{ ÇW 1C4DÉMIE DE LA ROCHELLE. ;tion DES SCIENCES NATURELLES. ANNALES. 1854. 1,1 ROCHELLE ■ rY!H3GRAPHIE G. MARESCHA1 RI I Dl I I 5CA1 E 20. 1 s:»:> RAPPORT A LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES NATURELLES SUR SKS TRAVAUX UN 185 i Par M. le docteur Sauve. Séance du 7 liai 1855. Ml ssii i i;s , L'Académie de la Rochelle , dont votre société forme une des sections , va publier les Annales de ses travaux pour Tannée qui vienl de s'écouler is.">i . Imites par eetie Académie a fournir votre contingent a l'œuvre com- mune . vous avez décide , dans votre dernière séance, que votre secrétaire serait chargé du soin de rassembler les vôtres ci de vous faire uu rapport succinct à ce sujet. Je viens, en conséquence de cette décision, m 'acquitter de la mission que vous m'avez confiée. Je commencerai tout d'abord , Messieurs , par vous rappeler le luit pour lequel la société s'est créée, afin que nous puissiez juger si \<>us avez marché dans la voie (pic \<>iis \ous étiez tracée et si les résultats que \oiis axez obtenus vous rapprochent chaque jour davantage ous avons compris qu'il incombait a notre société de faire .1 ce sujet des recherches et des études qui pouvaient con- duire à des résultats intéressants. Y sommes-nous arrives? Nous ne saurions répondreafiirmativement, d'une manière absolue. Il tant plus de temps que nous n'en avons en , nos expériences sont encore tontes en voie d'exécution ; cependant on peut déjà savoir qu'elles n'onl pas été tout- a-l'ait infructueuses : deux rapports adressés à la société par sa commission de Pisciculture l'établissent suffisam- ment. Les dépenses tjjnt- la société l'ait pour son établisse- ment piscicole, bien que très-fortes pour elle, ne- permettent cependant pas de multiplier el de varier les expériences comme il conviendrait de le faire. Il est en vérité fâcheux que nous axons été abandonnés à nos faible moyens el que le Gouvernement et le Conseil général ne soient pas venus encourager notre utile entreprise. Je rapprocherai des deux rapports sur la Pisciculture un mémoire très-intéressant d'un de nos membres agrégés, M. Robert , de Marennes, qui nous a l'ait connaître avec des détails trcs-circonslaneics la manière dont on engraisse les huîtres dans les claires des bords de la Setidre et le produit qu'en retirent les propriétaires , qui les expédient dans toute la France, en Italie et même en Algérie. Ce mémoire est très-riche de faits pratiques, d'aperçus scien- tifiques et de détails statistiques. Je suis heureux d'avoir eu l'idée de demander à notre collègue des détails sur cotte industrie , puisque cette demande et les questions que je le priais de résoudre ont été l'occasion de ce mémoire. Cet écrit serait digne de figurer dans vos Annales ; mais comme il se rattache à la question de Pisciculture, il trouvera naturellement sa place lorsque la Société fera paraître un travail d'ensemble sur cette question. Je [tasserai de la Pisciculture à l'Hirudiniculture , en vous rappelant les communications fréquentes que je nous ai laites à l'occasion de mes marais à sangsues. Plusieurs de nos séances ont été occupées par la lecture d'an long mémoire dans lequel je vous ai exposé l'orga- nisation, les fonctions, les mœurs et les habitudes des annelides , et dans lequel je vous ai développé les moyens de multiplication , de nutrition et de conservation que j'ai employés. Les résultats auxquels je suis arrivé , et que Notre commission pu constater, vous ont parti assez inté- ressants pour vous faire voter l'impression de ce mémoire dans a os Annales. J'ai dû décliner cet honneur, afin de ne pas empêcher , par eette impression (1) , le jugement de I académie des sciences , à qui j'ai transmis un mémoire manuscrit sur le même sujet. Parmi les travaux manuscrits . >oulu apporter notre tribut à la science et dire notre mot dans 1rs questions où L'histoire naturelle vient seconder L'agriculture , Le commerce et L'économie politique. Il est un antre ordre de faits fui a aussi bien souvent préoccupé la Société : je veux parler de la météorologie. Aous sentons tons la nécessité qu'il y a à s'occuper de ces phénomènes <|ni se passent dans l'atmosphère. I.a création d'un observatoire, où les expériences seraient régulièrement laites et enregistrées, vous a paru tellement indispensable (pie vous aviez nommé une commission à l'effet d'étudier ce projet et de vous faire un rapport. I.a commission s'est acquittée de sa mission; elle vous a , par l'organe de son président , exposé combien il importerait de donner suite à ce projet , elle \ous a indiqué quels seraient les instruments nécessaires et le chiffre approximatif auquel s'élèverait la dépense. Ce chiffre vous a paru trop élevé pour vos linances et vous avez été contraints, bien à regret , d'ajourner l'exécution de vos plans. Vous avez été informés (pie la Rochelle avait été choisie pour la tenue du Congrès scientifique de France, en 1850. Vous vous êtes empressés d'accueillir cette l)onne nou- velle et de créer dans votre sein deux Bureaux provi- soires ; le premier , pour la section des sciences ph\ siques et mathématiques ; le deuxième , pour la section des sciences naturelles. Vous avez ensuite préparé et proposé une série de questions à traiter dans le Congrès. .le n'entreprendrai point de rappeler ici les nombreuses discussions scientiques qui ont occupé ia plus grande partie de vos séances ; ce sont habituellement îles com er- sations sur les communications laites au public saVanl par les journaux qui s'occupent des sciences. .Nous trouvons dans ce genre de travail l'avantage de nous entretenir de toutes les questions à l'ordre du jour ; de suivre le mouvement intellectuel : de nous communiquer réciproquement nos idées; d'établir el de resserrer entre nous ces liens de confraternité scientifique, qui nous procure a tous de si douces jouissances. Je ne vous entretiendrai pas longuement de nos relations avec nos correspondants ; nous avons reçu d'eux plusieurs ouvrages imprimés , parmi lesquels plusieurs ont été le sujet de rapports verbaux , qui en ont fait connaître le mérite a la Société. Celui de nos correspondants , qui nous a payé le plus large tribut , est sans contredit .M. Charles Desmoulins , travailleur infati- gable, exclusivement dévoué aux sciences qu'il cultive avec éclat. Il me reste encore a VOUS dire que nos rangs se sont ouverts avec empressement pour y recevoir comme membres titulaires : MM. Dubois, Michelin, Paumier, Garnaud et Arnoux. Vimués : MM. Bois-Giraud et Laporte. Correspondants : MM. Desmoulins , Desmortiers et Janvier. Pourquoi faut-il avoir à finir cette rapide esquisse par le souvenir de la perte si grande et si prompte (pie nous avons laite de noire \ iee-président , M. Boutiron. Deux de nos collègues . MM. Blute! et Savan . onl exprime les 10 regrets que dous avons éprouvés el le vide qui s'est l'ait au milieu de nous. Je n'ai rien à ajouter au discours prononcé sur la tombe par Le premier et à la note Lue ici parle second, siée n'est pourtant L'expression personnelle du chagrin que m'a causé la mort de ce regrettable collègue. Bien que la perte que nous avons faite de notre vénéré président remonte à 1852 , je dois la rappeler ici avec d'autant plus de raisons , que vous avez décidé que les deux discours prononcés en votre nom, le premier sur sa tombe, par votre secrétaire, et le deuxième, à l'inaugu- ration de son buste , qui a eu lieu au jardin des plantes le 24 septembre 1854 , sciaient insérés dans vos Annales. -er&£^ DISCOURS SUÏ LA TOMBE DE M FLEtRI.Ui DE BELLEVUE Par M. le docteur Sauvé. Messiei rs . Charge par mes collègues, les membres de la Société des Sciences naturelles de la Charente-Inférieure , d'ex- primer leurs regrets sur la tombe de notre vénérable Président, je viens m'acquitter de ce triste et pénible devoir , en leur nom et au mien. La perte que nous éprouvons en ce moment est trop grande et mitre affliction est trop profonde pour que nous \<>iis parlions ici avec détail des nombreux travaux , des ouvrages réellement importants que nous devons a ta plume de notre savant collègue. Cette tache, je la rem- plirai plus lard, aujourd'hui je ne veux et ne dois vous donner qu'un aperçu rapide de la \ic scientifique d< 12 Fleuriau et esquisser à grands traits le portrait dusavanl et vertueux concitoyen, qui réunit , eu ce moment , le concert unanime «le louanges et de regrets que lui ont mérités les excellentes qualités de son cœur et la supério- rité de son intelligence. Louis-Benjamin Fleuriat de Bellevue naquit à la Rochelle , le ii février 1701 , d'une ancienne famille qui occupait un rang éminent. Son père était officier de la maison du Roi , et sa mère , cet ange tutélaire que la Providence nous donne au berceau de la vie, se distin- guait parmi toutes les autres par ses vertus privées et surtout par l'excellence de son cœur, par sa charité. Ces éminentes qualités lui valurent les honneurs exceptionnels d'une sépulture à laquelle toute la population prit alors part, comme elle le fait aujourd'hui pour son fils. Une décision du conseil municipal prescrivit que les honneurs funèbres lui seraient rendus comme à un grand citoyen. Le .Maire et ses adjoints, assistés du conseil municipal , s'y présentèrent avec leurs insignes, lu spectacle si imposant dut frapper vivement l'imagination de fleuriau et féconder les germes de bonté qu'il avait reçus dune semblable mère. L'afllucnce , le concours de tous ceux qui m'en- tourent prouvent que Fleuriau sut dignement mettre à profit l'exemple et les préceptes de celle dont il reçut le jour et que dans sa famille toutes les vertus étaient héré- ditaires. L'éducation de celui dont nous déplorons la perte fut des plus soignées. 11 était protestant , et malheureusement alors la tolérance religieuse . celle fille de paix cl de 13 concorde, n'existail pas: il lui fallul donc aller chercher en dehors des frontières de sa patrie une éducation qu elle lui refusait à cause de sa religion. Il fui envoyé au collège de Genève où il lit d'une manière brillante ses huma- nités. Après les avoir terminées il eut le bonheur , grâce à la fortune dont jouissait sa famille, de pouvoir com- pléter ses connaissances par des voyages qu'il fit en Allemagne et surtout en Italie. (Test là qu'il séjourna longtemps , c'est là qu'il se livra avec passion a l'étude des sciences naturelles' et surtout à celle de la géologie. Il établit des relations avec tous les savants les plus illustres dit pays qu'il parcourait; il mit à profit ces musées , ces collections si remarquables que possèdent plusieurs villes d'Italie. Son âme laite pour admirer le beau, pouvait [(rendre un libre essor au milieu de ces monuments dune architecture si parfaite et si grandiose, au milieu de ces immenses galeries où le pinceau des Michel-Ange , des Raphaël , des Rubens avait animé la toile inerte ; au milieu enfin où l'art, la poésie et la science venaient sous mille tonnes et de mille manières , montrer jusqu'à quel point l'intelligence humaine peut atteindre. Il visita eu savant la Sicile, cette terre si fertile, le grenier d'abondance des Romains ; il étudia , sur la nature, les effets géologiques des tremblements de terre dans laCalabre; il rechercha la cause et l'origine des volcans, et sut , en un mot , mettre a profil chacune des nombreuses excursions qu'il (il dans le pays. Il parcourut ensuite les Mpes , lit une ascension au mont Blanc cl rentra en France . possesseur de noie-, de collections, de Il plans avec lesquels il rédigea plus tard des mémoires. Telsfurenl ses débutsjscientifiques. Rentré dans sa patrie avec l'esprit orné de connaissances littéraires et scientifiques , favorisé autant de la nature que de la fortune, le cœur plein de générosité et de dévouement , Fleuriau ne tarda pas à prendre rang parmi les plus illustres et les plus considérés de notre cité. Modeste autant qu'instruit , affable autant que supérieur, il sut promptement conquérir l'estime générale ; ses concitoyens, si bons juges, ne tardèrent pas aie distinguer et à mettre à profit ses connaissances et son dévouement ; il fut promptement élevé aux charges honorables de conseiller municipal. Plusieurs fois on lui offrit l'honneur d'être le premier magistrat de la cité ; mais soit que sa modestie l'emportât , soit qu'il redoutât pour sa popu- larité le poste scabreux qu'on lui offrait, il refusa toujours et préféra occuper sou activité à l'étude des questions sociales qui avaient pour but le bien-être de l'humanité et celui surtout de ses concitoyens. Appelé dans le conseil général du département, il s'y fit remarquer par la recti- tude de son jugement et par l'étendue de ses vues adminis- tratives; aussi eut-il l'honneur d'être appelé à le présider. Possesseur à si juste titre de la confiance générale , il fut chargé pendant une douzaine d'années de représenter la Rochelle à la chambre des députés, là , encore , il se montra ce qu'il était partent : entièrement dévoué aux intérêts de la ville et du département, l.e gouvernemenl ne pouvait laisser sans récompense tant de services pendus ; il fui nommé chevalier el plus tard officier de la Légion-d'Honneur. Ses travaux politiques et administratifs ne l'absor- bèrent pas à tel point qu'il ne put trouver moyen de cultiver les sciences ; ses travaux lui méritèrent la consi- dération des savants, el l'Institut de France voulut se l'adjoindre comme associé en lui confiant le titre de membre correspondant. Une foule de sociétés savantes, nationales et étrangères , se disputèrent le même honneur qu'il ue cessa de mériter par ses travaux sans cesse renaissants , jusqu'à la lin de sa longue et cependanl trop courte carrière. Président de presque fontes les sociétés savantes, littéraires, agricoles, il semblait avoir mie prédilection toute particulière pour celle au nom de laquelleje parle ici ; il est vrai qu'il avait eu le premier I idée de sa fondation et qu'il n'avait pas moins aidé à son développement par ses connaissances si variées (pie par la libéralité avec laquelle il créa les précieuses collec- tions que nous possédons. Quelle exactitude il apportait dans nos réunions où il arrivait avec quelques communications importantes à nous faire. Vous n'avez pas vu que son âge eûl ralenti son zèle : loin de la, plus il voyail décliner ses forces physiques , plus il devenait avare de son temps et plus il se hâtait de mettre la dernière main a des travaux commencés. En vain dix-lmit lustres avaienf passé sur sa tète, ils ne l'avaient pas affaibli; car la veille même de la mort cruelle qui nous l'enlève . M travaillait encore malgré 16 la fièvre qui le dévorait et le peu de force qui lui restai! : Il s'enquérait d'expériences industrielles el agricoles et mandait , dans son cabinet , ceux qui pouvaient le renseigner à cet égard. Je ne puis, Messieurs, qu'indiquer rapidement, comme je viens de le faire , les phases si bien remplies de la vie politique et scientifique de Fleuriau. Unie resterait à a ous le peindre dans sa vie privée ; niais que \uus apprendrai-je ? qui de vous ignore la source inépuisable de son cœur , la générosité de son caractère , sa bienfai- sance , sa douceur, son affabilité. Ce serait faire injure à vos sentiments et à votre jugement que de m'arrèter a vous les dépeindre; la lumière ne se prouve pas; mais qu'il me soit permis , à moi qu'il honorait de sa bien- veillance , qu'il encourageait de son exemple et de ses conseils , de vous dire que c'était l'homme le plus vertueux , le plus honnête, le plus digne que j'aie connu ; c'était le vir probits dans sa plus large acception. Adieu, bon et vénérable collègue ! ta mémoire vivra sans cesse parmi nous et nous nous efforcerons , non pas de t'égaler , mais du moins de suivre les nobles exemples que tu nous as donnés. DISCOURS l'IlllMINi I A L'OCCASION m Î/INAIT.! RATION 1U' RUSTE \l. I LEURIAl DE BELLEVUE. Par M. Blutcl. Messiei lis , C'est au nom . veilles qui se déroulent devant lui. Il faut néeessai- » rement à l'homme une occupation secondaire en dehors . de son état : une distraction qui , à certains moments, vienne interrompre la chaîne uniforme et un peu monotone du devoir: un grand nombre d'hommes •21 vont chercher cette distraction dans les lieux publics ; ■• d'autres, plus sages , plus heureux , la trouvent dans la culture des arts , «les lettres et surtoul des sciences naturelles !... Celles-ci formenl notre raison, épurent nos passions, rendent noire esprit capable deconnaitre et d'admirer les grandeurs de la création et le ramènent naturellement, je ne peux trop le répéter, vers le divin auteur de toutes choses. •■ Rappellerai-je aux membres de la Société des sciences avec lesquels il aimait tant à se trouver, combien il parut délicieusement impressionné lorsque, en 1835, à l'ins- tigation et sous les auspices de M. Callot aîné, .-alors maire de notre ville , qui lui doit tant d'heureuses amé- liorations , nous arrêtâmes chez moi la création de la Société des sciences naturelles de la Charente-Inférieure, a laquelle notre honorable collègue contribua si puis- samment de ses collections et de ses propres deniers ? Efforçons-nous, Messieurs, par un redoublement de zèle et d'études , à maintenir , à conserver les œuvres au succès desquelles il a tant concouru ; ce sera, j'en suis convaincu , le véritable moyen de consoler sou ombre de ne plus être dans la possibilité d'être utile aux sciences. Ces bonnes ouvres qui oui si bien rempli une vie , pendant laquelle M. Fleuriau de Bellevue n'a pu , je le crois, dire une seule lois : j'ai perdu ma journée • ; celle longue vie " Est aussi défendu à tous revendeurs el revendeuses de ne porter, ni vendre par la ville , ni étaler en leurs boutiques, aucuns draps , habillements, linge, ni lils, à peine que dessus. 7° Aussi esl expressément défendu à toutes personnes d'éparer ni faire éparer sur les murailles et remparts de la ville, ni aux fenêtres des maisons d'y-celle, ouïs linges, lits, habillements et couvertures aux mêmes peines. 8° Et est enjoint a toutes personnes de tenir leur maison nette et leurs pavés ci emporter leurs immon- dices et bourriers sur les remparts ou les mettre sur les chariots à ce destinés, lorsqu'ils passeront. ( .l" \ussi esl enjoint à tous bouchers et tripiers de tenir leurs maisons nettes ci jeter ou faire jeter leurs infections, soil de sani;' ou autres choses , en lieux qui leur mil été ci-devant désignes , savoir : ceux de Gougne a la Jaudon, ou est à présenl la balise; v^u\ du Pcrrot à la Porte- \cii\e, hors la porte des Deux-Moulins; et ceux de Saint-Nicolas, hors la porte , au lieu qui leur est désigné. Kl" Sera aussi enjoint a tous chirurgiens, apothicaires et autres qui visiteronl lis malades , de jeter el mettre 34 an teii les emplâtres qu'ils tireront desdits malades et ne les jetteront par les fenêtres ni èz bourriers, à peine que dessus. 11" Pour éviter et empêcher le cours de ladite conta- gion , sera bon d'avoir deux hommes pour cadener les portes de ceux qui seront frappés d*\ -celle, pour ense- velir les corps morts , lesquels les descendront en bas , lesquels aussi conduiront les pauvres frappés de la conta- gion au lieu de Mireuil , avec leurs lits et linceuls. 12" Lesquels aussi , pour être connus et distingués des autres personnes , porteront un bonnet rouge et une casaque bleue, avec une barre blanche , et une verge blanche en la main de la longueur ci-dessus. 13° Sera aussi écrit six hommes pour porter les corps morts de ladite contagion en terre , qui feront les fosses, si ceux qui sont commis à ce faire par le consistoire ne le veulent faire. 1 i° Et aussi seront pris deux hommes à gages pour soigner les pauvres qui seront menés audit lieu de Mireuil. 15° Et aussi est ordonne que les maîtres ou maîtresses qui enverront leurs serviteurs et servantes audit lieu de Mireuil, seront tenus de donner aux ser\ ileurs et servantes les lits , linceuls et couvertures sur lesquels ils couchaient pour les porter audit Mireuil , et aussi de l'argent selon qu'il sera avisé. 16° Et aussi faudra avoir un homme audit Mireuil pour faire les fosses de ceux qui mourront de la contagion. 35 17" Et pareillement es! expresaémcnl défcudu aux gardes de celle ville de ne laisser en \ -celle nuls pauvres mendiants , ;ï peine d'amende arbitraire. La peste de 1554 fui très-violente. Le père Arcère , Histoire de la Rochelle ,1. I , p. '.Y.Y.'> dit : que le mal lit tant de ravages que le maire, voyanl la ville presque déserte , se retira dans la tour «le la Chaîne , crainte de surprise de la part des ennemis. » 1564. — « En celle année, la contagion fui grande dans celte ville et quelque ordre et police qu'il y ait pu être apportés , plusieurs personnes en moururent et même des plus apparentes , et du corps de ville el de la justice : voire que le 1 2'' du mois d' octobre , en mourut. noble homme , M. Faguere Pontard , procureur du R03 . 1582. — «Le médecin Olivier Poupard , de Saint- Maixent , établi à la Rochelle, décrit la peste dans un petit ouvrage intulé : Conseil divin touchant la maladif divine et peste en la ville de la Rochelle. Cette maladie qui sévissait , d'après lui , surtout sur les pauvres , ins- pirait la plus grande crainte aux \illes et villages circon- voisins. Fontenaj envoya des médecins pour étudier cette maladie. Des cordons sanitaires empêchaient les pestiférés d'entrer dans les bourgs el dans les \illes non infestes. Vous aurez dit l'auteur dans sa dédicace aux maire et échevins pourvueus les poures mallades de logis , de vivres el de chirurgiens , à grands frais et ne voieut-on les poures mendier par les rues pour être appensionnez . ou eu I» urs logettes ou es lieux par \<>us destinez, 36 [604. — „on nettoya el cora le premier fossé de la ville , appelé de Maumusson , hors ladite porte celle de Saint- Nicolas. ) » Environ le vingtième de juillet . lapwfe, qui avait commencé quelque temps auparavant en cette ville , augmenta et s'échauffa si fort, que presque de mémoire d'hommes il ne s'en était vue de plus grande , et dura aussi furieuse jusqu'à la (in du mois de décembre. 11 y fut apporté un fort bon ordre par M. le maire et et messieurs du corps de ville el bourgeois qui ne l'aban- donnèrent point. On 5 emplova aussi grande somme de deniers qui lurent levés sur les habitants de mois en mois, et on ne laissa pas que de bien vaquer à la garde et h la conservation de cette ville tant de jour que de nuit. Innales de la Rochelle, t. 2 , p. 358.) 1G05. — » De cette citation nous rapprocherons celle du père Arcère, historien de la \ille de la Rocbelle , dans lequel nous lisons : ■■ La peste qui l'année précédente (1004) avait enlevé un grand nombre d'habitants, se ralluma lorsqu'on la croyait entièrement éteinte. Ce fut principalement sur la populace qu'elle exerça ses fureurs. On transportait les malades à Mireuil , lieu consacré pour les pestiférés; enfin la vigilance et les soins des magistrats arrêtèrent dans la ville le mal qui s'était répandu déjà dans les bourgs voisins. » Ce que nous venons de voir prouve incontestablement que de très-violentes épidémies décimaient de temps à autre la malheureuse Rochelle. Etait-ce bien la peste ? Si nous consultons l'ouvrage de Poupard , déjà cité, 37 qui a été imprimé en 1583 , et qui est écrit sur la ma- ladif divine <>u peste qui régnait à la Rochelle, nous pouvons en douter. Bien que cet auteur considère la peste comme un Qéau, une punition du ciel lancée contre les faibles humains , eu un mot , comme un ///"/ divin dont on ignore les causes , qui sont dépendantes de la volonté de Dieu; cependant , il esl amené comme forcement par L'observation plus directe des causes, à dire: Nous séparons la peste des autres maladies qui connut et qui se peuvent engendrer de quelque mutation d'air; comme celle (l'a c'est' heure , et celles que nous vismes l'an passé. » Plus loin, il indique la cause de la pré- tendue peste : « Il a esté prouvé que l'air ne se pourrisl point , mais que de la terre et des eaux au-dessous , estans infectées , il prend le venin. Et chacun sait que, hou gré mal gré , il nous faut hunier l'air , quel qu'il puisse estre : et qu'i-celuy donne « nos corps les causes dis offences : qu'ainsi il ne reçoive les vapeurs des estangs , mares ou maretz. » Enfin il termine ainsi son ouvrage : » Voilà, messieurs, ce que i'aj amassé, et mis en ordre touchant la peste, afin que par antithèse on voye combien ce qui nous a moleste/ et moleste encore quelque peu , est autre chose (pie la peste qu'on trouve par toutes les histoires estre une, quoiqu'en divers lieux. ■ I) un autre côté , nous dirons que la cause de la peste est une cause exclusive, qu'elle doit être même ren- fermée dans la ha^se Egypte, où les débordements du .Nil peuvent la produire, la peste j liait comme le cholél a tnorbus naît de-- débordements du Ganse. M Les miasmes pestilentiels se développenl partout où les matières organiques se trmn ent en décomposition dans deseaux marécageuses. Si leurs effets sont différents, cela tient sans doute à la nature des miasmes et plus encore à la température qui peut modifier eette nature et augmenter l'intensité de son développement et de son action ; de sorte que les miasmes de nos marais , dégagés sous l'in- fluence de la chaleur de notre climat , produisent Les fièvres intermittentes ; tandis que ceux qui se dégagent des marais des Antilles produisent la lièvre jaune ; dans la basse Egypte ils causent la peste; dans la presqu'île du Gange ils donnent naissance au choléra-morbus. I.a peste a souvent été confondue avec d'autres mala- dies, et plus souvent encore d'autres maladies ont été prises pour elle. Les anciens , n" avant pas observé avec la judicieuse attention des modernes, n'ont pas toujours bien saisi les différences qu'offraient entre elles les diverses maladies soumises à leur observation. Les années où la peste est indiquée comme avant porté la désolation à la Rochelle , ne sont pas celles où la même maladie a paru en France ; et les années OÙ la peste s'est manifestée ailleurs , il n'est pas dit dans nos chroniques (pie la Rochelle en ait été atteinte; si on excepte toute- fois la peste du XVI e siècle, qui pourrait alors avoir quelque rapport avec la maladie signalée à la Rochcllle en l.V>i . Voici ih\ reste les recherches que j'ai faites à ce sujet : l'oi)i:i;i : : , qui a t'ait de nombreuses recherches sur la 30 peste, donne l'historique de vingt-deux pestes, parmi lesquelles je choisis celles qui se rapprochent le plus de celles indiquées par nos chroniqueurs Rochelais : 1° En 1504 , peste de Marseille ; 2° En 1511 , peste de Vérone, décrite par Forestier ; 3° En 1525, Lyon et Vienne furent ravagés par la peste, décrite par Montnus llvms, Feb., Lib. 7, Cap. I 4° En 1527 et 1530 , peste de Marseille et de toute la basse Provence. La maladie qui régna à la Rochelle en 1515 lut-elle de la même nature ? rien ne l'indique. En 1 55 i , une horrible peste ravagea Misène , décrite par (i. â.gbicola , Lib. 2 , De peste. Cette année est aussi indiquée comme fatale pour uotre ville , où régnait la contagion. Si nous passons à l'année 1564 , année également signalée comme (atale pour la Rochelle , nous ne voyons de rapprochement possible que la [teste de Hongrie , en 156G , décrite par Sennert. De 1582 à 1587, Aix. et surtout Marseille éprouvèrenl les plus grandes pertes par la peste. La maladie signalée par IVn pard , à la Rochelle , eu 1582 , serait-elle de même nature ? c'est pour le moins douteux, d'après la lecture même de l'ouvrage de ce médecin. Les rapprochements que nous venons de taire et que nous sommes allés chercher très loin perdent encore de leur probabilité de concomittance , si nous considérons que la peste lui ou dc peut plus répandue en Europe peu- 40 daiit le \\ II' et même le K VIII e siècle sans qu'à la Rochelle on en ressentit k's effets; du moins nos annales n'en onl pas conservé Le souvenir. C'est ainsi que la peste de 1623 , portée de Turquie en Pologne , pénétra dans tout le reste de l'Europe , qu'elle ravagea jusqu'à la fin de 1630(1); qu'on vit la peste de 1649-1650, à Marseille et à \ix; — eelle de 1664-1665, à Toulon et en Italie 2 : — celle de 1665-1666, à Londres, où elle emporta 97, 000 personnes en moins de dix mois. (3) Kn 1720, peste dans tout le Midi , mais particulièrement à Marseille. Sur une population de 247,899:, il en mourut 87,659. Kn 1771-177*2 enfin, peste en Russie, faisant périr 133,299 personnes , décrite par Samoëlovitz. A toutes ces données qui militent en laveur de l'opinion qui rejette la réalité de la peste dans notre ville , nous pouvons ajouter que des épidémies à peu près pareilles à celles dont parle tiarbot ont existé a la Rochelle en 1775, 178(i, 17D3 et qu'on ne les a pas appelées du nom de peste ; que les premières ont [tu être plus actives par les moyens barbares avec lesquels on traitait les soi-disants pestiférés ; les mesures prises à leur égard étaient de nature à les rendre malades s'ils ne l'eussent été. On peut en juger en lisant le règlement très bien nommé pour la contagion, que nous avons donné ci-dessus. La peste n"a donc , selon nous , jamais régné à la (1) Gascendi , in vitâ Pereisc. . lib. 9. (2) Ganfredi . Histoire de Marseille. 3 Uead . De peslileutiâ. - Sydenbam . Febr. pestileitt. 41 Rochelle. Ce sont de violentes épidémies, «lis fièvres dites pestilentielles , d'autant plus graves, je Le répète , qu'on plaçait les malades dans les conditions les plus fâcheuses , que toutes les mesures d'hygiène publique étaienl négligées ou mal prises, que le quinquina et ses préparations étaient inconnus. L'auteur de l'article Peste, de l'Encyclopédie , en disant qu'on vovait mourir beaucoup de malades de la peste de Siain à la Rochelle , a donc commis une grave erreur , qui a sans doute eu une fâcheuse influence sur l'opinion qu'on a conçue de la salubrité de notre \ille. M. Malartic, en cherchant à réfuter cette assertion, a voulu, d'un autre côté, trop prouver en l'a\ eur de la salu- brité de la Rochelle , en attribuant au savant physicien, auteur de cet article , une légèreté assez grande pour prendre comme \ rai an mot dit sans doute par plaisanterie. De graves épidémies ont bien réellement existé à différentes époques à La Rochelle, comme dans un très-grand nombre d'autres \illes de France ; mais ces maladies tenaient à une cause locale. Le sol marécageux qui l'entourait alors de toutes parts et sur Lequel les eaux de mer et les eaux douces se mélangeaient el séjournaient , en donne une explication très-satisfaisante. On sait aujourd'hui que les épidémies ont toutes Leur cause dans la constitution particulière et actuelle du pays où elles exercent leurs ravages. Or peu de \illes étaient plus défavorablement placées que La Rochelle ; il suilit de jeter les \cu\ sur le plan qui accompagne ce travail pour s'assurer que les émanations marécageuses de la 4-2 plus mauvaise nature devaient envelopper la ville , el qu'à certaines saisons , où les circonstances météorolo- giques étaient favorables , des lièvres considérées comme pestilentielles par leur intensité devaient se déclarer. I.a preuve qu'il en était ainsi , c'est que lesdites pestes, dont on a conservé le souvenir, se sont déclarées au temps chaud de juillet à octobre, au temps où les fièvres se développent ordinairement avec, le plus d'intensité; ou bien nos historiens signalent avant l'apparition de ces lièvres le curage des fossés : exemple en 1604. Ainsi donc, dans les siècles précédents, la Rochelle, comme Rochefort , comme Brouage , comme toutes les villes situées dans des conditions analogues à celles-ci , a dû être souvent le théâtre d'épidémies meurtrières. Ces épidémies ont été de jour en jour en s'all'aiblissant au fur et à mesure (pie des travaux de dessèchement ont eu lieu et que les règles hygiéniques ont été appliquées. l.Cst ce (pie la suite de ce mémoire nous prouvera com- plètement. Depuis le Siège jusqu'à ce jour. Après avoir recherché quel a pu être l'état sanitaire delà Rochelle dans les siècles passés, voyons ce qu'il est maintenant et ce qu'il a été dans le siècle le plus rapproché de nous, le XVIII''. La place de la Rochelle était restée démantelée depuis le dernier siège. C'est en 1(>8!J que l'enceinte de la ville 43 m- trouva augmentée an moins d'un tiers. Louis XIV avait chargé Ferrj défaire de nouvelles fortifications : les remparts du côté de l'ouest lurent portes beaucoup plus en avant , et un nouveau quartier se trouva compris dans la ville. La rue Porte-Neuve a été construite depuis cette époque sur l'argile molle dont nous avons parle. 11 lut nécessaire pour poser les fondements des maisons de faire des pilotis. ». (les travaux gênèrent un peu L'écoulement des eaux de Lafond qui furent alors reçues dans les nouveaux lusses (le la ville , tandis qu'auparavant elles se rendaient directement à la mer. Les fortifications achevées, on construisit les casernes. C'est au commencement du XVIII e siècle, en 1702, que la ville lit bâtir les deux corps d< caserne A et l> qui se trouvent à la porte Dauphine. Mais à peine furent-elles bâties, qu'on ne tarda pas à se plaindre de leur insalubrité, Les régiments qui s'y succédèrent lurent victimes des maladies, qui alors ressemblaient à celles de nos jours; c'était, comme aujourd'hui, des fièvres intermittentes; aussi voyons-nous des travaux d'assainissement entrepris dès I7'2i. Le canal de la Verdière , qui seul permettait l'écoulement à la mer des eaux de l'etilh , de Lafond, etc., était dans le plus mauvais état ; 11 était en partie comblé et ses bords étaient dégarnis de revêtements. Ou chercha à rendre l'écours des eaux plus facile en le creusant et en le nettoyanl : ses bords furent maintenus par un revè- tement solide . on coin rit une partie de ce canal au\ Ai extrémités duquel on plaça deux vannes pour retenir ou laisser s'écouler les eaux ; maison n'avait obtenu que très incomplètement ce que l'on désirait , les maladifs con- tinuaient et les régiments redoutaient la garnison. En effet , on lit dans un mémoire de M. Malartic , imprimé a la Rochelle, pour [trouver que l'état sanitaire de cette ville n'est pas mauvais; on y lit , dis-jc, en note, a la page quatorze : « L'état de délabrement dans lequel quelques régiments sont sortis de cette garnison , le nombre des malades qu'ils y avaient eus , les pertes qu'ils y axaient éprouvées, avaient fait dire de cette ville , ce qu'on disait autrefois des Bergues et de Gra- velines : « Que Dieu nous préserve de la jirslr , de la famine et de la garnison de Gravelincs. •> Tel était le pré- jugé des troupes. > En 1733 , le régiment de la Gervesais éleva des plaintes très-graves , au point de demander son chan- gement de garnison , huit jours après son arrivée à la Rochelle. K\ idemment cette réclamation hâtive ne pouvait être fondée que sur l'expérience de l'insalubrité faite par les régiments quira\aienl précédé. On trouve du reste dans le mémoire rédigé par le corps de ville pour com- battre les plaintes portées par les officiers de la Gervesais, l'aveu de l'existence de lièvres intermittentes au temps de la canicule ; ainsi donc , le fait est avoué même par ceux qui avaient alors le plus d'intérêt à en nier l'exis- tence. Mais bien plus, dès l'année suivante, 1724. on s'empressa de rechercher d'autres moyens d'assainis- sement. Alors , comme aujourd'hui , on end reconnaître la cause de L'insalubrité : ce lurent encore les eaux des fossés qui attirèrent l'attention ; leur écoulement ne s'opérait, comme nous venons de le voir, que par le canal de la Verdière , il était difficile et incomplet ; on cura donc les fossés , et de plus on lit recluse des Deux- Moulins qui permit de maintenir les eaux , de les renou- veler et de les laisser s'écouler, bien plus aisément (pic ne le taisaient les vannes de la Verdière. Ces travaux rendirent l'air beaucoup moins insalubre; mais de cet état cà une salubrité complète , il \ avait bien loin ; aussi les maladies continuèrent-elles, bien qu'avec moins d'in- tensité. Cependant nous voyons dans un mémoire déposé aux archives de la mairie, nous voyons , dis-je , (pie Un lièvres faisaient encore en 1774 de tels ravages en temps de la canicule , (pie le projet d'abandonner les casernes v est sérieusement discuté, ainsi (pie celui d'en construire d'autres dans la passe Saint-Nicolas. Ces projets sont combattus par l'auteur du mémoire. Des sommes assez fortes turent alors destinées par le gouvernement pour la translation des casernes. 11 arrivait très souvent (pie le nombre des malades dans les casernes était si considérable , qu'on était obligé de les l'aire évacuer et qu'alors on logeait les soldats dans les maisons qui avoisinaient le port, là , bien qu'ils y lussent accumules dans des chambres peu spacieuses , et que les cireonstanees hygiéniques fussent en apparence moins favorables , cependant la maladie cessait de sévir BUT eux. Nous verrous < Ty C3 > ES. 5" g > o c- a> 3 n S 2 o 3 n n ~ } H = h 1840 116 125 170 184 101 108 107 83 7!) 110 111 108 1410 1841 156 121 181 126 134 110 150 107 1 i6 234 117 21 1929 1842 '.)l 7(1 51) 77 75 83 446 800 328 311 159 133 2583 1843 222 155 200 240 172 80 117 253 310 149 143 95 2141 1844 76 80 55 100 72 97 231 m 72 124 3.'. 51 1097 1845 55 57 62 51 38 28 34 33 45 84 55 51 ■-: 1846 5iS 53 49 38 44 52 78 102 189 110 60 44 809 1847 40 63 44 82 00 64 00 119 100 49 63 50 803 1848 48 87? 35 759 42 859 75 973 93 87 124 1S3 206 98 81 85 1139 789 717 135 1927 2188 1275 825 038 12553 11 résulte de ce tableau que la somme des entrées pendant les quatre mois de chaleur, juillet , août, sep- tembre et octobre , mois pendant lesquels se montrent les lièvres presqu'à l'exclusion de toute autre maladie , est é^ale à la somme des huit autres mois et qu'elle les surpasse même de 911. Les mois d'août et septembre représentent à eux deux environ le tiers des entrées totales ; il est donc impossible de nier L'influence très-marquée d'une cause morbide toujours la même , produisant une véritable maladie endémique, sévissanl , à peu près ious avons démontré par des témoignages nombreux et authentiques et par des chiffres irrécusables que , tous les ans , l'époque de la canicule est l'époque où appa- raissent, en grand nombre, les fièvres intermittentes. L'effectif de l'hôpital militaire augmente alors dans de très - fortes proportions ; les registres de l'hôpital et les renseignements pris près des autorités militaires sont là pour l'attester , et notre expérience personnelle, depuis vingt et quelques années , ne nous laisse pas de doute sur cette fâcheuse et constante influence. De ce que nous venons de dire nous croyons devoir tirer les conclusions suivantes : La Rochelle est entourée (h* terrains marécageux qui vont en se desséchant de plus eu plus , et sont arrivés aujourd'hui a n'exercer qu'une influence très-peu délé- tère sur la population ; (pie la salubrité s'est accrue successivement par les différents travaux d'assainisse- ment entrepris; qu'il ne règne plus à la Rochelle de pote ni d'épidémies meurtrières . comme celles qui 60 décimaient la population aux W, XVI e , Wll" et même XVIII e siècles ; que des fièvres endémiques ont exercé jusqu'en ees derniers temps leurs ravages sur les quartiers qui avoisinent les fossés , et particulièrement sur les casernes de la porte Dauphine. 11 nous reste à signaler et à prouver quelles étaient les causes qui produisaient ces lièvres , et à entretenir le lecteur des moyens par lesquels on les a fait disparaître : c'est ce qui fera la seconde partie de ce mémoire. II e PARTIE. De l'étiologie des fièvres intermittentes en général , et en parti- culier de celles qui étaient endémiques à la Rochelle. Des moyens proposés et employés avec succès pour combattre les causes signalées. La recherche de ces causes nous conduit à faire tout d'ahord la description des lieux qui, bien qu'ils soient connus de la plupart de nos lecteurs , exigent cependant d'être examinés maintenant avec soin. (Voyez le plan ci- joint.) La partie des fossés qui entourent la ville, qu'il est le plus utile de connaître pour nous , est celle qui s'étend de la porte des Deux-Moulins , c'est-à-dire de la mer, au Gl Cavalier construit à L'extrémité ouesl de la caserne A. C'est à ce point là que Le fosse se bifurque de manière à fournir deux branches; la première, à direction à-peu-près droite, est Le canal qui apporte les eaux de Lafond; la seconde, qui se contourne en formant un angle droit avec la première , est le fossé nord de la ville ; celui-ci ne contient de l'eau que jusqu'à la porte Dauphine ; dans ce court trajet , pendant lequel il baigne le pied des remparts adossés aux casernes, il reçoit un égoût de la rue Porte-Dauphine, les eaux chaudes de la machine à vapeur de la filature et les matières provenant des latrines des deux casernes. L'écluse bâtie à la porte des Deux-Moulins permet de vider les fossés à mer basse et de les remplir lorsque la mer est haute. Après avoir indiqué les deux points extrêmes des fossés , signalons les canaux qui en partent et ceux qui y affluent. In seul canal , celui de la Verdière, peut rapporter, en outre de l'écluse des Deux-Moulins, les eaux des fossés à la mer ; il débouche dans le port et peut être considéré comme canal propre à faire des chasses pour entraîner les vases qui tendent à le remplir. A la porte Neuve Le fossé reçoit les eaux et immondices de la rue du même nom. l'ius loin , aux deux angles de la place , il reçoit deux égofits ; le premier provienl de L'hôpital militaire et des rues adjacentes , le deuxième vient de la rue Rambaud et autres cireonvoisines. De là à sa bifurcation se trouve encore un dernier écoùl venant 63 de la rue Danphine et de la place qui est devant la façade des casernes. Si nous examinons de quoi se compose le liquide qui est reçu dans la partie des fossés qui s'étend de la porte Danphine à la porte des Deux-Moulins , nous voyons qu'il est formé : 1° D'une quantité d'eau de mer , qui peut représenter les 4/5 e de la masse totale. On pourrait savoir la quantité précise , en analysant l'eau de mer et l'eau des fossés ; les quantités relatives des sels indiqueraient suffisamment l'état du mélange.) Cette eau de mer est renouvelée seulement lors des grandes marées , par le moyen d'une écluse qui ne permet, vu son étroitesse , le renouvellement complet que dans l'espace de plusieurs jours ; ce qui , joint à la même durée de temps pour que les eaux puissent vs'écouler, fait que les vases sont à découvert pendant plusieurs heures et exhalent , pendant ce temps , une odeur d'oeufs pourris. Pour éviter cet inconvénient, on ne vide qu'incomplètement les fossés et on ne renouvelle qu'une partie des eaux. L'opération est sans doute moins désagréable et moins dangereuse que si on les vidait tota- lement , mais elle n'en présente pas moins l'inconvénient d'un dégagement considérable de gaz et celui d'un écou- lement imparfait des eaux; en effet, les plus insalubres qui sont à l'autre extrémité des fossés , sont évidemment les dernières à s'écouler , et on ne leur donne pas le temps de le faire; ce sont donc les eaux dont on devrait le plus promptement se débarrasser qui restent le plus longtemps. 63 2° Des eaux douces pro\enan1 des fossés de Lafond qui ont servi à laver toutes les lessives de la ville; elles sonl alimentées par une source qui jaillit dans la maison de M. Gibert et parles pluies qui tombent sur les villages de Lagord, Puilboreauet Cognehors, dont la pente naturelle représente à Lafond la tonne d'un entonnoir. Le renou- vellement de ees eau\ se t'ait continuellement en hiver et l'été seulement quand il survient de grandes pluies. Dans cette dernière saison , la plupart des petits fossés et le soi marécageux du village de Lafond restent à sec, le fossé principal a même une partie de ses bords également desséchée. Celte circonstance de la grande baisse des eaux de Lafond pendant toute la saison chaude, est très-impor- tante à noter, car c'est l'époque où les fièvres sont endé- miques. On conçoit que plus il va de terrains naturellement mouillés mis à sec , plus il y a de surface d'où l'exha- lation des miasmes peut s'opérer : ajoutons que c'est a cette époque aussi que se font les curage et recalage des fossés, opération qui a pour conséquence le remuement des \ases boueuses qui restent exposées à l'air et au soleil, où elles fournissent de nombreuses décompositions* >ous reviendrons sur ces deux circonstances. Ces eaux , qui ont toujours séjourné un temps assez- long dans ces fossés marécageux , sont saturées de sels lixiviels et de nombreuses matières animales et végétales que les pluies entraînent avec elles ou qui y naissent et s'y développent naturellement ; elles reçoivent la décharge d'une fabrique de crème de tartre et de toutes les maisons du bourg de Lafond; ces eaux impures vont se mêlera 64 l'eau do mer dont nous avons déjà parlé , chargée elle- même de fucus et d'algues de toutes espèces , et rappro- chée par l'évaporation. 3° Des égoùts nombreux, venant delà ville, apportent leur contingent de matières animales et végétales ; les latrines des casernes y aboutissent, et un courant conti- nuel d'eau chaude , provenant d'une chaudière à vapeur, vient ajouter à la masse et à l'insalubrité du mélange. Avec de pareils éléments peut-on croire qu'il ne s'opère pas des compositions et des décompositions nouvelles ? Peut-on supposer que ce mélange de l'eau de mer , des eaux douces et impures , et des nombreuses matières organiques , puisse rester exposé longtemps aux ardeurs du soleil , dans un espace aussi resserré que celui que présentent les fossés des remparts , sans éprouver une fermentation , une sorte de travail qui donne naissance à des miasmes et à des gaz très-délétères ? Non , aucune personne , même parmi celles qui sont étrangères aux sciences phvsiques et chimiques, ne mettra en doute les résultats fâcheux qu'il doit produire et qu'il produit d'une manière malheureusement trop réelle. En veut-on des preuves matérielles et faciles à acquérir? Qu'on descende en été dans les fossés et qu'on s'arrête un instant au bord de l'eau , on voit à chaque instant de petites bulles de gaz qui se dégageât. Ce phénomène est si sensible aux points où les égoùts arrivent aux fossés et où l'eau de mer se mêle à l'eau douce , qu'on dirait un vrai bouillonnement et que des quantités très-notables de 65 gaz peuvent y être recueillies en peu de temps, ainsi que j'ai pu le faire. Si, de ce fait patent , matériel , nous passons à des expé- riences scientifiques , nous pourrons avec elles prendre la nature sur le fait et voir se produire les décompositions qui , selon toute apparence , sont la cause, efficiente des maladies endémiques que nous étudions. Désireux de connaître les réactions chimiques qui s'opèrent par le mélange des eaux douces et des eaux de nier, et guidé en cela par les travaux de MM. Sav i et Daniel] , je priai un pharmacien de notre ville de me prêter son concours pour suivre les expériences que je voulais tenter. V cel effet, le 28 octobre 184i , à deux heures après midi , nous fûmes prendre de l'eau : 1° A la source qui alimente les fontaines de la ville et celle qui, sortant de la maison de M. Wilkens , va se perdre et alimenter les fossés de l.afond; 2° A la partie inférieure du canal de l.afond , c'est-à- dire l'eau qui , après avoir ser\i au lavage du lin-,' dr presque toute la ville, arrive aux fossés des remparts , chargée de matières végétales et animales : 3° Devant le Cavalier, c'est-à-dire au point de jonction des eaux douces et des eaux provenant des parties OUesl et nord des fossés des remparts : i" Dans les loss.s a l'écluse des Deux-Moulins ; .'»" Dans le port. Partoul où nous prîmes de l'eau, partout aussi nous ramassâmes de la vase ou de la houe, et des substur.r. s végétal* s qui 3 ''i-ni ni flottantes. 66 Le lendemain , 2 ( J , nous disposâmes trois flacons (l'une capacité de quatre litres. Dans chacun d'eux nous mîmes une quantité égale d'eau, trois litres. Le n° 1 était rempli aux deux tiers d'eau douce puisée près de l'écluse de Lafond. J'avais eu soin d'y mettre des conïen es prises à la surface et de la \ ase recueillie au fond du fossé. Le n° 2 contenait une quantité égale d'eau de mer, d'algues marines et de vase. Le n° 3 contenait un mélange , par parties égales , des substances contenues dans les deux premiers. Ces trois (laçons furent déposés sur une table dans une chambre exposée au midi. La température était de 26 à 30 degrés. Je suspendis dans l'ouverture du goulot de chaque flacon un morceau de papier trempé dans une solution saturnine. Celui qui était dans le troisième ne tarda pas à se noircir et à indiquer d'une manière certaine le dégagement de l'hydrogène sulfuré ; nul doute qu'une, réaction s'opérait dans le mélange et avec elle la produc- tion des gaz et des miasmes susceptibles de donner la fièvre. Les liquides des deux, autres flacons restèrent beaucoup plus longtemps sans se décomposer, et le papier de plomb resta longtemps à se colorer très-légèrement en noir. Je ne mets pas en doute qu'on puisse produire à volonté la fièvre chez des individus qui se soumettraient à respirer l'atmosphère d'une chambre où seraienl placées plusieurs terrines remplies du mélange (pie contiennent nos fossés. Ce qui se passe à Laleu , village situé prés de la mer, \ienl à l'appui de mitre opinion. Les habitants, qui vivenl T auplie. Le sol des environs de cette ville est situé presqu'au niveau de la mer , il est d'une nature argileuse. (Journal de médecine militaire , t. 40, p. 1 , Gassaud, 1832.) Nos campagnes de Morée n'ont laissé aucun doute dans l'esprit de tous nos médecins militaires sur l'influence fâcheuse des émanations des marais , de ceux surtout qui ont des rapports continus ou momen- tanés avec la mer. Si , sans abandonner la Méditerranée , nous passons sur la côte nord d'Afrique, nous verrons les fièvres dues à la 73 malaria ûgurer presque seules dans nos hôpitaux d Al- gérie où elles enlèvent , pendant la saison épidémique , inic quantité de malades trois t'ois plus considérable que dans d'autres saisons. I i\or , Compte-rendu dn service nu dirai d< l'hôpital militaire de Blidalh.J (Test dans les archives de la médecine militaire qu'il nous importe d'aller puiser nos renseignements, Depuis 1830 , le zèle de tous les officiers de santé de L'armée d'Afrique n'a fait défaut dans aucune circonstance, et malgré les fatigues et les nombreux travaux qui les accablent , ils ont trouvé le moyen de faire la topo- graphie de toutes les localités que nous y occupons ; ils ont signalé la fréquence et la nature des maladies qui y régnent , ils out apprécié les causes et indiqué les mesures hygiéniques à employer pour les com- battre. Tous sont unanimes pour attribuer les fièvres intermittentes ou continues aux miasmes qui se dégagent des marais ; or on sait que ceux-ci ont encore des communications avec la mer, ou bien en ont eu à une époque antérieure , de manière à avoir conservé les mêmes sels que ceux qui se trouvent dans la mer. Si l'on veut se convaincre de l'influence pernicieuse des effluves marécageuses , on consultera avec fruit dans le journal de médecine et de chirurgie militaire : 1" Le rapport de MM\ Antonini , médecin eu chef de l'armée d'Afrique , et Monard frères, sur les maladies d'Alger, en is:îl t. 33 , p. 203 : en 1832 et 1833 . t. 35. p. .') : 2° Le mémoire de M. Lacauchie, " \u sud d'Oran est un grand lac sale dont les émana- lions semblent causer les fièvres. Le climat est sain, saul cette circonstance, (li erre, t. 36 , p. 140.) 6° Le même marais a forcé à lever le camp de Brédii , très-insalubre. Soi CEYLBB , t. 52 . p. 19. — Maillot , t. 33, p. 150. — Recherches sur les fièvres du nord de l'Afrique.) 7" Blidah est sit uée au nord des marais d'Oued-Lalague, rs le chiffre des malades a considérablement diminué. Cette mesure hygié- nique, qui a en de si heureux résultats, ne prouve-t- elle pas incontestablement que la science a su deviner juste? ne démontre-t-elle pas, de manière péremptoire, que l'insalubrité des casernes tient a la eause que nous signalons et que l'intensité de cette cause axant été diminuée , le nombre des malades et l'intensité des maladies ont suivi la même proportion décroissante ? Enfin ne doit -on pas en tirer la conséquence qu'en insistant sur les moyens d'assainissement , on ferait disparaître en entier l'insalubrité de la partie de la ville baignée par les fossés ? delà n'est pas douteux ni pour ■vous ni pour moi et ne saurait l'être pour tout homme instruit , qui étudiera sérieusement la question. Quels sont les moyens d'assainissement ? ils sont très- simples et se réduisent à empêcher le mélange des eaux douces du marais de Lafond et des eaux de mer. Pour arriver à ce résultat , deux voies sont ouvertes : la pre- mière , qui me parait la plus simple et la moins coûteuse , serait de vider les fossés , d'empêcher les eaux de mer d'\ pénétrer , d'y creuser une omette pour l'écoulement des eaux du marais de Lafond et des égoùts de la ville , et de laisser le reste se couvrir de végétation. Celle opération ne se ferait qu'à la fin de l'automne ou au commencement de l'hiver, pour éviter la mauvaise influence des \ascs mises a découvert. ()n ne devrait s'arrêter à ce moyen, qu'autant que la défense de la 98 place n'aurait pas ù en souffrir et que l'on pourrail se passer delà chasse de la Ycrdière pour le desenvasement du port. Je laisse aux hommes spéciaux à décider ces questions, en leur faisant remarquer que devant des intérêts si grands de salubrité , on pourrait faire fléchir des intérêts d'une défense, sans doute très-éloignée , ou ceux du port qu'on peut entretenir par d'autres moyens. Si cependant il était impossible de renoncer au maintien de l'eau de mer dans les fossés , il faudrait alors empêcher les eaux douces de Lafond d'y entrer et pour cela il serait uécessaire de continuer à creuser un fossé , qui conduirait directement ces eaux douces à la mer ou à une petite écluse qui les verserait dans les fossés , mais tout près de l'écluse des Deux-Moulins , de manière à ce qu'elles pussent s'écouler successivement par ces deux écluses, sans se mêler aux eaux des fossés. Ce travail , déjà à moitié exécuté , ne saurait être très- coùteux. Nous en avions demandé l'exécution dans un mémoire que nous remimes à la mairie en 1844. Depuis lors, ce travail n'a pu être achevé; j'attire toute l'attention du Conseil de salubrité sur la nécessité de son achè- vement. Ce sera sans doute aux frais du ministère de la guerre que cette opération continuera à s'exécuter. S'il ne devait pas être ici question exclusivement d'h\ - giène , nous signalerions les avantages qu'il y aurait , soit au point de vue statistique, soit au point de vue d'une foule d'autres intérêts , à faire communiquer la porte Neuve avec la porte des Deux-Moulins par un pont 0<> jeté sur L'écluse projetée; mais désireux de rester dans les attributions du Conseil, je n'insisterai pas suc ce point. Je désire que les recherches auxquelles je me suis livre portent dans l'esprit des autres une conviction aussi pro- fonde qu'elle Test dans le mien. Au point de vue de L'humanité , comme à celui de l'éco- nomie , le ministère de la guerre ne saurait reculer devant la dépense qu'exigera la terminaison du canal , dont Le plan , que je dois à l'obligeance de M. Bonniot , conduc- teur des ponts-et-chaussées , est joint à ce mémoire. J'ai dit au point de vue de L'économie , car c'en serait une que de diminuer de moitié ou des deux tiers les journées d'hôpital. Or, que le ministre de la guerre tasse faire par le Conseil de santé , qui possède les rapports mensuels des officiers de santé de L'hôpital militaire , le relevé des journées de malades , et il acquerra facilement la preuve que la mesure proposée, si elle doit être efficace , ce dont on ne saurait douter , sera une véritable économie ; d'autant que ce qu'il reste à faire du fossé ne présente aucune difficulté; le terrain est une vase argileuse-, il est déjà creuse , mais sa largeur est cinq à six fois trop grande ; il ne s'agit , à vrai dire , que de le diminuer. I.n jetant les veux sur le plan ci-joint , on verra que les lignes rouges , qui indiquent les projets , ne sont tracées que dans des lieux teintés en bleu, ce qui indique qu'ils sont déjà occupes par les eaux. Partout OÙ de pareils travaux ont été entrepris , la salubrité de L'air en a été la conséquence. Ici même L'expérience esl en voie d'exécution et les résultats les 100 plus satisfaisants ont été obtenus. Qu'on achève donc promptement l'œuvre entreprise. S'il fallait ajouter ici quelques exemples, nous citerions les travaux du même genre entrepris sur les marenunes de la Toscane. « Dans l'espace de trente ans , de 1814 à 1843 , la population de Grosseto est parvenue de 53,175 à 70,170 ; mais ce qu'il y a de curieux ou plutôt de surprenant, c'est que , com- parativement, aux autres provinces de Toscane , l'avan- tage réel des progrès de la population est pour la province maremmatique ; ainsi la circonscription de Florence donne 100,091 habitants d'augmentation, ou 31 pour 100; celle du territoire pisan , 99/208 , ou 39 2/5 pour 100 ; celle de Sienne , 23,470 , ou 20 1/4 pour 100 ; celle du territoire arétin , 44,810 , ou 23 1/2 pour 100 ; celle de la province de Grosseto comprend 23,004 ou 43 1/5 pour 100. (Cerrière, du climat de V Italie , p, 333.) >• Les travaux que nous indiquions comme nécessaires , indispensables, ont été, depuis, exécutés. Les eaux douces de Lafond ne se mêlent plus aux eaux salées des fossés ; elles ont été dirigées sur un autre fossé plus extérieur jusqu'au Pâté. ( Voir le plan ci-joint. ) D eût été sans doute préférable de les conduire droit à la mer , mais cela eût augmenté considérablement la dépense , à cause des travaux maritimes qu'il eût fallu faire. On a creusé une canette au fond des fossés et diminué beaucoup leur largeur de manière qu'une végétation active s'opère 1(11 aujourd'hui sur les bonis étendus et fangeux où régnait naguère un foyer pestilentiel. L'exécution de ces travaux a rendu la ville et surtout les casernes beaucoup plus saines, ce que prouve le tableau suivant, comparé à ceux que nous avons donnés plus baut. r a 5' *\ ^ > g g c > g S 5> o 5_ B 1h = -1 1849 79 55 103 83 121 115 95 118 123 97 05 39 1093 1850 61 45 il 85 89 64 39 3s M 34 31 25 599 1851 35 20 51 48 34 28 24 2!) 27 24 22 25 373 1 852 20 27 36 36 24 45 36 U.J 54 99 118 68 615 18 i3 ■il» 56 73 81 76 50 10 33 39 51 48 OJ 642 1854 41 43 61 50 63 53 72 1 1 54 49 1 1 51 62b 270 252 365 383 407 355 306 314 341 354 331 203 3947 On voit par ce tableau que la somme des entrées à l'hôpital pendant les quatre mois de chaleur, juillet, août , septembre , octobre , loin de dépasser la moitié. des entrées, comme cela arrivait et comme le démontre Le tableau placé à la page 57 , atteint juste le tiers des entrées totales de l'année. C'est donc un résultat très-favorable obtenu , il ne laisserait rien à désirer si les eaux des égoùts pouvaient être dirigées vers la mer plutôt que vers les fossés, ce qui empêcherait tout mélange stagnant d'eaux douces et d'eaux salées. La saison chaude, naguère la plus insalubre, deviendrait alors la plus salubre. 102 ! Tout ce qiu' l'on pouvait taire pour la salubrité a-t-il été fait ? nous n'hésitons pas à dire que les travaux principaux ont été exécutés ; cependant 'nous émettrons encore le vœu de voir placer une petite écluse au point où les eaux du Pâté communiquent avec celles des lusses. C'est le moyen d'isoler complètement les eaux douces des eaux de mer ; c'est le moyen , par conséquent , de compléter les mesures d'assainissement. Espérons que le génie militaire, auquel on doit de la reconnaissance pour les travaux exécutés , voudra achever son œuvre déjà si grandement et si utilement accomplie. Après la lecture de ce mémoire, je ne pense pas qu'il puisse rester dans l'esprit du lecteur le moindre doute sur la réalité et l'importance des résultats obtenus. L'assainissement de la ville s'est opéré au fur et à mesure que les travaux conseillés par l'hygiène se sont exécutés. La science médicale revendiquera, à juste titre, l'im- portance des conseils qu'elle a donnés en cette circons- tance. Elle mettra au nombre de ses axiomes les mieux démontrés , l'influence pernicieuse du mélange des eaux douces et salées , surtout lorsqu'elles restent stagnantes ; enfin elle pourra, en mille lieux différents, provoquer l'application des moyens qui ont , ici , si complètement réussi. 1? DEC 30 NATi II rilST< TABLE. Pages. Rapport fait à la Société des sciences naturelles sur ses travaux en 1854, par son secrétaire le docteur Sauvé 3 Discours prononcé sur la tombe de M. Fleuriau de Bellevue , par le docteur Sauvé il Discours prononcé à l'occasion de l'inauguration du buste de M. Fleuriau de Bellevue, par M. lilutel. . M Discours prononcé sur la tombe de M. Sostliènc lioutiron , par M RI u toi 23 Recherches sur la salubrité de l'air à la Rochelle, sur les moyens de l'augmenter et sur Pétiologie des fièvres paludéennes , par le docteur Sauvé :2.'> [m PARTIE. Avant-propos 25 Notions topographiques 27 Recherches historiques sur les épidémies qui ont régné à la Rochelle avant le siège de t(i-2S -2«> Depuis le siéjL r e jusqu'à ce jour 42 If PARTIE. De l'étiologie des fièvres intermittentes en général, et en particulier de celles qui étaient endémiques à la Rochelle et des moyens proposés et employés pour combattre le.- causes signalées 60 , i5H S EU M 17 DEC 30 NATURAL HISTORY. I ! 17 Dl NATURAL HISTORV. 7 . *r ACADÉMIE DE LA ROCHELLE. SECTION DES SCIENCES NATURELLES. ANNALES. 1855. li.t lUM III II! . rYPOGRAPHIE G. MARESCHAL, RUE DE L'ESCALE, 20. 1856. COMPTE-RENDU DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DES SGIENGES NATURELLES PENDANT L'ANNÉE 1855, Par le Secrétaire de la Société , le docteur Sauvé. Séance du 14 janvier 18{i0. Messieurs , Il est un devoir imposé chaque année à votre secrétaire dont je viens m'acquitter aujourd'hui , c'est celui de \<>us exposer brièvement les travaux dont vous vous êtes occupés pendant le cours de l'année qui vient de s'écouler. Bfa tâche , j'ai Le regret de le dire , ne sera pas longue, non que \<»us ayez été moins zélés on moins assidus aux séances, mais bien parce que vous avez fourni peu de travaux écrits à la Société. C'est une année de disette à laquelle va succéder , j'en ai l'espoir, une année d'abon- dance : la présence du Congrès scientifique de France dans notre ville va stimuler L'activité et ramour-propre de chacun de nous; l'ensemble de nos travaux j gagnera bien certainement. En is:> i j'avais commencé la lecture d'un mémoire sur L'hirudinicultore. L'étendue de cet écrit a rejeté sur l'année 1S.V> une partie de cette lecture : ne soyez donc pas surpris de voir que je commence tout d'abord par [n'occuper d'une œuvre qui m'est personnelle. Il oe m'appartient point d'en faire ni la critique ni l'éloge : je ne puis ici constater qu'une chose, c'est que l'attention que vous avez prêtée à mes lectures m'a été un sûr garant de votre bienveillance pour moi et de L'importance du sujet que je traitais. Cette importance m'a paru bien plus manifeste encore lorsque vous avez nommé une commis- sion pour L'examen de ce travail et pour visiter L'établis- sement que j'ai créé dans les environs de la Rochelle. Cette commission, composée de MM. Blutel, Savary, Brossard et Beltrémieux , s'est acquittée de sa mission . et son rapporteur , M. Savary , vous a fait et lu un rapport , où se trouvent énumérés tous les laits dont je vous ai entretenus et des éloges que ma modestie nie défend de rappeler ici. Chacun pourra, du reste, juger mon travail et les résultats auxquels je suis arrivé , puisque vous en avez voté L'impression dans vos Annales. Vos expériences de pisciculture n'ont pas cessé de vous occuper. J'avouerai cependant que vous les ayez laites bien moins activement cette année que Les années précé- dentes : la raison principale doit en être attribuée au peu .le ressources financières de la Société, pour qui . uéan- moins , il demeure acquis : l" que les chevrettes peuvent vivre, se multiplier et passer des hivers rigoureux dans des bassins analogues à ceux que nous avons l'ait creuser; '2" Que les huîtres peuvent également \ vivre, grossir, s \ multiplier et y acquérir la couleur verte. Ces résultats, obtenus et constatés pendant plusieurs années , vos expériences sur ces mollusques et ces crus- tacés se trouvent en quelque sorte complètes. C'est à l'industrie privée à en tirer parti et à exécuter en grand ce que nous avons l'ait en petit. Les conditions principales dans lesquelles devront être crées les établissements de ce genre sont les suivantes : 1" Les bassins, piscines ou réservoirs, devront être creusés de manière à ce qu'ils puissent se remplir à marée haute et ne pas se vider à marée descendante : des vannes seront disposées à cet effet ; 2° l.a vase étant l'obstale le plus sérieux que le piscul- teur ait a vaincre, il sera nécessaire que l'eau n'entre dans les bassins qu'après qu'elle aura été retenue pendant quelque temps immobile dans des fossés de ceinture ou dans de grands réservoirs analogues à ceux qu'on appelle jarres dans les marais salants; 3" Le voisinage de l'eau douce est indispensable ; d'abord, parce que l'eau de mer mélangée avec elle est plus propice au développement rapide des poissons , des mollusques et des crustacés , et qu'ensuite l été , où l'évaporation est très-active, la salure de l'eau devien- drai! trop considérable et sciait uuisible aux élèves. I h atisfaisanl à ces trois conditions fondamentales, le succès de L'entreprise est assuré. Il existe d'autres con- ditions de détail que les rapports de votre commission de pisciculture ont suffisamment indiquées ; au reste , L'expé- rience que \ous avez acquise est mise à la disposition de tous ceux qui voudront se livrer à l'industrie piscicole. C'est ainsi. Messieurs, que vous avez encouragé les tentatives que veut l'aire dans ce genre M. (ïarnier- Savatier. Ce pisciculteur , né dans notre département, à l'île d'Oleron , étudiait en même temps que nous les mêmes questions, et créait dans le Yar un établissement de pisci- culture. Se rappelant son pays natal et ses productions, il a dû penser aux bouchots et se demander s'il ne pourrait pas appliquer aux moules , qui y sont cultivées , les procédés de conservation qui permettraient de trans- porter au loin ces bivalves , dont la consommation est restreinte aux contrées limitrophes de la mer. M. Garnier n'a pas hésité à taire des expériences qui lui ont prouvé que cette conservation était possible. Il vous a soumis ses produits. Vous avez nommé une commission pour les examiner , après deux mois de conservation dans votre Musée , et vous vous êtes assurés , par le rapport de cette commission , que le succès avait couronné l'expérience. Vous avez encouragé scientifiquement l'industrie nou- velle à laquelle veut se livrer M. Garnier , industrie pour laquelle il crée en ce moment une société par actions. .Nous espérons, dans l'intérêt de nos populations côticrcs, qu'il réussira. Son intention est aussi d'élever un ou plusieurs étab&seaents de pisciculture : nous Yj encourageons de tno> nos rœui. car la production doit être en rapport a*ee la ion —liant . et il armera qn au moven de ces conserves cene-ei sera te nlup k e : fl fanî dont que - - - :i:.r i _-. • i ■ ; - :• r*. c. Tous area pensé a^ec raison qu'il j avak là une grande ge s t ion, qu il était de Totre deroir de 1 "étudier, et tous '-' ■ . : :— - "■ ": _ ur- -:.-.l".j. :•_-_ -. :-• ::- »; ■ --. à la disposition de rioTentear. C est en «ne, de sc en dant des - -: : '-'-■ ' '. - -; - - •■ > :• -■• : le bien-être et les richesses du paj s eni et des localités qni nons entoure Bien que I archéologie ne soit pas de vous n'en arez pas noins reçu avec un grand intérêt la eoauaomeatian qni vous a été faite par un de nos membres agrèges . M. Fraeneaa . euré de Mrarsae . de la découverte qu il a faite d'an vaste ni nnin dans la ervptr de Tégnse de sa commune. Cette crypte , qni règne sons tonte retendue , non "^""^ de régfise , nuis encore de fat sacristie, et qni a accès arec l'air ■ \-..-:. -':■'-' '-: " --' :.. i- :• - i- :i^- -- .—-.-.. :-. se drrêe en trois compartiments qni renferment des owtntj. rangés arec ordre, en c o u ch e s lupupontiu. M. Fraitgneau croit avoir rrmirqné que les trois subdi- visànns de rossnanre contiennent des ossements duièrents. selon : Tàse . de manière à ce que lune con- 1 autre des ossements de femmes et la troàâcme des oase- nu'iits d'entants. Une correspondance s'est établie entre M. lraigncau et la Société au sujet de sa communication. Vous avez reçu le plan de eette crypte, qui a été suivi du plan général de l'église de Meursac. Un de nos membres, M. Bonniot, l'a reproduit avec une netteté et une précision remarquables. Les recherches de M. Fraigneau n'ont pas été com- plètes; il doit les poursuivre et il nous a promis de nous tenir exactement au courant de ses découvertes. De cette communication de M. Fraigneau , je dois rapprocher celle que je vous ai faite de la découverte d'un vaste terrain dans lequel j'ai trouvé i, partout où j'ai fouillé , des ossements bumains. Ce terrain est situé à quelques kilomètres des bourgs de Marsilty, Lsnandes , Villedoux et Saint-Xandre , dans la plaine qui est au nord-ouest du village appelé le Jardinet, lequel n'est composé que do quel. pies maisons. Les squelettes , rangés à la suite les uns des autres , ne sont pas enterrés à plus de 66 centimètres. Chacun occupe une fosse spéciale, dont le fond ou plan horizontal est couvert de larges pierres plates ; les parois latérales sont aussi revêtues de pierres plates mises de ebamp et soutenant une petite voûte qui sert de paroi supérieure. Ce cimetière contient également des pierres creusées ; dans l'une d'elles étaient les ossements d'un enfant ; j'en ai fait apporter une : elle est déposée dans le vestibule de votre >lusée. Ce cimetière , car il n'est pas douteux que c'en soit un , a-t-il appartenu à l'une des communes que je viens de citer , ou plutôt indique-t-il que là ou dans son voisinage existait jadis, sur les bords de la mer, qui venait battre près de lui , une petite ville on un gros bourg, qui aurait été détruit? Il serait impossible de répondre a priori à une pareille question , qui offre un intérêt historique digne de fixer L'attention des archéo- logues, des numismates et des historiens. Nous confierons ce soin à la section littéraire de notre Académie. Vous vous êtes , comme d'habitude , beaucoup occupés d'augmenter votre Musée , et vous avez fait des acquisi- tions tant de mammifères que d'oiseaux et de poissons. \ ous avez fait aussi , dans ce but et dans celui de visiter les localités , nue excursion scientifique à la forêt de Benon. La liste de \os membres titulaires s'est augmentée de MM. Drouineau et Chevalier, qui a\aieut momentané- ment cessé de l'aire partie de la Société. In seul membre correspondant a été admis, c'est M. le docteur Clauzure, d'Ângoulême. En terminant cette rapide esquisse de vos travaux en 1855 , je dois dire que , si cette année a été assez pauvre en productions originales ducs aux membres titulaires, nos correspondants ne nous ont pas fait défaut : nous avons reçu des mémoires très-intéressants sur lesquels des rapports verbaux ont été faits par MM. Dubois , Bonniot, Drouineau, Sauvé, etc. Parmi nos correspon- dants les plus actifs, je me plais à signaler .MM. Desmou- lins et le docteur Desmartis. \ OUS n alterniez pas de moi , Messieurs, (pie je rappelle 10 ici toutes les discussions soulevées dans nos séances à l'occasion des faits les plus saillants qui se passent dans le monde, savant, et qui nous sont transmis par les journaux qui s' occultent des sciences ; ma tâche s'agran- dirait considérablement , car il ne parait pas de question nouvelle que vous ne l'agitiez : vous savez ainsi suivre la marche toujours croissante de la science et vous initier au mouvement intellectuel et scientifique de notre époque. La Rochelle, 14 janvier 1856. Le Secrétaire , SAUVÉ. D. M. p. EXPÉRIENCES ET ETUDES PHYSIOLOGIQUES SUR LES FONCTIONS ET SUR L'HYGIÈNE DES SANGSUES . Faites iuu.vi> et .'i'|.'. •■•iini.'' |.-'..' t.-.i.'«\ .llvX.lllC l'.\.>.->iu .'fin \ ^ Pi Q> C0UJ94 i>.-.\ u\ i.-a.h..- bEajucfàeà qtù (ouÀ heuù* txuot jvauUà]\ll. ..(.'.»■. <.|i(.ni I. . !.>.•! ii J. ) >\ iotXU V. dupiùeu lltlHlll .\i l..'r i-'t. m '? ' iuj< .. . .. ....u.'.. : i\. I . i • - 1 1 ic» uua .\ i><« .\.,.. M „ CCHtUxJ t H I i-i i aMI I If p\.tUMX.\ b«0 Ot couimuuicaXiou .'4.|.\V..\li,-|l ,.ul,.\|. uni uUulCu U .|iin .al -\ . .11 m. j. .i . m . i .. ni .\t ; < .-..(.-a . .xli.'n .- ..x n.'iui unie .-. nSkauOMÀ i.x li. in. Ot i -. v. .-.-. v.^ ( Occou&i .\i fiadoui .ou- K K l'uulïf JV loi.- 0&u ..l'.f a .\,,i.r...-> (soiftqu .-u .-.Mi ,\ nu i\\u.>lrt I I ,LSH EUM }7 DEC 30 NAÏURAL HI5T0RY. 13 faites en briques et en ciment , sont élevées de o mètre G6 mètres de bautenr el couronnées par des pierres de taille qui font saillie de o mètre <>'2 centimètres en dehors et de mètre 04 centimètres en dedans. Au centre de ce bassin j'ai l'ail disposer, entre quatre pierres de taille, un espace de mètre 33 centimètres carrés. De chacun des quatre angles de ce carré part une cloison en briques et ciment qui \aà la circonférence. D'où il résulte que mon bassin se trouve divisé en quatre grands compartiments, plus un cinquième qui est central et beaucoup plus petit . et qui joue pour les autres compar- timents le rôle de principal organe circulatoire. En effet , ce carré central communique à l'extérieur par sa faee supérieure , qui est à ciel ouvert ; à sa face inférieure se trouve un conduit en plomb , garni de toile métallique, qui peut servir à le vider. Au milieu de chacune de ses parois latérales se trouve un trou , garni d'un côté d'une toile métallique el de l'autre d'un tampon, de manière à ce que ce trou puisse être ouvert OU ferme à volonté. C'est par ces ouvertures que l'eau mise dans le compartiment central peut pénétrer dans un ou dans tous les compartiments de la circonférence. Ou comprend également que l'eau d'un seul ou de tous les compar- timents peut égalemenl être enlevée en la laissant refluer dans le bassin du centre qui, comme on le voit , sert tantôt a donner l'eau, tantôt à la recevoir : c'est , on peut le dire , le CŒUT des bassins. En outre de cette communication avee cette partie centrale, chaque compartiment est pourvu de deux I 1 tuyaux en plomb: l'un h sa face inférieure pour le vider complètement , l'autre à "25 centimètres «le sa face supé- rieure pour le vider par déplacement et pour y établir , si Ton veut , un courant de bas en haut. Pour ce faire , il suffit de verser l'eau au centre , elle pénètre par le trou de communication dont nous avons parlé , et cherchant à prendre son niveau , ses couches inférieures s'élèvent successivement pour s'écouler par le conduit supérieur , et elle peut se trouver ainsi complètement renouvelée sans qu'il se soit opéré de trouble ou de perturbation sensibles. La construction de notre bassin est des plus simples et réunit , nous le pensons , tous les avantages imaginables pour le mouvement des eaux dans chacun des compartiments. Voyons maintenant les autres dispo- sitions que nous y avons prises pour donner aux sangsues un milieu qui leur convint et où elles pussent , tout en restant captives , trouver tous les avantages qu'elles rencontrent dans les marais naturels. Au fond de chacun des quatre compartiments , j'ai fait mettre une couche de terre argileuse prise dans le marais, parfaitement préparée et épaisse de mètre 15 centimètres; aux deux angles extérieurs sont placées deux grosses mottines, enlevées à la surface d'un marais tourbeux. Ces mottines plongent à moitié dans l'eau, leur partie supérieure est couverte de carrex qui végètent parfaitement ; c'est au point qu'il faut réprimer quelque- fois leur végétation en les coupant avec des ciseaux. La partie immergée repose sur l'argile , la partie non immergée est toujours humide par capillarité , et sert 15 d'ilot où les sangsues viennent très-souvent se mettre hors de l'eau. C'est dans ces mottines qu'elles viennent déposer Leurs cocons. En outre de ces mottines ou gazons tourbeux , le tond des bassins sert d'appui à des végétaux aquatiques au nombre desquels je citerai les suivants : Cita ru vul (/(iris; (. h (ira h i s pi (la ; Lemma trisulca (lentille d'eau) ; Misnm plantago ; Hydrocharis morsus ranœ ; Nasturtium officinale ; Lysimachia numnvularia ; Potentilla replans ; .lundis ; Carrex ; Vymphœa , alha et lii/ca. Tous ces végétaux vivent parfaitement et donnent la vie et l'habitation à une foule de [utils insectes aqua- tiques. Ils servent de point d'appui cl peut-être de nourriture aux sangsues, cl ils ont en outre le grand avantage d'empêcher l'eau de se corrompre ; c'est au point que j'ai laissé l'eau pendant plus de trois ans sans y en ajouter, l'eau de pluie compensant celle qui se perdait par évaporation. Toutefois, si les chaleurs étaienl trop prolongées ou les pluies trop abondantes , rien ne sérail plus aisé que de maintenir li' niveau d'eau constant. Voulant «pie mes sangsues puissent jouir de la libre circulation de 1 air et de la Lumière , condition très- essentielle à leur bonne santé , je recouvre mes bassins avec des toiles métalliques à larges mailles, qui n'ont pour objet que d'empêcher les corps étrangers de tomber dans les bassins , car pour éviter que ces sangsues ne sortent des bassins , j'ai recours à un procédé très-simple : j'ai fait garnir les bords d'uuc bande de tôle plombée qui dépasse les bords de mètre 03 centimètres , et présente des dentelures recourbées à angle droit ; ces dispositions sont tellement efficaces que pas une seule sangsue ne peut sortir. Mes quatre bassins, bien que réunis en un seul . sont complètement indépendants ; je puis tenir l'eau à des hauteurs variées dans les uns et dans les autres ; aussi puis- je m'} livrer à toutes les expériences désirables. ('/est grâce à eux que j'ai pu répéter toutes les expé- riences faites par ceux qui se sont occupés de ces questions, c'est avec eux aussi que j'ai pu tenter toutes celles qui me sont propres. En résumé , voici les avantages qu'ils me présentent : 1° Facilité on ne peut plus grande de manœuvres , tant pour la conservation que pou. la manipulation qu'exige le commerce ou l'éducation ; 2° Réuniou de toutes les conditions hygiéniques (pie trouvent les sangsues dans les marais naturels ; 3° Absence complète de toutes les causes de destruc- tion qui s'y rencontrent , car elles se trouvent là à l'abri de tous leurs ennemis ; 4° Dispositions on ne peut plus favorables pour la 17 reproduction ; aucun dos cocons qu'elles déposent dans la tourbe n'étant exposé à être submergé , desséché ou mangé ; 5° Facïïité de faire maigrir rapidement les sangsues gorgées, en renouvelant journellement l'eau de bas en haut; renouvellement qui s'opère, comme nous l'avons dit , le plus facilement du monde . Je ne sache [tas qu'avant moi aucun bassin ait présenté des avantages aussi nombreux et qui ne laissent , je puis le dire avec assurance , rien à désirer. L'étendue que je leur ai donnée a été circonscrite par la grandeur de ma cour , mais on conçoit que rien n'empêcherait de leur donner tel développement qu'on le désirerait. Je ne mets pas en doute qu'un bassin ainsi disposé ne permette à tous les établissements de bienfaisance d'avoir sous la main un nombre de sangsues bien plus que suffisant pour leur service journalier , et cela sans qu'il leur en coûtât la moindre dépense, si ce n'est celle de la con- struction du réservoir. Ne voulant pas laisser cet objet , unique but de mes recherches, à l'état de simple supposition , j'ai voulu réaliser moi-même ce que je conseille à tout établissement hospitalier. Dans mi des compartiments de mes bassins , j'ai mis , pendant toute une année . les sangsues qui avaient servi auv malades de l'hôpital militaire de la Rochelle, el celles que plusieurs sociétés de secours mutuels avaient em- ployées aux besoins de leurs membres malades. Ces 18 sangsues y étaient déposées sans dégorgement préalable ot presque aucune d'elles n'a succombé. Dans un autre bassin , je mettias également des sang- sues gorgées sur les malades , mais avec la précaution d'opérer leur dégorgement dans du un rouge; je recom- mande ce procédé de dégorgement, il réussit très-bien. Je ne me suis pas aperçu que ces sangsues dégorgées fussent dans de meilleures conditions que celles qui ne l'avaient pas été , surtout au point de vue de la repro- duction. Mes m'ont en général donné moins de cocons que les premières, et la mortalité n'a pas paru moindre chez elles. J'ai acquis , par l'expérience , la certitude qu'il vaut mieux ne faire aucun dégorgement. Ces sang- sues, mises dans mes bassins, y ont donc parfaitement vécu ; elles ont , beaucoup d'entre elles du moins , donné des cocons qui sont venus à parfaite éclosion , et plus tard les sangsues ainsi conservées ont pu être remises en service. Mes bassins sont dans une cour exposée au nord et entourée de bâtiments très-hauts ; l'eau s'y échauffe peu , les sangsues y sont presque inactives , il leur faut près d'un an pour y digérer complètement. En parlant d'expé- riences que j'ai tentées dans des conditions opposées , on verra que la digestion est bien plus rapide lorsqu'elle s'exécute librement dans des marais exposés au soleil. Les petites sangsues provenant des cocons faits par les sangsues gorgées sur les malades sont tout aussi saines et tout aussi vives que les autres. Pour les prendre , il me suffit d'agiter l'eau dans le bassin où elles se trouvent el l'.t de jeter à la surface de l'eau quelques pièces d'étoffe de laine : elles viennent 3 adhérera la l'ace inférieure; je fais alors passer ces pièces de laine couvertes desangsues clans le bassin voisin et je les isole ainsi complètement. Quant aux grosses , elles peinent , après un temps qui varie entre six mois , si les conditions de digestion sont favorables, et un an si elles ne le sont pas, être rendues au commerce ou être employées à L'usage thérapeutique. Ces faits sont pour moi si positifs que je n'hésite pas à acheter les sangsues qui ont servi ou à prêter des sangsues avec L'obligation de me les rapporter ; j'y trouve un bénéfice réel, car j'estime plus, pour mettre dans mon marais , une sangsue gorgée que celle qui ne Test pas. II suflit d'énoncer de pareils faits, que L'expérience de plusieurs années est venue constater dune manière irré- cusable , pour regarder comme résolu le problème de soustraire tous les établissements hospitaliers à la dépense que leur occasionnent les sangsues. Si toutes les tentatives faites dansée but ont été jusqu'à ce jour à-peu-près infructueuses, cela tenait à ce qu'on n'avait pas , comme je l'ai fait, étudié parfaitement les conditions hygiéniques les plus propres a entretenir les sangsues dans un étal qui se rapproche le plus de celui delà nature. Je ne soumets les miennes a aucune mani- pulation : pas de dégorgement , pas de changement d'eau , les plantes de mes bassins sont chargées de la Voyez pour les soins à leur donner au titre . De in reproduction ■■taire de Pharmacie . t. vu . n" G. Décembre IîsôO. ■21 bassins, (jui peuvent s'établir partout suus beaucoup de Irais. farauds marais à sangsues naturels et artificiels. (près être arrivé à des résultats aussi avantageux sur une échelle aussi restreinte que celle sur laquelle j'opérais, je ne balançai pas à tinter l'élève des sangsues en grand , et j'affermai, en 1851 , un vaste marais contenant 70 hectares de superficie. Ce marais produisait naturellement des sangsues , mais la pèche acharnée que l'on \ faisait eu tous temps L'avait complètement épuisé, .le résolus de le repeupler, et, [tour y parvenir, je lis venir des sangsues de toutes provenances , d'Afrique , de Hongrie, de Syrie, de Géorgie, et enfin des sangsues indigènes, vertes , grises et interrompues ou bâtardes , turent achetées par moi ; j'en mis environ 100,000. J'établis au milieu des marais un logement pour un garde et lis mettre des barrages en planches à L'extrémité des fossés par où les sangsues auraient pu s'échapper. Toutes ces sangsues ont parfaitement vécu dans les marais ; elles y ont déposé des cocons dès La première année. M. de Quatrefages , qui était venu à la Rochelle l'aire des études anatomo-physiologiques sur desannélides de mer , put , eu visitant mon marais , constater que des sangsues de ions les pays j pullulaient el s'j étaient par- faitement acclimatées. Mais s«- des cocons , leur incubation 1 1 leur éclosion. M aidant , dans mes recherches . tantôl de l'observation directe de la nature , tantôl des expériences de mes prédécesseurs , tantôl el le plus souvent de celles que je répétais moi-même ou que j'inventais , je suis arrivé à les faire multiplier à L'infini. Je passe sur les détails anatomiques des organes sexuels : M. Moquin -Tandon les ayant parfaitement décrits , je n'aurais rien à ajouter qui ne soit connu. Les sangsues sont hermaphrodites, c'est un l'ait aujour- (I lnii bien reconnu ; niais ce qui est douteux encore , G'est de savoir si elles le sont toujours; si, dans leur jeunesse, elles ne sont pas ailles à remplir, seulement les fonctions de mâle , connue quelques auteurs l'ont pensé , et comme l'Académie de médecine elle-même l'a supposé. (Voyez sa séance du i avril 1848, da/is laquelle I' Ica- démie prie M. Remondet d'étudier ci Ile question, au Sénégal.) Je ne pense pas (pie l'opinion de l'auteur suédois , qui .i avancé «pie chaque hermaphrodite était mâle pendant une année et femelle pendant une autre , soit l'ondée. En effet, toutes les sangsues , sans exception , arrivées a l'âge adulte, posenl des cocons. Tous les ans , il me passe sous les yeux des centaines de mille de sangsues franches ou bâtardes, et je puis constater que toutes ont , au mois de juin ou de juillet au plus lard, les signes non équivoques d'être fécondées : L'organe femelle esl entoure d'un renlleinenl jaunâtre , extrêmement appa- rent . puisqu'il n'échappe a aucun des pécheurs . qui 40 reconnaissent eux-mêmes parfaitement que la sangsae est prête à déposer sou cocon. Ce renflemenl est également manifeste sur la sangsue officinale et médicale ; mais ces sangsues s enfonçant généralement en turc lorsqu'elles sont dans cet état , il est plus difficile de constater chez elles que toutes sans exception en sont pourvues, tes sangsues bâtardes , au contraire , se prenant dans des petits paquets de joncs, appelés bouchons par les pêcheurs, et dans lesquels elles se rendent pour j déposer leurs cocons , en sont toutes pourvues , ce qui prouve qu'elles sont alors toutes femelles. J'ai, en outre, souvent observé 1 "accouplement de deux sangsues , et je n'ai pas vu que 1 une d'elles fût petite et l'autre grosse. Les grosses sangsues , conservées dans l'argile depuis plus d'un an , ont donné des cocons féconds. Les sangsues, même petites, donnent des cocons , petits à la vérité, et ne contenant que quelques germes ; mais cela prouve que si elles jouent le rôle de mâle , elles jouent aussi celui de femelle. La disposition des organes génitaux et la position que prennent les sangsues pour se féconder réciproquement . prouvent qu'elles jouissent chacune des facultés du mâle et de la femelle ; en effet , pour que l'organe femelle de l'une soit en rapport avec l'organe mâle de l'autre et vice versa , on voit les deux sangsues se poser sur le coté , ayant la tète dirigée en sens opposé vers le ventre de l'autre , de manière à ce que les verges répondent exac- tement aux vulves. Il m'est souvent arrivé d'apercevoir Il au fond dos lusses deux sangsues dans cette attitude; elles étaient enroulées l'une autour de L'autre , dans la position que je viens de signaler. Les sangsues se reproduisent-elles seulement par le dépôt de cocons i ou bien peinent-elles ne déposer sim- pleinent que des oeufs nus , comme Pont observé Berg-! mann , illustre savant suédois, et plus près de nous, M. GuérJD de Lézé, de la Haute-Vienne , et M. t'orniond , dans les bassins de l'hôpital de la Salpctriere ? J'avoue qu'en présence de détails si circonstanciés que donne M. Formond , j'ai cru longtemps que ce double moyen de reproduction était possible ; mais ayant voulu observer par moi-même , je n'ai jamais été' asso/. heureux pour rencontrer ces œufs nus. J'ai bien, il est vrai, rencontré souvent de petits cocons dans lesquels la partie spongieuse manquait entièrement , soit qu'ils provinssent de sangsues très-petites, soit que l'eau les axant atteintes aussitôt la ponte , la partie spongieuse n'avait pas eu le temps de s'organiser et s'était dissoute. Je présume que rerreur dans laquelle sont , selon moi , les observateurs que je réfute, tient a cette seule cause; en effet, voici la description que donne M. Eormond : Les œufs des sang- sues ont eu général une l'orme elliptique , aplatie par » la l'ace qui tient à la plante , bombée par la face op- posée... la surface bombée présente toujours deux petites ouvertures operculaires placées au\ deux points ■ posés du grand axe de L'ellipse... ces œufs sont formés par une matière membraneuse transparente, dune couleur jaunâtre plus mi moins brune, renfermant une 43 matière mucilagineusc , parfaitement liquide. ■ Cette description s'applique parfaitemenl à des cocons de petites sangsues qui ne seraient pas recouverts des aréoles de la partie spongieuse. Mille fois il m'est arrivé de conserver dans des pots de grès des sangsues qui étaient prêtes à déposer leurs cocons. Pour faciliter ce dépôt je mettais au-dessus de la surface de l'eau des masses de chara soutenues par des petits morceaux de bois en croix ; les sangsues mon- taient dans ces végétaux et y déposaient leurs cocons. Très-souvent, j'ai trouvé dans les parties les plus rap- prochées de l'eau, de ces cocons complètement nus, mais je me suis bien gardé de les considérer comme des œufs différents des cocons spongieux , auxquels ils ressemblent à cela près de la matière spuneusc qui s'est dissoute. Il n'y a donc pas là d'anomalie , ou plutôt elle n'est qu'ap- parente. Je ne m'arrête pas à la description anatomique des cocons ; ils ont été décrits déjà tant de fois que je puis passer outre et m'occuper seulement de ce qui se rat- tache à leur dépôt et à leur éclosion. Vers le milieu du mois de juin , presque toutes les sang- sues, en âge de se reproduire, disparaissent ; c'est en vain que l'on agite l'eau du marais , elles restent enfoncées dans la terre et sont toutes occupées de rechercher un lieu convenable pour y déposer leur cocon. Ce dépôt a lieu surtout dans les mois de juillet et août, et se prolonge jusqu'en septembre et octobre pour les plus grosses , qui font plusieurs cocons. 13 La majeure partie des sangsues oe posent qu'un cocon; cependant celles qui onl été nourries el qui sont grosses en posent plusieurs. La grosseur du cocon esl en rapport avec l'âge et le développement delà sangsue ; plus celle-ci est grosse, forte et vigoureuse, mieux elle a été nourrie, plus le cocon est gros, plus il contient d'ovules. Les petites sangsues , provenant de ces gros cocons , ont aussi beau- coup plus de force et de \ igueur que celles qui pn>\ iennent des petits cocons déposés par déjeunes sangsues ou par des sangsues mal nourries. Le dépôt des cocons se fait presque toujours dans la terri' humide , à quelques centimètres au-dessus de la sur- face de la flottaison ; cependant , il se fait aussi dans des paquets de joncs ou de roseaux qu'on laisse Bottants , ou dans des petits tas d'herbes aquatiques coupées el laissées à la surface des marais ; dans ce cas encore le cocon est à quelques centimètres au-dessus de la partie mouillée. Pour que les cocons réussissent et viennent à parfaite éclosion , il faut un laps de temps qui varie beaucoup selon la température et le degré de sécheresse et d'humidité auquel ils sont exposés. En général, l'éclosion a lieu vers le 40 e jour; j'ai obtenu dans mes bocaux à expérience l'éclosion dès le 35 e jour : il est vrai que la tourbe , qui a la propriété de rester toujours humide par capillarité . a aussi celle de s'échauffer beaucoup au soleil et «pie cette double propriété la rend excessivement propre à bâter L'éclosion. D'un autre coté , l'éclosion peut être considérablement retardée , et j'ai trouvé souvent dans mes boites coconnières des petites sangsues M renfermées dans le cocon encore aux mois de janMcr et de février. Je dirai à ce sujet que si les circonstances atmos- phériques ne sont pas favorables à ce que les petites quittent Ifi cocon , elles \ restent. J'ai observe aussi qu'elles y attendaient souvent le moment de la crue de l'eau pour en sortir. Ce cocon est pour elles un lieu de refuge , m tes voit souvent en sortir et v rentrer. .l'eus l'idée , il v a plusieurs années , de mettre à profit toutes les petites expériences que j'avais faites dans mon cabinet sur les cocons. A cet effet , je lis construire de grandes caisses de 2 mètres 33 centimètres de longueur , de 80 centimètres de largeur et de 45 centimètres de bauteur. Ces caisses furent déposées dans la partie du marais le plus à la portée des gardiens; je fis creuser , à une dizaine de centimètres de profondeur, le terrain sur lequel je les fis placer , afin que leur fond , percé de petits trous , fût toujours baigné par l'eau ; je fis circon- scrire le lieu où elles étaient placées par un petit fossé et une petite digue , afin de pouvoir retenir les sangsues qui pourraient s'échapper des boites et de leur offrir un lieu où ailes pussent aller déposer leur cocon. Ces caisses, qui peuvent servir à la conservation des sangsues , furent construites surtout en vue de la reproduction; voici la disposition intérieure que je leur donnai : Une couche d'argile de 10 centimètres fut étendue sur toute la surface du fond de la caisse ; puis, divisant l'in- térieur en trois compartiments, je lis séparer celai du milieu des deux autres par de grosses mollines extraites à la surface d'un marais tourbeux et encore pourvues de 43 leur v ëgét&tibh , qui, depuis, à très-bien continué. L'espace mitoyen , limité par ces deux rangs de gazons . lut laissé libre et reçut plus tard l'eau nécessaire à l'humidité de la boité. Les deux autres compartiments furent remplis : 1" par une couché de tourbe fraîche en carreaux ; "2° par une autre couche de tourbe également fraîche j mais réduite en petits morceaux. Ces deux couches ont une épaisseur (]<■ lu centimètres chacune , reste 15 centimètres de \ide. Chacune de ces caisses , ainsi disposée , représente au centre un vide de 75 centimètres de Largeur : c'est l'imagé d'un fossé : au fond se trouve de L'argile, au- dessus se trouve de l'eau dans Laquelle végètent des cliara , des lentilles , du cresson , et qui ont pour mission d'empêcher l'eau de se corrompre. A droite et à gauche sont deux rangs de gazons tourbeux qui , trouvant l'humidité nécessaire, végètent parfaitement et présentent aux sangsues le sol habituel du marais. \u\ deux extré- mités de la boîte se trouvent les deux couches de tourbe toujours humides par capillarité; Les carreaux sont espacés de manière à et' que Lès sabgsues puissent déposer leurs cocons entre chacun d'eux , comme dans des galeries. L'eau ne doit jamais dépasser la partie intérieure de celte couche. Avec ces dispositions, mes caisses réunissent toutes les conditions de bien-être «pie les sangsues peuvent rechercher; bien que captives, elles n'en sont pas moins en plein air , au milieu d'un marais arliliciel où elles 4G trouvent , selon leur besoin , de l'eau qui ne se corrompt jamais , un fond argileux , de la tourbe toujours humide el daufi laquelle elles se ereusent facilement des galeries, enfin un gazon tout-à-fait analogue à celui du marais. Si l'une d'elles devient malade et meurt, elle vient succomber à la surface de l'argile où il est facile de l'apercevoir et de l'enlever. La meilleure preuve que le séjour qu'elles y trouvent leur convient parfaitement , c'est qu'elles s'y habituent promptement et qu'il est à peine nécessaire de les y retenir, les premiers jours, par un procédé très-simple , qui consiste à mettre sur les bords de la caisse une feuille de tôle plombée , qui fait une saillie intérieure de trois à quatre millimètres. L'angle droit que fait cette tôle avec les parois de la caisse est un obstacle suffisant pour les retenir. Les sangsues ainsi parquées déposent leurs cocons dans la tourbe, à quelques centimètres de la surface , puis elles se retirent dans l'argile , où elles trouvent plus d'eau et une température qui leur convient mieux. L'eau doit toujours être maintenue au même niveau , sans cela les cocons seraient exposés à être submergés ; j'obtiens ce résultat en maintenant un niveau permanent dans toutes les parties du marais. On conçoit que si les caisses étaient indépendantes de ce niveau général, on pourrait pratiquer à l'une des parois une oui erture garnie d'une toile métallique qui donnerait issue au trop-plein. Je puis sans crainte déposer trois à quatre mille sangsues dans chacune de ces caisses : toutes \ font un ou plusieurs 47 cocons qui s'y trouvent placés dans de très-bonnes con- ditions et à l'abri de tous les animaux et insectes qui en sont friands. Lorsque je suppose que toutes les sangsues ont fait leurs cocons, je puis les reprendre en péchant dans le compartiment central el les livrer au commerce après avoir <'ii le profit de la ponte. Si , au contraire , je veux les laisser aller au marais, j'enlève les plaques de tôle plombées etj'ôte les tampons qui bouchent des trous qui laissent communiquer les caisses avec l'eau des marais. Si je m'aperçois d'une mortalité trop forte dans la colonie , je fais enlever les couches de tourbe , avec les cocons , que je mets dans une autre caisse ; puis je \isite l'argile et j'enlève les sangsues qui me paraissent malades et celles qui sont mortes. Les cocons peuvent même être replacés et ne souffrent nullement de ce dérangement momentané. J'y joins même très-souvent des cocons trouvés dans le marais , que je suis ainsi bien aise de mettre à l'abri de toute atteinte ; et, chaque année, j'achète aux pécheurs de nos environs un nombre assez considérable de cocons que je place dans mes boites, où ils éclosent presque tous. Lu avantage qu'offrent mes caisses et que je ne dois pas taire est qu'elles n'exigent aucun soin. On 3 dépose les sangsues sans plus s'en occuper , si ce n'est au moment de les reprendre, ce qui est facile , si on \eiit les vendre ou leur permettre de s'échapper dans le marais. Quant aux cocons, on n'a pas à s'en occuper, les petites sang- sues naissent el se répandent à leur guise dans les diverses 48 parties de la caisse, et au printemps suivant on peut facilement leur donner lies soins dont je \ais maintenant entretenir le lecteur : Lorsqu'au mois d'avril la température s'élève assez pour que les petites sangsues se mettent en mouvement , je fais agiter l'eau dans la partie centrale de mes caisses et j'y plaee aussitôt une petite planchette chargée d'un caillot de sang de veau très-frais. Je recommence jour- nellement cette opération et au bout d'un certain temps j'ai à-peu-près gorgé toutes les sangsues. Cesgorgements sont faits et continués jusqu'aux premiers jours de juin ; à cette époque , je juge que mes petites sangsues , qui se trouvent Agées de huit à dix mois , sont en état d'entrer au marais. J'ouvre alors les trous dont sont pèfcéeS lès parties inférieures des parois de la boite, et mes petites sangsues peuvent facilement s'échapper et vivre comme toutes les autres : elles se trouvent assez fortes pour échapper à leurs ennemis. Abandonnent-elles trop diffici- lement la caisse , j'opère alors un déplacement d'eau de bas en haut en introduisant un tuyau de gouttière jusqu'au fond de la caisse , par lequel je verse de l'eau jusqu'à ce qu'elle déborde en entraînant avec elle toutes les sangsues. Les caisses, ainsi lavées et privées de leurs hôtes, peuvent immédiatement servir à recevoir des sangsues- mères, et l'opération recommence comme l'année précé- dente. L'usage de mes caisses donne plusieurs avantages : 1° celui d'y déposer des sangsues-mères au mois de juin 49 et de les avoir sous la main à la fin dé L'automne pour les vendre à un prix ordinairement supérieur à celui auquel on les a achetées; 2° d'avoir une quantité considérable de petites sangsues gui ne vous coùtenl rien , que \ froid , de l'électricité et dos animaux et insectes qui » les attaquent ; » Je procède à l'éducation des filets que je protège contre toutes les causes de destruction auxquelles ils sont exposés dans les marais où ils naissent habi- • tuellement , et , de plus , je les nourris avec des larves » d'insectes , des têtards , des grenouilles et même du » sang , et par là j'arrive à les développer très-prompto- » ment. Lorsqu'ils sont arrivés à un développement de >■ forces suffisantes , je les mets dans des marais , où » je règle la pèche de manière à ne la faire qu'à la fin » de l'automne ; j'évite de prendre les sangsues-vaches » et les petites , et je peux par ces moyens arriver à » une multiplication considérable. Ces procédés , sur •> lesquels je donnerai plus tard des détails circonstanciés, » pourront être imités , et cette industrie pourra se » perfectionner au point d'empêcher la France d'être . tributaire de l'étranger. » « P. S. Je fais connaître ce système à M. le docteur l.brad , de Bourg , par une lettre en date de ce jour. < 51 Ce billet, écrit il 3 a quatre ans, prouve de la manière la plus irrécusable que nos procédés nous appartiennent bien réellement. Si nous oe leur avons pas donné plus tôt la publicité , c'est que nous voulions être sûrs de leur efficacité. .Nous n'en axons, du reste, pas fait mystère , et toutes les personnes qui ont visité notre établissement oui itou de nous tous les renseignements qu'elles ont voulu nous demander. Notre but principal , dans toutes les recherches et les expériences que nous avons laites, a été un but scientifique, un bul philanthropique. Des ennemi* «les sangsues. 11 ne nous sullit pas d'avoir étudié jusqu'à ce moment tout ce qui convient aux sangsues; il faut aussi connaître ce qui peut leur être nuisible. Elles ont des ennemis qui les dévorenl , elles ont des maladies qui les t'ont périr ; on doit donc , dans tout bon système d'éducation de ces annélides , vivementse préoccuper des uns et des antres. Avanl de penser à combattre ses ennemis , il est bon de les connaître ; c'est ce que j'ai l'ait. Ne voulant pas m'en rapporter en cela qu'à des expériences directes laites par moi , j'en rapporterai ici ce que j'ai vu et non ce que j'ai lu. RAT D'EAU. — TOUS les auteurs qui ont écrit sur les sangsues ont signalé le rat d'eau comme très-meurtrier pour elles. Me fiant à l'opinion générale, je fais poursuivre à outrance ceux qui se présentent dans mon marais: le fusil , la pâte phosphorée , les engins d'osier mis dans 52 l'eau et les chats, réussissent à lesdétruire. Il m'est arrivé trente l'ois au moins d'ouvrir l'estomac des rats d'eau tues par l'un ou l'autre de ces moyens, et je n'\ ai jamais trouvé trace de sangsues. Le plus souvent et pour ne pas dire toujours , je n'y trouvais que des végétaux broyés et en pâte. Est-ce à dire qu'ils sont inoffensifs ? je suis loin d'en tirer cette conclusion, et j'agis contre eux connue un homme très-peu eon\ aincu de leur innocence ; d'autant plus que j'ai à les accuser d'un crime de lèse-sangsue, bien grand , celui de les dévorer pendant qu'elles sont encore dans les cocons. Je trouve en effet, très-souvent, des cocons ouverts et vides et je me doute fort que ce sont les rats et les musaraignes qui sont les coupables , d'autant plus qu'on voit sur ces cocons détruits les traces évidentes des dents des rongeurs. Les musaraignes, Sorcx fodiens , Sorex daubenfonii , sont pour le moins aussi dangereuses que les rats cl doivent être poursuivies avec le même soin ; on les a vues, dit-on , détruire des réservoirs entiers. (Je n'ai pas été à même de constater de pareils faits : les musaraignes étant très-rares dans mes marais.) Le hérisson est aussi un grand destructeur de sangsue ; le fait suivant le prouve de la manière la plus péremp- toire : un jour mon chien de chasse me rapporta un tout petit hérisson ; j'eus hâte aussitôt que j'en fus possesseur de le mettre en présence de sangsues ; il en dévora autant que je voulus lui en présenter; mes essais ne se prolon- gèrent pas , son repas m'eût coûté trop cher. Les canards. — A la tôle des [dus grands destructeurs 33 de sangsues, il faut placer le canard. On en jugera par l'expérience suivante : l'avais une ferme contenant un marais assez étendu produisant naturellement des sang- sues ; les [«triions de marais les plus voisines de la ferme étaient journellement fréquentées par les canards ; aussi était-il impossible a\ trouver des sangsues, lorsque plus loin on en trouvait abondamment à pêcher. Attribuant la disparition des sangsues à la présence des canards , je priai le fermier de se défaire immédiatement des soixante et quelques canards qu'il avait ; il me lit des objections, prétexta que les palmipèdes ne détruisaient pas les sang- sues. Je voulus le convaincre : je lui dis de prendre un de ses canards , et je le portai , lui présent , dans un fossé où j'avais beaucoup de petites sangsues. Ne voulant pas laisser échapper le canard je l'attachai par les deux ailes ; pendant que je faisais cette opération, arrive une sangsue qui est plus tôt aperçue par le canard que par nous, car nous eûmes à peine le temps de la voir passer dans le bec de l'oiseau : celle-ci est au même instant suivie de dix autres; au train dont il y allait, la centaine} eût passe en peu d'instants. Je jugeai, dans mes intérêts, que l'expérience était suffisante ; je tuai le canard et j'ouvris immédiatement après son gésier , OÙ je trouvai toutes mes sangsues déjà broyées et presque méconnaissables, tant est rapide la force de digestion de ce palmipède. Le fermier , convaincu , s'empressa de porter la preuve du délil à sa compagne , la fermière , et la mort des soixante canards lut à l'instant décrétée : ils furent vendus. au marché dès le lendemain. 54 De ce l'ait et de plusieurs (Mitres que je pourrais rapporter ici , il résulte pour moi la conviction que rien n'est plus nuisible aux sangsues que Les canards, et que le premier soin des éleveurs doit être de défendre l'accès de leurs marais et réservoirs à ces rapaces et gloutons volatiles. Ce que je viens de dire du canard domestique , je le dirai à plus forte raison du canard sauvage et des autres palmipèdes de ce genre. Aussi le fait rapporté par Puymaurin et consigné dans l'ouvrage de M. Moquin- Tandon me parait très-croyable , tout exagérée que puisse paraître la disparition en vingt-quatre heures de 200,000 sangsues dévorées par des bandes de canards sauvages , qui s'étaient abattus sur un marais peuplé par un paysan de Sologne. L'éleveur devra faire faire une guerre continue aux canards sauvages et éloigner de son voisinage les canards domestiques. La couRTiLLiÈiiE ou taupe-grillon est un insecte aussi très-redoutable pour l'éleveur. J'ai pu apprécier ce dont elle est capable : J'avais fait creuser un trou daus l'argile et je l'avais rempli de tourbe ; j'y avais mis 2,000 sangsues environ pour y déposer leurs cocons ; le plus grand nombre de ces sangsues disparurent sans doute en s' élevant par-dessus les bords du trou , mais les cocons qu'elles avaient déposés restèrent dans la tourbe. A la fin de l'automne, voulant savoir ce qu'étaient devenus ces cocons et les petites sangsues, je Fus fort surpris de ne pas en trouver autant que je le supposais. le trouvai plusieurs courtillières qui avaient établi leur domicile dans ce trou ; j'en pris une , je la mis dans un large flacon avec de la tourbe et des petites sangsues , el je me convainquis , par la disparition de celles-ci , que la Gourtillière en taisait bonne pâture. Il est difficile de les détruire ; voici pourtant les mo\ eus que Ton a conseillés pour 3 arriver. On peut les prendre : 1" dans des pots à parois très-lisses, remplis à moitié d'eau et enterrés; les courtillières qui y tombent ne peuvent plus s'en retirer ; '2° on peut les détruire en bêchant la terre ; 3° après la l'aueliaison leurs nids apparaissent à la surface de l'herbe : ce sont de petites taupières faites en terre battue et corroyée en rond; si on soulève l'espèce de calotte qui en résulte , on trouve les nuls et les petites courtillières et on les met dans un pot pour les détruire plus tard ; 4° vers le mois de juin , on peut touiller la terre dans le voisinage des jeunes plantes que leur état de souffrance indique comme attaquées par lacourtillière, ou détruit ainsi le nid et les œufs, qui sont d'un blanc jaunâtre et de la grosseur d'un grain de chénevis. L'aulastome, sangsue noire, sangsue de cheval, dévore , dit-on , avec avidité les petites sangsues. Cette, assertion n'est vraie qu'autant qu'elles sonl encore très-jeunes, car plus tard elles attaquent elles- mêmes l'aulastome et la font succomber. Ilcicli., Réper- toire di' pharmacie , 1. 1\ , p. '27'.\. J'ajouterai (pic j'ai très-souvent mis des aulastomes dans mes bocaux , dans mes baquets et même dans mes caisses ci je n ai pas pu les voir dévorer de [utiles sang mus. Je crois donc que cet ennemi est beaucoup moins dangereux qu'on n'a voulu le dire. L'azelle d'eau douce (Ascllus vuUjaris Geof, Oniscus aqua liens , etc.) M. Soubcyran a reconnu , par des observations et dis expériences répétées , que ce crustacé , analogue au cloporte, dévorait toutes les petites sangsues et il attribue à sa présence , dans les eaux de la Seine et dans les mares qui avoisinent Paris, l'insuccès de toutes les tentatives qu'on a faites pour y élever des sangsues. (Voyez Journal des Connaissances médicales , t. IV , 1850 , déc, p. 70.) En résumé , nous dirons qu'en ce qui regarde nos bassins en maçonneries , nous y avons réuni toutes les conditions hygiéniques propres à conserver les sangsues; qu'avec eux on peut , sans beaucoup de soins , utiliser toutes les sangsues qui ont servi à l'usage thérapeutique, soit qu'on les y ait placées après le dégorgement, soit qu'on les y ait mises sans dégorgement préalable ; qu'enfin , ils facilitent la fécondation, la pose des cocons et la nutrition des filets , et qu'avec eux tout établissement hospitalier pourra éviter en tout temps, ou du moins en grande partie , les dépenses occasionnées par l'emploi de ces annélides. Pour nos marais , nous avons suivi à-peu-près les mêmes errements que dans nos bassins : A. — Eaux stagnantes, \i\ifiées par une végétation acthe. B. — Niveau d'eau toujours constamment le même. C. — l'etils fossés intérieurs très - multipliés pour favoriser la pèche , d'une part , et pour donner des eaux profondes à côté de celles qui sont étendues en nappe sur le marais. D. _ petites digues très-multipliées qui facilitent la surveillance de chaque partie du marais, permettent de pécher sans se mouiller, et servent de lieu de repos pour les sangsues et de réceptacle pour les cocons. E. — Végétation permanente à la surface de tous les marais , de toutes les digues , grandes cl petites ; plantes marécageuses conservées avec beaucoup de soin dans les fossés. Y. — Divisions nombreuses qui permettent : 1° de nourrir dans les unes et de laisser jeûner dans les autres; 2° de séparer les sangsues selon leur espèce et leur grosseur. G. — Nutrition abondante donnée au moyen du sang chaud non dcfibrini- , du sang en caillot , enfin du sang pris aux veines mêmes de l'animal par l'annélide. Ces trois genres d'alimentation réussissent également bien et leur emploi successif donne des résultats aussi avantageux pour le dé\ eloppement des sangsues qu'économiques pour l'éleveur. II. — Le S caisses-marais permettent de parquer sur un espace très-réduit les sangsues prêtes à déposer leur cocon; ces sangsues peuvent être livrées au commerce aussitôt la ponte terminée ou bien être gardées captives dans ces caisses-magasins pour les ventes d lii\er. l.es cocons j sont déposés à l'abri «le tout danger de 58 pécheresse ou de submersion; ils s\ trouvent garantis contre les attaques de leurs ennemis. Les filets qu'ils produisent peuvent être nourris facile- ment, puis lâchés dans le marais lorsqu'ils ont la force de résister aux causes de destruction. I. — Notre procédé de pèche , grâce aux dispositions du marais, est si simple qu'une femme ou un enfant peut prendre des milliers de sangsues à l'heure saus se mouiller ni les pieds , ni les mains. J. — Beaucoup d'ennemis attaquent les sangsues dans les différents états par lesquels elles passent : nous en avons fait connaître un grand nombre et indiqué les moyens de les combattre. Notre système d'éducation est complet et les résultats que nous obtenons , et que la Société des sciences natu- relles de la Charente-Inférieure a vérifiés , prouvait surabondamment qu'il est bon, et qu'en le publiant et le vulgarisant on arrivera au but que nous nous étions proposé , celui de faire tomber à très-bas prix cet utile agent qu'emploie la médecine et de le mettre à la portée de tout le monde. La priorité de nos procédés ne saurait nous être con- testée , grâce au paquet cacheté que nous avions remis en dépôt à la Société d'encouragement le 7 juillet I8.V2. SAUVÉ, i). m. p. RAPPORT DE I v COMMISSION NOMMÉE PAR LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES NATDRELLBS DANS SA SÉANCE DO A JUIN , il l'effet d'examiner l'application faite par M. le docteur Sauve , de son système d'éducation des sangsues. La commission composée de A1M. Blutel , Brossard Beltrémieux., Sàvary, s'est transportée, à l'exception de M. Brossard, absent, dans L'établissement formé par M. le docteur Sauvé pour l'élève des sangsues. La commission , après avoir pris connaissance des moindres détails sur Lesquels M. Sauvé a bien voulu appeler son attention , résume ainsi l'opinion qu'elle sY>i formée : I.e choix de l'emplacement est cxtrciiicnt convenable ; un ancien marais salant , situe commune de Pérignj , près la Rochelle , et longeant le cours d'eau de la Bfoulinette, qui ne tarit jamais, a paru très-avantageus sous tous les rapports pour l'établissement de réservoirs 60 destinés à conserver les sangsues et à faciliter leur repro- duction. On sait que ces anciens marais consistent en des bas-fonds , assez étendus , sépares par de très-larges digues , appelées bosses. Chacun de ces bas-fonds a été divisé en plusieurs compartiments, au moyen de petits fossés et de petites digues , lesquelles permettent de traverser en divers endroits le bassin général , à l'effet d'exercer une surveillance suffisante et de faire la pèche avec facilité. Au moyen d'une vanne, placée en aval de la propriété, on pourrait élever l'eau assez pour inonder le marais ; mais cette vanne n'appartient pas à M. Sauvé : il a voulu s'en rendre indépendant au moyen d'une noria. Profitant des alternatives de hausse et de baisse des eaux , qui se ressentent du flux, et du reflux de la mer , il retire à volonté l'eau de ses bassins , à l'aide d'un petit conduit évacuateur. Nous avons été de suite à même de nous convaincre que ces bassins sont déjà remplis d'une multitude innom- brable de sangsues de tous les pays ; il y en a non seule- ment de France, mais d'Algérie, du Levant, de Hongrie, etc. ; il est évident qu'elles se reproduisent toutes par- faitement dans les conditions où elles sont placées , car nous avons vu des filets , des petites et des moyennes appartenant à toutes les variétés. Il est clair qu'on ne peut pas réunir en un seul point une aussi grande quantité de ces animaux , sans s'occuper de les nourrir. M. le docteur Sauvé en trouve le moyen à l'aide du voisinage de la \ille , lequel lui permet de faire 61 prendre du sang à l'abattoir. Ce sang sert à gorgcr les sangsues. Ce gorgemenl s'opère de la manière suivante : on va à la pèche tirs sangsues ; celles qu'on rapporte sont placées dans des baquets , puis dans des sacs , où Ton verse une certaine quantité de sang; les sangsues s'en abreuvent , se remplissent : alors on les rejette dans les bassins ; «m eu prend d'autres, et ainsi de suite , jusqu'à ce que toutes les sangsues aient passé par les baquets et par les sacs. Cette opération n'est pas aussi considérable qu'on le croirait d'abord , attendu que les sangsues se laissent prendre facilement : il sullit d'agiter l'eau un peu fortement, elles viennent en masse croyant qu'il s'agit d'une proie ; on les saisit alors , à l'aide d'une espèce de passoire à long manche. On s'assure que toutes les sang- sues ont pris leur repas , quand aucune d'elles ne répond plus à l'appel qui leur est fait , aux endroits où l'on trouble fortement l'eau. Toutefois , une pareille opération , à exécuter pour des millions de ces petits animaux , comme il arrivera bientôt dans l'établissement de M. Sauvé, étonne et effraie I imagination ; beureusement il n'est pas nécessaire de la répéter souvent : les sangsues sont de petits boas qui, pour digérer, ont besoin d'une année entière. Pour avoir toujours sous la main les moyens d'exécuter a temps celte main-d'œuvre, qui, d'un autre côte , ne pourrait pas toujours occuper les mêmes bras , M. Saine a joint a son établissement une exploitation de jardins légumineux ; ces jardins profitent de la noria : créés sur une terre qui a clé longtemps imprégnée de sel et qui n'a 02 jamais produit l'espèce de plantes qu'on v culti\c , ils donnent des résultais de végétation vraiment étonnants. Après avoir ainsi examiné l'ensemble de L'exploitation, nous avons porté notre attention sur les boites , de l'in- vention de M. Sauvé : ce sont des cadres en bois, a\ee, des rebords en zinc dentelé , saillants en dedans et en dehors ; M. Sauvé y place des mottes de la terre du marais et de l'eau ; bien entendu , il y apporte des sang- sues : non seulement elles y vivent très-bien , mais elles déposent dans la terre rapportée des cocons qui éclosent là aussi bien qu'ailleurs et qui trouvent dans cette dispo- sition l'avantage d'être h l'abri des ennemis qui les détruisent si souvent dans les conditions ordinaires , en dépit de très-grandes et de très-minutieuses précautions prises pour les en préserver. ÎNous sommes venus ensuite visiter , dans la cour de la maison d'habitation de M. Sauvé, les bassins en pierre dont il a donné une description détaillée dans son mémoire et nous nous sommes eoncaincus qu'à l'aide de dispositions bien simples , on peut avoir chez soi des sangsues, non seulement pour son service , mais aussi pour en donner aux malheureux qui en peuvent avoir besoin : les établis- sement hospitaliers , entre autres , trouveront là une précieuse ressource. Différentes personnes ont mis en avant des procédés analogues, mais M. Sauvé s'est assuré, la priorité au moyen d'un dépôt cacheté l'ait , il y a plusieurs années , à la Société d'encouragement. En résumé , il convient d'abord de remercier M. Sauvé des louables efforts qu'il tente pour introduire dans notre 63 pays une industrie qui oe s \ trouve nulle pari , à noire connaissance, sur une aussi grande échelle; toutefois, et dans la crainte que nos paroles , justement appro- batives , n'entraînent des imitations qui ne seraient pas raisonnées aussi bien que l'a été l'entreprise-modèle, nous croyons devoir dire qu'il est prudent d'attendre que M. Saint'' ait complètement achevé cette expérience , qui peut devenir si utile an pays : il en aura de cette façon lotit l'honneur avec les dangers, et ceux qui suivront son exemple seront assurés de n'avoir que des actions de grâces à lui rendre. IN'ous revenons avec plaisir, en finissant, aux éloges que mérite M. Sauvé pour son esprit d'observation et d'invention, comme aussi pour le désintéressement avec lequel il l'ait connaître et cherche lui-même à répandre toutes ses méthodes. La Rochelle , le 1 er juin 1855. Les membres de la Commission : BLUTEL. BELTREMIEUX. SAVARY ACADÉMIE BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS DE LA ROCHELLE. DEUXIÈME SECTION. — SCIENCES NATURELLES. MM. Blutel pète , Président. Dubois, vice-Président. Bureau ! S™**, Secrétaire. Beltremieux ( Edouard ) , Conservateur- archiviste. l8;)G '| D'Orbigny . Conservateur- archiviste ho- noraire. Bonniot, Trésorier. MEMBRES TITULAIRES FONDATEURS : MM. Blutée père , directeur des douanes , en retraite . a la Rochelle , rue Fleuriau , n" 3 1835 Chevallier, Élie, chef d'institution, à la Ro- chelle 1835 66 su vi. . docteur-médecin . à la Rochelle 1^ ; > DitnriNF.u , Paul , docteur-médecin , à la Ro- chelle 1835 Parenteau-Dubeugnon , juge au tribunal de 1** instance séant à la Rochelle, rue de l'Escale, 19 1835 <.a*s\<;nw d , secrétaire en chef de la mairie , conservateur du Muséum, à la l'iochelle. . . 1835 NON FONDATEURS : MM. Brossard, docteur-médecin, directeur du Jardin- Botanique, à la Rochelle, rue Dauphine, 12. 1837 l>i bois # , recteur en retraite de l'Académie , à la Rochelle 1839 Mallet. docteur-médecin, à la Rochelle, rue de l'Escale 1839 Menut , employé au bureau de la direction des Douanes, à la Rochelle, rue Chef-de-Yille . 1844 ( artier , pharmacien , à la Rochelle , rue du Temple, 3 1844 Vivier, Théodore, * , officicrsupérieurd'artillerie en retraite , rue Bazoges , à la Bochelle. . . 184(i Beltremielx , Edouard , agent de change , à la Rochelle 184G Bonniot , Léon , conducteur des ponts-et-chaus- Bées, à la Rochelle, rue Porte-Neuve 1840 Swary, # , officier supérieur du génie en retraite, à la Rochelle , rue des Augustins ,9 1851 Carreau, Paul, médecin principal, à l'armée d'Orient 1858 6 MM Marchegay, ingénieur des ponts-et-chaussées, .1 la Rochelle 1852 Ehhert, *. ancien maire de la ville, membre du Conseil général, à la Rochelle 1853 De Verdon, inspecteur des lignes télégraphiques, a la Rochelle 1853 Michelin, propriétaire, à la Rochelle 1854 Paumer , ingénieur des ponts-et-chaussées , à à la Rochelle 1854 àrnoux, professeur de physique au Lycée de la Rochelle, rue Bethléem, 30 1854 Ruck, inspecteur de L'Académie 1850 Montagne , professeur d'hydrographie de la marine 1 856 Mazure , professeur de physique et de chimie au Lycée 1 856 MEMBRES AGRÉGÉS FONDATEURS: MM. D'Orbigny père, médecin militaire en retraite, conservateur honoraire de la Société, à la Rochelle 1835 Bargignac, membre du Conseil général , juge- de-paix à Gozea 1835 GoTARD , propriétaire à Touche-au-Roi , pies Pons 1835 Dufour, capitaine d'artillerie en retraite , à Matha ,s 35 Di rat, propriétaire, ancien directeur du collège, 1 Pons 1835 Michei 1 1 do( leur-médecin . 1 Pons 1835 68 NON FONDATEURS : MM. Brard , docteur-médecin , à Jonzac, 1836 LiprHARDT, botaniste-jardinier, à Rochefort. . . 1837 Lem , Casimir , percepteur des contributions , à Saint-Martin ( de de Ré ) 1837 Ponsin , docteur-médecin , maire & Saint-Martin (iledeRé) 1837 Gaudineal fils , pharmacien , à Saint-Pierre de Surgères 1838 Person , vicaire , à Rochefort 1839 Romieux, Oscar, enseigne de vaisseau, à Ro- chefort 1839 Roche, pharmacien, à Rochefort 1839 Castel , pasteur, à Rochefort 1839 Robert , négociant , président du tribunal de commerce , à Marennes 1839 De Meschiinet, économe, professeur d'histoire naturelle , au petit séminaire , à Montlieu. . 1839 Rullier, curé à Montils, par Pons 1839 Dubois , * , docteur-médecin , chirurgien-major de la marine en retraite , secrétaire de la Société d'agriculture, arts, etc., à Rochefort. 1839 M. me Georges , au Lin , près St-Jean d' Angély . . 1 839 Butaud, docteur-médecin des douanes, à Saujon. 1840 Resnard , professeur de rhétorique , au petit séminaire , à Montlieu 1840 Boffinet père, à Saint-Savinien 1840 Geay , médecin des douanes, à la Jarne 1840 Follet , & , chirurgien en chef de la marine en retraite, à Rochefort 1841 Boutakd, pépiniériste-horticulteur, à la Rochelle. 1842 09 MM. DcSaint-Mathiuin, propriétaire, à Saint-Jean d'AngéTy 18 42 I. épine, docteur-médecin, chirurgien de l re classe de la marine , à Rochefort 1842 Racine , # , colonel d'infanterie en retraite , à INancras ] #5 1 D'Orbigny, AIcide-Neveu, commis de négociant, à la Rochelle 1852 RAYET, notaire, à Surgères 1853 L'abbé Lacubxe , membre de plusieurs sociétés savantes , à Saintes I853 I it vigneau, curé, à Meursac I853 I.aporte fils, employé de la marine , à Roche- fort | 8 54 BOJSGIRAUD , doyen en retraite de la Faculté de Toulouse , à Gemozac, par Pons. (Ch.-Jnf.). 1 s:. | Vivier fds , Alfred, avocat, à la Rochelle 1856 Mayrand, employé des ponts-et-chaussées , à la Rochelle 1 s;,r, MEMBRES CORRESPONDANTS : MM BâUGA, docteur-médecin, à Cognac 1835 D'ORBIGNY, Fdouard, commis principal des con- tributions indirectes , à Mortagoe (Orne) ... 1 835 D'Orbigny, Salvator , employé à la Monnaie , à Rouen (Seine-Inférieure) 1835 FAURE , médecin en chef de l'armée d'Italie , à Rome États-Romains is.r> Hubert, pharmacien , à New-Yort (États-Unis 1835 LECOQamé, négociant , à Cognac Charente). is:r> 70 MM. MûSHAMMBB , botaniste . a Munich 1835 D'Orbigny, Alcide, professeur au Muséum, à Paris (Seine) 1835 Bayi.f. . ingénieur, professeur de paléontologie, à l'école des mines, à Paris (Seine) 1835 Coqland , professeur à la faculté des sciences , à Besançon (Doubs) 1835 Cn.vssET . membre, de plusieurs sociétés savantes, à la Charité Nièvre) 1836 Galles , conseiller de préfecture, imprimeur à Vannes ( Morbihan ) 1 836 Claret , docteur-médecin , conseiller de préfec- ture à Vannes (Morbihan! 183(1 Taslé , notaire , ancien maire de la ville de Vannes (Morbihan), 1 836 BouscaSSE fds , professeur de génie rural , à la ferme modèle de Grandjouan ( Loire-Infér.). 1834 Gratelolp , docteur - médecin , à Bordeaux Gironde) 1S37 Gi'yot-Duclos, #, colonel du génie en retraite , à Toulon (Var) 1837 BROUSSAIS, François, médecin-major (Algérie!. . 1838 Dubroca , docteur-médecin , à Barzac (Gironde) . 1 838 Moira, docteur-médecin, à Biu-Janeiro (Brésil). 1839 Gouget, chirurgien-major militaire de l n ' classe en retraite , à Dole (Jura) 1 839 ÀULAGNIER, docteur-médecin, ancien directeur de l'hôpital militaire de Barèges , rue Des- cartes , 21 , à Paris (Seine) 1 839 Itier , directeur des douanes , à Montpellier 'Héraull 1839 MM. Oelastbe, ancien sous-Préfet, propriétaire a Lacour, prés Rouillé \ ienne 1839 LàCHRONiqce , docteur - médecin , chirurgien- major à Paris (Seine) 1 s;? ( .) Blutel lils, employé au bureau de la direction des douanes, à Brest [Finistère] 1840 Berthaud, professeur de physique ei d'histoire naturelle 1840 Brochant, docteur-médecin, à Tari- Seine' . . . 1840 Cornât, docteur-médecin, à Paris [Seine) 1840 Cailliaud, naturaliste, conservateur du .Muséum, à Nantes (Loire-Inférieure) tsio l>e Barreau, docteur-médecin, à Rodez Aveyron) 1840 Lesieur-Desbrières, pharmacien, rue Pelletier. 9, à Paris (Seine) ts io Rey-Lacroix , inspecteur des douanes . à Celte Hérault) 1840 Dupdt, professeur d'histoire naturelle, au sémi- naire, à Aucli (Gers l s i i Régnier , naturaliste . à Saint-Maixent i Deux- Sèvres) 1841 Hesse, directeur des vivres de la marine, à Brest (Finistère i s \-i Massé, jardinier - botaniste , à Montmorencj (Seilie-ct-Oise; |sj : > Buhot, officier au (K)' régiment 1843 M. Ile Poet-Davant , propriétaire , à Fontenaj Vendée [g i i Guérin-Menneville , professeur de zoologie, appliquée à l'agriculture , rue des Beaux- Vrts, i . à Paris Seine 1845 72 MM Le marquis De Laizer , naturaliste , ancien colonel, à Chidrac, par Issoire (Puy-de- Dome) 1845 Dupré, professeur de physique et de chimie 1847 De Gressot , capitaine d'artillerie 1848 D'hastrel, * , capitaine d'artillerie en retraite, peintre, rue Rochechouart , 74, à Paris (Seine) 1S4S Manès, ingénieur en chef des mines en retraite , à Bordeaux (Gironde) 1849 Lecoq, président de la Société des sciences natu- relles, conservateur du Muséum, à Clermont (Puy-de-Dôme) 1849 Guillon, Anatole, employé à Niort (Deux-Sèvres). 1 850 Le haron DÏIombres, Firmas, correspondant de l'Institut , naturaliste, à Alais (Gard) 1 850 De la Pylaie, naturaliste, à Paris (Seine) 1851 Morand, François -Jules, naturaliste, à Vars, par Saint- Amand de Boxe (Charente) 1851 Aucapitaine , naturaliste , à Alger 1 851 Roltigny , garde-général des eaux et forêts , à Lourdes (Hautes-Pyrénées) 1 851 Letoikneix , juge d'instruction , à Fontenay (Vendée) [§53 De Qi'atrefages, membre de l'Institut, quai de Réthune , 38 , à Paris (Seine) 1552 Petit de la Saussaie , chef de division en retraite , rue Neuve des Mathurins , 19 , à Paris (Seine) I ^52 Contejean, botaniste, conservateur du Musée , ii Montbéliart (Doubs) 1853 73 MM. LÉVESQÇE, inspecteur des écoles primaires , à Provins (Seine-et-Marne) 1853 Personnat , Victor, employé des contributions indirectes , à Saint-Flour (Cantal) 1854 Desmoulins , Charles , président de la Société linnéenne, à Bordeaux (Gironde) 1854 Desmautis, docteur - médecin , membre de la Société linnéenne. à Bordeaux (Gironde). . . 1854 Janvier, membre de la Société linnéenne, rue I tuba , 48 , à Bordeaux (Gironde) 1854 Carnault , professeur d'hydrographie, à Brest (Finistère) 1854 Clauzure , docteur - médecin , à Angoulême (Charente) 1855 De la Saussaie, #, Becteur de l'Académie, membre de l'Institut , à Poitiers 1850 74 SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES : Académie impériale do Gard , à Nismes. Académie impériale des sciences, belles - lettres et arts , à Bordeaux (Gironde). Société linnéenne de Bordeaux (Gironde). Société d'agriculture et des sciences, au Puy (Haute-Loire). Société des sciences physiques et naturelles , à Bordeaux (Gironde). Société d'agriculture , sciences et arts , à Meaux ( Seine-et- Marne). Société d'agriculture , sciences et arts , à Angers ( Maine-et- Loire ). Société d'agriculture, sciences et arts, à Mende (Lozère). Société polymathique du Morbihan , à Vannes. Société de statistique , sciences et arts utiles , à Valence (Drôme). Société d'horticulture, à Maçon (Saône et Loire). Société de médecine, à Poitiers (Vienne). Société de médecine , à Rennes (llle-et-Vilaine). Société de médecine, à Besançon (Doubs). Société de médecine , à Chàteau-Gontier (Mayenne). Société des sciences naturelles, à Cherbourg (Calvados). Société des sciences naturelles de la Moselle , à Metz. Société des sciences naturelles, à Bheims (Marne). Société industrielle, etc., d'Angers (Maine-et-Loire). Société d'agriculture , belles - lettres , sciences et arts , à Rochetbrt (Charente-Inférieure). . I S H )7 l)KC 30 j7 DEC 30 NATURAL H1ST0.RY, '.fy^- : > VI \IH ■illl DE LA ItOCIII II I (Ei>it#iiraiii DES IIIH.UX DE LA SOCIETE DES SCIENCES NATURELLES PENDANT L'ANNÉE 1856 Y' 3. LA ROCHELL1 TYPOGRAPHIE DE G. MARESCHAL, RI I. Dl L'ESCAl 1857 ACADÉMIE DE LA ROCHELLE (OTTO-m I>ES TRAVAIX DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES NATURELLES PENDANT L'ANNÉE 18.V. — » »» — !V° Il LA ROCHELLE, TYPOGRAPHIE DE G MARESCHAL, RUE DE M SI VI E 21 1857 COAIPTE-READU DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES N.ITMELLES PENDANT L'ANNÉE 1856 Messieurs , Parmi les travaux auxquels uous avons continué de nous livrer pendant le cours de l'année qui vient de s'écouler , il en est qui ne se produisent pas au dehors et qui ne laissent de trace que dans les procès-verbaux, de nos séances et dans notre mémoire : je veux parler de cet examen , que nous avons coutume de faire en com- mun , des questions avant trait aux sciences naturelles , contenues, soit dans les nombreuses publications périodi- ques que nous recevons , soit dans les annales qui nous sont adressées par ics diverses sociétés savantes, avec lesquelles nous sommes eu relations , par voie d'échange de h" productions. Ce genn d occupation a pour non, beaucoup d'attraits et i] ne laisse pas que d'avoir aussi des résultats utiles : il nous tient" du courant des progrès des sciences ; il ouvre le champ à des discussions où chacun de nous apporte le tribut de ses connaissances , et enfin , il nous prédispose à traiter nous-mêmes <.]c^ questions, lorsque l'occasion s'en présente. Deux circons- tances importantes nous ont précisément donné lieu, pen- dant l'année 1856, de sortir des limites dans lesquelles sont généralement resserrés nos travaux habituels ; la première a été la séance publique de l'académie de la Ro- chelle, dont nous formons une section, qui s'est tenue le 5 juin , et dans laquelle M. le docteur Sauvé qui la prési- dait, mais que nous revendiquons comme un des membres les plus actifs de notre société des sciences naturelles , dont il est le secrétaire, a prononcé un discours d'un grand intérêt , et qu'il nous avait préalablement lu dans une de nos séances ; il y a donné une nouvelle preuve de son érudition solide et variée et de l'élégance de son style ; il y a renoué , avec bonheur , la chaîne qui lie notre académie actuelle à l'ancienne académie , fondée à la Rochelle en 1732 , et dont il a rappelé les titres glorieux, en citant les noms des Réaumur , Arcère , Dupaty , Seignette , Girard de Villars , la l'aille, Richard-des- Herbiers , Rarret , Fleuriau de Rellevue , Casimir , D'Orbigny , auxquels elle a dû une partie de son illus- tration. M. Edouard Reltremieux , qui s'est toujours occupé avec un zèle intelligent et soutenu d'études géologi- ques , a lu aussi , à la séance publique , une description des falaises de l'Aunis , dont il nous avait déjà donne communication ; il \ a témoigné non seulement de smi esprit éminemment Conservateur, mais encore de ses connaissances générales relativement à la science à laquelle se rattache le sujet qu'il a traité. M. Edouard Beltremieux a, depuis, fait imprimer son intéressant mémoire , auquel il a joint des planches qui font saisir , au premier coup-d'u'il , la superposition des couches jurassiques et crétacées composant le terrain qu'il a si bien étudié. La seconde circonstance à laquelle j'ai fait plus liant allusion , c'est le congrès scientifique de France , dont la vingt-troisième session s'est tenue à la Rochelle du I er au 10 septembre 185G. Notre société des sciences naturelles s'était sérieusement préoccupée , à l'avanec , de cette solennité ; elle avait consacré plusieurs de ses séances à l'examen attentif de chacune des questions proposées dans le premier paragraphe du programme du congrès , et l'appel qu'elle avait fait à ses membres à ce sujet , soit verbalement dans nos séances , soit par écrit, pour les correspondants , a été entendu : ainsi . M. Manès, ingénieur en chef des mines à Bordeaux , l'un de nos correspondants , s'est chargé de traiter les deux questions suivantes : " 1" Etudes géologiques de la Charente-Inférieure : » quelles sont ses richesses minérales ? en donner la » statistique. » « 2° La carte géologique de la Charente-Inférieure est- • elle suffisante pour que L'on paisse , à priori , indiquer . les espèces - amendement des terres. •> Après avoir présenté des considérations générales sur les avantages que peut offrir à l'agriculture l'emploi intelligent de la marne , M. Vivier a fait connaître les divers lieux du département où il s'en trouve, en s'aidant à cet égard des renseignements fournis par l'ouvrage de M. Manès. Quant aux échantillons des marnes, mention- nées clans ce mémoire , et dont l'analyse a été soigneuse- ment faite par deux membres de notre société, MM. Ma/.ure et Arnoux, professeurs de physique et de chimie au Lycée , ils avaient été envoyés par trois de nos agrégés , M. de Meschinet , professeur d'histoire natu- relle au petit séminaire de Montlieu, M. Butaud , docteur médecin à Saujon, et M. Mairand, alors détaché à Saint- Jean d'Angély , pour le service des ponts-ot-chaussées. M. Léon Bonniot a répondu , par un mémoire plein d'intérêt , fruit de ses longues observations sur cet important sujet , a cette question : - Quelles sont les causes et les lois desatterrisseimnts • et envahissements opérés sur nos côtes ? Quelles mo- » difications apportent-ils au port de la Rochelle ? Enfin M. Marchegay , ingénieur des ponts-et-chaus- sées, a traité la question suivante , à laquelle les nombreux travaux qu'il a dirigés, le mettaient parfaitement à même de répondre avec connaissance de cause : « L'expérience ayant démontré que les pouzzolanes » artificielles ne conservent pas longtemps leur cohésion et leur dureté dans les constructions sous-marines , a-t-on fait quelques essais pour fabriquer , avec des matières communes , des bétons capables de résister à l'action de la mer , soit à l'état de repos , soit à l'état de grande agitation ? Ainsi , vous le voyez , Messieurs , cette espérance , exprimée dans le précédent compte-rendu de nos tra- vaux , que la présence du congrès scientifique de I rance dans notre ■ville stimulerai! l'activité et l'amour-propre de chacun de nous, n'a pas été déçue, et l'année 185G pourra être comptée au nombre de celles où uous aurons fourni un plus large tribut à la publicité par nos travaux; mais une bien triste circonstance est "venue affliger notre société pendant cette même année ; nous avons eu malheureusement à y déplorer une perte dans la per- sonne de M. D'Orbigny père dont la longue et honorable existence fut presque entièrement consacrée aux sienecs naturelles. M. le docteur Sauvé , se faisant l'interprète de nos justes sentiments de regrets , a prononcé sur la tombe de cet estimable savant les paroles suivantes , que je crois devoir reproduire ici textuellement comme un hommage bien mérité rendu à sa mémoire : Messieurs , « Avant de laisser fermer cette tombe où repose l'hom- » me utile que vous êtes venus accompagner à sa » dernière demeure , je dois , à beaucoup de titres , » faire entendre ici des paroles d'adieu , et retracer à » grands traits la vie si pleine et si bien occupée de » Charles-Marie-Dessalines D'Orbigny. » Né en 1770 , un navire fut son berceau ; sa mère » lui donna le jour en faisant la traversée d'Amérique » en France. Cette circonstance a paru , pendant sa lon- > gue carrière , influer sur son existence , qu'il a passée, >■ presque toul entière, sur la mer <»u dans les ports. Dès " l'âge de quinze ans , nous le voyons monter , comme » volontaire d'honneur , faisant fonctions de chirurgien, >• sur la frégate ÏAriel , puis sur le vaisseau le Réfléchi. « Rentré dans les hôpitaux de Brest, après deux àn- » nées de service à bord , il y resta pendant deux autres » années , en qualité de chirurgien aide-major , continua » son service actif, tantôt sur la mer , tantôt dans les " hôpitaux de la marine de Brest , de Lorient , de » Paùnhœuf, de manière à mériter un avancement » rapide ; aussi le voyons-nous de simple volontaire » qu'd était parti en 1785 , arrivé en l'an XI (1803' au « grade éle\ é de médecin de première classe dans l'armée » expéditionnaire d'Irlande; l'année suivante, il fut » envoyé en qualité de médecin principal pour inspecter » les hôpitaux des prisonniers de guerre français en » Angleterre. » Une carrière qu'il parcourait avec tant d'éclat aurait » dû le retenir ; il n'en fut rien ; et malgré ses douze » années de services très-actifs, il se retira dans la vie » civile , où il put se livrer avec toute facilité à l'étude des sciences naturelles , \ ers lesquelles il se trouvait » invinciblement entraîné, sans négliger pour cela l'étude » et la pratique de la médecine qu'il exerça toujours » avec dévouement et désintéressement. » Il se maria en 17 ( ,) ( J , et eut le bonheur d'élever une » nombreuse famille ; ses (ils , guidés par son exemple et ses conseils , occupent aujourd'hui dans les sciences naturelles des postes élevés . qu'ils doivenl au* per- 10 ■ sévérantes études , aux infatigables efforts et aux » nombreux travaux qu'ils ont faits. » Le nom de D'Orbigny est un nom célèbre et à juste » titre dans les sciences ; la part de célébrité apportée ■■ par les fils, est sans doute supérieure à -celle fournie par le père ; cependant , combien est grande celle • de celui qui sut se former tout seul à l'étude des siences » naturelles ; qui toujours éloigné du grand centre des » lumières , se créa les collections les plus variées et les » plus nombreuses , pour s'aider dans ses recherches ; " qui correspondait avec les savants de France et de ■ l'étranger; qui se fit, par ses nombreux travaux, asso- » cier aux sociétés les plus savantes de France et des » îles Britanniques ; qui répandit partout où il se trouva, • et surtout au milieu des siens , le feu sacré dont il • était animé ; qui passa presque toute sa longue » vie , tantôt à fouiller la terre pour en étudier la struc- » ture ou en extraire les fossiles et les minéraux , tantôt - à explorer la mer et son rivage , pour lui surprendre » ses mystères et recbereber ses hôtes nombreux, tantôt » enfin à parcourir les plaines et les bois pour y récolter » des fleurs et des végétaux de toutes sortes , ou pour » y saisir L'insecte léger ou le reptile dangereux ! - D'Orbigny, ta vaste intelligence voulait tout apprendre, » tout connaître ; ta passion dominante était l'étude ; » tu y consacrais tous tes instants ; ta mémoire prodi- ■ gicusc étonnait avec raison tes collègues et les nom- » breux visiteurs de tes riebes collections ; mais le » cercle que tu t'étais tracé était trop vaste ; si , moins Il • jaloux de tout embrasser, tu eusses spécialisé davan- » lage , situ eusses lait ce cercle plus étroit, tu te serais » acquis encore plus de gloire et de célébrité ! » Membre d'une cinquantaine de sociétés savantes, » littérairesou artistiques, D'Orbignj a publié une foule de » travaux sur les sujets les plus variés, ce qui prouve > lVtondue et la diversité de ses connaissance Poète, » musicien, médecin, naturaliste , agriculteur, il était à » lui seul toute une encyclopédie ; aussi , son nom se » trouve-t-il ûgurer honorablement parmi les membres » de L'ancienne académie de la Rochelle et parmi ceux h de trois des sections dont la nouvelle se compose. » La société impériale des sciences naturelles de la » Charente-Inférieure, dont je suis ici plus particulière- ment l'organe , lui doit un juste tribut d'éloges et de >• reconnaissance. Il fut un de ses premiers fondateurs , » travailla activement à la création de son musée dépar- ti te ment al , qu'il enrichit de trcs-nomhreux et très- ■> importants objets; il fut par son assiduité aux séances g et par son savoir , un de ses membres les plus utiles ; • malheureusement , les infirmités , inséparables des » années, étaient venues depuis trop longtemps nous pri- » ver de son utile concours ; nous ressentions vivement « le vide qu'il avait laissé parmi nous, nous le ressen- » tirons bien plus encore maintenant que nous ne pou- - vous plus aller le consulter. La société de médecine perd en lui un de ses membres - honoraires et un de ses fondateurs 12 Je manquerais à mon devoir de Président de eette » société , si je n'exprimais ici , en sou nom, les regrets » que nous cause cette séparation qui , toute prévue » qu'elle était , n'en est pas moins péuiblc. » La carrière médicale de D'Orbigny a été ce qu'elle est pour le plus grand nombre des médecins , une ■ carrière de dévouement et d'abnégation. 11 ue laisse » à ses enfants pour tout héritage que son nom. « Adieu , collègue regretté ; ta vie laborieuse , quel- » que longue qu'elle ait été , quelque bien remplie que » tu Taies faite , n'a pu te donner les jouissances de « l'opulence; mais tu as connu, plus que personne, celles » beaucoup plus douces que donnent l'étude et le bien » que l'on fait aux hommes. » Nous avons reçu , pendant le courant de l'année 185G, comme membres titulaires : Monseigneur Landriot , évèque de la Rochelle et de Saintes ; M. Ruck , inspec- teur d'académie; M. Montagne, professeur d'hydrogra- phie ; M. Mazure, professeur de physique et de chimie, au Lycée, ctM.Fradinde Bellàbre, juge de paix; com- me membres agrégés : M. Henri Mairand , employé des ponls-et-chaushées ; M. Alfred Vivier , avocat, et M. Doubler , docteur en médecine , àChéray (Ilc-d'Oleron) ; comme membres correspondants: M. de la Saussaye , membre de l'Institut , recteur de l'académie de Lyon ; M. Maillard, pasteur protestant , à la Molhe Sainte- Héraye et M. le Gall , conseiller à la cour impériale de Ile unes. 13 Nous avons vu passer avec regret , par changement de sa résidence, M. Paumier , ingénieur des ponts-et- chaussées, de la classe des titulaires dans celle des corres- pondants. Notre musée , dont notre but constant est de chercher à compléter , autant que possible , les collections en objets provenant exclusivement du département , s'est encore enrichi , cette anuée , d'un certain nombre de mammi- fères , d'oiseaux , d'insectes et de plantes , qui nous manquaient. Suivant l'usage adopté par notre société , nous avons effectué , dans le mois de septembre dernier , une course d'histoire naturelle ; elle a eu lieu dans la partie de notre arrondissement comprise entre les communes de Nuaillé, Vérines, Saint-Médard , Saint-Christophe et Virson : elle n'a pas été infructueuse au point de vue de la géologie, de L'entomologie et delà botanique. Les résultats des observations météorologiques , faites à la Rochelle par DOI. les ingénieurs des ponts-el-chaus- sées et les professeurs de physique du Lycée, ont été remis , chaque mois , à une commission formée dans le sein de notre société et chargée de réunir tous les docu- ments qu'elle pourra se procurer sur les diverses circons- tances atmosphériques de notre localité. Nos archives se sont accrues non seulement des publi- cations périodiques auxquelles nous sommes abonnes , telles que les comptes-l vnd'.is liel> lomadaires des séances de l'aca '.finie des sciences , les annales des M-icnees naturelles ,1a revue des sociétés savantes, l'annuaire u de la société météorologique de France et le journal l'Institut , mais encore dos ouvrages suivants qui nous ont été adressés : Annales de la société académique du (lard ; Mémoires de la société des sciences de Cherbourg ; ISote sur le loup , ses races ou variétés , dans le département de la Vienne , par M. Mauduvt ; ^numération des plantes vasculaires des environs de Montbéliard , par M. Coutejean ; Bulletin de la société industrielle d'Angers ; Voyage d'exploration sur le littoral de la France et de l'Italie , par M. Coste , membre de l'Institut ; Recherches géogéihques , par H, Quiet ; Travaux de la société d'agriculture , des belles lettres, sciences et arts de Rochefort ; Mémoires de la société d'agriculture du département de la Marne ; Annales de l'académie de la Rochelle ; Annales de la société d'agriculture, sciences et arts delà Lozère ; Description des falaises de l'Auuis, pas M, Beltre- mieux ; Journal local d'agriculture de la Charente , par M. Clauzure ; Cosmos (8 n,e volume), donné par .M. Blutel , président de la société des sciences naturelles de la Hoclnlle ; 15 Rapport manuscrit] sur une excursion botanique faite dans la foret de Benon , par M. Chevalier , membre de notre Société ; M é moire s malacologiques ; discours d'ouverture de ['école forestière de M. Lvoj ; rapport sur le congrès scientifique de 1853 ; rectification des noms génériques, par M. Charles des Moulins. Moyens de réparer les ravages causés par les inonda- tions , par M. Lemoll ; Bulletin semestriel de la société des sciences , belles- lettres et arts de Toulon ; Note sur les maladies des Végétaux , par M. Victor Chatel ; .Mémoire sur les mines de l'empire d'Autriche ; Congrès scientifique de France ("22 e session) ; Histoire du siège de la Rochelle en l.">73 , traduite du latin de Philippe Cauriana ; Observations sur les oursins perforants de Breta- gne et les Pholades , par M. Caillaud , directeur-conser- vateur du musée d'histoire naturelle de .Nantes ; Flore de l'ouest , par M. Lloyd. Noie sur une pétrification découverte en Touraine , par .M. Charles des Moulins ; Ici se termine , Messieurs , le compte-rendu des tra- vaux de noire société des sciences naturelles , pendant l'année 1856, donl vous m'aviez particulièrement charge te à défaut de notre honorable secrétaire , M. le docteur Sauvé , auquel ses nombreuses occupations n'ont pas permis , dans ce moment , de faire ce rapport. Cet exposé formera, à lui seul , le modeste tribut que notre section apportera , cette année , aux annales de l'académie dos belles-lettres , sciences et arts de la Rocbelle ; nous éprouvons le regret que notre situation financière ne nous permette pas d'y insérer des mé- moires , rédigés par des membres de notre section , et qui nous avaient paru mériter d'être livrés à l'impres- sion. A la Rocbelle , le 24 janvier 1857. Th. Vivier , Officier supérieur d'artillerie en retraite. ACADÉMIE DES BELLES LETTRES , SCIENCES ET ARTS #* E LA HOC H E I. Ll Deuxième section. — Sciences naturelles. /MM. Blutel , père , Président. Dubois , vice-Président. Sauvé , Secrétaire. Bureau pour 1857. < _■ . _. , _ Beltremieux , Edouard , Conserva- teur-Archiviste. Bonniot , Léon , Trésorier Membres titulaires fondateurs. MM. Blutel père , directeur des Douanes , en retraite 1835 Chevalier , Elie , chef d'institution 1355 Sauvé , docteur-médecin 1835 Drouineau , Paul , docteur-médecin 1835 Parenteau Dubeagnon, Pérsidënt du tribunal civil. 1835 Cassagnaud , Secrétaire en chef de la Mairie. 1835 18 Non fondateurs. MM. Rrossard , docteur-médecin 1837 Dubois # , recteur d'Académie , en retraite. . . 1839 Mallet , docteur-médecin 1830 Menut , employé au bureau de la direction des Douanes 1844 Cartier , pharmacien 1814 Vivier, Théodore, 0. # , officier supérieur d'Artil- lerie, en retraite 18 16 Beltremieux , Edouard , agent-de-change 184G Bonniot, Léon , conducteur des Ponts-et-chaus- sées 1 846 Savary, 0. # , officier supérieur du Génie , en retraite 1851 Garreau , Paul , & , médecin-principal 1852 Marchegay, Emile , # , ingénieur des Ponts-et- chaussées 1852 Emmery, >fc , ancien Maire de la ville , membre du Conseil général 1853 Verdon (de), inspecteur des lignes télégraphiques. 1853 Michelin , propriétaire 1854 Arnoux , professeur de physique , au Lycée. . . . 1854 Ruck , inspecteur de l'Académie 1856 Monseigneur Landriot , évoque de la Rochelle et de Saintes 1856 Montagne , professeur d'hydrographie 1856 Mazure , professeur de physique et de chimie au Lycée 1 856 f radin de Bellàbre , juge de paix 1856 10 Membres 3grégôs foudateurs. MM. Bargignac , membre du Conseil général , juge de paix à Cozes 1 835 Cotard , propriétaire à Touche-au-Roi , près Pons 1835 Dufour , capitaine d'Artillerie , en retraite , à Matha 4835 Durât, propriétaire, ancien directeur du Collège, à Pons 1835 Michelet , docteur-médecin , à Pons 1835 Non fondateurs. Brard , docteur-médecin , Jonzac 1836 Lipphardt , botaniste-jardinier , à Rochefort. . . 1837 Lem , Casimir , percepteur des contributions à Saint-Martin (île de Ré) 1337 Ponsin , docteur-médecin , à Saint-Martin (ile de Ré) 1837 Gaudineau fils , pharmacien , à Saint-Pierre de Surgères 1838 Person , vicaire , à Rochefort 1839 Romieux , Oscar, enseigne de vaisseau , à Roche- fort 1830 Roche , pharmacien , à Rochefort 1 839 Castel , pasteur protestant , Rochefort 1839 Robert , négociant , à Marennes 1835 Mcschinet (de), professeur d'histoire naturelle au petit séminaire , à Montlieu I 835 Huilier , curé à Montils , près Pons 1839 MM. Dubois , * , docteur-médecin , chirurgien-major de la Marine, en retraite, à Rochefort 1839 Georges (M me ), au Lin , près Saint-Jean d'Angély. 1830 Butaud , docteur-médecin à Saujon 1840 Besnard , professeur de rhétorique , au petit séminaire , à Montlieu ■ 1840 Poffinet père , à Saint-Savinien 1840 Geay , médecin des Douanes , à Lajarne Follet, # , Chirurgien en chef de la Marine , en retraite , à Rochefort 1841 Boutard, pépiniériste horticulteur , àla Rochelle. 1842 Mathurin (de Saint) , propriétaire à Saint- Jean d'Angély 184-2 Lépine , docteur-médecin , chirurgien de l re classe de la Marine , à Rochefort 1842 Racine, C. &, Colonel d'infanterie en retraite , à Nancras 1 851 D'Orbigny, Alcide , commis de négociant , à la Rochelle 1852 Ravet , notaire , à Surgères 1853 L'Abbé Lacurie , membre de plusieurs sociétés savantes , à Saintes 1 853 Fraigneau , curé , à Meursac 1853 Laporte fils , employé de la Marine, à Rochefort. 1854 Boisgiraud , doyen en retraite de la faculté de Toulouse , à Gemozac , près Pons Vivier , Alfred , avocat à la Rochelle 185G Mairand , employé des Ponls-et-chaussées , à la Rochelle 1850 Doubler, docteur-médecin, à Ghéray, iled'Oleron. 1850 21 Membres correspondants. MM. Bauga , docteur-médecin , à Cognac 1835 D'Orbigny , Edouard, commis principal des con- tributions indirectes , à Morlagne (Orne) 1835 D'Orbigny , Salvator , employé à la monnaie , à Rouen 1833 Faure, médecin principal à l'hôtel des Invalides, à Paris 1835 Hubert , pharmacien , à New-York (Etats-Unis). 1835 Lecoq aîné, négociant, à Cognac 1835 Mosbammer , botaniste , Munich 1835 Bayle , ingénieur des Mines , à Paris 1835 Coquand , professeur à la faculté des sciences , à Besançon 183o Grasset, membres de plusieurs sociétés savantes, à la Charité-sur-Loire 1830 Galles , ancien conseiller de Préfecture , à Van- nes 183G D'Orbigny, Alcide , professeur au Muséum d'his- toire naturelle , à Paris 1836 Claret, docteur-médecin, conseiller de Préfecture, à Vannes 1 830 Taslé , notaire , ancien Maire de la ville de Vannes l &36 lioiiscasse , Jules , professeur de génie rural à la ferme-modèle de Gramljnuan 1836 Grateloup , docteur-médecin , à Bordeaux 1831 f.imil DuéloétC. * , Colonel tlul'.éuieen retraite, a Toulon ls:!T Brou ai Françoù médeein-maj Or, en Algérie 1838 MM. Dubroca , docteur-médecin à Barrac (Gironde). . . . 1838 Gouget , cliirurgien-major de l re classe , en retraite , à Dole (Jura) 1839 Aulagnier , docteur médecin , à Paris 1839 hier, directeur des douanes, à Montpellier 1839 Delastre , ancien sous-Préfet , propriétaire à Lacour (Vienne) 1839 Lacbronique , médecin-major de l re classe. . . . 1839 Blutel fds , employé au bureau de la direction des Douanes , à Brest 1846 Bertrand , professeur de physique 1840 Brochand , docteur-médecin à Paris 1840 Cornay , docteur-médecin à Paris 1840 Caillaud , directeur conservateur du Musée d'his- toire naturelle , à Nantes 1840 Barreau (de) , docteur-médecin , à Bodez 1840 Lesieur des Brières , pharmacien à Paris 1840 Bey-Lacroix , inspecteur des Douanes , à Cette. 1840 Dupuy , professeur d'histoire naturelle, au sémi- naire , à Auch. 1841 Bégnier , naturaliste , à Saint-Maixent ( Deux- Sèvres) 1841 Hesse , directeur des vivres de la Marine , à Brest 1842 Massé , jardinier-botaniste , à Montmorency. . . 1842 Buhot , officier au 60 e régiment d'infanterie. . . 1843 Poey-d'Avant (M" e ), propriétaire à Fontenay , (Vendée) 1844 Ouérin-Menneville, professeur de zoologie, à Paris Laizer (le marquis de) , naturaliste , ancien colo- nel , à Chidrac , par Issoire 1845 MM. Diipré , professeur de physique I s 1~ Gressot (de) , capitaine d'Artillerie ISIS llastrel (d'), Capitaine d'Artillerie en retraite , peintre , à Paris 1 848 Manés, ingénieur en clicf des mines, en retraite, à Bordeaux 1 ,X i'.t Lecoq , Président de la société des sciences na- turelles , à Clermortt 1819 Guillon , Anatole , employé , à Niort (DeUx- Sèvres) 1850 Pylaie (de la), naturaliste, à Paris 1851 Morand , naturaliste, à Vars , par Saint-Amand de Boxe (Charente) 1851 Aucapitaine, naturaliste, à Alger 1851 Boutigny , garde-général des eaux-et-forèts , à Lourdes 1851 . Lctourneur , juge d'instruction , à Fontcnay (Vendée) 185-2 Quatrefages (de), membre de l'institut , à Paris. 1852 Petit de la Saussaie, chef de Division en retraite, à Paris 1 852 Contcjean , botaniste , à Montbéliard (Doubs). . 1853 Lévêque, inspecteurdesécoles primaires, à Provins 1855 Paumier , ingénieur des Ponts-et-chaussées , au Havre 1854 Personnat , employé des contributions indirectes, à Siflour 1854 Des Moulins , Cbarles , Président de la société Linnéenne à Bordeaux l,s."> l Des Martins . docteur-médecin , à Bordeaux. . . 1854 24 MM. Janvier , membre de la société Linnéenne , à Bordeaux 1 85-1 Garnault , professeur d'hydrographie , à Brest. . 1845 Clauzure , docteur-médecin, à Angoulème 1855 Saussaie (de la) , membre de l'Institut , recteur de l'Académie de Lyon 1856 Maillard , pasteur protestant , à la Motte Saint- Héraye 1856 Legall, conseiller à la cour impériale, à Rennes. 1856 ISH MUSEUM 17 SEP 30 . NATURAL i H1ST0RY. SEUM J7 SEP 30 NATURAL rORY.