peu qui puissent par cette raison exercer une influence plus directe sur le bien -être de la so- ciété. On éiait loin de s'attendre pourtant qu'une étude ap- profondie de cette science conduirai t à des découvcriesd'un aussi grand intérêt , eu égard aux changemens que la sur- face de notre globe doit avoir éprouvés. Ces observations dépendent cependant du degré de certitude avec lequel on peut assurer que des débiis fossiles d'un genre vni. * 26 ( 390 ) J)ariiciilicr se irouveiit exclusivement dans des couches distinctes de la terre. La première idée de tirer des conclusions géologiques de faits anatomiques est due à M. Cuvier, qui se trouvait en position de cultiver l'Anatomie comparée avec plus d'étendue que personne. On peut prendre une idée des recherches de ce savant célèhre d'après l'assurance qu'il nous donne que par l'examen d'un simple fragment d'os, il peut déterminer le genre de l'animal auquel il appar- tenait 5 il s'est même quelquefois aventuré à esquisser ce que des circonstances analogues lui fesaient regarder comme ayant dû être la forme extérieure d'un animal dont l'existence, même dans les tempslesplus reculés, ne nous a été prouvée que par les restes les moins périssables conservés à l'état de fossile. En combinant les faits anatomiques et géologiques , nous voyons qu'on doit séparer en deux classes les dif- férens débris organiques trouvés dans les couches des terrains d'alluvions , l'une renfermant les animaux dont l'espèce existe encore , l'autre comprenant tous ceux dont les espèces sont éteintes depuis Ion g- temps. Dans cette dernière division , rien ne mérite plus notre at- tention , ni ne doit exciter davantage notre admiration et notre surprise , f\joiG des os et des bois d'une grandeur énorme.trouvés journellement dans les fondrières et dans les marnières de l'Irlande , et qui semblent appartenir à un animal de la famille des daims. Ces débris se trouvent si fréquemment dans plusieurs parties de cette île , cpi'on rencontre peu de paysans qui n'aient appris à les connaître , ou par leurs observa- lions personnelles , ou par les rapports qui leur en ont été (391) feits ; ils les désignent sous le nom vulgaire de cornes du vieux daim. On les trouve même si souvent dans quelques parties du pays , que loin d'être regardés comme des objets intéressans , ils sont mis de côté comme des choses inutiles , ou employés aux usages écono- miques les moins relevés. J'ai cherché avec soin , mais inutilement, l'époque où ces osseniens furent remarqués pour la première fois. Comme on les trouve principalement dans la marne , il es probable qu'ils ne commencèrent à attirer l'attention que lorsque l'avancement de l'agriculture fit rechercher cette substance comme propre à amender les terres. On peut aisément s'imaginer l'étonnement que des bois d'une aussi grande dimension , et d'une forme aussi étrange , produisirent sur l'esprit de ceux qui les découvrirent en premier , aussi obtinrent-ils promptement une place dans les salles des châteaux voisins , où. la différence qu'on y remarquait avec les bois des daims connus dans ce temps , les firent regarder comme des ornemens très- curieux. On peut par là rendre compte de la conserva- lion du grand nombre de ces bois possédés par les sei* gneurs dans différentes parties de celte contrée. Les autres os de l'animal, quoique d'une grande propor- tion, paraissaient cependant aux observateurs ordinaires d'une grandeur si inférieure à celle des bois, qu'on n'y fit presqu' aucune attention. Cette circonstance pourrait paraître extraordinaire si on ne réfléchissait qu'à cette époque on ne trouvait presque personne qui se fût adonné à l'étude de l'Anatomie comparée autrement que d'une manière générale et très-superficielle. Il n'y avait donc personne en état de se former une idée correcte de la ( h^- ) grandeur de ranimai auquel ces os avaient appartenu, et encore moins de la ressemblance ou de la ditrérence qu'il devait y avoir entre son organisation et celle des autres animaux. La curiosité qu'excitait cet animal remar([uable s'csk accrue à proportion de rinlérèt plus fort qu'a inspiré la science à laquelle il se rattache , et un squelelic entier de cet animal reniarquablca été désiré par tout le monde savant comme une chose de la plus haute imporlancc. Le premier échantillon un peu complet fut trouvé dans l'ilé de Man et présenté il y a quelques années au muséum de l'université d'Edimbourg par le duc d'Athol. Dans le même temps un grand nombre d'os furent trouvés dans le cointé do Down et envoyés au muséum du colh''gc de Li Triniié par Tévéque de Dromore. A la requête du docteur Stokcs , savant professeur d'hisloire naturelle à l'université^ je rassemblai ces os en iHaJ , en les pla- çant autant que posible dans leurs rapports les uns avec les autres , considérant toutefois que la plupart des ver- tèbres et plusieurs os assez importans manquant, le but (|ue je me proposais était plutôt de montrer ce qu'on pouvait faire et d'encourager ceux qui visitaient le iMu- séum à y contribuer de leur coté s'ils avaient des osse- mcns fossiles à leur disposition , que de réclamer l'hon- neur d'avoir donné avec des matériaux aussi impar- faits , une représentation correcte de la forme du sque- IfiUe. ; On avait*d^ià cherché à compléter cet objet intéres- sant , lorsque M. William Wray Maunsell en adressa h la Société royale de Dublin un superbe squelette complot et d'une parfaite conservation ;je 6s monter ce squelette ( -h-' ) avec le plus i^iand soin, et il fait inaîiUeiianl un des principaux orneineris du Musi'nnn dt; la SocicU^''* * ' Une lellre de M. Maunscll à M. George Knox, \îcë- ])résidcnt de la Société, renferme les faits les plus îm- porlans relatifs au gisement de ces ossemens. (c Heaucoup de considérations intéressantes résultent de la découverte de ces restes fossiles , et la première re- rlierciie serait de s'asslirer de quelle manière ces animaux iïirenl détruits et comment leurs os furent si singulière- ment conservés. J'aiditdans Tcsquîsse rapide cpie je vous ai donnée de ma théorie, qnejecrm'ais (ju'ils avaienl été détruits par un déluge complet (jui îës avait probable- ment atteints sut* tes collines où ils avaient cherche un refugependant que les eaux s'élevaient . et d'où ils avaienl été entraînés lorsque les eaux se calmèrent dans les val- lées où on les ironve maintenant ; Fagitatiou de l'eau pont avoir occasioné la dispersion des os après que leù^s ligamens eurent été rompus, ce qui rendrait compte de réparpillcment dans lequel on les trouve, et le dépôt de marne co(juillière par lequel je suppose que l'eau (lait troublés, peut les avoir assez complètement proté- gés contre linlluence atsmosphérique pour empêcher leur décomposition par la suite. IMais pour vous donner piclque idée de la prohabilité de mes raisonnemcns, je lois essayer de vous expliquer la situation de la vallée *t des collines voisines. La vallée dans laquelle les {ébris fossiles furent trouvés contient environ vingt acres '!o plantations , et le sol consiste en une couche de tourbe iPun pied environ d'épaisseur. Immédiatement au-dessous < vstune autre couche demarnecoquillière variant d*itn pied et demi à deux pieds et demi d'épaisseur 5 on y trouve des (394) coquilles non marines, qui ont gardé leur couleur et leur formeprimilive.Sous la marne se trouve un lit d'argile d'un bleu clairj un de mes ouvriers enfonça dans ce lit, à plu- sieurs endroits , une lige de fer de douze pieds sans ren- contrer d'opposition. La plupart des tètes et des os, au nom- bre de huit, furent trouvés dans la marne ^ quelques-uns cependant semblaient reposer sur l'argile et être seule- ment couverts par la marne. Les ossemen s étaient dis- persés de manière qu'il était impossible de s'assurer exac- tement des parties composant chaque squelette : dans quelques lieux on trouvait des débris à plusieurs toises les uns des autres , et on ne trouva jamais deux os l'un près de l'autre. Leur rapprochement aussi était singulier j à un endroit on trouva deux têtes avec les bois entrelacés les uns dans les autres, et immédiatement au-dessous d'eux un grand os plat. Dans un autre on découvrit une énorme lête ,. mais malgré d'activés re- cherches il fut impossible de trouver aucun autre débris de son squelette , dans un autre lieu , h environ cent toises, des mâchoires furent découvertes, mais sans la tête. La conclusion queje pense qu'on peut tirer de la position des diverses portions de l'animal est qu'il y eut sans dou- te un agent puissant qui les dispersa après leur mort ; et comme je regarde comme une chose impossible que leur propre poids ait été suffisant pour les enfoncer dans les diverses couches, je crois que celles-ci n'ont été for- mées que depuis la dispersion des ossemens. Je pense aussi que s'ils avaient été exposés seulement quelque temps à l'influence atmosphérique , ils n'auraient jamais pu se conserver avec l'extrême perfection dans laquelle on les trouve encore à présent.. ( 3î)5 ) « Les collines qui environnent celle vallée sont for- mées de pierre à chaux couverte d'un bon terreau dont l'épaisseur varie. L'une d'elles, dont la base est d'environ 3o acres , s'élève directement du fond de la vallée. Les bords très-roides et même d'un côté complètement perpendiculaires , sont entièrement com- posés de pierre à chaux. Dans toutes les parties de celle colline, la superficie est formée autant par la pierre à chaux que par le terreau 5 du côté à-peu-près opposé , la colline est également élevée, mais les flancs sont moins rapides et la couche de terreau plus épaisse. Des autres côtés le terrain ne s'élève que légèrement (à peu- près de vingt ou trente pieds) et consiste en une couche Ynince de terreau, et immédiatement au-dessous est ttn gravier de pierre à chaux très-dure : c'est le caractère général du sol de tous les environs , en exceptant celui formé par la pierre à chaux , et celui des Corkasses qui est évidemment un terrain d'alluvion. Je crois que, si, comme on l'a pensé, la destruction de ces animaux était due à une inondation, ils se seraient naturellement re- tirés sur les collines , qu'ils auraient probablement fini par y périr, et que , par conséquent, leurs débris au- raient été trouvés sur le sommet des montagnes , d'au- tant plus que l'une d'elles est parfaitement plate à son sommet, dont l'étendue est d'environ 6 à 7 acres. Je sais qu'on a trouvé quelques-uns de ces ossemens sur les sommets des collines j mais comme ils tie sont couverts à présent que par une légère couche de terreau qui pourrait à peine enterrer un petit chien , il résulte de là qu'ils étaient autrefois complètement à l'air j or, s'ils avaient été exposés de la sorte à Talmosphère , ils au- ( 3y6 ) raient <^té prompteœent déconiposés et se seraient ir.èît's avec le terreau qu'on trouve à présent sur les monta- gnes. Cette remarque peu aussi s'appliquer au sol com- posé de gravier de pierre à chaux, qui n'est pas plué capable que celui des collines de conserveries os. « Il est nécessaire de faire observer que sur huit têtes que je trouvai , les bois ne manquaient à aucune. La variété des caractères m'a fait penser que probable- ment les femelles n'étaient pas privées dp ces appen- dices j malheureusement nous ne pûmes en avoir qijo trois entières, car elles étaient tellement imprégnées d'eau, qu'il était très-difiQcile de les enlever. Après avoir parlé do ces débris antédiluviens, on se demande comment il se fait que le même sort ayajU probablement atteint toutes les créa- tures vivantes, on ne trouve les os d'aucun autre animal? Les Daims pouvaient-ils être les seuls êtres existans de ce temps? L'Irlande faisait-elle partie d'un grand con- tinent lors de celte catastrophe .f Ces malheureux ani- maux furent-ils les premiers qui éraigrèrent de ce gran^ centre dans notre île, et périrent-ils avant que d'autres moins entreprenans, ou doués de moins de force phy- sique> eussent pu suivre Içur exemple? Je m'avoue in- capable de résoudre ces problêmes , et je ne veux pas parler de toutes les conjectures auxquelles la découverte de quelques os a donné naissance, m Le magniflque squelette de cet animal remarquable , qui est déposé maintenant au Muséum de la Société royale de Dublin , est parfait pour tous les os qui con- tribuent à déterminer sa forme extérieure ,* l'épine du dos, la poitrine, le bassin et les extrémités sont com- plètes j et lorsqu'il est surmonté par la tête élargie par ( •'^'j- ) SCS bols iinnicnsos qui sY'ieiidcul eiiviruu à six pieds de c];a(|uecôlé, on peut sq former une idée magnillqucd'uii des plus grands èlres du règne animal et ramener son ima- gina lion au Icnips où dt^s ironpe.uix entiers de ce superli^^ Daim erraient eu liberlé sur toute iit nécessaire que ces os fussent aussi développés , si on considère combien il fallait des ligamens cervicaux forts ei des muscles vi- gotireux pour §oiUeuir et faire remuer-une tête qui , d'a- près un calcul modéré, devait renfermer Içs irqia quarts de matière osseuse solide. Les extrémités sont eu proporljo» avec les différentes portions du tronc , et présentent une conformation favor- rable à l'union de la force et de l'agilité. Une des circonstances les plus remarquables quant à ce qui regarde ces os , c'est leur conservation parfaite ijui perijfiet d'apercevoir toutes les lignes et impressions 4^3 parties qui y ont été attachées dans leur état pri- mitif j si nous les comparons avec les os d'un animal dont toutes les parties molles ont été séparées par la macéra- ( 4'» ) lîon , les seules dillorcnccs visibles que nous apercevons dans leurs propriétés physiques , sont un peu plus de |.esanleur , un degré de plus de dureté , une surface brune, et si ce n'est sur les bois, une apparence polie qui vient de la conservation du périoste qui les couvre en- core , ainsi que Ta montrée l'analyse' chimique qui en t4 été faite. L'existence de graisse ou d'adipocire dans la tige d'un des os mentionnés par M. Maunsell, et dont je vis la preuve en sa possession, est très-difficile à expliquer, puisqu'on ne l'a observée qu'une seule fois et que l'os ne paraissait pas s'être trouvé dans des circonstances difïérentes des autres -, ceux que j'ai examinés après les avoir ouverts, étaient creux et ne contenaient, la plupart, qu'une petite quantité de substance noire animale. Je priai mon ami , M. W. Stokes , de faire une ana- lyse d'un petit fragment provenant d'une côte-, il trouva les matières suivantes : M»tH;reâ animales. 4^,8: Phosphates et quelques Huâtes. 43,45 Chaux carboualée. 9,'4 Oxides. 1,0a Silice. 1,14 Eau et perte. ^ a,38 100,00 Voulant niassurer de l'état des matières animales , je remis un fragment d'os à mon ami le docteur Apjohn pour qu'il en fit l'ajialyse : il me donna le résultat de ses recherches dans la noie suivante. <( Je regrette que le temps ne m'ait pas permis da ( 402 ) faire un examen plus détaillé de l'os do daim que vous m'avez remis. Sachant que vous possédiez déjji une assez bonne analyse de ses parties terreuses, j'ai dirigé par- ticulièrement mon atlenlion sur les matières animales qui y ont été trouvées , ainsi que le montrent les expé- riences suivantes, dans un état parfait de conservation. » L'os fut soumis durant deux jours à l'action de l'a- cide muriatique étendu d'eau. Lorsqu'on l'examina au bout de ce temps , il était devehu aussi flexible qu'un os récent soumis à l'action du même dissolvant : le pé- rioste était dans quelques parties gonflé par le gaz acide carbonique qui se dégageait de l'eau et paraissait être dans un état de parfaite conservation. » On ajouta à une portion de la solution de l'os dans l'acide muriatique , une infusion de noix de galle , ce qui causa un fort précipité d'une couleur sombre. C'é- tait du tannate de gélatine mêlé avec une petite portion de tannate et de gallate de fer. » Le cartilage et la gélatine, bien loin par conséquent d'avoir été détruits , n'ont même pas été gâtés d'une ma- nière perceptible par le temps. » Je m'attendais à un tel résultat, et j'ai osé déjà le prédire dans un rapport que j'ai déjà cité. Jusqu'à ce que M. Cuvier publiât son traité sur ces restes fossiles (i) , on croyait probablement qu'ils avaient appartenu à l'espèce des Daims ou Elans de l'Amérique septentrionale , opinion qui parait avoir été avancée en premier par le docteur Thomas Molyneux , (i) Voyez annales du Muséum d'Hisloire naturelle^ totn. xii , et Osscmens fossiles , loin. iv. (4o3) CM 1697 (1), Cl qui vint principalement de la description exagéréede cet animal, donnée par Josselyndans le récit de ses voyages à la Nouvelle- Angleterre, publiés en 1674 » dans lesquels il raconte que ce Daim est quelquefois haut de douze pieds , avec des bols de deux brasses de large. Cela fut cru d'autant plus facilement par le savant doc- teur , que cela tendait à le confirmer dans sa théorie favorite, q\ie Tlrlande avait autrefois été unie au nouveau continent. ' Mais les assertions de Josselyri sur ce qui regardait le Daim d'Amérique , n'ont pas été confirmées par le té- moignage des voyageurs plus récens, et on a à présent la certitude que les espèces les plus grandes de Daims qui habitent les parties septentrionales de l'Amérique, sont le Wapili ou Cerf du Canada (Ceivus canadensis) -^ le Renne (C l^arandus) , et l'Elan ou Moose (C Alces), Les divisions particulières des andouillers du Renne, et les bois arrondis du Wapiti , sont des caractères qui doivent toujours empêcher de les confondre avec les fos- siles. La forme palmée des bois de l'Elan rendrait plus probable l'opinion de son identité spécifique avec l'ani- mal fossile. En faisant cependant un peu d'attention à quelques circonstances , on verra qu'il y a encore entre eux une difTérence assez marquée. Premièrement , la ditrérence de grandeur est très-re- marquable, car il n'est pas rare de trouver des bois fossiles (i) Transactions philosophiques f vol. xix. ( 4o4 ) comprrnanl dix pieds entre leurs bouts opposés (i) , tan- dis que les plus grands bois d'Elan ne dépassent jamais <|rairc pieds. La giandeur de ccuxdn Muséum de la so- délé royale de Dublin , est de trois pieds sept pouces-, la plus grande paire vue par Pennantdans la maison de la compagnie de la baie d'iludson , était de Ircnle-quatre pouces (!i). Le bois de TElan a deux paumes , dont une petite qui sort devant la lige d'où naît la principale paume. Elle est appelée niaîlre andouiller par Cuvier , mais corres- pond plutôt par sa situation au sur-andouiller , l'élan n'a3\Tnt pas, à proprement parler, de maître andouiller attaché à la racine de la lige. L'Elan n'a pas d'andouiller postérieur semblable à celui de l'animal fossile, sa tige ne prend pas non plus la menie direcliuu arquée, mais sort plus droit. Cuvier observe que la paume du bois du fossile s'é- krgit à mesure qu'elle s'étend y au lieit que celle de TElan est au contraire plus large près de la tige. La paume du bois de l'Elan est dirigée plus en arrière et celle du fossile s'étend plus dans la direction latérale. Les andouillers de l'Elan sont plus courts et plus nom- breux que ceux du fossile. Si les bois de l'animal fossile excèdent en grandeur ceux de l'Elan , au contraire le crâne de celui-ci est plus fort que celui du premier. Los lôfcs lès ]>kis grosses de l'espèce fossile ne dépassent jamais un pi«d neuf pouces, • :?1 llJp '■ ' (i) Le iloctéiir i^crcy , évûque Je Dromor»^ eu> décrit u&e puir« t|Ui avait i\ pieJs. ^ ''^''''^ <** '^ -^' -^' ' aa^^ '. J.) i^^ - .:' (a) Zonhgie de Pennant , vol. i. jiir au lieu que celles de FElan sont souvent de deux pieds. La tête du fossile est eu proportion plus large , sa lon- gueur étant à sa largeur dans la proportion de un à deux, et dans les Elans, dans celle de un à trois. Suivant Par- kinson (restes organiques, vol. m), la largeur du crâne n'est que de quatre pouces entre les racines des bois chez les animaux fossiles ; dans celle de l'Elan du Muséum de la Société, elle est de six pouces et demi. Cuvier croit que les femelles de l'espèce fossile avaient des bois : je suis très-porté à me ranger de cette opi- nion , ayant observé parmi eux des différences de gran- deur et de force qui ne semblent point dépendre unique- ment des âges-, par exemple les dents de réchanlillon du collège de la Trinité sont beaucoup plus usées , et les sutures du crâne plus effacées que dans l'échan- lillpn que je viens de décrire. Cependant les bois du dernier sont beaucoup plus concaves et plus étendus que ceux du premier , et en comparant ensemble un seul bois de chacun de ces échantillons^ celui qui appartient à la Société surpasse .l'autre en longueur d'envii'on un sixième et de près d'un tiers en largeur ^ il est donc pro- bable que l'animal auquel ces bois plus grands et plus courbés appartenaient, était un mâle. On a observé la- mème chose dans le Renne dont les deux sexes ont des bois, avec la dilïérence que ceux de la femelle sont plus petits et moins branchus. Nous voyons donc par là que cet animal offre des traits caractéristiques qui le séparent autant de l'espèce du Daim ou de l'Elan , que cette es- pèce Test du Renne ou de tout autre. Il ne faudrait donc pas lui laisser plus long- temps le nom d'Elan ou de Daim, et plutôt le désigner par celui de Cervus mega- vm. 37 ( 4oG ) ceros , nom qui exprime simplement la grandeur de ses bois. Les bois délacliés qu'on trouve souvent «l dont la sur- face convexe est unie au-dessous des meules, ainsi qu^on l'observe dans les bois tombés des autres Daims , prou- vent que cet animal les perdait périodiquement. C'est une opinion populaire parmi les Indiens, que l'Elan est sujet à l'épilepsie , et qu'il en est fréquem- ment atteint lorsqu'on le poursuit, ce qui le rend une proie facile pour le chasseur. Plusieurs naturalistes re- jettent cette opinion sans en donner aucune raison suffi- sante. Mais si on considère que durant la croissance des bois , le sang doit se porter avec une grande abondance vers ces parties qui sont alimentées par l'artère frontale , l'une des branches de la carotide interne , on verra qu'il est tout-à-fait d'accord avec les principes reçus de la pa- thologie, d'admettre que lorsque les bois sont parfaits et ont cessé de recevoir le sang , ce fluide doit se porter aux branches intérieures de la carotide qui alimentent le cerveau , et établir par conséquent une disposition aux dérangemens de circulation qui produisent l'épilepsie ou même l'apoplexie. Si un tel effet doit avoir lieu par suite de la grandeur des bois de l'Elan , on doit croire qu'il devait être encore plus fréquent chez l'animal fossile dont les bois étaient beaucoup plus grands. Quel pouvait être l'usage de ces bois immenses? On voit clairement qu'ils empêchaient l'animal de traverser les pays boisés et fourrés, et que leurs andouillers , longs , pointus et pyramidaux , ne pouvaient servir à couper les branches d'arbres, usage que font de leurs bois les autres Elans , et auxquels ils semblent destinés ( 4o7 ) par leurs aiidouillcrs forts et courts , et rangés le long de la paume dans Tordre des dénis d'une scie. Il paraî- trait qu'ils furent plutôt donnés à «et animal comme arme de protection , but qu'ils devaient complètement remplir, car leur extension latérale est telle, que lors- que l'animal voulait les employer à se défendre , les bouts opposés devaient couvrir tout son corps. Si nous consi- dérons la force des muscles qui font mouvoir la tôle et dont les attaches occupent les surfaces étendues des ver- tèbres cervicales, ainsi que la longueur du levier que les bois forment par etix-mémes , nous concevrons aisé- ment que la force et la promptitude avec laquelle il de- vait les faire mouvoir, devait vaincre toute espèce d'en- nemis qui avaient la hardiesse de se présenter. Le manque de traditions sur ce qui regarde cet ani- mal , nous mène naturellement à demander si durant son existence les hommes habilaient ce pays? Mais je crois que les circonstances suivantes doivent nous le faire croire. Une tête de cet animal déente par le pro- fesseur Goldfuss de Bonn, fut trouvée en Allem.igne dans la même fouille avec des urnes et des haches de pierres. On trouve dans le septième volume de Y Archéo- logie britannique , une lettre de la comtesse de Moira , dans laquelle elle parle d'un squelette humain qui fut trouvé dans le gravier, sous une couche de tourbe de onze pieds. Il était bien conservé et complètement ha- billé d'un vêlement antique fait en poil , qui parait avoir appartenu à l'amoral qu'on trouve fossile; mais ce qui donne encore pi us^ de |>robftbilité à cette opi.iion, c'est la cote pré.senlée par l'archidiacre Maunscll à la Société royale de Dublin. J'y découvris près de sa partie ( 4o8 ) inférieure , une ouverture ovale donl le diamètre le plu» long est parallèle à la longueur de la côte; ses Lords sont abaissés à Texiérieur et élevés sur la surface intérieure autour de laquelle est une effusion irrégulière de calus. Cette ouverture fut certainement produite par un instru- ment aigu et pointu qui ne pénétra pas assez profondé- ment pour causer la mort de l'animal, mais qui resta fixé dans la blessure pendant long-temps , effet semblable à celui qu'aurait produit le dard d'une flèche qui serait resté dans une blessure après que la tige aurait été rom- pue. Je sais bien qu'on trouve quelquefois des trous dans les côtes et j'en ai moi-même vu quelques exemples dans des sujets humains , mais ils différaient tout-à- fait par leurs caractères de l'ouverture décrite ici , car ils occupaient le centre de la côte plutôt à son extré- mité externe, et leurs bords étaient abaissés des deux côtés. Il est par conséquent probable que la chasse de cet animal gigantesque servait à la nourriture et à l'habille- ment des habitans de ce pays. Le nombre limité de faits rassemblés sur ce sujet, m'empêche de me former une opinion arrêtée sur la cause qui a pu amener l'extinction complète de ces animaux, soit qu'elle ait été produite soudainement par le déluge ou par quelqu'autre grande catastrophe natu- relle, soit que les poursuites continues et heureuses des chasseurs aient enfin amené l'extinction complète de cette race, ainsi que nous pensons que cela est arrivé aussi pour le Daim rouge. Le tableau suivant donne les proportions des divei ses parties du squelette du Ceivus niegaceros de la Société (■409 ) royale de Dublin et de celui de rUniversiié d'Edim- bourg, comparées avec quelques parties de rÉlan (i). SQ n B LETTB du Muféuin du Muit'um de rÉlvt. de . d^E<)iin> Dublin- bourg. pied*. |»«ut. Longueur de la Icte. • • • • . J ; .81? . . x ^^i Largeur du crâne entre les orbites. Ô loy o g Largeur du crâne à Pocciput- •• • 08 Dianactre de l'orbite* ••• o aj o 3^ Distance entre les trous àouS'-or- bitaires h. travers le crâne • . • • • o 7 Longueur des apophyses alvéo- laires delà mûchoire supérieure. 06 06 Longueur de la mâcboire supé- rieure I Sf I 3î- Diamètre du trou occipital o a Bois. Distance comprise entre les deux ext émîtes en passant par le point d'attache des bois ^ . * . . . 1 1 ro /J. prise eu ligne droite entraves. 9 3 6 8 ^7 Longueur de chaque bois*'»»»'. •• 5 9 5 i Largeur la plus 'grande 'de la paume. 2 10 Longueur du rayon ..••• «^^ •• • 19 Q ,6\f Id. du maître andouillcr o ^\ lil. du sur-andouillcr i \ Circonférences du rayon à la ra- cibe $)o maSû*e bndouiUer*» i o| o 7f (1) Toutes ces diraeusiooB sont en pieds et en ^^ucès anglais ^ I« pUd-angtois est t^al eutirp^H^lirXi^ ponces de France. ( 4io ) s Q u î: L E 1 T n du Muséum du IVruséani de d'Édim- Dublin. boorg. Corps. Longueur de lYpine du dos»»« • lo lo 9 ^ />/« no La détermination du minéral que nous «kllonsflecrire, a été faite par M. Buslamentede Mexico. Si ce minéial fût tombé directement entre nos mains, nous n'-eussions pas osé en faire une espèce , peut-être même nous serions-nous refusé à en publier îa description malgré Taulorité du minéralogiste qui nous Fa envoyé , tant ses caractères différentiels sont peu nombreux et de faible valeur. Mais une analyse de ce minéral c^ indiquant une composition définie différente de celle des autres minerais de manganèse lui donne, une spécification précise et un des deux titres que nous regardons comme indispensable pour établir ea minéralogie une espèce véritable, fondée non pas sur l'empirisme, mais sur des caractères réellement scientifiques. Ces deux titres ou caractères essentiels sont ou une forme cristalline propre et clairementprononcée, dont le type soit différent de tous ceux des autres minéraux , ou une composi^ lion définie obtenue par l'analyse d'éclianiillons sensi- blement purs. Quand un minéral présente la réunion de ces' deux classes de caractères différentiels , il est déterminé avec toute la certitude désirable , la spé- cification est fixée. C'est alors qu'on peut lui don- ner un nom univoque et définitif. Quand le caractère de ia forme existe seul, on peut bien présumer que le miT- néral qui le présente est différent des autres 5 mais on ne sait pas ce qu'il est; quand le caractère dé com- position est le seul qu'on possède , on peut procéder avec ( 4i3 ) plus (Ie.:sùret4 et aussi d'une manière plus satisfaisante pour Iksprijt, car on sait alors de quel corps il est qucs- ^on et on peut rapproclier ce corps du genre auquel il appartient , ou avec lequel il a le plus d'aiwlogie, quel que soit d'ailleurs le principe de classification qu*on adopte; on le connaît donc beaucoup mieux que dans le premier cas ; en effet il nous semble que ce n'est pas connaître un minéral que de savoir seulement qu'il diflcTc de tous les autres , or la forme ne donne jamais que cette notion; l'analyse au contraire, en donnant la composition , permet des rapprochemens fondés sur des ressemblances plus ou moins importantes. Ces ré- flexions doivent s'appliquer à plusieurs espèces qui ont été établies /lans ce dernier temps , en Allemagne et surtout en Angleterre, peut-être avec un peu trop de précipitation. Nous ne doutons pas de l'exactitude des observations ; mais comme les minéralogistes très^- babiles qui les ont faites donnent eux-mêmes leurs ré- sultats, tant Cristallographiquc que cliimi(pie , comme approximatifs , nous pdîivons demander s'il n'eut pas mieux valu atrendre qu'ils fussent certains. Ces considé- rations s'appliquent également ^ minéral qui nous a été envoyé parM. Bustamente. Cesavanta reconnu, au moyen de ce tact empirique dont l'école de Freyberg semble avoir doué tous ses élèves , que ce minéral était différent de tous ceux qu'il avait vus. Il n'a pu s'aider, ni de la forme qu'il aurait très-bien su employer el même à la manière* d'Haiiy , comme il Ta prouvé dans d'au*' très occasions , puisque les échantillons qu'il avait étu- diés n'étaient pas cristallisés , ni de la composition , parce que la science de l'analyse des minéraux est , comme on ( 4i4 ) sait, une science chimique toute particulière, difficile, profonde et d'une application fort longue j mais il a appuyé sa spécification de tous les moyens que la mi- néralogie lui fournissait. C'est donc M, Bastamenle qui a fait présumer que ce minéral était difTércnt des autres , mais c'est M. Dumas qui l'a réellement, fait con- naître en l'analysant et en établissant, à l'aide de la chi- mie, sa véritable différence et ses rapports naturels. Le minéral en question est, comme on va le voir , un bisilicate de chaux et de manganèse. Il se présente sous forme de sphéroïdes à structures radiées , les rayons sont aplatis et presque laminaires , leur couleur est le gris pâle légèrement verdâtre et légèrement rosaire. M. Dumas a fait précéder son analyse d^ l'exposé des essais qui doivent faire ressortir les caractères chi- miques de ce minéral : plusieurs de ces essais avaient été faits par M. Buslamente , et lui avaient donné les mêmes résultats. « La Bustamite exposée au feu d'oxi- » dalion du chalumeau se fond aisément en un verre )) opaque de couleur brune très-foncée. Ce verre devient » transparent au feu de réduction. Il se dissout avec » une légère effervescence dans le sel de phosphore * et laisse un squelette siliceux opaque et très-blanc. v Le borax l'attaque aisément, et il suffit d'un demi- » centième du minéral pour lui communiquer une )x couleur améthyste très-prononcée , et pour le rendre » presqu' opaque au feu d'oxidation^ mais au feu de ré- » duction celle teinte s'évanouit , et le verre devient » incolore. Avec le nitre sur la feuille de .platine et » avec la soude , dans les mêmes circxjnstances , il donne » une riche couleur verte. (4i5) » Réduit en poudre et jh\i en cou'at l .tvi.c l'acide » hydrochlorique pur il se dissout eu partie avec efler- )) vescence. Une poudre blanche se dépose au fond du )) vnso , la dissolution renferme quelques traces d'oxide w de manganèse et de fer, et beaucoup de chaux. Les » parties du minéral les plus pures perdent encore i4 » ou ' i5 p. o;o par l'action de Tacide hydrochlorique. )) Cette perte est due évidemment à une portion de » calcaire interposé. » M. Dumas considère le résidu insoluble dans Tacide » hydro-chlorique froid comme le rginéral pur. M La bustamile est composée De silice. 4^, 90 contenant oxigène a4,59 De protoxide de manganèse. 36,o6 7,91 De chaux. ' ^^>^7 4»<'9 De protQxide de fer. 0,81 j| 4^^ j < ^^.^ , . , i, ^. , ^ | , * IOO;34 ^ Ef|ij, cpnsidérant le protoxide de ,{^ comme acci- » dentel , la composition de la bustamite serait repré- » sen^tée p?ir : Ca' Si' + 2 Mn' Sh ou ÇS' + 2 MnS' . La bustamite, malgré une structure évidemment cris- talline , ne présente aucun clivage déterminable : ce minéral a été décrit à-peu-près comme il suit , par M. Bustamente : sa structure est, comme on Ta dit, rayon^ iKée , presque bacillaire et laminaire dans le sens des rayons 5 sa texture est compacte dans le sens transver- sal -, sa cassure, dans ce sens , est presque conchoïde ; à courbure à -peu-près concentrique au centre des mor- ( 4iG ) rcaux spheroïdaux : il est d'une couleur grîs-verdâtre , jaunâtre et cendré tirant sur la couleur rosée , et quel- quefois sur la couleur brunâtre. Son éclat est un peu soyeux , mais faible -, ce mi- îiéral est presqu'opaque , et seulement translucide dans SCS parties minces. Il est assez dur pour rayer le felspalh et assez tenace. Sa pesanteur spécifique est de 3, 12 à 3,23. M. Bustamente compare cette pierre à l'alabandine rouge et compacte , il dit même qu'elle y passe. Mais comme on ne sait pas précisément ce que c'est que Fala- bandine ou almandin de Pline , et que parmi les mi- néralogistes modernes , les uns donnent ce nom à un spinelle rougeâtre , et les autres à un grcnai , il est assez difficile d'établir un caractère comparatif sur ce rappro' cliement ; cependant si Talmandin était , ainsi que le pense Karslen , etc. , le grenat noble ou syrien , comme cette pierre renferme souvent du fer et du manganèse combiné à de l'alumine et à de la silice , on pourrait concevoir cette transition. Mais ce rapprocbement un peu forcé n'est point né- cessaire à la spécification de la bustamite, et ne pourrait pas contribuera lelablir lors même qu'il serait naturel. Le caractère qui suffit seul dans le cas actuel pour éta- blir l'espèce d'après des principes scientifiques , c'est l'état d'oxidation du manganèse dans ce bisilitatc de manganèse et de cliaux , et la proportion de ces trois corps. On connaît d(yà quelques combinaisonsde manga- nèse , de chaux et de silice y mais dans toutes , la chaux est cil quantité dé beaucoup inférieure à celle qui parait être en combinaison réelle et définie d?i^.»bc ^g Man^^ncse oxidé. ' 5a ,6 Chaux. , . , i , 1 5 Ce qui se rapproche assez de l'analyse précédente , sauf Tétai d'oxidalion du manganèse. 2°. Dans le manganèse bisilicalé nommé hornman- gan par les minéralogistes allemands, le manganèse est aussi , suivant M. Duménil, à Tétat d'oxidule , mais il n'y a que i p. o/o de chaux qui ne se trouve même pas dans les autres variétés de celte espèce , qu'on a examinées. ^ 3^. Enfin dans le pyroxènemanganésifère, on trouve \ encore une combinaison d'un atome de bisilicalé de man- ganèse , avec un atome de bisilicate de chaux , tandis que -' dans la bustamile il y a , d'après l'analyse de M. Dumas , deux atonies de bisilic>ate de manganèse. 11 est donc présumable que le minerai décrit et en- voyé par M. Bustamente et que nous avons placé dans la collection , de minéralogie du Jardin du Roi, est une espèce caractérisée chimiquement par l'expression C S^-^-M nS' qui n'appartient qu'à lui, et par la cou- (4i8) leur presque blanche qui indique Tétat de premièiie oxi- dalion du manganèse. Nous la désignons par le nom de BusTAMiTE , qui rappelle le minéralogiste de Mexico qui nous l'a fait connaître. Ce minerai est accompagné de quartz hyalin qui re- couvre ses nodules en petits cristaux, et de manganèse métalloïde qui est en petits grains au centre de ces nodules. M. Bustamente Tavait d'abord remarqué dans la col- •lectioude l'Ecole des mines de Mexico. Il l'a reçu ensuite des mains de M. Moral , élève des mines, qui en avait extrait de beaux morceaux de Real de Minas de Felela , de Jonolla dans l'intendance de Puebla au Mexique. Recherches sur les Plantes trouvées dans les tombeaux égyptiens par M. Passalacqua ; Par M. RuNTH. Les fruits et les fragmens de plantes trouvés dans les tombeaux de l'ancienne Egypte appartiennent presque tous à des végétaux que l'on rencontre encore aujour- d'hui dans ces contrées. La comparaison la plus scru- puleuse des plantes analogues ne m'a laissé entrevoir au-' cune dift'érence. Il me parait par conséquent prouvé que la végétation de ces deux époques est parfaitement iden- tique , et que depuis tant de siècles les plantes n'ont éprouvé aucun changement sensible dans leur forme et dans leur structure. Si je n'ai pu rapporter à leurs c!^- ( 4iô ) pèces deux ou trois de ces objets , il faut en accuser la connaissance incomplète que nous avons jusqu'ici de» familles auxquelles appartiennent ces végétaux. « MONOCOTYLÉDONS. GRAMINl^ES. 1. Triticum vul gare WiWd, '^ Blé, Des fruits d'un aspect brunâtre. CYPÉRACÉES. 2. Çyperus esculentus lânn. Les bulbes (tubera ovata , zonis imbricatis ), séparées ou réunies deux à deux ou trois à trois par des fibres ra- dicales. , 3. Çyperus Papyrus Linn. — Papyrus et Byblos des anciens. Des tiges de six pieds de longueur avec des ombelles de Ûeàrs d'une parfaite copseryaiion. 4* Phœnix dactyliferahinn. — Delile , Description d' Egypte ^ t. 6a . — • Dattier; ' Dies fruits' eÛ tiers . 5,^Çupifera Thebaicaï)G\ï\^. Dosç]^„i,.|^^. — Douia des Arabes. X)es^ fruits entiers. ( 4^0 ) 6. Areca P Passnlacquœ, Les graines marbrées , creuses au centre , et le petit moule de rennbryon à l'une des extrémités ne me per- mettent pas de douter que ce fruit n'appartienne à un Palmier , et probablement à une espèce d' Areca encore inconnue aux botanistes. Nous ne connaissons jusqu'à présent que très-imparfaitement cette famille, surtout pour les fruits. DICOTYLÉDONS. JASMIMÉES. 7. Olea Europœ Linn. — Olivier. Une branche avec des feuilles. SOLAKÉES. 8. Phy salis somnifera Linn. De§ graines détachées. (Elles proviennent de la col- lection de M. Caillaud , et m'ont été communiquées par M. Jomard.) ÉBÉNACÉES. 9. Diospjros — Espèce de Placqueminier. Des fruits et des graines séparées. J'ai distingué parfaitement bien l'embryon. Je suis sur du genre -, mais comme il est très-nombreux en espèces dont nous ne connaissons pas toujours les fruits , je laisse encore le nom spécifique en blanc. Est-ce VEm- btyopteris glutinosa de Roxburgh (tab. 70), ou le Diospjros Lotus ? P M ( 4" ) ïOv Mimusops ElengilÀïïu, . , Des fruits entiers. M. Jomard m'avait déjà communiqué des fruits de cette plante , qui étaient si bien conservés , que j'ai pu voir l'organisation de la graine. '^^^ OMBELLltèlllÈS. 1 1 . Caucalidi jénthrisco àffinis ? La petite branche que M. Passalacqua m*avaît com- muniquée, n'a pas supporté le transport chez moi ; elle est tombée en poussière. La détermination est faite seu« lement de mémoire. ORANGERS. la. Citvus AurantiumlAnn, Varietas fructu amaro, — Orange a mère. Un fruit unique; comme il ne m'élaît pas permis de le couper, il me reste encore quelque doute sur l'exac- titude de cette détermination. Il serait pourtant à désirer que l'on puisse lever les doutes sur cet objet. D'après les recherches de Gallesio, les Romains ne connaissaient pas l'oranger \ il a été introduit en Italie au commence- ment du quinzième siècle par les Génois , sans doute de Bassora et de la Syrie. On a cru même jusqu'ici que c'étaient les Arabes qui avaient introduit l'oranger et d'autres Agrumi en Egypte et en Ethiopie. i3. Balanites œgyptiacaBeWXe» iEg. , t. !i8. (Xime- 'nia œgyptiaca hinu. Mjrobolanus Chebulus Vos* 9! «p^^ noyaux et des fruits entiers. Les premiers , d'une vm; a8 / ( 423 ) dureté extrême , sont tous percés d'un trou au-dessous de leur moitié. La coupe transversale du noyau présente également sur les cinq angles les petits points que l'on remarque dans le fruit récent. La graine est réduite à une espèce de membrane qui tapisse les parois de la loge. AMPELIDEES. 14. F'itis vinifera Linn. Farietas monopyrena. — » Chasselat. Baies très-bien conservées. MYRTACÉES. i5. Punica Granatum Linn. — Grenadier. Des fruits entiers. LÉGUMINEUSES. 16. Mimosa farnesîana Linn. Des têtes de fleurs réunies en chapelet (communi- quées par M. Jomard ). EUPHORBIACÉES. 17. Ricinus communis Linn. — Ricin. Des graines. Nous en avions reçu précédemment par M. Jomard , qui étaient si bien conservées , que nous avons tenté des expériences de germination avec du chlore , mai» infructueusement. (423) URTICÉES. 18. Ficus Sjcomorus Liun. — Sycomore. — Ficus Pha- raonis de Cammerarius. J'en ai vij une feuille très-bien conservée , mais qui pendant le trajet chez moi çst tombée en poussière. C'est le bois de cet arbre don ton faisait dans Tancienne Egypte les cercueils des momies et d'aulres meubles. CUCURBITACÉES. 19. Cucurbita. ... Pes graines d'une cucurbitacée. Elles n'appartiennent ni à la courge , ni au concombre , ni au melon ; je me propose de continuer mes recherches pour déterminer l'espèce. CONIFÈRES. 20. Juniperus Phœnicea Linn. — Genévrier de Phœ- nicie. Des fruits parfaitement bien conservés à cinq (?) petits noyaux. Je suis sûr de cette détermination , car j'ai pu voir l'organisation des graines. Extrait du Rapport de M. Villermé sur le mou- vement de la population dans la ville de Paris. La connaissance des causes qui influent le plus puis- samment sur la durée moyenne de la vie de l'homme , ( 4^4 ) et- sur la propagation de son espèce , est du plus grand intérêt , non-seulement en économie politique et en mé- decine , mais aussi en physiologie -, et rien ne parait devoir jeter plus de jour sur ce sujet que les recherches de statistique. Nous croyons donc ne pas nous éloigner du but de ce journal , en mettant sous les yeux de nos lecteurs les résultats principaux que fournissent à cet égard les tableaux relatifs au mouvement de la popu- lation de Paris , présentés à l'Académie royale de Mé- decine par M. Villot, déjà si avantageusement connu par ses propres recherches et par Tobligcance extrême avec laquelle il nlet à la disposition de tous ceux qui s'occupent de statistique les matériaux précieux ras- semblés dans le bureau dont il est le chef. Pour mon- trer tout le parti que l'on peut tirer de cette série de tableaux authentiques , considérés sous le point de vue qui nous occupe ici , notre tâche sera bien facile 5 car il nous suffira de donner l'analyse du rapport fait par M. Villermé au nom d'une commission composée de MM. Jacquemin, Desmarest , Fourier , Esquirol , Yvan , Degenettes et lui , et chargée par l'Académie de Médecine de l'examen des documens en question. La première partie de ce travail a rapport à la mortalité. Pour étudier avec fruit les circonstances qui paraissent agir sur la durée de la vie de l'homme , et pour arriver à une connaissance approximative du degré d'influence que chacune d'elles exerce , il ne fallait pas comparer les proportions de décès dans les lieux tels que les grandes villes et les campagnes où les diflé- rences dans les localités ^ les moeurs, etc., sont si grandes et si nombreuses, que l'on né pourrait que difficilement ( 4^5 ) démêler les causes qui déterminent plus spécialement les variations que Ton observerait dans la mortalité. Il fallait au contraire comparer entre elles des populations placées à-peu -près dans les mômes conditions générales, mais qui présentent cependant quelques différences im- portantes et bien tranchées. C*est effectivement ce que MM. Villot et Villermé ont fait en examinant com- parativement la proportion des décès dans les douze ar- rondissemens de la ville de Paris. Rapportée à la population telle que celle-ci a été trou- vée par le dernier recensement, en 1817 , la proportion moyenne annuelle des décès à domicile a été pour les cinq années que comprend le travail de M. Villot, savoir : Arrondissemens, Quc^i^vsk Proportion, y j r-.v I sur Dans le a^ Cliaussée-d'Antin, Palais-Royal, Feydeau, et faub. Montmartre. 62 liabitans. 3*. Montmartre, faub. Poissonnière, Saint-Eustacbe et du Mail.. . 60 1*"^. Roule, Champs-Elysées , place Vendôme et Tuileries. Ô8 4*. Saint-Honoré , du Louvre, des Marchés et de la Banque. .... 58 6®. Porte St.-Denis , St.-Marlin-des- Champs , des Lombards et du Temple....... 54 5*. Faubourg St.-Denis, Porte St.- Martin , Bonne-Nouvelle et Moniorgueil. . .^ 5i (426) j^rrondissemens. Quartiers. Proportions. i sur 7*. Sainte-Avoie , Mont-de-Piélé , Marché St. -Jean et des Arcis. 62 II®. Luxembourg, Ecole de Méde- cine, Sorbonne et Palais de Justice 5 1 10*. Monnaie . St. - Thomas - d'A- quin , Invalides et faub. St.- Germain 5o 9®. Ile St. Louis, Hôiel-de- Ville,Cité et Arsenal 44 8®. St. -Antoine , Quinze- Vingts , Marais et Popincourt 4*^ 12®. Jardin du Roi , St.-Marcel , St.- Jacques et Observatoire 4^ Et dans tout Paris 5i (i) Pour s'assurer que des différences si grandes entre la mortalité des divers ^arrondissemens ne dépendaient pas de quelque cause accidentelle , M. Villermé a examiné séparément les résultats de chaque année , et a reconnu qu'elles se reproduisent tous les ans , comme le prouve le tableau suivant. (i) Ces proportions ont été calculées par M. Villot lui-même. ( 427 ) Décès à domicile rapportés à la population de 1817 , dans chacun des douze arrondissemens. En 1817, En 1818. En 1819, Eu i8ao, En i8af, ARBO ND. I sur ... I sur... I sur.., I sur... I sur... habitans liabitaus. habitaus. habitaus. habitans. ,e, 66. o5 63. ib 55. 58 58. 00 5o.83(i) 2« 64. 21 63. 0.5 62. 36 62. 91 59.31 3« On. o4 5q. 07 57. 8) 56, c)5 61. 24 4* %• 75 54.35 59. 3o 59. 9^ 58.34 5* 60. II 49. 64 5i. 91 52. 41 56, 67 51.29 6«. tii, 85 5o. 65 5i. 85 52. 26 t 56. 61 52. 09 5o. 66 5i. 8q 4?- 46 45. 97 45. 83 41. 56 43. 48 38.47 9" 45. 27 43. 60 44. 25 45. 07 39. 95 io« 57.54 48. 61 44. 64 5o. o3 49- 29 11* 52. 54 52. 3i 49. 32 55. 26 4«. i5 12« 46. 90 4i. 67 43. 71 42. 85 38:76 « Ainsi Faction de causes constantes qui agissent toujours dans le même sens , et l'emportent sur les causes d'irrégularité, dit le rapporteur , est trop évidente ici pour qu'on puisse se refuser à l'admettre. Quelles sont donc les causes qui semblent assigner à chaque quar- tier de Paris un degré particulier de salubrité , qui font que dans tel arrondissement il ne meurt à domicile , terme moyen annuel , qu'un 62"* des habitans , tandis que dans tel autre arrondissement il en meurt jusqu'à un 43**^ ? a L'éloignemcot ou le voisinage de la Seine doit-il être compté au nombre de ces causes ? . ' lii ii n)i >• ' ^ ' — i .M . 11 (i) La moyenne proportionnelle des cinq années donne ici plutôt % a D'une part , les arroiidissemcns les plus éloignés du fleuve, les 2®, 3®, 5^ tout enliers , et le 8^ pour la presque loiali le de sa population, nous offrent, les 2*^ çt 3*^, le minimum des décès j le 5® , une mortalité à- peu-près moyenne; et le 8*^ , la plus forte mortalité. D'une autre part , les 4^ et 9*^ arrondissemens , et le 10*, dont la plus grande partie occupe les bords de la rivière, nous présentent : le 4®? très-peu de décès-, le 9* , un nombre très-considérable , et le 10® , une mor- talité à très- peu-près moyenne. Les autres arrondisse- mens n'ont point , par rapport à la Seine , de situation bien déterminée. . « Ainsi , Téloignement ou le rapprocliement du fleuve n'a pas, sur la'mortalité dans Paris, une influence qui soit sensible , du moins lorsqu'on compare entre eux les arrondissemens entiers. « La nature du sol , son abaissement à Test et à l'ouest, ou vers l'entrée et la sortie delà Seine, les hauteurs qui limitent Paris au nord et au midi , Tex- posiiion particulière A certains quartiers, les eaux di- verses dont on fait usage , en un mot , toutes les cir- constances qui peuvent modifier en quelque chose le climat général de la ville dans une de ses parties , y apportent- elles , ainsi qu'on l'a tant de fois affirmé , des différences dans la mortalité ? « A l'exception des Champs-Elysées , des parties éloi- gnées des faubourgs et des jardins, le sol de Paris est partout ou presqne partout formé, à sa surfiice , d'une croûte phrs-mi moins épaisse de débris de démolition ,. de terres rapportées , qu'un pavé recouvre encore entre les maisons. Conséquemment on ne peut attribuer à la ( 429 ) iialurn difrérentc du sol de tel ou tel arrondissement , une influence particulière (i). « Si rabaissement du sol vers Tentrée et la sortie de la Seine , ou le long du cours et à une certaine distance de ce lleuve, a une influence réelle sur la mortalité , elle n'est pas appréciable. Les résultats des i**", 4*^ , 7* , 9*-, et 10* arrondissemens , dont le sol est le plus bas , en ofiicnt la preuve. « Il en est de même des quartiers les plus élevés , car le minimum des décès a lieu dans le 2^ arrondissement, et leur maximum dans le 12®. « L*étroitessede la plupart des rues, leurs sinuosités et la hauteur des maisons , font qu'il n'y a point véri- tablement d'aspect bien dominant pour les habitations. Toutefois 5 les jardins multipliés du 8® arrondissement, la largeur, la direction de ses rues principales, font que les vents d'Est y arrivent avec violence , et que les logemens y reçoivent plus que dans les autres quartiers les rayons du soleil levant. Or une pareille exposition passe assez généralement pour être la plus salubre , et pourtant c'est le 8® arrondissement qui , avec le 12® , nous oflVe le maximum des décès. D'une autre part , l'exposition au couchant est regardée comme la moins (i) On le peut d^autant moins que ce sol explore dans une foule d'en- droits n'a montré jusqu'ici des restes ou dépôts de voieries que dans les lieux actnelleuic-nt pavés où îl existe une croûte de terres rapportées et de débris de démolition , épaisse au moins de cinq pieds : telles sont , sur la rive gauche de la Seine, la butte Suint- Hyacinthe, et sur la rive t^oite k's buttes des Moulina, Notre-Dame-de-Bouue-Nouvelle , cl de la rue Mcslée. { Henseignemens communiqn ispar il/. Girard , '"o<^- 4ii9uv en chef des ponlS'Ct-chausst'es tlu Jéy /i lement de im ♦S'«ine. ) ( 4^0 ) iavorablo, et les i*'^ cl k/ arroiitlisscmens qui la pré- scnlcnt plus que tous les autres , ont , Tun une très- faible mortalité , et Taulre une mortalité à-peu-près moyenne. « Ce que nous venons de dire prouve que si les vents d'Est ou d'Ouest, qui seprécipitent sans presque rencontrer d'obstacles dans les rues principales des 1*"^^ 8^ et 10*^ arrondissemens , ont l'influence qu'on leur attribue sur la santé, d'autres causes agissent en sens inverse et ne permettent pas de la reconnaître. Il en est de même, pour le reste de Paris , de l'influence de tous les rhuinbs de vents, dont les courans sont d'ailleurs réfléchis ou brisés par les maisons : ce n*est gucres que sur les quais qui bordent la Seine, qu'on les sent bien, c'est-à-dire , dans les quartiers où nous vivons reconnu et une très-forte et une très-faible mortaliié. « Beaucoup de rues principales de Paris étant à-peu- près parallèles à la Seine, ou bien , au contraire , per- pendiculaires au cours de ce fleuve , on pourrait pen- ser que ces deux directions croisées des courans atmos- phériques , ont une heureuse influence sur la santé d'un grand nombre d'habilans ; mais aucune observation ne l'a encore montré, que nous sachions du moins , et il n'est pas mieux prouvé, malgré mainte assertion , que les montagnes de Bellcville et de Montmartre soient salutaires aux habilans dés quartiers qu'elles préservent del'impéluosiié des vents du Nord. Nous ajoutons même que Tinfluence des vents infects qui passaient sur la voierie de Montfaucon , avant qu'on ne l'éloignàt , ne paraît pas avoir été fâcheuse pour les quartiers de Paris les plus voisins de celle voierie, et où ils soufflaient le (43i ) plus souvent ; car ces quartiers sont ceux des 3*^ , 5^ rt 6' arrondissemens (i). « Nous ne découvrons donc pas , dans la disposition des lieux et dans les circonstances m(»téorologii|ues, les causes des difïerences que piésente la mortalité dans les divers arrondissemcns de Paris. Vovons s*il n'en existe point dans les eaux à Ttisage des habitans. « Ces eaux sont fournies par la Seine , par l'aqueduc d'Arcueil, par le canal de TOurcq , et par les sources de Belleville , de Mcnilmontant et des Prés-Saint-Ger- vaîa. liés dernières , qui sont les plus chargées de sels et passent pour être les moins bonnes , alimentent une partie des 3*^ , 5® et 6® arrondissemcns. Viennent ensuite, par la quantité des sels , les eaux du canal de l'Ourcq , jusqu'à présent composées seulement de celles de la Beu- vronne , réunies aux ruisseaux d'Arneuse , de Sevran , et à plusieurs sources , qui se distribuent aux 3® , 5® , 6*^ , 8® et 9*^. arrondissemcns ; puis les eaux d'Arcueil , qui sont très-estimées , qui l'étaient davantage autrefois , et que des conduits portent dans les trois arrondissemcns (i) Les rapports singaliers et si en Apposition aVec tout ce qui est public , que nous avons signalés ici relativement à la mortalité , sont d'accord avec d«s observations faites eu j;rand dans ces dernières an- nées. Ces observations sont celles de M. Pareut-Duchatelet , sur les égoûtiers , et surtout celles, encore inédites, communiquées au rap- porteur, que MM. Huzard, Parcct et le même M. P«reut-Duchàtelel viennent de faire en société sur la voicrie de Moutfaucon , et desquelle» il résulte non-seulement que les ouvriers qui y sont employés dans les dos d'écarrissage n'ont rien à envier aux autres artisans pour la santé , mais encore que les Iiabitans des maisons lès plus voisines de leurs ateliers, qui eu sont le plusiucoiùmodés par l'ôdcar, -jouissent également d'une trcs-boniic sauté. . Vt ( 43r* ) (le la rive gauclie de la Seine , mais surlout aux 12* et 1 1^. Enfin , l'eau de la Seine, la plus légère , la plus pure et la meilleure, alimente tout le voisinage de celle rivière , et Ton peut dire les trois-quaris de Paris , aux extrémités les plus éloignées duquel elle est distribuée au moyen de tuyaux , ou transportée dans des tonneaux. « Ou ne trouve donc pas dans les eaux la cause des difl'érences qui nous occupent. « L'opinion générale est que plus une population est dense , plus sa mortalité est forte; et cette opinion est fondée sur l'observation que les décès sont proportionnel- lement plus nombreux dans les grandes villes que dans les petites , et dans les petites villes que dans les cam- pagnes. On en a concki que l'aggloméraiion des maisons , l'élroitesse des rues , sont des causes d'insalubrité, et que les hommes corrompent mutuellement Tair qu'ils res- pirent. H D'après les documens communiqués à M. Yillermé dans les bureaux de la préfecture du département de la Seine , et qui sont le résumé des opérations du cadastre dans chacun des douze arrondissemens de Paris , on voit »7v; II- 21-.^ 4' e^è I 00 (i Six mètres et demi ou environ , terme moyen , pour la place de chaque individu d'une population de plus de 46,000 habitans , quel encombrement cela ne suppose- t-il pas , dit M. "Villermé, dans les logemens des pauvres qui babilent le 4^ arrondissement , surtout lorsqu'on sait que sur loo locations il y en a 72 de gens riches ou plus ou moins aises qui occupent tous ou presque tous un plus grand espace ? « Si nous faisions entrer dans nos calculs la considé- ration des étages , nous trouverions que chaque habitant répond dans tous les arrondissemens à une bien plus grande surface que celle que nous avons reconnue j mais alors il faudrait compter jusqu'à 3 , ^ , et même 5 et 6 individus logés l'un dessus l'autre lorsqu'on s'avance vers le centre de Paris. K En rapprochant la mortalité à domicile de Tespace accordé à chaque individu , nous voyons que la propor- tion moyenne annuelle des décès est de i sur 617 dans les arrondissemens où l'espace dont il s'agit est le plus grand , et sur 53 7 dans les autres arrondissemens. Enfin nous voyons aux deux extrémités du tableau de la su- ( 435 ) perficie du sol qui répond au logement d'un habitant , deux arrondissemens où la mortalité à domicile est la même , et , parmi les trois arrondissemens qui offrent cetie superficie la plus considérable , les 8* et 12* , qui sont ceux où Ton observe le maximum des décès. a Certes , on n'aurait point prévu de pareils résultats. On doit en conclure que si l'agglomération de la popu- lation augmente sensiblement la mortalité , c'est , comme le prouve d'ailleurs l'exemple des équipages des navires , seulement dans certaines conditions. « La propreté ou la malpropreté , les vétemens , les alimens , les boissons , etc. , sont d'autres conditions dont il nous importerait beaucoup de connaître Tiii- fluence , et qui , suivant qu'elles sont bonnes ou mau- vaises , doivent contribuer certainement à entretenir la vie ou bien à l'abréger. Rien ne semble plus difficile que d'avoir sur toutes ces circonstances des données compa- ratives , sinon exactes , du moins approchées de l'exac- titude, dans tous les arrondissemens. Néanmoins on pos- sède des documens positifs qui indiquent le degré soumis au calcul de toutes les conditions dont il s'agit. Ces do- cumens , publics par l'administration , ramènent à 100 toutes les locations de chaque arrondissement , et font voir combien , sur ce nombre , il y en a qui ne paient aucun impôt , combien sont imposées à la seule contri- bution personnelle , et combien à la patente (i). Les lo- cations non imposées représentent les pauvres , et les autres les gens plus ou moins aisés. Le rapport des pre- mières aux secondes a pour corollaire la richesse relative (1) Voyez Hechcrches statistiques sur Paris ^ tome a » Tabl. p*. loa. ( 436 ) des habîtans des douze arrondissemeus pris chacun en masse ; et comme en définitive la nourriture , le vête- ment , la propreté , sont en raison de la fortune , celle- ci les représente assez fidèlement. Or, si nous rappro- chons de la proportion des locations non imposées ou des locations tenues par les familles pauvres , les résul- tats qui se sont offerts à M. Vil lot par la recherche des décès à domicile , nous trouvons : Arrondiuemeni. Locat. non imposée*. Décès à domicile. Dans le 2*. . . . 0,07 i sur 62 liabitans. 3'. . . . 0,11 60 I^^.. 0,11 58 4'.-.. o,i5 58 II* 0,19 5i 6*^ 0,21 54 5". . .. 0,22 53 7*. . . . 0,22 52 10®. . . . 0,28 5o 9^ o>3i 44 8«.... 0,32.... 43 I2^... 0,38 43 « Un résultat bien remarquable de cet ordre des ar- rondissemeus d'après raccroissemenl du nombre de leurs locations non imposées, c'est-à-dire de leurs pauvres, c'est qu'ils se rangent très-sensiblement aussi à la suite l'un de l'autre , à une seule exception près fournie par le II® arrondissement, dans l'ordre suivant lequel la mortalité s'accroît (i). (i) Je ne saurais assigner ayec certitude toutes les causes de rexcep- (45?) !X GO U* OO*^ Os Or^T OtJï^.û>. Ci Ot 0--tJW05^>Ci Ci4.^ yi U5 O ^ - O Cl c Ci oc Ci-O UîJ^ : : g • • o - « Ci c^ wi - va o:4i^îC w vi mm ^ - ■ n n s " 4i^ ' N3 O ■4 ■* r i^ r ^ j^ -T " r* "* D W "b Ci"*- «^1 4^^"^ "Cilw JOOOWNJl^Oi-OC- »4i^ « -f^ O C - Clvj W sfsC 1 ^ b) ( lis s * s • z 00 • 05 4-^ c CO CCv-1 «5 «^1 «o cnvj O O O ..ri -il r U3 s en O O "u-'«o "bît. oi^oj'b cols "- W W OT o Uî4^'>D O COO tJ O R Ci •o rt V «« (h ^ a rt 2 ce o TS «î (A •fi O J3 bc CQ « n3 VD QJ wA <; sqj *-> TS CJ (/) CA P a c o a Vi rj CJ Q *«ri *«3 f^. «j £ P^ •^ O Ph >'0 co c> «« co « «r «1 rt eî" «f « eî" eî ei" o / » UJ / P3 H rt "-: "^"^ i »«o O - '^sr>ar O rt r>« o -^st" rt ^ ^>v?^v^• 5^i^ ;^^<^jin oc O. en ob vif-sî^ - ô> t^ ^ 35 rx c^x" C;»" t^ o en ^•+^-f»ft rt «"^ o *n O^ao en r>. - co v^.•n en CN .-< Ciy^ o O *o co ►,rt»-rt-.rtrtrt-.rteifn ii "S " <5 -. - rt O % 2 8 2 X 00 t^x> 3 -1 ^"T ° '"î. o r>;o - « OO « rt O t>. - -^ w oo_cr5^ - «Û ;o qj c;;» O ^ - j{ X^'O" ^ o"o" rt ^)en" O v-iL.-rvrr ^ en c^o en O C50 Ci i^ Ci - Os en *- - rt rt « rt 2 rtvTf»0 -»ncn in ;o O - »ft Cl v^ co o <^ en «n - ««o>a-«îo i^co cso C 4iG ) Mémoire sur les Glandes de la tête des Scrpens; Par J.-F. Meckel. Les glandes de la lêlc des serpens sont inlércssanies parliculicrement à cause du venin que quelques-unes d'enlr'elles sécrètent comme l'on sait. Elles ont été en outre, depuis ces dernières années , l'objet des recherches de plusieurs anatomisles , no la ni ment de iVIM. Tiedè- mnnn ( i ) , Cloquet (2) , Rudolphi (3) , et DeSmou- lins (4) , qwi les ont décrites en partie plus exactement , et en partie ont cherché diversement à les réduire les unes aux autres. Quelques-unes d'entr'elles avaient déjà été décrites plus ou moins complètement par des obser- vateurs antérieurs , tels que Charas (5) , Redi (6) , Ranhy (7) , Fontana (8), Russel (9) , et M. Cuvier (10) 5 mais comme il règne peu d'accord entre les rapports (i) Uber die Speicheldrusen der Schlangen Munchner Denkschrif- ten i8i3, p. 25. (2) Sur les voies lacrymales des Serpens. Mém. du Muséum tPhist. nat. , tom. vu , p. 62. (3) Seifert : Spicilegia adenologica. Berol. iSuS. (4) Sur le système nerveux de l'appareil lacrynial des Serpens. Ma- gendie , Journal de Physiol. , \. w , p. 274 et suiv. (5) Anat. de li Vipère. Menu de l'Acad. , 1666-99, ^' ^^ ' P^^^- 2» pag. 209. Nouvelles expériences sur la Vipère, Paris , 1670. (6) Osservazioniiutorno aile Vipère. 0pp. NapoU , 1778, t. ni. (7) On the poisonous apparatus of the Rattle-Suakc. PhiL Trans.y n» 4^^^ > P* 377* (8) Sur le venin de la Vipère , t. i. (9) An accountofindian Serpents, 1796. (10) Ânatomle comparée, t. ni., p. 224. (447) anciens et plus récens , j\ii soumis cet objet à un nou- vel examen , dontj'oûre ici le résultat , en ayant égard aux travaux antérieurs. 1®. Il y a à la lèle des serpens cinq paires de glandes qui à la vérité ne se rencontrent pas dans toutes les espèces^ «mais cependant dans plusieurs à la fuis. Parmi ces glandes^ la plus constante est une glande pclilc , allongée et arrondie, fort dure, lisse, dé- pourvue de lobes distincts , située à peu de distance de la peau , très- près de Textrémité antérieure de Ja sur- face inférieure de la bouche , peu éloignée de la lign^ médiane , et s'ouvrant tout-à-fait antérieurement à coté de l'ouverture de la gaîne de la langue. C'est avec juste raison qu'on peut comparer celle-ci avec la glande sub- linguale des autres animaux. Le seul auteur qui en fasse mention , M. Cu^^ierW vue dans les ampliisbcnes , où elle est la plus volumineuse , en proportion 5 mais ni lui , ni aucun autre auteur n'en font mention dans les autres serpens , quoi(|u'elle se retrouve dans tous les genres et dans toutes les espèces que j'ai examinés , à l'exception seulement du Typhlops, dans lequel elle pourrait bien m'avoir échappé à cause de la petitesse des parties. Mais c'est à tort que M. Cuvier regarde ces glandes dans les amphisbènes , comme étant celles de la mâchoire inférieure qui auraient seulement changé leur situation ordinaire 5 car ces dernières existent si- multanément avec les autres *, elles sont bien dévelop- pées dans les amphisbènes , comme dans plusieurs autres serpens \ au reste ^ elles seront décrites plus bas. Une autre glande presqu'aussi constante est située eu dedans ou en arrière ( souvent en dedans et eu ( 4(8 ) ani«M'e , en môme temps) de l'œil ; elle est plus con- sidérable que la précédente , blanchâtre , inoUc , divi- sée en lobes. Si je ne me trompe , c'est celle-là que- Chants a dgà décrite et figurée dans la vipère et qu'il , connaissait aussi dans la couleuvre. Il est vrai que IM. Tiedemann pense qu'il a connu les glandes ve- Jiimeuscs de la vipère , mais ses descriptions et ses fi- gures ne s'accordent nullement avec celles-ci^ c'est avec les glandes oculaires qu'elfes s'accordent. Celte glande a été décrite et figurée ensuite par MM. Tiedemann^ Cloquet el Rudolphi ^ c'est la glande lacrymale de M. C loquet» M. Tiedemann ne l'a point trouvée ni dans l'Am- pliîsbœna , ni dans l'Anguis ; mais en réalité elles y sont d'un volume considérable en proportion ; dans rAmphisLîena surtout elles sont plus grandes que l'œil, au côté interne duquel elles sont situées. C'est ainsi que je l'ai trouvée dans V Amphis^bœna alba cl fuliginosa. Elles sont également considérables dans V ErjxjaculuSj]e Tor- tria: scjtale , VElaps. — Ordinairement toute la glande, ou du moins sa plus grande partie , se trouve hors de l'orbite , etderrière lui ; surtoutdans les genres Coluber , Tortrix et Eryx : moins dans les genres Boa, Python et dans les serpens venimeux. Elles proéminent cepen- dant encore distinctement dans le Trigonocéphale , et je ne puisconce\x>ir, par cette raison , comment M. Ru- dolphi a pu ne pas l'apercevoir du tout dans le Tr. mutus. Comme elles ne sont pas fixées à la peau , il est très-facile*de les découvrir lorsqu'elles occupent cet endroit , et il est hors de doute qu'elles n'aient déjà été vues par Charas, M. Desinvulins , fidèle à sou ancieu ( 449 ) •conipatrîole , n'aJmcl irès-naïvemenl que ces seules glandes en disant cxprcssénncnt que dans un grand i\omhre,fX' Ophidiens , notamment dans cinq espèces de Coluber , une de Scyiale , une d'Elaps , il n*a rien trou- vé ni à Ja lête , ni entr'elle et restomac qui pût être -comparé k quelque glande servant à la digestion , telle ([ue la parotide , la sous-maxillaire , la sublinguale et Tamygdaîc , en sorte que la digestion ne s'opère qu'à l'aide du foie et du pancréas (i). Assertion qui n'aurait pas été permise à un auleur français , même autrefois , puisque des compatriotes, tels que MlVÎ. Cuvier eX Clo- quet^ ont d^à décrit et figuré d'autres glandes; mais qui paraît tout-à-fail inconcevable, aujourd'hui que les savans français sont habitues à se servir de la litlé- rature de leurs voisins et notamment des Allemands. Une troisième glande un peu moins constante que les précédentes , de forme oblongue , se trouve située au côté externe des branches de la mâchoire inférieure ; les oritices de ses nombreux conduits excréteurs sont rangés en une ligne simple , le long du côté externe des dents de la niàdioire inférieure. C'^st celte glande que M. Cmder (2) a déjà décrite dans les genres Coluber et Boa , mais sans faire mention d'aucune autre. Plus lard MM. Tiedemann et Cloquet l'ont figurée dans le Co- luber natrix , et M. Rudolphi dans le Vipera berus. Le premier l'a trouvée non - seulement dans le Co- luber , mais aussi dans le Ni\ja , le Vipera benis , r Amphisbaena , l'Anguis , où je l'ai de même rencontrée J[i) Magcndie, Journal de Physiol., t. iv,p. 375-76. ^a) Leçons d'Anat. comp. , t. m. ( 45o ) constamment , dcveîoppi'e surtout dans l'Anguîs , TAm» plnsbaina et le Coluber. Elle est en outre fort consi- dcrnble dans FEryx , les Torlrix, et parmi les serpcns venimeux , dans l'Elaps , tandis qu'elle est petite dans le Crotalus. Dans les autres serpens venimeux qui en sont pourvus elle est toujours plus petite que dans les serpens non venimeux , à rexceplion de TElaps , où elle est énorme. Sa dimension en hauteur est toujours plus grande en arrière qu'en devant. Elle se compose toujours de plusieurs lobes allongés ou arrondis, perpendicu- laires , droits ou un peu courbes , et d'une dureté no- table. Dans le Coluber elle s'unit sur la ligne médiane avec sa congénère du côté opposé : elle répond incon- testablement par sa structure , sa forme et sa position , aux glandes buccales et labiales des mammifères. Vis-à-vis de cette glande , sur le côié externe des brandies de la mâchoire supérieure s'en trouve une qua- trième qui lui ressemble parfaitement , et que j'ai déjà indiquée il y a long-temps dans la coulieuvre (i) 5 plus lard elle a aussi été décrite par M. Tiedemann , et figurée par lui et par M. Cloquet. M. Tiedcmann la prend pour la glande parotide \ mais sa situation , sa conformation externe et interne et son analogie avec la glande infé- rieure me porte plutôt à la regarder comme correspon- dant aux glandes labiales et buccales supérieures. M. Cuvier ne fait mention de cette glande ni dans les serpens , iii dans les sauriens , dans lesquels il ne décrit qu'une glande renfermée dans la substance de la (1) Note ajoutée à la traductiou alUiuaude des leçons de M. Cuvier par M. Mcckel. ( 45i ) langue , el la troisième, c'esl-à-dire , la glande maxillaire inférieure; cependant je les ai vu coexisier très-disiinc- lenient toutes les deux avec la glande linguale, dans riguanc. Elle se retrouve avec la précédente non-seule- ment dans le Coluber, mais aussi dans le Python, le N^a^ le Vipera berus , le Crolalus, l'Elaps , rAmpliisbaena , le Torlrix et l'Eryx. Maïs aucune de ces d(;ux glandes ne se rencontre aussi constamment qu'on pourrait le croire d'après les faiis rapportés jusqu'ici. Dans le Vipera dubiajcne trouve qu'une petite glande lenticulaire à l'angle de la bouche; probablement comme un indice des deux précédentes. Cette glande elle-môme manque absolument dans les Trigonocéphales, autant que j'ai pu observer moi-môme , et d'après l'assertion expresse de M. Rudolphi. D'après M. Ticdemann elle se reti'oûve dans l'Anguis -, mais j'avoue , que dans trois grands échantillons , malgré l'examen le plus scrupuleux , je n'ai pii en remarquer aucune trace , en sorte que si elle y existe réellement , elle doit être très -petite. Celte glande est considérable dans le Coluber , l'Amphisbœna , le Tortrix et l'Eryx; médiocre dans le Python , le Crotalus , le Vipera berus, le Naja. Dans l'Elaps elle est extrêmement J)etite, forte- ment unie au conduit excréteur sous-jacent de la glande venimeuse ; elle n'y correspond qu'au tiers antérieur de l'ouverture de la bouché', 'Wii'd'is' que 'dans les autres scrpens elle en occupe toute la longueur j Le rapport du volume de ces deux glandes n'est pas partout le même. Elles sont à-peu-près égales dans l'Amphisbain;; , le Tortrix, le Vipera berus. — Dans l'Eryx, le Python et l'Elaps c'est l'inférieure, dans le Coluber et le Naja ( 45a ) c'est la snpcrîeure qui est beaucoup plus grande , sur- tout dans le premier de ces genres , en sorte que je m'étonne qu'elle ait pu échapper à M. Cuwie^ , qui n'a remarqué que l'inférieure , laquelle est cependant - plus petite que l'autre. Les plus remarquables , quoique les moins com- munes de toutes ces glandes , ce sont inconleslable- menl les glandes venimeuses. Si on ne connaît pas leur disposition , il est difficile de concevoir comment elles ont pu échapper à de bons anatomisles plus anciens ; il paraît moins étrange que desanalomistes plus modernes mais peu exercés ne les aient point trouvées , bien qu'elles eussent été décrites et figurées depuis long- temps. Ces glandes sont toujours situées derrièreet au-dessous des yeux , au-dessus de la mâchoire supérieure, cn- ^ tourées et enveloppées complètement par un muscle très-fort qu'il faut couper pour les apercevoir. Elles sont allongées, leur tissu est lamelleux; leur intérieur est creusé d'une cavité assez marquée ; elles se distinguent en outre de toutes les autres glandes par un conduit excréteur d'une longueur considérable. Celui-ci se di- rige en devant le long de la surface externe de la mâ- choire supérieure pour s'ouvrir au-devant et au - dessus de la dent venimeuse , dans la gaîne membraneuse qui l'enveloppe , de manière que le venin s'écoule dans l'ouverture supérieure de la dent. C'est probablement parce que les glandes venimeuses sont recouvertes de la manière indiquée , par une épaisse couche musculeuse , qu'elles sont restées cachées aux observateurs plus anciens. (453) D'après Tyson (i), elles auraient été vues parfaite- ment par Cliaras et Redi , puisqu'il renvoie à ces au- teurs , en disant qu'il ne s'est point occupé des glandes en recherchant les dents venimeuses \ mais , quoique ^ " suivant MM. Tiedemann et Rudolphi , la nature des glandes venimeuses fût suffisamment connue , depuis longues années , par les recherches de ces deux au- teurs , je crois cependant que ces deux excellens savans rendent ici plus que de la justice à leurs prédécesseurs. Il est vrai que Redi^Rvle de deux glandes qu'il aurait vues dans toutes les vipères sous le fond des gaines qui renferment les dents venimeuses ( 0pp. NapoL , 177B , III , 22 , 62 ) ; mais il ne dit rien de certain sur leur connexion avec ces dernières. Il soupçonne que les con- duits salivaires , qui venaient d'être découverts , pour-/ raient être le chemin que prendrait le venin , qui s'en- gendre probablement dans toute la tête , et que ces ca- naux conduisent peut-être dans la gaine. (Ibid., P* î*70 Mais il proteste absolument qu'il ne veut point soutenir comme certaine une chose qu'il n'a pas vue de lui-même. (P. 22 ) D'après sa description , je croirais plutôt qu'il connaissait les glandes labiales supérieures. Il est cer- tain qu'il n'a pas vu le conduit excréteur. Charas uê me paraît avoir connu que les glandes ocu- laires et lacrymales ^ ce n'est qu'à celles-ci que convient sa description : il dit qu'elles sont situées dans la partie postérieure des orbites, à la même hauteur que les yeux, derrière et au-dessous de ces derniers 5 qu'elles sont composées de plusieurs lobes , couvertes en partie par le (i) Philos. Transact. , n*. i44 , P« 4^» , VIII. 3o (453) muscle temporal , et qu'elles ont le volume de Tocil voisin. ( P. 3o. ) Il parait en outre avoir connu le véri- table conduit excréteur des glandes venimeuses , mais en le mettant à tort en communication avec les glandes qu'il venait de décrire ^ car il dit que de leurs dilïerens lobes naissait un conduit situé au-dessous d'elles , et s'ouvrant dans les vésicules des gencives ( la g^îne des dents venimeuses). {Ibid.^ p. 3i. ) L'on sait que de sem- blables réunions artificielles ne réussissent que trop facilement entre des parties coupées et déchirées. Si la descri|)tion et les figures ne me trompent pas , c'est Ranbj (Philos, Transact. , n°. 4oi t p* ^7^ ) qui a le premier aperçu la glande venimeuse elle-même, car il décrit et il figure dans le serpent à sonnette une glande de la grosseur d'un petit pois , «ituée à l'endroit que la glande venimeuse occupe réellement , et ne paraissant que lorsqu'on a ôté le muscle dilatateur de la bouche. Mais par contre , il n'a point vu sou conduit excréteur , parce que , comme il dit , les conduits de glandes aussi petites peuvent rarement être vus avec certitude-, mais il soupçonne qu'il s'ouvre entre la lèvre supérieure et la mâchoire supérieure. De même que Charas , il se dé- clare contre l'idée que ces glandes sécrètent le venin ; ce- pendant les expériences de Redi ont depuié long -temps démontré le contraire. Fontana me paraît avoir été le premier qui ait décrit complètement et exaclement tout l'appareil de la sécré- tion vénéneuse. Ce fut ensuite Russel , si je ne me trompe , qui donua également des descriptions et des figurjes exactes que j'ai vues il y a long-temps à Paris kJ ( 454 ) «t à Goitingue , mais qne malhciireusemenl je n*ai pat sous les yeux en ce moment. M. Cuwier a bien exposé cet objet. M. Twdemann a aussi vu avec précision dans le Naja Cl le fripera be» rus , tomes les paities dans Icui^ connexion. Les des- criptions et les figures de M. Rudolphi sont exactes , Biais il y manque la représentation de l'orifice du conduit excréteur, et son rapport avec la dent vénéneuse. Au reste , si j'attribue à Fontana la découverte com- plète de Tappareil de la sécrétion vénéneuse , je dois ce- pendant m'écaner de Topiniou de M. Rudolphi^ qui pense qu*il a aussi le premier montré le chemin du ve- nin de l'ouverture supérieure de la dent à son ouverture inférieure. Cette décottverte appartient à Texcellent Tysôn , et, a déjà été constatée par Ranhy. Le premier de ces deux auteurs dit expressément : qu'il a trouvé dans toutes ces dents , très-près de la ra- cine , une grande ouverture , et vers la pointe une fente considérable bien distinctement visible ; que la d^nt e^C ciouse entre ces deux ouvertures , ce qu'il a d'abord re- marqué plusieurs fois , en pressant légèrement les gen- cives avec le doigt \ par cette pression on a vu distiucte- meni le venin s* écouler par la cavité de la dent et par la fente, tianby décrit les deux ouvertures cl la cavité comme Tyson , et il ajoute que les supérieures rece- vaient probablement le venin ( sécrété suivant lui dans la gaîue de la dent ) , tandis que les inférieures le trans- mettaient dans la plaie. Ces expressions sont sans doute moins précises que crlleîi de Tyson ,• mais les paroles de ce dernier in- ( 456 ) cliquent clairement qu'il a le premier découvert la voie du venin à travers la dent. Nous abordons maintenant la question de la signifi- cation de la glande vénéneuse. Elle peut être un organe d'une espèce particulière ou seulement une modification d'une autre glande. M. Cuvier professe la première opinion , car il dit expressément qu'elle se trouve liors des glandes sali- vaircs , quoiqu'il ne parle point de celles dont elle pour- rait être une modification. , M. Desmoulins ^ qui prétend qu'à l'exception de la gli^nde lacrj^male il ne se trouve aucune autre glande à la tète des serpens, dithardiment : que la même glande sécrète je venin ^ les larmes et la salive , et la regarde absolu- ment comme un organe identique avec la glande la- crymale. Les expressions de M. Tiedemann, qui regarde les deux organes comme ne formant qu'un seul , pour- raient conduire à la même opinion , c'est ce qui est prouvé par les paroles suivantes : ^.-ftc^Les glandes de l'orbite étaient (dans le Vipera naja ) fort grosses et épaisses , de couleur foncée et d'un jaune sale. Les conduits excréteurs s'ouvraient dans les dents molaires ou vénéneuses. ( L. c. p. 28. ) i) Les glandes situées derrière l'œil , ou les glandes vénéneiises ( dans le Vipera berus ) étaient fort grosses , épaisses et allongées \ bien plus grandes que dans la cou- leuvre , proportionnellement au volume du corps. Les conduits excréteurs s'ouvraient dans les dents molaires. (L. c. p. 29.)» Mais malheureusement , un examen tant soit peu soi- gné prouve que la glande vénéneuse est entièrement ( 457 ) distincte de la glande oculaire , et que ces deux or-, ganes existent l'un à côté de Vautre, Elles ne commu- niquent nullement ensemble , ni par des conduits , ni par de la substance glanduleuse ; ce sont par conséquent des organes tout-à-fait indépendans l'un de Taulrp , dont la séparation ne suppose pas même un anatomistc exercé. Déjà M. Rudolphi les a trouvées co-existantes toutes les deux dans le Vipera berus , et il a signalé l'in- exactitude de Tasscrtion de M. Tiedemann; mais il se trompe lorsqu'il n'admet pour le Irigonocéphale (comme M. Desmoulins fait pour tous les serpens) que' cette seule glande , remplaçant toutes les autreé par sOn vo- lume , puisque , d'après mes observations, on y Mrouve encore la glande lacrymale et la glande linguale'.' f* •'^•'" La circonstance que la glande labiale manque tota- lement ou à-peu-près dans plusieurs serpens venimeux , pourrait faire naître Tidée que les glandes venihfieuses seraient des modifications de cette glande 5 mais la pré- sence simultanée de celle-ci et des glandes venimeuses dans le Vipera berus et dans le Naja, réfute suffisamment cette opinion. J-''' Tout ce que l'on peut dire , par conséquent , c'cfs» (jue la glande venimeuse se développe aux dépens des autres , et surtout des glandes lacrymales , parce que la fonction de ces dernières est richement suppléée par elle. Elle est en ejfet une glande particulière y manquant aux autres ophidiens non venimeux. * '* ? '• *^- •"'' Mais de là il ne s^ensuit pas qu'elle ne puisse être comparée aux glandes des animaux supérieurs , surtout des mammifères. Sa position , sa figure , la longueur et la marche de son conduit excréteur, le point où celui-ci (4-58 ) •'ouvre dans la bouche, me font piuiôt admettre l'opinion que c'est elle qu'il faut regarder comme la glande paro- tide, puisque , d'après ce qui a été dit précédemment , je ne saurais prendre pour cette dernière les glandes la- biales supérieures. Une circonstance qui parle encore , sous quelque rapport , en faveur de cette manière de voir, c'est que dans la rage canine ce sont précisément les glandes salivaires qui sécrètent le virus , quoique d'un autre côté les glandes linguales existent aussi dans les serpens , et sans être venimeuses 5 et quoique les simples glandes de la bouche puissent prendre part à l'activité sécrétoire anormale. Je me réjouis d'autant plus d'avoir cette manière de voir, qu'elle a été exposée aussi , comme je trouve , par M. Rudolphi. Quant au nombre et au volume proportionnel des glandes , voici ce qui résulte des recherches précédentes : 1°. Plusieurs serpens venimeux, notamment le Cro- tale , le Naja , le Vipera berus , TElaps lemniscatus , en possèdent le plus grand nombre, puisqu'outre la glande venimeuse on y trouve aussi toutes les glandes salivaires j Us en ont par conséquent cinq paires. 2®. On en trouve quatre paires, i^. Dans le Vipera dubia qui ne possède, outre la glande venimeuse, que les glandes lacrymales , les glandes linguales , et un petit ' rudiment des glandes labiales à l'angle de la bouche. 2®. Dans le Coluber , le Python , l'Amphisbsena qui possèdent les quatre glandes salivaires innocentes. 3°. Viennent ensuite l'Anguis fragilis et le Trigono- céphale : dans le premier il manque la glande labiale supérieure j dans le second il n'existe ni la supérieure ( 459 ) ni rinférieure de ces glandes. Ils n'ont donc que irois paires. 4". Enfin dans le Typhlops crocotatus elles paraissent manquer totalement ou en partie : en tout cas elles y sont très- imparfaitement développées. 5^. Le volume de ces glandes varie aussi là où elles se rencontrent. Cest ce qui résulte déjà de la descrip- tion de chacune en particulier^ on peut établir comme résultat le plus général que les serpens non venimeux possèdent des glandes salivaires beaucoup plus volumi- neuses que les serpens venimeux *, mais les uns et les autres ofrr(3nt des transitions. Parmi les premiers , les glandes labiales qui manquent complètement dans le Trigonocépbale sont indiquées dans le Yipçra berus , le Naja , le Crotale , l'Elaps , et ce qu'il y a d'intéres- sant ici , c'est que dans l'Elaps les inférieures sont énormes , et les supérieures manquent totalement, tau- dis que leur volume est à-peu-près égal dans les deux autres espèces. Dans le Python toutes les gkndes sali- vaires sont moins développées que dans les serpens venimeux qui en sont pourvus 5 la glande labiale su- périeure manque dans l' Anguis , en sorte que ées deux espèces de serpens se rapprochent le plus l'un de l'autre encore sous ce rapport. {Arcfùv.Jiu Anal, une Physiol, , î8-i6, i*'c«hier.) ( 46o ^ Description de deux espèces nou^>elles d* oiseaux ^ appartenant aux genres Mouette et Cormoran / Par M. Payraudea-u. (Lue à la Sooiëtë d^Histoire naturelle , séance du la mai i8a6. ) Bien que la Corse , par sa position au centre de la Méditerranée , ne soit qu'à vingt-cinq lieues des côtes d'Italie , et à quarante au plus de celles de France -, au milieu , pour ainsi dire , du foyer de la civilisation , elle n'en est pas moins restée jusqu'à présent dans un état complet d'isolement relativement aux autres nations. Cette île , aujourd'hui partie intégrante de la France, nous est aussi peu connue sous les rapports historiques , géographiques et statistiques , que sous le point de vue de son histoire naturelle. L'on conçoit difficilement qu'aussi rapprochée de nous, elle n'ait pas plustôtpiquéla curiosité des savans , surtout lorsque des pays beaucoup plus éloignés ont été visités par plusieurs naturalistes , que leurs productions diverses et leur constitution géolo- gique ont été étudiées avec soin , et que nous possédons sur ces mêmes pays des connaissances aussi certaines que sur ceux qui soûl les plus civilisés de l'Europe. Ce n'est que depuis peu d'années seulement que la Corse a paru mériter toute l'attention du gouvernement et des hommes qui cultivent les sciences naturelles. Nous sommes redevables d'une excellente carte géographique de celte île à MM. d'Hell et Jacolin. M. Gueymard l'a explorée en 1820, et comme géologue et comme miné- ralogiste. Avant et depuis lors, plusieurs botanistes e». C46i ) ont faille théâtre de leurs excursions. La Zoologie seule n^avait point été comprise dans les investigations des naturalistes ; ce fut pour remplir cette lacune que j'en- trepris vers la fin de 1824 le voyage que je viens de ter- miner. Un séjour de plus d'un an m'a mis à môme de parcourir ce pays dans tous les sens; de voir jusqu'au moindre village 5 d'observer les mœurs, les usages , les coutumes de ses habilans ; l'état de l'agriculture , les progrès dont elle serait susceptible ; les avantages que cette île peut offrir par sa position soit à notre marine marchande ou militaire , en temps de paix et en temps de guerre , par la multitude de ses golfes , de ses rades , la facilité et la sûreté de leurs mouillages , ou par le nombre et la beauté remarquable de ses forêts , capables d'alimenter les flottes les plus considérables pendant plu- sieurs siècles 5 l'on peut même dire qu'elles sont inépui- sables , puisque les arbres y croissent avec une extrême rapidité et s'y reproduisent , au fur et à mesure qu'on les y coupe , ou bien encore par les températures diffé^ rentes que l'on y trouve , et qui permettraient d'y accli- mater plusieurs espèces d'animaux , d'arbres et déplantes exotiques. Je suis étonné, par exemple , que l'on n'ait point songé jusqu*ici à y conduire un troupeau de chèvres du Thibet. La garance , l'olivier, le mûrier, pourraient y être cultivés avec le plus grand succès ; la garance et l'olivier y sont indigènes ; cet arbre n'a jamais à craindre dans celte île les rigueurs de l'hiver ; cependant les habi- tans , à l'exception de ceux de deux cantons , de la BalngDc et de Bonifacio , ue retirent aucun parti d'un aussi grand avantage ; ils ne prennent pas même la peine de le grcH'cr. Le mûj'ier y prospère promptement 5 il u(î (46q ) l'en irouve que dans les jardins. Des essais faits par quelques Français de la terre ferme , employés du gou- vernement , sur l'éducation des vers-à-soie , et dont les résultats n'ont point trompé les espérances , n'ont pu servir d'exemple aux Corses et les faire sortir de leur léthargie. J'ai embrassé dans ce voyage toutes les branches de la zoologie. J'ai rapporté environ trois cent? e5pèces de mollusques ou d'annelides , dont plusieurs sont nou- velles -, à-peu-près le môme nombre d'insectes, parmi lesquels il s'en trouve aussi plusieurs nouveaux. J'ai re- cueilli plus de cent cinquante espèces de poissons , cin- quante de ci'ustacés , beaucoup de reptiles , de mammi- fères , de pétrifications , et deux cent quarante-six es- pèces d'oiseaux. J'étais loin , en faisant ce voyage , de songer à trouver des choses nouvelles dans cette partie , vu la facilité qu'ont la plupart des oiseaux de parcourir d'immenses distances , dans un court espace de temps. Je compte publier incessamment la relation de mon voyage , et dès à présent je crois^utile de faire connaître deux espèces nouvelles assez remarquables. L'une ap- partient au genre Mouette , et la seconde au genre Cormoran. La MoTjETTE d'AuDouiN , Larus Audouinii. CapUe, collo , pectore , lateribus , ventre, abdomine, uropygio caudâ- que candidis ; dorso , scapulariis , alarum tectricibus et parvis remi- gibus ex griseo caerulescentibus ; maximis remigibus nigris apice aH>is , prima exot^ptâ intùs albâ ex macula ; rostro rubro duabus fasciis traos- versis nigris liucato ; palpebris aureis \ pedibus ùigris. La tête, le cou , la poitriue , le ventre , les flancs , l'abdomen , le croupion et la queue sont d'un blanc pur 5 ( 463 ) les grandes rémiges sont noires et terminées par la même couleur avec une tache semblable su? les barbes intérieur(>s de la première \ le dos , les scapulaires , les couvertures des aiFcs elles rémiges secondaires soutd*un cendré bleuâtre 5 les ailes pliécs dépassent , de trois pouces , le bout de la queue \ le bec est d'un rouge foncé portant deux lignes noires en travers ; le bord des pau- pières est d'une nuance orangée -, les pieds sont noirs ; les tarses mesurent deux pouces ; la longueur totale , depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité delà queue , est de dix-huit pouces. Tels sont le mâle et la femelle au plumage d'été. La livrée d'hiver ne m'est point con- nue j je pense , si elle présente quelques différences , qu'elles doivent être fort légères. . )i'îu' Cette espèce est assez abondante sur les côtes de la Sardaigne et de la Corse ; particulièrement dans ce der- nier pays vers la partie méridionale , sur les golfes de Valinco , de Figari , de Venlilegnc , de Santa-Manza , de Porto-Vecchio et aux îles de Cibricagli , de Cavallo , de la Vezi et de la Magdelaine , situées en face de Porto- Vecchio , et à l'entrée des bouches de Bonifacio. L'ap- pareil du vol était très-dé veloppé chez cette Mouette comme chez ses congénères 5 il est permis de si^poser et de croire qu'elle n'habite pas seulement les lieux que je viens de citer, qu'elle visite aussi toutes les côtes de la Méditerranée , et peut-être celles de l'Afrique oc- cidentale. Elle se nourrit de poissons , de mollusques et de crustacés. La femelle dépose ses œufs sur les rochers des bords 4e la mer^ sur quelques plumes et brins d'herbes sèches^ (464) ils sont au nombre de trois ou quatre , et varient pour ]a couleur : tantôt ils sont d'un blanc jaunâtre ou ver- dâtre, et parsemés de brun-, tantôt d'un blanc pur, bleuâtre ou verdâtre , sans taches. Les jeunes de cette Mouette , peu de jours après être éclos, ont le duvet blanchâtre semé de brun sur les par- ties supérieures ; le dessus , les côtés de la tête et le des- sous de la gorge présentent plusieurs taches noires 5 le bec est de cette couleur, à l'exception de l'extrémité qui est rougeâtre ; les pieds sont noirs. Je dédie cette espèce à mon excellent ami, M. Au- douin. Le Cormoran de Desmarest , Carbo Desmarestii. Toto corpore uigro-virescente ; capite non cristato ; membranâ gut- turale luteâ j pedibus flavîs j rostro tenui , fusco , a commissurâ duo pollices j ab acumine roslri ad extremum caudas duopedes et sexdecem lineas ; rectricibus quatuordecim. ( Mas. ) Femina , supernè fusco- viridi albidoq[ue variegatâ ; iufernè albâ. Le plumage entier du mâle est d'un noir verdâtre sans aucun indice de huppe 5 les pied^ sont jaunes 5 la poche gutturale est de cette couleur -, le bec a detix pouces de- puis la commissure des deux mandibules jusqu'à la pointe j la longueur totale du bout du bec à l'extrémité de la queue est de deux pieds seize lignes j les rectrices sont au nombre de quatorze. La femelle a les parties supérieures variées de brun verdâtre et de blanchâtre 5 toutes les parties inférieures sont d'un blanc pur. Ce Cormoran habite les côtes de la Sardaigne , des îlus d'Elbe , de Monte-Chris lo ^ de Capraïca et de la Corse j ( 465 ) mais plus abondant aux environs des îlots de Cibricagli , de Cavallo , de la Vezi , de la Magdelaine que partout ailleurs. On le voit le plus souvent par troupes de quinze à vingt posés sur les rochers qui s'élèvent de quelques pieds au-dessus de la surface de la mer. Il est sédentaire. Sa nourriture consiste principalement en poissons ; il recherche aussi les petits crustacés et les mollusques. La propagation m'est inconnue. Je dédie cette espèce à M. Desmarest , dont les nom- breux travaux contribuent si puissamment, chaque jour, aux progrès des sciences naturelles. FIN DU HUITIEME VOLUME. \ TABLE PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. Vh. 19 et 20. Organes sécréteurs des iBsecies. PI. 3T. Divers organes d'insectes. PI. 32 , 23 Carte et coupes géologiques des environs de Château - Lan- don. PI. 34* Anatomie comparée des Graminées. Pi. 35. Rapports de position du calcaire , du granit et de l'arkose près d'Aiibenas. PI. 26. Analyse de la fleur de diverses Véroniques. PI. •2'j. Analyse de la fleur de divers genres de Personées et de Rhinan- tacées. PI. 28. Trilobites. PI. 39. Corps organisés fossiles qui accompagnent les Trilobites , et coupe des terrains qui les renferment. PI. 3o. Formes nouvelles de chaux carbonatée et d'argent sulfuré. PI. 3i. Anatomie du système nerveux de la tête et du cou et des muscles de la ftjce chez l'homme. PI. 33, 33. Altérations diverses de la physionomie humaine. PI. 34. Coquilles fossiles du grès bigarré. PI. 35, fîg. I. Berzelia lanugikosa. Fig. 2. Brtjnia pinifoliau PI. 36 , fig, 1. BntîKIA NODIFLORA. Fig, 3. StAAVIA RADIATA. PI, 37 , lig. !• Raspalia microphtlla. Fig. 2. Berardia paleacea. Fig, 3. LiNCONIA ALOPECUROIDEA. PI. 38, fig. I. AUDOUINIA CAPITATA. Fig. 2, TlTTMANNIA LATBRIFLOEA. Fig. 3. Thamnea ukîfjlora. PI. 39. Daim fossile d'Irlande. FIN DE LA TAIBLE DES PLANCHES. TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME. ZOOLOGIE. EPlgM. ssais anatomiaues et physiologiques sur la Physionomie \ par Charles Bell. à45 Mémoire sur PAbsorplion j par Dafid Barry. 3 15 Additions au Mémoire de M. Girou de Buzareingues , sur l'Iu- fluence que le père et la mère exercent dans la reproduction des sexes. io8 Mémoire sur les Glandes de la tête des Serpens ; par J.-F. âfec- kel. 446 Recherches auatomiques fur les Carabiqoes et sur plusieurs antres lusectes coléoptères ; par M. Léon Dufour. ( Suite et fin. ) 5 Observations sur la Larve du Ripiphorus biniaculaïus ; par M. Farines 1^4 Remarques sur quelques Oiseaux pélagiens , et particulièrement sur les Albatros ; par M, Marion de Procé. 90 Description de deux espèces nouvelles d^Oiseaux appartenant aux genres Mouette et Cormoran ; par M. Payraudeau. ^60 Note sur la Naturalisation de la Cochenille en Espagne: par M. le colonel Bory de Saint- f^incent. io5 Description du Squelette du Daim fossile d'Irlande ( Cerfns me- gaceros), du Muséum de la Société royale de Dublin; par John Part. 389 Extrait du Rapport de M. Villermé sur le Mouvement de la popu- lation dans la ville de Paris. ^^y ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE , BOTANIQUE. Considérations sur la Production des Hybrides , des Variantes et des Variétés en général , et sur celles de la famille des Cucurbi- tacées en particulier ; par A/. Sageret. 994 '^ (468) Sur la Structure de l'Ovule antérieurement à Pimprégnatioa dans les plantes phanérogames , et sur la Fleur femelle des Cycadces et dos Conifères j par M. Robert Brown. 2n Réponse à la Note sur les Graminées de M. J. J. C. de La Harpe, insérée dans le numéro de septembre 1 826 ; par M. Raspail. 76 Considérations générales sur le genre f^eronica et sur quelques genres des familles ou sections voisines; par M. Aug. Duuau» i63 Mémoire sur la famille des Bruniacées ; par M, Adolphe Bron- giiiart, 35^ Reclierches sur les Plantes trouvées dans les tombeaux égyptiens par M. Passalacqua; par M. Kunth. ^i^ Etat de la Végétation au sommet du pic du midi de Bagnères ; par M. le baron Ramond, ( Extrait.) 96 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. Itinéraire géognostique de Fontainebleau à Château-Landon , et Composition du sol de la plaine de Château-Landon ; par M» le vicomte Uéricart Ferrand , Docteur en médecine. 54 Notice sur le terrain d'Alençon et de ses environs } par M. Hé- rault ^ Ingénieur en chef au corps royal des mines. loi Note sur la prétendue Mine d'étain de Ségur ; par M. Brard. m De l'Arkose. Caractères minéralogiques et géologiques de cette roche ; par M. Alexandre Brongniart. 1 13 Quelques Observations sur les Trilobites et leurs Gisemens ; par M, le comte de Rasournowsky. 186 Mémoire sur de nouvelles variétés de Chaux carbonatée et d'Ar- gent sulfuré du Mexique ; par M. S. de Bustamente, 2o5 Sur quelques Fossiles du grès bigarré ; par M. Gaillardot , D.-M. 286 Notice sur l'Hétérosite , l'Hureaulite (fer et manganèse phospha- tés ) , et sur quelques Minéraux du département de la Haute- ' Vienne ; par M. Aliuaud. 334 Sur la Bustamite , bisilicate de manganèse et de chaux du Mexi- que J par M. Alexandre Brongniart, 4' * VARIÉTÉS. Extrait du Programme des Prix proposés par l'Académie des Sciences pour les années 1827 et 1828. 355 FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. \.^J'^ l'JLLLGÎIOH^-.c'